EDUCATION POUR TOUS :PREMIER ANNIVERSAIRE DU FORUM DE DAKAR
Paris, 27 avril (N°2001 - 66)
- Le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, s’est adressé
aujourd’hui aux Délégués permanents auprès de l’Organisation à l’occasion
du premier anniversaire du Forum mondial sur l’éducation (Dakar, 26 au 28
avril 2000), anniversaire qui a également été marqué par la publication d’un
message conjoint des dirigeants de l’UNESCO, de la Banque mondiale, du PNUD,
de l’UNICEF et du FNUAP, partenaires de l’initiative Education pour tous (EPT).
“ Il y aura désormais, pour
l’UNESCO, un avant et un après Dakar ”, a souligné le Directeur général
avant de passer en revue ces douze premiers mois post-Dakar et de mettre l’accent
sur les actions, événements et développements à venir, tant du point de vue
de l’UNESCO et de son rôle que pour le processus de l’EPT dans son
ensemble.
Malgré le peu de temps
écoulé depuis le Forum de Dakar, le Directeur général a évoqué des
résultats encourageants, fruits de processus lancés de longue date, dans des
pays comme l’Inde - où pour la première fois depuis l’indépendance, le
nombre absolu d’analphabètes décroît - , l’Ouganda, qui a doublé en deux
ans son taux d’inscription dans l’enseignement primaire, et le Bangladesh,
qui a vu son taux d’alphabétisation passer de 35 % à 65 % en dix ans. Pour
Koïchiro Matsuura, ces exemples “ nous démontrent que des avancées
réellement significatives sont possibles, et que les objectifs de l’éducation
pour tous peuvent être atteints grâce à une volonté politique, un engagement
soutenu et la mobilisation de la société civile tout entière ”.
Revenant sur ce qu’il estime
être les éléments clés du processus du suivi de Dakar, Koïchiro Matsuura a
insisté sur trois points. “ Premier élément : le cœur de l’action se
situe au niveau national. Ce sont les gouvernements qui détiennent la
responsabilité majeure de la mise en œuvre des objectifs de Dakar. […] Le
deuxième élément clé, c’est l’urgence qu’il y a à préparer ou à
réviser les plans nationaux pour l’éducation pour tous, et ce au plus tard
en 2002. […] Troisième élément clé, tous les partenaires de l’Education
pour tous doivent tirer parti de cet élan actuel en faveur de l’action, de la
coopération et du travail en réseau. En d’autres termes, nous devons
construire sur ce qui existe déjà. […] Le fait que beaucoup reste encore à
faire ne devrait rien retirer à ce que nous avons déjà accompli et aux bases
solides que beaucoup de pays ont édifiées ”.
Pour le Directeur général, le
rôle de l’UNESCO est d’être “ une force active, dynamique et
consciencieuse au service de l’ensemble du mouvement Education pour tous à
travers une action de coordination, de mobilisation, de plaidoyer, d’information
et de communication. De plus, à travers diverses modalités de coopération
technique, l’UNESCO apportera un soutien direct et l’expertise nécessaire
aux pays ”. Il a affirmé : “ Je m’engage à utiliser toutes les
ressources dont je dispose pour répondre aux attentes exprimées à Dakar, et
pour tenir les promesses faites il y a un an ”.
Evoquant l’avenir, le
Directeur général a notamment annoncé la tenue en octobre prochain d’une
première réunion du Groupe de haut niveau, composé de ministres, de
représentants de haut niveau de la société civile et des agences d’aide
multilatérale. Des chefs d’Etats ou de gouvernements interviendront à cette
occasion et la réunion permettra de faire le bilan du suivi de Dakar et de
discuter des stratégies futures. Le Groupe de travail sur l’EPT doit lui
aussi se réunir du 10 au 12 septembre de cette année. Ce mécanisme informel,
qui s’est déjà réuni en octobre dernier, fournit son assistance technique
au mouvement EPT, crée et renforce les partenariats, et apporte un soutien aux
réseaux régionaux et sous-régionaux.
A propos du financement,
Koïchiro Matsuura a déclaré qu’il était vital qu’une proportion accrue
de l’aide publique au développement soit consacrée à l’éducation, et en
particulier à l’éducation de base. Mais il a reconnu que beaucoup de pays
qui ont besoin d’une aide importante ont aussi besoin de renforcer leurs
systèmes de gestion et leur capacité à absorber rapidement et efficacement
cette aide. Tous les partenaires EPT doivent se tenir prêts à les aider dans
cette tâche ”.
L’UNESCO cherchera “ à
promouvoir l’éducation pour tous en toute occasion, à travers des approches
différenciées permettant d’atteindre aussi bien le grand public que des
institutions particulières, les forums et les réunions ”, a ajouté
Koïchiro Matsuura. Il a conclu : “ C’est un immense défi que de vouloir
ramener très vite à l’école tous les enfants non scolarisés […] Le vrai
test de notre capacité à réaliser l’EPT d’ici 2015, c’est l’Afrique,
et en particulier l’Afrique sub-saharienne. C’est là que les gouvernements,
la société civile et la communauté internationale doivent unir leurs
ressources humaines, matérielles et financières pour générer des stratégies
et plans d’action répondant de façon adéquate à la gravité de la
situation sur le terrain. Cela suppose un leadership d’envergure et un degré
exceptionnel de collaboration. Au sein de l’engagement collectif pris à
Dakar, il y a des centaines d’engagements particuliers. Il est temps pour nous
tous de mener à bien nos promesses. Si nous le faisons, je suis sûr que notre
engagement partagé commencera à produire ses fruits qui profiteront aux plus
démunis ”.
Dans le message conjoint
publié aujourd’hui, l’UNESCO mais aussi les autres partenaires de l’initiative
Education pour tous, la Banque mondiale, le Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et
le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), soulignent d’ailleurs
que le monde n’ayant pas réussi à offrir aux enfants actuellement privés d’école
la capacité à transformer leurs vies, “ cela aura des conséquences
incalculables, non seulement pour leurs pays d’appartenance, mais aussi pour l’ensemble
de la communauté mondiale chez les générations à venir ”.
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