Communiqué de presse
N°2002-13
8 MARS, JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME
Paris, 7 mars - "
La violence contre les femmes et les enfants n'est pas seulement
une "question concernant les femmes". En effet, elle
nous concerne tous car il s'agit d'égalité et d'équité
", rappelle le Directeur général de l'UNESCO,
Koïchiro Matsuura, dans son message pour la Journée
internationale de la femme, célébrée le 8
mars.
Inscrivant son message
dans le cadre de la Décennie internationale de la promotion
d'une culture de la paix et de la non-violence au profit des enfants
du monde (2001-2010), le Directeur général y dénonce
les multiples formes de violences dont les femmes et les fillettes
sont victimes dans tous les pays. Il lance " un appel aux
gouvernements, aux organisations de la société civile
et à la communauté internationale pour qu'ils défendent
le respect des principes, règles et normes internationalement
reconnus en matière de droits de la personne humaine, et
en particulier des femmes et des enfants, droits inaliénables
qui font partie intégrante des droits de l'homme universels
".
Les violences contre
les femmes sont une des facettes des discriminations dont elles
continuent d'être victimes, malgré les avancées
sur le plan du droit : les deux tiers des 880 millions d'adultes
analphabètes, ainsi que des 2,8 milliards de pauvres (vivant
avec moins de 2 dollars par jour), sont des femmes. Les fillettes
représentent les deux tiers des 113 millions d'enfants
non scolarisés et la majorité des enfants qui abandonnent
leur scolarité en cours de route.
La lutte contre les
violences passe par la lutte contre les inégalités,
à laquelle l'UNESCO contribue dans ses champs de compétence
en aidant les femmes à occuper la place qui leur revient.
Les femmes constituent l'un des groupes prioritaires de l'Organisation,
dont tous les programmes, de l'éducation aux sciences en
passant par la communication et la culture, doivent intégrer
l'objectif de l'égalité entre les sexes.
L'éducation
des filles est une priorité pour l'UNESCO, qui travaille
aussi à l'élimination des stéréotypes
sexistes dans les manuels scolaires et à la sensibilisation
des enseignants à la question de l'égalité.
Pour promouvoir les femmes dans les carrières scientifiques,
le programme "Femmes, science et technologie" regroupe
une série de chaires universitaires et de réseaux
associant plus de cinquante universités dans le monde.
En communication, l'UNESCO participe à des projets, par
exemple en Asie, pour renforcer l'accès des femmes aux
nouvelles technologies. Enfin, ces dernières années,
l'UNESCO a mené des recherches sur les méthodes
traditionnelles de résolution des conflits par les femmes,
en Afrique, et sur les rôles masculins et la violence.
On constate un manque
de volonté politique dans ce domaine de la protection des
femmes contre la violence. Il existe pourtant de nombreux textes
normatifs internationaux, ratifiés par une majorité
d'Etats, à commencer par la Déclaration universelle
des droits de l'homme (1948), complétée par la Convention
sur l'élimination de toutes les formes de discrimination
à l'égard des femmes (CEDAW, 1979), la Convention
relative aux droits de l'enfant (1990) et la Déclaration
sur l'élimination de la violence à l'égard
des femmes (1993).
L'UNESCO vient d'ajouter
un nouvel outil à cette panoplie avec la Déclaration
universelle sur la diversité culturelle, adoptée
par la Conférence générale en novembre 2001.
En effet, l'article 4 de cette Déclaration, qui stipule
: " Nul ne peut invoquer la diversité culturelle pour
porter atteinte aux droits de l'homme garantis par le droit international,
ni pour en limiter la portée ", peut représenter
une référence importante pour les femmes et les
organisations qui luttent, par exemple, contre des pratiques comme
les mutilations sexuelles, les mariages précoces ou les
"crimes d'honneur".
Dans son message,
le Directeur général se réjouit des nouvelles
opportunités qui s'offrent aux femmes en Afghanistan après
la disparition du régime des taliban. L'UNESCO est engagée
à leurs côtés et participe, notamment, à
la Consultation des femmes afghanes, organisée à
Kaboul du 6 au 8 mars 2002 par le ministère des Affaires
des femmes et le Fonds des Nations Unies pour les femmes (UNIFEM),
en collaboration avec d'autres agences des Nations Unies. Des
Afghanes venues de tous les secteurs de la société
sont invitées à y développer des recommandations
concrètes concernant leur rôle dans la construction
de la paix et la reconstruction de leur pays. Le Directeur général
conclut d'ailleurs son message en citant la phrase d'une femme
afghane : " Pour voler, un oiseau a besoin de ses deux ailes,
la société aussi ".
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