Communiqué
de presse N°2002-26
DES PROFESSIONNELS
DES MEDIAS CHERCHENT A PROTEGER LA LIBERTE DE LA PRESSE A L'HEURE
DU TERRORISME
Manille (Philippines), 2 mai -
Des professionnels des médias et des organisations non
gouvernementales des droits civiques, réunis à Manille,
ont adopté aujourd'hui une résolution stipulant
que les journalistes ont le droit et le devoir d'enquêter
et d'informer sur le terrorisme et que doit être respecté
leur droit à travailler en sécurité.
A la fin des deux jours de la
Conférence de l'UNESCO sur les médias et le terrorisme,
quelque 100 professionnels des médias ont également
manifesté leur inquiétude à propos de l'arrestation,
aujourd'hui au Zimbabwe, de trois journalistes : Llody Mudiwa
et Collin Chgiwanza, du quotidien indépendant The Daily
News, et Andrew Meldrun, correspondant du Guardian (Royaume-Uni).
" Nous appelons les autorités
du Zimbabwe à abandonner les charges contre ces journalistes
et à cesser de les persécuter par le biais de l'Access
to Information and Protection of Privacy Act ", ont déclaré
les participants à la conférence.
Ils ont manifesté leur inquiétude
à la veille des célébrations de la Journée
mondiale de la liberté de la presse, dont l'événement
principal se tiendra demain à Manille avec la remise du
Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo
Cano à Geoffrey Nyarota, fondateur et directeur du seul
journal indépendant du Zimbabwe, The Daily News.
A l'occasion de la clôture
de la Conférence sur les médias et le terrorisme,
Geoffrey Nyarota a déclaré : " Le Zimbabwe
a besoin de toute l'aide internationale possible, en particulier
de la part de l'UNESCO et des organisations de professionnels
des médias. En exprimant aujourd'hui leur solidarité,
ils envoient aux autorités d'Harare un signal leur indiquant
que le Zimbabwe ne peut pas agir en dehors des normes internationalement
acceptées ".
La Résolution sur le terrorisme
et les médias, adoptée par les participants à
la conférence, met en avant les inquiétudes que
soulèvent les " restrictions imposées au droit
à la liberté d'expression et à la liberté
de l'information par un nombre croissant d'Etats à la suite
des attaques du 11 septembre ".
Les participants se déclarent
également " convaincus qu'un débat public ouvert
et que la libre circulation de l'information sont essentiels à
toutes solutions à long terme des problèmes de terrorisme
".
Ils affirment aussi que "
toute stratégie visant à répondre à
la menace terroriste doit promouvoir un respect accru de la liberté
d'expression et des médias, plutôt que d'imposer
des restrictions à ces droits fondamentaux ".
" Les médias ont à
la fois le droit et le devoir de traiter pleinement du terrorisme,
afin que soit respecté le droit du public à savoir,
et ceux de promouvoir un débat ouvert et informé
sur le terrorisme ", ajoute la résolution.
A propos de la sécurité
des journalistes, les participants déclarent : " Les
Etats en paix, de même que tous les intervenants dans un
conflit, doivent prendre des mesures véritables pour s'assurer
que les forces armées, les combattants mais aussi les services
de renseignement et tous les autres officiels engagés dans
la lutte contre le terrorisme, comprennent et respectent à
la fois les droits dont disposent les journalistes en tant que
civils au titre des conventions de Genève et de ses protocoles
additionnels et le droit de ces derniers à la liberté
d'expression ".
Ont pris part à la conférence
de Manille des journalistes du monde entier dont le travail quotidien
les exposent aux dangers du terrorisme et de la violence mais
aussi des représentants des grandes organisations internationales
des professionnels des médias et des organisations non
gouvernementales des droits civiques, dont Human Rights Watch,
la Fédération internationale des journalistes, le
Comité mondial pour la liberté de la presse, le
Comité pour la protection des journalistes, Reporters sans
frontières et l'Association mondiale des journaux.
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Contact :
Roni Amelan ou Isabelle Le Fournis sur téléphone
portable 00 33 6 14 69 53 72