LES DELEGUES
DE 180 PAYS DEBATTENT DES
NOUVEAUX ENJEUX ET DES " MEILLEURES PRATIQUES
" EN MATIERE D'EDUCATION
Genève (Suisse), 4 septembre
(N°2001-92) - Les
ministres de l'Education et délégués de plus de 180
nations examineront les nouveaux enjeux et les choix
politiques qui s'imposent, à la 46e session de la
Conférence internationale de l'éducation (5-8
septembre 2001, Genève), sur toile de fond d'une
décennie marquée de tendances à la fois positives
et négatives dans le domaine de l'éducation.
* Depuis 1990, la population
analphabète dans le monde a légèrement baissé : de
895 millions, elle est passée aujourd'hui à 875
millions. Si le statu quo en matière de politique
d'éducation perdure, un jeune adulte sur dix (15-24
ans) sera encore analphabète d'ici à 10 ans.
* Les aides extérieures
allouées à l'éducation s'élèvent à 2% des
dépenses mondiales d'éducation. Entre 1990 et 1997,
l'aide à l'éducation en provenance de sources
bilatérales a chuté (passant de 3,64 milliards à
3,55 milliards de dollars).
* Selon les estimations des
Nations Unies, en moyenne et par an, 7 milliards de
dollars supplémentaires sont nécessaires pour les
dix prochaines années afin que tous les enfants dans
le monde reçoivent une instruction. C'est inférieur
à ce que les Européens dépensent annuellement pour
acheter des glaces.
* En Asie du Sud, près de 3
femmes sur 5 sont encore analphabètes (pour 1 homme
sur 3). Sur les 875 millions d'analphabètes estimés
dans le monde, environ 580 millions (soit les deux-tiers)
sont des femmes et des filles.
Depuis 1990, plusieurs signes
positifs ont également émergé :
* Les taux de scolarisation
dans le cycle primaire en Amérique latine et dans les
Caraïbes ont progressé, passant de 84% en 1990 à
94% en 1998. Le nombre d'enfants qui ne vont pas à
l'école a diminué de moitié, de 11,4 millions à
4,8 millions. Lors de cette même période, l'ensemble
des pays en développement ont fait passer le taux net
de scolarisation dans le primaire de 78% à 82%.
* Au cours des dix dernières
années, toutes les régions du monde ont connu une
baisse du nombre d'enfants (moins de 15 ans) par
rapport à la population en âge de travailler (15-64
ans). La diminution continue des taux de fécondité,
dans les prochaines décennies, créera des conditions
favorables pour la scolarisation, la population en
âge de travailler (15-64 ans), sur laquelle pèsent
généralement les coûts de l'éducation,
s'accroissant plus vite que celle des groupes d'âge
plus jeunes (0-14 ans).
* Depuis 1990, le taux
d'alphabétisation des femmes et des filles en Afrique
sub-saharienne a grimpé de 41% à 54% tandis que dans
les pays arabes, il est passé de 37% à 50%.
* Chez les 15-24 ans, la
différence entre les sexes s'est estompée, voire
effacée, en Amérique latine et dans les Caraïbes,
en Asie orientale et en Océanie aussi bien qu'en
Europe et en Amérique du Nord. Désormais, dans le
monde entier, les femmes représentent près de la
moitié (48%) des étudiants de l'enseignement
supérieur. Elles sont même plus nombreuses en Europe
et en Amérique du Nord.
La 46e session de la
Conférence internationale de l'éducation -
organisée par le Bureau international d'éducation (BIE)
de l'UNESCO - examinera les quelque 100 "
Meilleures Pratiques " d'éducation à travers le
monde, en particulier celles qui peuvent être
applicables d'une région ou d'un contexte à l'autre.
Parmi ces pratiques : le " projet des 40 écoles
" sud-africaines venant directement en aide aux
victimes de la violence et regroupant enseignants et
étudiants pour promouvoir la réconciliation
nationale ; le programme d'études canadien pour
Nunavut, un territoire Inuit nouvellement autonome ;
et le Mobile Internet Unit de la Malaisie, qui
permettra d'atteindre les communautés rurales les
plus éloignées du pays.
