Communiqué
de presse N°2002-99
LES MINISTRES
DE L'EDUCATION AFRICAINS
APPELLENT A LA SOLIDARITE ET A L'ACTION
Dar-es-Salaam, 6 décembre
- La huitième Conférence des ministres de l'Education
des Etats d'Afrique (MINEDAF VIII) a clos aujourd'hui ses travaux,
en lançant un double appel à la communauté
internationale et aux gouvernements africains eux-mêmes
pour faire de l'éducation un des piliers du développement
de l'Afrique.
Organisée par l'UNESCO,
en coopération avec le pays hôte et l'Union Africaine
(UA), MINEDAF VIII a réuni pendant 5 jours 29 ministres
et un grand nombre de représentants de 49 pays, d'agences
du système des Nations Unies et d'organisations intergouvernementales
et non gouvernementales.
" La Conférence lance
un appel à la communauté internationale pour accompagner
l'Afrique dans sa stratégie de renouveau éducatif
et de renaissance culturelle pour la construction de la nouvelle
Afrique ", dit la Déclaration d'engagement, adoptée
aujourd'hui à de Dar-es-Salaam. Convaincue que les objectifs
fixés au Forum mondial sur l'éducation (Dakar, 2000)
peuvent être atteints, elle a également lancé
" un appel solennel pour un sursaut continental ".
Reconnaissant les efforts déployés
par les pays pour la réalisation des objectifs de l'Education
pour tous (EPT), les participants à MINEDAF VIII ont néanmoins
constaté que " les progrès restent encore limités
et en-deçà des attentes ". L'achèvement
du cycle primaire demeure un des problèmes majeurs : "
Le taux d'accès en sixième année d'école
primaire, qui s'établit à 56%, n'a progressé
que de 5 points en dix ans, de 1990 à 2000 ". Au cours
de la même période, l'indice de parité filles/garçons
a également progressé de 5 points et le taux d'alphabétisme
de 10, constate la Déclaration de Dar-es-Salaam.
Actuellement, en Afrique, quelque
40 millions d'enfants en âge scolaire ne vont pas à
l'école et seulement la moitié des enfants scolarisés
terminent le cycle primaire. Contrairement aux tendances actuelles
dans le monde, le ratio élèves/maître y est
en hausse, certaines classes atteignant plus de 100 élèves.
L'analphabétisme chez les adultes est estimé à
40%. Au rythme actuel, 20 pays d'Afrique sub-saharienne ne parviendront
pas à l'éducation pour tous en 2015, objectif fixé
au Forum de Dakar.
La Conférence a rappelé que les partenaires bilatéraux
et multilatéraux doivent poursuivre et renforcer leur soutien
- notamment par le financement des plans nationaux EPT validés
-, indispensable à la réalisation des programmes
et activités opérationnelles. L'aide bilatérale
à l'éducation a baissé de 16% au cours de
cette décennie et les estimations des besoins d'aide se
sont révélées trop faibles (environ 50%).
Selon le Rapport de suivi de l'éducation pour tous 2002,
5,6 milliards de dollars supplémentaires seront nécessaires
chaque année pour parvenir à l'éducation
de base universelle.
" Une aide extérieure
conséquente sur un champ d'intervention plus ouvert et
selon des procédures accélérées est
nécessaire ", dit la Déclaration, proposant
l'annulation de la dette " dont le service annuel dans certains
pays dépasse les besoins annuels de ressources pour réaliser
l'éducation pour tous ".
Conscients cependant que l'amélioration
des systèmes éducatifs en Afrique exige une exploitation
plus rationnelle des ressources humaines et financières
par les gouvernements africains eux-mêmes, " en démultipliant
les initiatives et surtout en travaillant main dans la main ",
les participants à la Conférence ont souligné
la détermination des Africains d'être les artisans
de leur développement et de leur avenir. Ils ont réaffirmé
leur " engagement en faveur d'une alliance pour la renaissance
de l'Afrique " et décidé de renforcer la coopération
régionale.
S'engageant à finaliser
les plans nationaux EPT d'ici à décembre 2003, les
participants ont proposé une série de mesures de
réforme concrètes : augmenter la part du budget
de l'Etat allouée à l'éducation afin qu'elle
représente au moins 20%, consacrer environ 50% du budget
de l'éducation à l'enseignement primaire, augmenter
les dépenses courantes d'enseignement hors salaires afin
de mettre à la disposition des élèves des
matériels didactiques adéquats, améliorer
la formation des enseignants et leur situation salariale, viser
un ratio de 40 élèves par maître, réduire
les taux de redoublement, inciter le secteur privé à
accueillir plus d'enfants.
Bien qu'ils aient accordé
la priorité à une éducation de base de qualité,
les ministres africains de l'Education ont insisté sur
une approche globale de l'éducation à tous les niveaux,
depuis la petite enfance jusqu'à la formation post-universitaire.
Cette approche, mettant l'accent sur l'éducation des filles
et des femmes, l'enseignement des sciences et de la technologie,
la lutte contre l'impact du VIH/sida, l'utilisation des langues
nationales à l'école, l'éducation aux valeurs
humaines, notamment à la paix et à la citoyenneté,
est appelée à créer une synergie non seulement
à l'intérieur du système éducatif,
mais aussi entre celui-ci et les autres secteurs de la vie économique,
sociale et culturelle.
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Voir le Rapport
de suivi de l'éducation pour tous 2002 : Le monde est-il
sur la bonne voie ? (http://www.unesco.org/education) et celui
préparé pour MINEDAF VIII (http://www.minedaf.org)
Contact
Jasmina Sopova
Bureau de l'information du public, Section éditoriale
Tél. : +33 (0)1 45 68 17 17 - e-mail : j.sopova@unesco.org
Sue Williams
Bureau de l'information du public, Section éditoriale
Tél. : +33 (0)1 45 68 17 06 - e-mail : s.williams@unesco.org