LA
MEDAILLE COMENIUS DE L’UNESCO RECOMPENSE DES
CHAMPIONS DE L’ALPHABETISATION ET DE L’EDUCATION
Genève
6 septembre (2001-N°94) – L’intégration d’enfants handicapés dans une
école bulgare, la mise en place de la première
organisation panafricaine d’enseignants, le travail
bénévole de milliers d’étudiants dans les
bidonvilles brésiliens, telles sont quelques-unes des
initiatives que l’UNESCO a récompensé
aujourd’hui en leur décernant la Médaille Comenius
2001.
John
Daniel, responsable du Secteur de l’éducation à
l’UNESCO, et Pieter de Meijer, Président du Conseil
du Bureau international d’éducation (BIE), ont
remis les médailles aux huit lauréats lors d’une cérémonie
qui s’est déroulée dans le cadre de la 46e
Conférence internationale de l’éducation, une
rencontre de quatre jours à laquelle participent 80
ministres de l’Education et quelque 800 enseignants
et délégués de 180 pays.
Lors
de la cérémonie, John Daniel a qualifié de « plus
grand défi moral de notre temps » le fait que
des centaines de millions de personnes se voient
refuser une éducation de base. Il a rappelé qu’un
adulte sur quatre est analphabète et qu’un tiers
des enfants de moins de six ans ne bénéficie pas
d’éducation préprimaire.
La
Médaille Comenius 2001 est décernée aux lauréats
suivants :
L’école
professionnelle de construction de machines Atanas Bourov, fondée en 1923, est la première à introduire en
Bulgarie des classes où enfants normaux et handicapés
apprennent ensemble. Depuis l’année scolaire
1999-2000, 75 élèves ayant des besoins spécifiques
ont été intégrés dans la filière normale
d’enseignement. Il a ainsi été possible de répondre
aux préoccupations des parents dont les enfants
handicapés n’avaient jusque-là aucune possibilité
de poursuivre leurs études.
Le
Projet Comunidade
Solidária, du Brésil, a été récompensé pour
sa lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale
à travers ses deux programmes phares. Universidade
Solidária encourage des étudiants universitaires
à effectuer un travail communautaire en faveur des
quartiers les plus défavorisés du pays. Plus de 12
000 étudiants de 160 universités auront participé
à cette initiative à la fin de cette année. Alfabetização
Solidária est un mouvement national de lutte
contre l’illettrisme.
Le
Projet des
Sciences de la Vie 1990-2000, du ministère
namibien de l’Enseignement élémentaire et de la
Culture, a été distingué en tant que « fer de
lance » de la réforme de l’enseignement dans
ce pays et rare exemple d’une initiative où
« la pratique dans les salles de cours a
influencé l’élaboration de politiques et de
programmes ». Avec le soutien financier de
DANIDA, 1800 enseignants ont été formés dans le
cadre de ce projet réalisé en coopération avec
l’organisation non gouvernementale danoise IBIS.
L’universitaire
Sook Jong Lee,
de la République de Corée, est l’un des plus éminents
spécialistes de la pensée de Jan Amos Comenius. Dans
son discours, Sook Jong Lee a souligné « les
incomparables contributions » de cet humaniste
tchèque du XVIIe siècle, un théologien contraint à
l’exil qui a écrit près de 200 ouvrages où il
promeut notamment des réformes durables de l’éducation
et de la société.
Mohammed Abdul Kader Ahmed,
du Bahrein, a été récompensé pour « ses méthodes
modernes d’enseignement de la langue arabe à ceux
dont ce n’est pas la langue maternelle ». Il
est l’auteur de plus de 40 livres sur la pédagogie
et la conception de programmes d’enseignement pour
le monde arabe.
Thomas Ango Bediako, du
Ghana, est un des fondateurs de l’Organisation pan-africaine
des enseignants. Il a lancé le Centre pan-africain
pour fournir des services aux associations
d’enseignants en Afrique. Il est actuellement le
coordinateur régional pour l’Afrique de
l’Internationale de l’Education, la plus grande
organisation mondiale d’enseignants.
Le
Docteur Pablo
Latapí Sarre, du Mexique, a été distingué en
tant que « l’un des pères fondateurs de la
recherche en matière d’éducation en Amérique
latine ». Il a créé le premier journal sur
l’éducation au Mexique et a été à l’origine de
l’Observatoire des citoyens en matière d’éducation
(Observatorio
Ciudadano de Educación) et du Centro
de Estudios Educativos.
Une
médaille a été décernée à titre posthume au Français
Yves Brunsvick, ardent défenseur des nouvelles méthodes
d’enseignement, notamment celles de l’enseignement
du français aux étrangers. Enseignant pendant trente
ans à La Sorbonne, il a été président du Conseil
du BIE et, de 1958 à 1990, Secrétaire général de
la Commission nationale française pour l’UNESCO.
La
médaille Comenius a été créée en 1992 par la République
tchèque et l’UNESCO pour récompenser des
contributions à un enseignement de qualité et pour
mettre en valeur des méthodes pédagogiques
innovantes ou efficaces.
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