Communiqué de presse
N°2002-4
LES FORTS TAUX D'ECHEC SCOLAIRE ET DE REDOUBLEMENT
MONTRENT QU' IL Y A UN VRAI PROBLEME DE QUALITE DES SYSTEMES EDUCATIFS
EN AMERIQUE LATINE
Paris, 6 février - En Amérique
latine, environ deux millions d'enfants en âge d'aller en
primaire et 20 millions d'enfants en âge d'aller en secondaire
n'y vont pas, selon le nouveau rapport de l'Institut de statistique
de l'UNESCO. Dans les zones rurales de la région, deux
enfants sur cinq ne terminent pas l'école primaire ou la
finissent avec au moins deux ans de retard. En ville, cela n'arrive
qu'à un enfant sur six.
Le rapport de l'Institut sur l'Amérique latine et les
Caraïbes est le premier d'une série qui va faire le
point sur la situation de l'éducation à travers
le monde. Il présente des données - portant sur
19 pays et l'année scolaire 1998 (ou 1998-1999) - provenant
de sources nationales ou d'autres sources, dont la Commission
économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes
(CEPALC). Il couvre la scolarisation et la scolarité des
élèves et étudiants de leur plus jeune âge
jusqu'au niveau de l'enseignement supérieur, tant dans
le public que le privé, ainsi que le personnel enseignant
et les dépenses d'éducation.
Le rapport montre que la scolarisation a été globalement
améliorée dans la région. Dans tous les pays
étudiés, au moins 80 % des enfants de la classe
d'âge correspondante sont scolarisés dans l'enseignement
primaire. Dans sept pays (Argentine, Bolivie, Brésil, Cuba,
Equateur, Mexique et Pérou), la scolarisation universelle
en primaire a été réalisée, et dans
trois autres (Costa Rica, Uruguay et Venezuela) elle l'est pratiquement.
Bien que la scolarisation en secondaire soit en augmentation,
le rapport ne fait état que de 54 % de scolarisés
parmi les jeunes en âge d'aller en secondaire, ce qui laisse
quelque 20 millions de jeunes exclus du système scolaire
ou encore en primaire.
La qualité de l'éducation reste un problème
majeur, comme l'indiquent les taux d'échec scolaire et
de redoublement dans plusieurs pays. Au Brésil, par exemple,
24 % des élèves du primaire et 18 % de ceux du secondaire
sont des redoublants. Pour 100 enfants qui entrent à l'école
primaire au Nicaragua, seuls 55 atteignent la 7e (grade 5). L'Argentine
a le plus fort " taux de survie " avec 94 élèves
qui atteignent la 7e.
L'enseignement supérieur est, selon le rapport, l'un des
" plus grands défis éducatifs " de la
région. Malgré un taux d'inscription qui a augmenté
pendant les années 1990, seuls 9,5 millions d'individus
ont suivi un enseignement supérieur en 1998 en Amérique
latine, et le Brésil, le Mexique et l'Argentine représentent
à eux seuls près de 60 % du total. Les sciences
sociales, le commerce et le droit attirent la plus grande proportion
d'étudiants (du moins de ceux à propos desquels
l'information a pu être recueillie), sauf à Cuba
où l'enseignement et la santé prédominent.
La région compte 6,5 millions d'enseignants pour 143 millions
d'élèves et étudiants. 43 % sont des instituteurs,
et une écrasante majorité sont des femmes (4,5 millions).
Les hommes qui enseignent dans le supérieur sont plus nombreux
que les femmes ; ils représentent environ 60 % des enseignants
du supérieur, mais seuls sept pays ont fourni les informations
concernant ce point (Argentine, Brésil, Colombie, Cuba,
El Salvador, Nicaragua et Venezuela).
Dans la plupart des pays, la plus grosse part de la dépense
publique consacrée à l'éducation va à
l'enseignement primaire. Sur les 16 pays pour lesquels des données
étaient disponibles, quatre (Bolivie, Costa Rica, Cuba
et Panama) consacrent 5 % ou plus de leur budget à l'éducation
et trois (République dominicaine, El Salvador et Uruguay)
en dépensent moins de 3 %.
Le rapport souligne que, malgré des niveaux différents
de développement dans la région, les pays se sont
engagés dans la modernisation et la réforme de leurs
systèmes éducatifs. Il note également qu'une
opportunité réelle d'amélioration émerge
au fur et à mesure du ralentissement de la croissance démographique.
La population de la région augmentant d'environ 1,5 % annuellement,
cela signifie, explique le rapport, qu'avec un nombre moins grand
d'enfants à scolariser, cette amélioration de la
qualité ne nécessiterait pas d'augmenter les budgets
d'éducation.
Parallèlement, il y aura de moins en moins de jeunes actifs
pour subvenir aux besoins d'une population âgée de
plus en plus nombreuse. Cela appelle l'élargissement de
l'offre éducative, au delà de l'éducation
de base, et la rapide création d'opportunités d'emploi
qui correspondent aux compétences de ces nouveaux entrants
sur le marché du travail, souligne le rapport.
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