MESSAGE DU DIRECTEUR GENERAL A L’OCCASION
DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DES POPULATIONS AUTOCHTONES
Paris, 6 août (n°2001-85) -
A l’occasion de la journée internationale des populations autochtones,
célébrée le 9 août, le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro
Matsuura, a lancé le message suivant :
“ Les populations autochtones
comptent quelque 300 millions de personnes, qui vivent dans plus de soixante-dix
pays de tous les continents et représentent plus de 5000 langues et cultures.
En proclamant, en 1994, la
Décennie internationale des populations autochtones du monde et en décidant qu’une
Journée internationale leur serait consacrée le 9 août de chaque année, l’Assemblée
générale des Nations Unies a tenu à nous rappeler que nous avons un devoir de
vigilance et de solidarité à l’égard de ces populations - devoir dont l’accomplissement
conditionne à l’évidence notre avenir collectif. Ces populations, en effet,
sont emblématiques de la diversité culturelle qui est la richesse suprême de
l’humanité.
En cette année 2001, Année
des Nations Unies pour le dialogue entre les civilisations, où se tiendra la
Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la
xénophobie et l’intolérance qui y est associée, j’invite tous les
gouvernements à célébrer cette Journée au niveau national et souhaite
rappeler, à cette occasion, l’esprit dans lequel l’UNESCO contribue à
cette Décennie, dans le cadre de sa mission.
Toute stratégie de
développement doit préserver les valeurs propres à chaque culture, dans le
respect des droits indivisibles de l’être humain. En outre, les aspirations
des populations doivent être prises en compte sur le plan des institutions,
dans la perspective d’un véritable pluralisme, objectif de tout système
démocratique.
Le défi est en effet de
parvenir à élaborer des cadres qui permettent au développement d’avoir des
effets intégrateurs et aux institutions de faire une place à tous. Dans ce
contexte, les systèmes de valeurs et les institutions des populations
autochtones ainsi que la richesse des connaissances traditionnelles qu’ils ont
accumulées sur leur environnement doivent être sauvegardés, notamment par le
biais de systèmes éducatifs appropriés.
L’UNESCO entend poursuivre
son action en faveur des populations autochtones en la fondant sur une
conception globale du développement durable et sur le renforcement des liens
entre tradition et modernité. Les nouvelles technologies de l’information et
de la communication doivent participer à la promotion et à la visibilité des
cultures vivantes autochtones. Les savoirs traditionnels, le patrimoine
matériel et, en particulier, immatériel - qui constituent un héritage du
passé et sont les supports indispensables de l’identité et de la mémoire -
sont aussi porteurs de solutions de développement pour l’avenir.
Cette année 2001 devrait donc
être l’occasion de redoubler d’efforts pour que la mondialisation en cours
respecte davantage les préoccupations, les intérêts et les réalités des
populations autochtones. Celles-ci ont en effet une contribution précieuse à
apporter à la société du futur ”.
****