Communiqué
de presse N°2002-28
TIMOR ORIENTAL
: PRESERVER LE PATRIMOINE CULTUREL
Paris, 16 mai - A l'heure où
le Timor oriental s'apprête à accéder à
l'indépendance, lundi 20 mai, le Directeur général
de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, lance un appel à la
communauté internationale afin d'aider ce jeune Etat à
préserver son patrimoine culturel et à le mettre
en valeur.
Se référant aux
destructions massives qui ont suivi le référendum
en faveur de l'indépendance en août 1999, Koïchiro
Matsuura déclare dans une lettre aux 188 Etats membres
de l'UNESCO: " On s'en est pris à ce patrimoine en
raison de son importance pour l'identité nationale, qui
devrait, au contraire, l'amener à être sauvegardé
comme le symbole d'une communauté de destin et la promesse
d'un avenir partagé ". Appelant les gouvernements
à contribuer à un " Fonds spécial pour
la préservation du patrimoine culturel du Timor oriental
", le Directeur général souligne que ceux qui
répondront favorablement " contribueront non seulement
à la sauvegarde et à la restauration d'un patrimoine
culturel important, mais aussi, ce faisant, à la construction
et à la consolidation d'une jeune nation indépendante
qui mérite le plein appui de la communauté internationale
".
Dès la fin de l'année
1999 - en coopération avec la Banque mondiale, l'ATNUTO
(l'Administration transitoire des Nations Unies au Timor oriental)
et le gouvernement du Portugal - l'UNESCO a apporté une
assistance technique à la restauration de l'Uma Fukun.
Cet édifice colonial portugais, le plus ancien de la capitale,
Dili, est appelé à devenir le musée national
du Timor oriental et un centre culturel. L'UNESCO met aussi en
uvre d'autres projets, notamment pour renforcer les compétences
locales et restaurer des maisons traditionnelles (les Uma Luliks)
dans la région de Fataluka, avec le soutien financier de
partenaires et l'aide de l'Université de Melbourne, en
Australie.
Une fois restauré, l'Uma
Fukun accueillera, entre autres, des uvres rescapées
des pillages et des graves dommages subis par l'ancien musée
du Timor oriental. En coopération avec le musée
de Darwin et l'Université de Melbourne (Australie), l'UNESCO
a pu sauver et restaurer une collection de 476 uvres uniques
au monde, parmi lesquelles figurent des statuettes ancestrales
en bois, des céramiques du néolithique et des porcelaines
chinoises. Par ailleurs, la collection devrait bientôt s'enrichir
d'autres uvres originaires du Timor oriental, actuellement
conservées à l'étranger.
Dans le cadre des célébrations
de l'indépendance, l'UNESCO a inauguré, le 14 mai
à Dili, une exposition sur le développement urbain
de la capitale et l'histoire de l'Uma Fukun. Elle a également
prévu la signature d'un accord avec le nouveau gouvernement
et l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA).
Cet accord permettra à dix professionnels locaux de devenir
conservateurs du futur musée, après avoir
suivi des cours à Dili et au Musée national d'ethnologie
d'Osaka, au Japon. Ce projet est financé à parts
égales par l'UNESCO et la JICA, à hauteur de 110
000 dollars chacune.
Ces initiatives s'inscrivent dans
le cadre de l'Année des Nations Unies pour le patrimoine
culturel (2002). La situation du nouvel Etat timorais illustre
particulièrement bien l'un des grands thèmes de
cette Année, à savoir le rôle moteur que peut
jouer le patrimoine culturel dans un processus de réconciliation
nationale.
En coopération avec le nouveau
gouvernement, l'UNESCO étudie également d'autres
projets en faveur du patrimoine du Timor oriental. Elle pourrait
notamment contribuer à l'élaboration de politiques
culturelles et touristiques et à la définition d'une
stratégie de conservation des sites sacrés et des
réserves marines, comme l'île de Jaco et la Plage
de Tutuala, dans l'extrême nord-ouest du pays. De même,
l'Organisation envisage diverses actions de sauvegarde du patrimoine
immatériel, comme l'enregistrement d'uvres représentatives
de la tradition orale et musicale du Timor oriental.
D'autre part, l'UNESCO accompagne
le développement des médias locaux. Elle a introduit
dans l'île le concept de radio communautaire et soutenu
la création de deux radios pilotes (Radio Los Palos and
Radio Malianas), en leur procurant du matériel, de l'expertise
et des cours de formation. Elle a également contribué
à la naissance de la première organisation professionnelle
de journalistes (la Timor Lores Journalist Association), en fournissant
de l'argent et de l'expertise pour mettre en uvre un programme
de formation animé par la Southeast Asian Press Alliance.
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Pour plus d'informations, contacter :
Stephen Hill
Directeur et représentant de l'UNESCO à Djakarta
Jalan M. H. Thamrin 14,
P.O. Box 1273/JKT, Djakarta
10002, INDONESIE
Tél : 00 62213141308 (bureau de Djakarta).
Philippe Delanghe:
p.delanghe@unesco.org