DES INITIATIVES ET AVANCEES
SIGNIFICATIVES ONT
MARQUE LA 161e SESSION DU CONSEIL EXECUTIF
Paris, 14 juin (No. 2001-78)
- La 161e session du Conseil exécutif de l’UNESCO, présidé par
Sonia Mendieta de Badaroux (Honduras), a pris fin hier après s’être accordée
sur un programme recentré qui constitue une avancée significative de la réforme
de l’Organisation, ainsi que sur plusieurs initiatives marquantes, notamment
pour la sauvegarde de la diversité culturelle et du patrimoine de l’humanité,
ou en faveur de la réconciliation au Moyen-Orient.
En effet, au cours des travaux
du Conseil exécutif, l’initiative du Directeur général, Koïchiro Matsuura,
visant à amorcer la révision conjointe des manuels scolaires israéliens et
palestiniens, a été acceptée par les deux parties. L’UNESCO s’est déclarée
prête à fournir le cadre de cette initiative réconciliatrice.
La session a vu se dissiper les
dernières réticences à propos de l’élaboration d’une Déclaration sur la
diversité culturelle. Les représentants des Etats membres ont souligné le
fait que c’est l’UNESCO qui doit leur fournir des principes et repères
pouvant les guider dans l’élaboration des politiques culturelles nationales
et dans leurs négociations au sein d’autres instances, y compris
l’Organisation mondiale du commerce. Pour élaborer le premier projet de cet
instrument normatif que beaucoup de Délégués ont souhaité “ positif et
souple ” plutôt que “ défensif ou protectionniste ”, le Conseil a décidé
de constituer un groupe de travail ouvert qui se réunira dès le 20 juin
prochain.
Le Conseil a confirmé
l’importance que revêt pour l’UNESCO le patrimoine oral et immatériel.
Malgré les difficultés inhérentes à ce patrimoine aux frontières difficiles
à tracer, un premier pas avait été récemment franchi avec la proclamation
par l’Organisation d’une première liste de Chefs-d’œuvre du
patrimoine oral et immatériel de l’humanité. L’action va se poursuivre
à travers l’élaboration d’un instrument international destiné à protéger
ce patrimoine. Ce nouvel instrument normatif constituera pour le patrimoine oral
et immatériel l’équivalent de la Convention de l’UNESCO de 1972 qui régit
les sites culturels et naturels.
Les membres du Conseil exécutif
ont fermement condamné les destructions commises contre des monuments
historiques et culturels en Afghanistan et certains ont même évoqué la
possibilité d’instaurer des sanctions. L’examen des moyens de prévenir de
tels actes, qualifiés de “ crimes contre le patrimoine commun de l’humanité
”, constituera l’un des points de l’ordre du jour de la Conférence générale,
à l’automne prochain.
Durant cette session, le
Conseil exécutif a discuté pour la première fois en séance publique un cas
de violation alléguée des droits de l’homme. La tenue de cette séance
publique, au lieu du huis clos habituel, s’explique par le manque de progrès
dans les interventions discrètes de l’UNESCO auprès du gouvernement de la République
populaire démocratique lao en faveur d’un prisonnier politique, Latsami
Khamphoui, ancien viceministre de l’Economie et de la Planification. Condamné
à 14 ans de détention pour avoir critiqué son gouvernement, il est détenu
depuis 1990 et se trouverait dans un état de santé alarmant.
Parmi les décisions adoptées
par le Conseil exécutif, on notera aussi la proposition d’établissement de
l’Institut UNESCO-IHE pour l’éducation relative à l’eau. Il s’agit de
transformer l’Institut international d’études infrastructurelles,
hydrauliques et environnementales (IHE), implanté à Delft (Pays-Bas), en un
Institut de l’UNESCO qui améliorera la diffusion et le partage des
connaissances liées à l’eau. Ce partenariat avec une fondation privée
travaillant déjà avec de nombreuses institutions et organisations non
gouvernementales ouvre la voie à un nouveau type de coopération.
Le Conseil exécutif s’est
longuement penché sur le projet de Stratégie à moyen terme qui doit guider
l’Organisation au cours des six prochaines années. Cette stratégie, pierre
d’angle de la réforme entreprise par Koïchiro Matsuura en matière de
programme, s’efforce d’unifier l’action que mène l’UNESCO autour d’un
thème commun - contribuer par l’éducation, science, culture et communication
à la paix et au développement humain à l’ère de la mondialisation - et
d’un nombre réduit d’objectifs stratégiques précisant les résultats
attendus.
La session a aussi examiné le
projet de Programme et de Budget pour 2002-2003, correspondant à une enveloppe
budgétaire de 544 millions de dollars. Ce Programme et Budget traduit la volonté
de fixer des priorités peu nombreuses et claires. Cinq priorités principales
ont été retenues - éducation de base, ressources en eau, éthique des
sciences et technologies, diversité culturelle, accès équitable à
l’information et au savoir - qui voient leurs crédits augmentés dans des
proportions allant de près de 30 % à 50 %. Ce budget particulièrement austère
se traduit par des économies de 26 millions de dollars, ce qui correspond à
quelque 200 suppressions de postes au Siège.
Dans son discours de clôture,
la Présidente du Conseil exécutif s’est félicitée de la réforme de
l’UNESCO, en déclarant que l’Organisation connaissait un changement positif.
Sonia Mendieta de Badaroux a poursuivi en soulignant l’importance du débat thématique
- tenu pendant cette session - sur le rôle des nouvelles technologies pour le développement
de l’éducation, la science, la culture et la communication. Ce débat “ a
mis en évidence l’étendue de la marginalisation dans les pays en développement
”, a-t-elle souligné avant d’appeler l’UNESCO à être proactive en “
introduisant et en utilisant effectivement de nouvelles méthodologies
d’enseignement ” afin de combattre la pauvreté et de réduire le fossé numérique,
afin aussi de préparer l’Organisation au sommet de 2003 sur les nouvelles
technologies de l’information.
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