Communiqué de presse
N°2002-14
VERS UNE REPRISE DU DIALOGUE AU MOYEN-ORIENT
Paris, 14 mars - M.
Koïchiro Matsuura, Directeur général de l'UNESCO,
a eu une série d'entretiens consacrés à la
situation au Moyen-Orient, le jeudi 14 mars 2002.
Il s'est tout d'abord entretenu
avec le Président du Groupe arabe de l'UNESCO, accompagné
de l'Ambassadeur Ahmad Abdelrazek, Observateur permanent de l'Autorité
palestinienne auprès de l'UNESCO et de Mme Saïda Charaseddine,
représentant l'ALECSO. Venus manifester auprès du
Directeur général leur indignation à la suite
les récentes actions militaires israéliennes qui
ont entraîné la mort de nombreux écoliers
palestiniens et la destruction de plusieurs écoles, ils
lui ont remis une lettre du Ministre palestinien de l'Education
demandant l'intervention de l'UNESCO pour que les vies des écoliers
et étudiants palestiniens soient protégées
et leur droit à l'éducation respecté.
M. Matsuura s'est ensuite entretenu
avec le Vice-ministre des Affaires étrangères israélien,
M. Michaël Melchior, en visite officielle en France. Au cours
de leur entretien, le Vice-Ministre a confirmé qu'il était
absolument nécessaire d'échapper à la "
folie " de la situation actuelle. Il a insisté sur
le rôle central que doit jouer la société
civile dans la recherche de solutions inventives et d'approches
innovantes pour renforcer le dialogue entre les différentes
identités, cultures et religions. Il a demandé à
l'UNESCO de promouvoir des partenariats dans ce sens.
Au cours de ces discussions, le
Directeur général a marqué sa pleine adhésion
aux propos tenus par le Secrétaire général
des Nations Unies, M. Kofi Annan, devant le Conseil de sécurité
cette semaine, et s'est associé à l'appel lancé
en faveur d'un arrêt immédiat de la violence et à
une reprise des négociations en vue d'un règlement
politique. M. Matsuura a fait part de son extrême préoccupation
face à " un insupportable enchaînement de la
violence, de la vengeance et des souffrances ". Il estime
cependant que " à un moment de tension accrue dans
les relations israélo-palestiniennes, il y a cependant
des signes d'espoir aux niveau régional et international
". Il a tenu à souligner le " caractère
prometteur de deux développements récents "
à savoir l'adoption par le Conseil de sécurité
de la résolution 1397 et l'initiative du Prince Abdullah
d'Arabie Saoudite.
Devant ses interlocuteurs, M. Matsuura
a insisté sur le rôle crucial de l'éducation,
élément indispensable à l'établissement
d'une paix durable et à la restauration de la sécurité,
pour jeter les bases d'une meilleure compréhension mutuelle.
Il a notamment déclaré : " Tous nos espoirs
de paix et les chances de réconciliation entre les Israéliens
et les Palestiniens sont gravement compromis chaque fois qu'un
enfant est empêché d'aller en classe. Nous devons
panser les plaies des curs et des esprits des jeunes palestiniens
et israéliens pour créer les conditions d'un meilleur
avenir. Nous ne pouvons plus attendre. Il faut que tous les enfants,
israéliens et palestiniens, puissent retourner à
l'école en toute sécurité : ce sera le premier
pas essentiel vers la paix ".
Le Directeur général
a également souligné le rôle fondamental de
la culture dans le processus de réconciliation. "
Les Israéliens et les Palestiniens doivent apprendre à
vivre ensemble dans un respect mutuel. Je suis convaincu que partout
dans le monde le dialogue entre cultures et religions est le ciment
de la paix. C'est particulièrement vrai au Moyen-Orient
aujourd'hui. Il est urgent de nous pencher sur la dimension culturelle
de la sécurité internationale ; le dialogue interculturel
peut servir de moteur à la paix et à la réconciliation.
L'UNESCO est prête à s'associer à toutes les
initiatives qui contribueraient à libérer les peuples
du prisme déformant des préjugés et stéréotypes.
"
****