Communiqué
de presse N°2002-32
L'UNESCO LANCE
UN APPEL POUR LA LIBERATION DU PRISONNIER POLITIQUE LAOTIEN LATSAMI
KHAMPHOUI
Paris, le 29 mai - L'UNESCO a appelé
aujourd'hui à la libération immédiate du
prisonnier politique laotien Latsami Khamphoui, ancien vice-ministre
de l'Economie et du Plan, en prison depuis 1990 pour avoir critiqué
la politique gouvernementale dans des lettres adressées
à divers responsables gouvernementaux.
M. Khamphoui, 62 ans, est en mauvaise
santé et souffre de problèmes cardiaques. Il purge
une peine de quatorze ans dans un camp isolé, dans des
conditions décrites comme extrêmement pénibles.
Au nom du Conseil exécutif
de l'UNESCO, sa Présidente, Aziza Bennani, a lancé
aujourd'hui au gouvernement de la République démocratique
populaire lao " un appel humanitaire à la clémence
" en faveur de M. Khamphoui.
Cet appel a été lancé
à l'issue d'un débat public exceptionnel du Conseil
exécutif, débat tenu sur recommandation du Comité
de l'UNESCO sur les conventions et recommandations. Ce Comité
traite habituellement des violations des droits humains à
huis-clos, transmettant ses demandes directement à l'Etat
concerné, sans publicité.
Mais, en 2001, n'ayant pas réussi
à obtenir la coopération du gouvernement du Laos,
le Comité avait décidé de rompre avec sa
procédure habituelle et de discuter en public du cas de
M. Khamphoui.
Depuis 1997, ce cas a été
l'objet de discussions lors de trois sessions privées et
deux sessions publiques. Le Directeur général de
l'UNESCO a aussi écrit au gouvernement laotien pour faire
appel à sa mansuétude.
Le Comité sur les conventions
et recommandations de l'UNESCO a déploré le fait
que, malgré ses efforts, il n'y a eu aucune amélioration
des conditions de détention de M. Khamphoui, et que ce
dernier n'a pas reçu les soins médicaux dont il
a besoin. Il a appelé à " sa libération
immédiate pour des raisons humanitaires et compte tenu
du fait qu'il a déjà effectué les deux tiers
de sa condamnation ".
Le Comité a aussi exprimé
" sa vive préoccupation devant l'état de santé
alarmant de la victime " et demandé au Directeur général
" d'offrir ses bons offices en vue d'obtenir une plus grande
collaboration du gouvernement concerné ".
Lors de son procès, en 1992,
l'ancien vice-ministre avait été accusé de
" préparation de rébellion, propagande contre
la République démocratique populaire lao, organisation
de rassemblements de masse dans l'intention de créer des
tensions, diffamation, calomnie et provocation de désordres
en prison ".
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