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SEPTEMBRE : JOURNEE
INTERNATIONALE DE L’ALPHABETISATION
Paris,
7 septembre (N°2001-95)
- Sur notre planète, près de quatre milliards de
personnes savent lire et écrire. Au moment où l’on
s’apprête à célébrer la première Journée
internationale de l’alphabétisation du troisième
millénaire, ce chiffre témoigne des progrès
enregistrés au cours des dernières décennies.
Pourtant, comme le souligne le Directeur général de
l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, dans un message lancé
à l’occasion de cette Journée du 8 septembre, l’alphabétisation
pour tous reste “ une tâche d'une magnitude et
d'une complexité impressionnantes ”.
Les
progrès ne sont pas niables. En 1950, dans la moitié
des pays du monde, 50% ou plus de la population adulte
(plus de 15 ans) était analphabète. Aujourd’hui,
ça n’est plus le cas que dans 25 pays et la
majorité des pays affichent un taux d’analphabétisme
inférieur à 10 %. Environ quatre adultes sur cinq
sont aujourd’hui alphabétisés alors que trois sur
quatre l’étaient en 1990 et moins de deux sur trois
en 1970. A ce rythme, ce sont cinq adultes sur six qui
seront alphabétisés vers 2010. Parmi les progrès
les plus remarquables, on peut citer l’Inde où le
taux d’alphabétisation a augmenté de 13 % entre
1991 et 2001, le Bangladesh qui affiche un taux d’alphabétisation
de 65 % soit 30 % de plus qu’en 1990.
Mais
l’analphabétisme demeure un phénomène de grande
ampleur. Pendant longtemps, le nombre des
analphabètes a même augmenté régulièrement car le
rythme de la croissance démographique l’emportait
sur le développement des moyens éducatifs. Jusqu’à
la fin des années 1980, la population mondiale d’analphabètes
a continué de progresser, atteignant un total de
près de 900 millions de personnes de 15 ans ou plus.
Bien que la décrue se soit amorcée dans les années
1990, cette population analphabète a été estimée
à 875 millions pour l’an 2000. Sans effort massif,
le chiffre sera encore de 830 millions en 2010.
De
plus, malgré la réduction de certaines inégalités
enregistrée au cours des dernières décennies, les
femmes fournissent toujours l’essentiel des adultes
analphabètes. A côté de cette croissante
féminisation de l’analphabétisme, on constate que
celui-ci est de plus en plus concentré
géographiquement : dix-sept des vingt-cinq pays où
le taux estimé d’analphabétisme des adultes reste
supérieur à 50 % appartiennent à l’Afrique
subsaharienne et cinq sont des pays d’Asie du Sud.
A l’occasion
de la Journée internationale de l’alphabétisation,
le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro
Matsuura, a lancé un message qui revient sur ces “
avancées spectaculaires ” en matière d’alphabétisation
mais aussi sur le fait que “ cette aptitude [à lire
et à écrire] est encore inégalement répartie entre
les sociétés et à l’intérieur de chacune d’elles.
Ses bienfaits sont donc encore refusés aux centaines
de millions de personnes qui sont victimes d’une
pauvreté, d’une exclusion et d’une
marginalisation croissantes et pour qui la société
éducative n'est qu’un rêve lointain, voire
inimaginable ”.
Koïchiro
Matsuura poursuit : “ Cette situation est d’autant
plus intolérable que nous disposons aujourd’hui de
la technologie, du savoir-faire, de l’expérience et
des ressources nécessaires pour bâtir un monde
alphabétisé. Certes, réaliser l’alphabétisation
pour tous est une tâche d'une magnitude et d'une
complexité impressionnantes. Mais l’enjeu est trop
important pour que nous nous laissions aller au
découragement ”.
Rappelant
que l’Assemblée générale des Nations Unies aura
bientôt à se prononcer sur le lancement d’une
Décennie de l’alphabétisation pour tous, dont l’UNESCO
sera probablement le chef de file au sein du système
des Nations Unies, le Directeur général souligne que
cette Décennie des Nations Unies “ sera l’occasion
d’accélérer la dynamique de l’alphabétisation
pour tous et de développer une conception de l’alphabétisation
qui prenne en compte non seulement les besoins d’apprentissage
des adultes mais aussi ceux des enfants et des jeunes
”. Pour lui, “ elle devra clairement reconnaître
que les solutions des différents problèmes
éducatifs sont liées entre elles. En particulier, l’instruction
des adultes, et notamment des femmes et des jeunes
filles, est essentielle pour généraliser l’accès
à l'enseignement primaire et en améliorer la
qualité et la pertinence ”.
Il
ajoute qu’au-delà de la célébration de l’alphabétisation
“ en tant que valeur intrinsèque, étroitement
liée, pour l’être humain, à la jouissance de sa
dignité fondamentale et à l’exercice de son rôle
de citoyen de son pays et du monde ”, l’alphabétisation
doit aussi être considérée comme un moyen crucial
de s’assurer d’autres avantages et d’atteindre d’autres
objectifs : “ Parce qu'elle touche à tous les
aspects de notre existence et de celle de notre
entourage, elle a véritablement le pouvoir de
transformer la réalité que nous vivons ”.
Après
avoir salué la lutte silencieuse mais persévérante
menée contre l’analphabétisme par des centaines de
milliers d’éducateurs, professionnels aussi bien
que bénévoles, Koïchiro Matsuura invite chacun,
responsable politique ou simple citoyen, “ à
apporter un soutien ferme et accru à l’effort d’alphabétisation
pour tous. Développons l’alphabétisation, et notre
vie à tous, sous tous ses aspects, s’en trouvera
enrichie ”.
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Le
texte intégral du message du Directeur général est
disponible sur le site : www.unesco.org/bpi/eng/dg/
Des
statistiques sur l’alphabétisation peuvent être
consultées à l’adresse :
www.unesco.org/education/information/wer/WEBtables/Ind2web.xls