Communiqué
de presse N°2002-27
56 CHAIRES UNESCO
POUR DEFENDRE LES DROITS DE L'HOMME
Paris, 3 mai - Des officiers grecs
de haut rang conviés à des conférences sur
la culture de la paix, à Athènes par l'Ecole de
la Défense nationale et à Salonique par l'Ecole
des Hautes études de la guerre. Des écoles qui ont,
au Mexique, intégré l'apprentissage des droits humains
non seulement dans leurs programmes, mais aussi dans leur vie
quotidienne. Des policiers béninois réunis en séminaire
sur le thème "Maintien de l'ordre et droits de la
personne". Des ateliers sur l'articulation entre droit général
et droit coutumier pour le personnel des Autorités traditionnelles
de Namibie. L'ouverture en 2001 à Bogota, en Colombie,
de l'Ecole des jeunes pour la démocratie à deux
cents participants de 15 à 25 ans pour huit mois de cours,
avec l'objectif de renouveler l'exercice de la politique parmi
les jeunes Colombiens et de promouvoir de nouveaux acteurs sociaux...
Autant d'activités réalisées
par les Chaires UNESCO sur les droits humains, la démocratie,
la paix et la tolérance. Elles ne sont toutefois que la
partie la plus visible d'une action qui consiste d'abord à
faire de l'enseignement et de la recherche au niveau universitaire.
Les Chaires sont actuellement 56 sur tous les continents * (trois
sont en cours de création en Egypte, en Equateur et à
Malte) et leurs titulaires viennent de se rencontrer, comme tous
les deux ans, à Stadtschlaining (Autriche) du 24 au 27
avril derniers.
Les activités de ces Chaires
varient beaucoup d'un pays à l'autre. Elles ont créé,
soit des enseignements portant sur les droits humains, la démocratie,
la paix et la tolérance sanctionnés par des diplômes
(Master's Degree sur la protection internationale des droits humains
en Lituanie, MA d'éducation civique en Bulgarie, Master
en droits humains, démocratie, paix et tolérance
en Roumanie...), soit des modules spécifiques pour les
étudiants d'autres disciplines (sciences politiques, histoire,
sociologie, médecine, économie...), soit, enfin,
des formations pour introduire la prise en compte des droits humains
dans la pratique de nombreux professionnels, comme les médecins,
avocats, enseignants, journalistes....
Plusieurs ont élaboré
des cursus pour l'enseignement des droits humains dans les lycées,
collèges et écoles de leur pays. Enfin, beaucoup
organisent ou participent à des événements
ponctuels aux niveaux national ou international - conférences,
émissions de radio, festivals, universités d'été...
- pour la promotion et la défense des droits fondamentaux.
Les plus dynamiques mènent
de front différents types d'activités. Ainsi, à
l'Université nationale autonome de Mexico, la Chaire est
notamment à l'origine du Réseau des professeurs
et chercheurs en droits humains d'Amérique latine ainsi
que d'un enseignement à distance, sur internet, pour l'obtention
d'un diplôme spécialisé. Elle a aussi activement
participé, à l'automne 2001, à la Conférence
régionale sur l'éducation aux droits humains en
Amérique latine et dans les Caraïbes.
En Italie, la Chaire UNESCO a été
créée au sein de l'Université de Padoue,
qui délivre, conjointement avec 26 autres universités
européennes et avec le soutien de l'Union européenne,
un Master européen en droits humains et en démocratisation.
En septembre dernier, 86 étudiants de 27 pays formaient
la 5e promotion de ce Master, qui devrait se transformer en "diplôme
partagé" et devenir ainsi le premier vrai diplôme
européen.
Souvent, les cours d'abord dispensés
par la Chaire sous forme d'options finissent par intégrer
les cursus obligatoires, comme en Slovaquie, où l'enseignement
des droits humains dispensé par la Chaire UNESCO fait désormais
partie du programme des sciences politiques. De nombreuses Chaires
mènent également une activité éditoriale,
publiant les résultats de leurs recherches ou traduisant,
comme en Iran, les textes internationaux sur les droits de l'homme.
Toutefois, les réalisations
des Chaires les plus actives ne doivent pas occulter les problèmes
rencontrés par d'autres, qui peuvent être dus à
la situation politique - comme en Algérie ou dans les Territoires
autonomes palestiniens - ou économique. Si l'UNESCO accorde
une subvention initiale pour la création d'une Chaire de
recherche dans une université, il revient à celle-ci
de prendre ensuite le relais. Dans les pays en développement
ou en transition, le manque de ressources financières et
de personnel dont pâtissent beaucoup d'universités
affecte souvent le fonctionnement de la Chaire UNESCO.
L'UNESCO, explique Pierre Sané,
Sous-Directeur général de l'UNESCO pour les sciences
sociales et humaines, est actuellement en train de redéfinir
la stratégie dans le domaine des droits humains. Celle-ci
visera à intégrer la dimension de ces droits dans
tous les programmes de l'Organisation et à développer
la recherche et la mobilisation sur trois grands thèmes
: les droits économiques, sociaux et culturels, les droits
des femmes et la lutte contre le racisme et la discrimination
(notamment dans le cadre du suivi de la Conférence de Durban
en 2001). A Stadtschlaining, Pierre Sané a sollicité
la participation des Chaires : " Des recherches pourraient
couvrir des sujets tels que : l'efficacité des mécanismes
et des procédures pour la protection des droits économiques,
sociaux et culturels, les obstacles à leur application,
les meilleures pratiques, etc. Elles pourraient aussi [
]
identifier les forces et processus qui influent sur ces droits
- comme la mondialisation, le fossé grandissant entre riches
et pauvres, l'intensification des échanges culturels, l'impact
des événements du 11 septembre sur les droits humains
- et, last but not least, promouvoir le concept de développement
à dimension humaine ".
" Les Chaires sont une ressource
très importante pour l'UNESCO, estime Pierre Sané,
car chacune se trouve au cur d'un réseau, et on peut
atteindre à travers elles des cibles très larges.
C'est pourquoi la diversité de leurs actions est un atout.
Elles doivent répondre à des besoins nationaux,
et il est essentiel pour elles de définir ces besoins avec
leurs partenaires dans le pays, comme les ONG ".
A Stadtschlaining, les titulaires
des Chaires UNESCO sur les droits humains, la démocratie,
la paix et la tolérance ont aussi préparé
leur participation au Forum mondial des Chaires UNESCO, qui se
tiendra du 13 au 15 novembre prochains à Paris.
***
* Afrique du Sud, Algérie, Allemagne, Argentine, Arménie,
Autriche, Azerbaïdjan, Belarus (2), Bénin, Brésil,
Bulgarie (2), Burundi, Colombie, Corée, Guinée équatoriale,
Egypte, Espagne, Etats-Unis (2), Ethiopie, France, Géorgie,
Grèce, Inde (2), Iran, Israël, Italie, Jordanie, Lituanie,
Madagascar, Mali, Malte, Mexique, Maroc ((3), Namibie, Ouzbékistan,
Pays-Bas, Pologne, République démocratique du Congo,
République dominicaine, Roumanie, Russie (4), Slovaquie,
Suisse, Ukraine, Uruguay, Zimbabwe et dans les Territoires autonomes
palestiniens.
Il existe actuellement dans le monde 400 chaires UNESCO dans les
domaines de compétence de l'Organisation, qui ont été
créées dans le cadre du projet UNITWIN lancé
en 1991.
***
Adresses des chaires
: www.unesco.org/human_rights/index.htm