Communiqué de presse
N°2002-11
SIGNATURE ENTRE
L'UNESCO ET L'ADMINISTRATION AFGHANE
D'UN PROTOCOLE D'ACCORD POUR LA REHABILITATION DU MUSEE DE KABOUL
Paris, 1er mars -
Un Protocole d'accord pour la réhabilitation du musée
de Kaboul a été signé ce matin par le Directeur
général de l´UNESCO, Koïchiro Matsuura,
et le ministre de l'Information et de la Culture dans l'Administration
intérimaire afghane, Said Makhdoum Raheen, qui s'est ensuite
adressé au Conseil exécutif de l'UNESCO, réuni
pour une journée d'information. Le Président de
l'Administration intérimaire afghane, Hamid Karzaï,
doit également intervenir aujourd'hui devant le Conseil
exécutif.
Le Protocole d'accord
pour la réhabilitation du musée de Kaboul, première
manifestation concrète du rôle que l'Afghanistan
a confié à l'UNESCO en matière de coordination
des efforts internationaux de sauvegarde du patrimoine culturel
afghan, porte notamment sur l'évaluation de l'état
du bâtiment et des collections, des mesures de récupération
et des réparations d'urgence permettant de protéger
ces collections, la préparation d'un projet détaillé
de restauration du bâtiment et d'un transfert éventuel
des collections vers d'autres emplacements existants ou à
créer, la formation du personnel du musée et le
rétablissement de son potentiel tant scientifique qu'en
terme de gestion, la fourniture d'équipement mais aussi
de l'expertise nationale et internationale nécessaire.
Le musée de
Kaboul fondé en 1930, a été gravement endommagé
et pillé aux cours des années de combat dans la
capitale afghane. Quelque 70 % des 100 000 pièces du musée
ont disparu. Le musée a reçu le coup de grâce
en mars 2001 quand les taliban du ministère de la Répression
du vice et de la Promotion de la vertu s'y sont livrés,
à coups de marteaux et de haches, à une destruction
en règle de statues et d'objets d'art de grande valeur.
Aux termes du protocole,
l'Administration intérimaire afghane et l'UNESCO mobiliseront
auprès de la communauté internationale les ressources
nécessaires à ces mesures. Les deux partenaires
se réuniront régulièrement pour déterminer
les activités à entreprendre dans ce cadre, pour
échanger des informations et coordonner la collecte des
fonds et l'assistance technique.
S'adressant au ministre
et aux membres du Conseil exécutif, le Directeur général
de l'UNESCO a souligné que l'Organisation n'avait jamais
oublié l'Afghanistan au cours des récentes décennies
de guerre et de luttes intestines. Il a cité le minaret
de Jam et la ville d'Hérat, objet d'une campagne internationale
dans les années 70, ainsi que les efforts, malheureusement
vains, déployés pour sauver les bouddhas de Bamiyan.
Koïchiro Matsuura a évoqué l'envoi de premiers
experts dans l'Afghanistan post-taliban mais aussi des mesures
à plus long terme : " Dans la droite ligne de la Conférence
de Tokyo et dans le cadre de l'appel consolidé des Nations
Unies, l'UNESCO a préparé un certain nombre de propositions,
représentant plusieurs millions de dollars, en faveur de
la culture et de la communication ".
Le Directeur général
a poursuivi : " A long terme, et dès que nous serons
capables de réunir les ressources nécessaires, nous
voulons non seulement restaurer et préserver les monuments
et sites afghans mais aussi revitaliser les arts, l'artisanat
et les techniques traditionnelles du pays, en prêtant une
attention particulière à la participation des femmes
[
] La stratégie de l'Organisation consiste à
aider à rétablir les liens entre les populations
concernées et leur histoire culturelle. En d'autres termes,
de développer un sentiment de propriété commune
des monuments représentatifs des différentes composantes
de la société ".
Pour sa part, le ministre
afghan de l'Information et de la Culture, a évoqué
la destruction de bibliothèques et d'instruments de musique
par les talibans, ainsi que la persécution des artistes
dans tout le pays : " Les taliban voulaient détruire
notre culture, notre passé et notre fierté nationale
". Estimant que 80 % des infrastructures artistiques et culturelles
du pays étaient détruites et que de nombreux sites
historiques étaient en danger, Said Makhdoum Raheen a déclaré
que son gouvernement s'engageait à faire revivre les arts
et la culture " qui ont fait partie intégrale de notre
vie pendant des milliers d'années ".
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