Le thème fédérateur de la
conférence s'intitule : " L'Education pour tous
pour apprendre à vivre ensemble ". Les
délégués à cette conférence - dont quelque 80
ministres de l'Education - examineront et débattront
des options politiques concrètes autour de six
thèmes :
1. Adaptation des programmes
d'études aux dimensions éthiques des rapides
progrès scientifiques et technologiques. Un atelier -
organisé par l'UNESCO et la Cité des Sciences et de
l'Industrie, La Vilette, Paris - abordera sur le fond
la question du progrès scientifique et de
l'enseignement des sciences : connaissances de base,
interdisciplinarité.
2. Lancement d'un programme
d'études pour combattre la violence et l'exclusion.
Le ministre de l'Education de l'Argentine et
l'Institut Universitaire d'Etudes du Développement (IUED,
Genève) organiseront un atelier intitulé "
Exclusion sociale et violence : éducation pour la
cohésion sociale ".
3. Initiatives éducatives
visant à réduire le fossé numérique. Un atelier -
financé par les gouvernements de la Norvège et de la
Finlande - préconisera des choix politiques pour
réduire l'écart entre riches et pauvres en
information, et explorera le potentiel des nouvelles
technologies pour améliorer l'apprentissage,
l'enseignement, la qualité, la gestion et la
transmission de l'éducation.
4. Intégration des politiques
d'enseignement des langues et autres stratégies pour
élargir la compréhension et la communication. Un
atelier - financé par le ministère de l'Education
des Pays-Bas - mettra en avant les méthodes pour
trouver un équilibre entre les exigences des
programmes étudiés dans la langue nationale et le
défi d'améliorer l'enseignement des langues
minoritaires et étrangères à l'école.
5. Conception de programmes
d'études pour reconnaître la diversité culturelle
et linguistique. Un atelier - co-organisé avec le
Programme de formation d'éducation interculturelle
bilingue pour les pays andins - traitera de
l'intégration de la diversité culturelle dans
l'enseignement des valeurs communes et de la
citoyenneté démocratique.
6. Education à la
citoyenneté : les apprentissages scolaires et sociaux.
Un atelier -financé par le ministère de l'Education
du Danemark - examinera le rôle des écoles dans la
préparation des jeunes gens à une participation
active et un jugement analytique du processus
démocratique, ainsi que le rôle de l'éducation pour
la défense des valeurs communes consacrées dans la
Déclaration universelle des droits de l'homme.
La conférence a aussi pour
but d'attirer l'attention des décideurs politiques
sur un plan d'action global qui engage les
gouvernements à faire avancer la plus ambitieuse
campagne lancée par les agences des Nations Unies
pour éradiquer l'analphabétisme et réaliser
l'objectif d'une éducation de base de qualité pour
tous partout dans le monde, en 2015, conformément au
cadre d'action adopté en avril 2000 par plus de 180
nations au Forum mondial sur l'éducation à Dakar (Sénégal).
Le Directeur général de
l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, présidera une réunion
spéciale, le 8 septembre à 9h30, sur l'implication
de la société civile dans l'action en faveur de
l'éducation pour tous.
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Conférence de presse : Sir
John Daniel, Sous-Directeur général de l'UNESCO pour
l'éducation ; Martine Brunschwig Graf, Présidente du
Département de l'instruction publique de la
République et Canton de Genève ; et Cecilia
Braslavsky, Directrice du BIE, s'adresseront à la
presse le 4 septembre, à 9h30, au Palais des Nations.
Pour plus d'informations, les
journalistes peuvent contacter Nadia Sikorsky (n.sikorsky@ibe.unesco.org),
tél. : (41 22) 917 78 25 - fax : (41 22) 917 78 01 ou
le Service de presse du Bureau d'information du public
de l'UNESCO (i.le-fournis@unesco.org), tél. : 06 14
69 53 72 - fax : (33-1) 45 68 56 52