L’EDUCATION PREVENTIVE AU CŒUR
DU MESSAGE DE L’UNESCO AU SOMMET DE L’OUA SUR LE VIH/SIDA
Paris, 26 avril (N°2001 - 63)
- Le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, a souligné l’importance
de l’éducation préventive dans un message au Sommet des Chefs d’Etat et de
Gouvernement de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) sur le VIH/sida,
la tuberculose et autres maladies infectieuses qui se tient à Abuja (Nigeria)
les 26 et 27 avril.
Soulignant l’impact
catastrophique de la pandémie de sida pour le développement en Afrique, le
Directeur général - représenté par Nouréini Tidjani-Serpos, Sous-Directeur
général de l'UNESCO pour l’Afrique, qui a lu ce message - a prévenu que “
le pire […] était encore à venir ”. Koïchiro Matsuura a déclaré que l’UNESCO
peut mieux contribuer à contenir le sida “ en jouant un rôle leader en
matière d’éducation préventive au sein du système des Nations Unies ” et
il a insisté sur le fait que “ l’éducation préventive doit aller au-delà
de l’éducation formelle et développer des approches non formelles afin d’atteindre
les plus isolés et les plus vulnérables, afin aussi de promouvoir une
meilleure gestion des risques liés au VIH/sida et à l’usage de drogues ”.
La stratégie d’éducation
préventive de l’UNESCO se concentre sur des tâches centrales : intégrer l’éducation
préventive VIH/sida dans l’agenda mondial du développement et dans les
politiques nationales ; adapter l’éducation préventive à la diversité des
besoins et des contextes ; modifier les comportements à risque et réduire la
vulnérabilité ; faire face à l’impact du VIH/sida sur les institutions
nationales, notamment dans le secteur de l’éducation.
“ L’éducation préventive
est le meilleur des vaccins […]. Si elle est massive, elle peut inverser le
courant ”, a déclaré le Directeur général. L’UNESCO va coopérer
étroitement avec ONUSIDA et d’autres partenaires internationaux afin de “
lutter contre l’indifférence, empêcher la stigmatisation des malades,
surmonter la tyrannie du silence et favoriser une meilleure prise en compte des
malades ”.
Il a poursuivi en appelant à l’intégration
de l’éducation préventive VIH/sida dans l’agenda mondial du développement
et dans les politiques nationales et déclaré que “ répondre aux impacts
institutionnels de la pandémie de VIH/sida […] dans les écoles, auprès des
étudiants, enseignants et dans d’autres institutions clés au niveau
national, constituera une autre priorité pour l’UNESCO ”.
Le Directeur général a
également souligné que, pour être efficace, l’éducation préventive doit
être adaptée aux besoins et contextes qui sont divers. Il a déclaré que l’UNESCO
doit “ travailler à améliorer la qualité et l’efficacité de l’éducation
préventive, à développer l’accès à l’information scientifique sur le
VIH/sida fournie par la recherche fondamentale ”. Il a promis qu’une
attention particulière sera donnée à la diffusion d’une information
précise sur les modes de transmission, les pratiques à faible risque ” et à
l’emploi de services d’aide et de conseil dans l’éducation formelle et
non formelle, ainsi que sur les réseaux, afin d’atteindre les élèves,
institutions et communautés.
Koïchiro Matsuura a souligné
la nécessité “ d’encourager le transfert des connaissances scientifiques
pertinentes et du savoir-faire […], en particulier vers l’Afrique ”, de
“ promouvoir la coopération scientifique et de renforcer les capacités des
institutions d’enseignement supérieur à produire et diffuser les résultats
de la recherche et l’information liés au VIH/sida ”.
Le Directeur général a mis l’accent
sur le fait que l’éducation préventive doit être l’affaire et la
responsabilité de tous, y compris les gens vivant avec le VIH/sida. A travers
le développement de méthodes et matériaux d’éducation préventive, l’UNESCO
“ cherche à combattre la discrimination envers les malades ” et “ à
encourager des réponses communautaires innovantes qui confèrent plus d’autonomie
aux personnes les plus vulnérables et qui favorisent le respect des droits de l’homme
dans le contexte du VIH/sida ”, y compris l’accès aux soins et les
tentatives de vaccins.
Dans son message, Koïchiro
Matsuura a rappelé la récente conférence régionale de la CEDEAO sur le VIH/sida,
organisée par l’UNESCO en coopération avec ONUSIDA à Elmina (Ghana), une
conférence qui a souligné que la réponse du continent devait reposer sur une
mobilisation systématique du secteur de l’éducation.
C’est la survie de certaines
sociétés qui est en cause, a déclaré Koïchiro Matsuura en appelant à une
mobilisation aux plus hauts niveaux des gouvernements et dans tous les
ministères, en particulier ceux des Finances, de la Santé et de l’Education.
Il a demandé une implication de tous, notamment dans le domaine de l’éducation
: décideurs politiques, parents, représentants des communautés et malades.
“ Ne pas agir aujourd’hui constituerait un échec moral sans précédent ”,
a-t-il précisé.
Koïchiro Matsuura a qualifié
les niveaux actuels de l’aide internationale pour la lutte contre le sida en
Afrique de “ totalement inadéquats pour répondre au défi ”. A la fin des
années 90, le total de l’aide bilatérale et multilatérale à ce combat
africain contre le sida se chiffrait à 70 millions de dollars par an, soit à
peu près 3 dollars par personne infectée. Le Directeur général a appelé à
une mobilisation massive, de la même envergure que le défi lui-même.
Le Sommet d’Abuja qui s’inscrit
dans le cadre de la préparation du Sommet de l’ONU sur le Sida (New York,
24-27 juin 2001), se tient à l’invitation du gouvernement du Nigeria. Il
rassemble la majorité des chefs d’Etat et de gouvernement africains, ainsi
que les organisations des Nations Unies concernées, des banques de
développement, des organisations non gouvernementales et le secteur privé.
Dans le monde, quelque 36,1
millions de personnes vivent avec le virus du sida, dont 5,3 millions infectés
au cours de la seule année 2000, et 21,8 millions de morts ont été
enregistrés depuis le début de l’épidémie. En Afrique, la situation est
critique : l’Afrique sub-saharienne compte l’essentiel des malades du sida -
quelque 25,3 millions en 2000 - et, dans plusieurs pays touchés, l’espérance
de vie est brutalement descendue à 35 ans.
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