Communiqué
de presse N°2002-33
L'ATLAS DES
OCEANS DES NATIONS UNIES,
PREMIER OUTIL D'OBSERVATION DE L'ETAT
DES OCEANS EN TEMPS REEL
Les Nations Unies
et des partenaires scientifiques internationaux s'allient pour
enrayer la dégradation des océans, promouvoir le
développement durable, informer les politiques et sensibiliser
le grand public.
Washington / Rome / Paris, 5 juin
- Les agences des Nations Unies et les principales agences scientifiques
internationales lancent le 5 juin, Journée mondiale de
l'environnement, un atlas des océans d'un genre complètement
nouveau sur internet. Il offre aux utilisateurs des données
constamment mises à jour sur l'état des océans,
les évolutions et les menaces pour la santé humaine
dues à la dégradation de l'environnement marin,
ainsi que des cartes.
Ayant nécessité plus
de deux ans et demi de développement après une décennie
d'études préalables, l'Atlas des océans des
Nations Unies représente la plus ambitieuse collaboration
en matière d'information scientifique jamais mise en ligne,
ainsi qu'un pas vers un consensus international qui devrait faciliter
de futures négociations sur des accords concernant les
océans.
Sur fond d'inquiétude croissante
au sujet de la dégradation continue des écosystèmes
marins et côtiers, plusieurs des plus importantes agences
océaniques internationales ont créé ce nouvel
outil afin de contribuer à lutter contre la détérioration
des océans et à promouvoir leur développement
durable. La pêche excessive, la destruction des habitats
côtiers et les pollutions, industrielle, agricole et ménagère,
mettent en danger non seulement les poissons - la principale source
de protéines animales dans l'alimentation humaine - mais
aussi la biodiversité marine et même le climat de
la planète. Ces sujets seront développés
dans l'Atlas, ainsi que d'autres questions marines tout aussi
préoccupantes, telle celle de la banquise, avec des liens
vers des cartes et des données actualisées en temps
réel.
" Il est devenu de plus en
plus clair que pour résoudre ou pour prévenir les
plus grands problèmes du monde, les secteurs public et
privé doivent s'allier et offrir ce qu'ils ont de meilleur.
C'est ce que fait l'Atlas des océans, qui combine la crédibilité
et le leadership des Nations Unies avec les vastes connaissances
des organisations scientifiques, pour surveiller, diagnostiquer
et soigner les grands océans du monde ", déclare
Timothy E. Wirth, Président de la Fondation des Nations
Unies.
Le Chef du projet, le Dr. John
Everett, explique que l'Atlas est destiné à toutes
sortes d'utilisateurs, des
écoliers et enseignants au grand public en passant par
les décideurs politiques, les scientifiques, les médias,
les ONG et les gestionnaires de ressources, bref, tous ceux qui
ont besoin d'avoir accès à des bases de données
globales.
L'Atlas est conçu pour être
une source encyclopédique de connaissances, mais aussi
le lieu d'échange d'informations sur les océans
le plus élaboré au monde, ainsi qu'un forum en ligne
pour les experts des questions marines.
" C'est la première
fois qu'une communauté internationale d'experts scientifiques
et universitaires collabore à un produit d'information
de cette envergure ", souligne le Dr. Jacques Diouf, Directeur
général de l'Organisation des Nations Unies pour
l'agriculture et l'alimentation (FAO), qui a mené le projet
avec une participation financière de la Fondation des Nations
Unies de 500 000 dollars.
" Les océans jouent
un rôle primordial pour la vie sur Terre, ajoute-t-il, et
ce nouvel outil important va permettre de surveiller les problèmes
comme jamais cela n'avait été possible par le passé.
Il va aider à coordonner et à harmoniser les travaux
en cours dans les différentes agences des Nations Unies
et dans les organismes nationaux, les institutions universitaires
et d'autres organisations. Il va jouer un rôle très
important pour faire évoluer le monde vers une utilisation
durable des océans, qui garantisse la sécurité
alimentaire et le développement humain".
Le site Internet sera complété
par un CD-ROM et d'autres supports, co-édités par
Cinegram Multimedia, afin d'atteindre des publics plus larges
et des régions où l'accès à Internet
est difficile. Plus de 900 sujets sont actuellement disponibles,
traités par la première équipe de 17 rédacteurs.
D'autres viendront s'y ajouter grâce au concours de plusieurs
centaines de rédacteurs spécialisés.
Pour l'Amiral Conrad Lautenbacher,
Administrateur de la NOAA (l'administration océanique et
atmosphérique nationale du ministère du Commerce
des Etats-Unis), l'Atlas est " à la fois un défi
et une chance pour la communauté des océans "
d'intégrer la protection marine à d'autres objectifs
plus larges de développement durable, comme une eau propre,
la santé humaine et la fourniture garantie de produits
alimentaires. En réussissant à réunir le
consensus des agences les plus importantes et des experts du monde
entier autour de l'information concernant la mer, l'Atlas des
Nations Unies constituera une base importante d'information pour
le développement de futures politiques nationales et internationales,
la définition des priorités de recherche et les
négociations intergouvernementales sur les questions océaniques.
" Les gouvernements nationaux
ont un rôle important à jouer, souligne Conrad Lautenbacher.
Un engagement collectif de tous les pays - comme celui qu'a représenté
leur participation à ce projet international d'Atlas des
océans - sera nécessaire pour préserver les
richesses des océans pour le futur ". En plus d'être
une mine d'informations, la NOAA a détaché le Dr.
Everett en tant que Chef du projet et a fourni du personnel et
des financements.
Le Directeur du projet, le Dr.
Serge Garcia, Directeur de la Division des ressources halieutiques
à la FAO, déclare que l'Atlas " améliore
la capacité à former des partenariats et à
partager des informations entre toutes les régions du monde,
y compris les moins développées, pour le plus grand
bénéfice de tous les pays préoccupés
par une utilisation durable des océans ".
Le besoin d'un tel atlas a été
exprimé au Sommet de la Terre de Rio en 1992, à
la suite d'un appel pour identifier les plus grands défis
environnementaux de la planète et y répondre. Le
lancement de l'Atlas le 5 juin à Paris, lors d'une réunion
de la Commission océanographique intergouvernementale (COI)
de l'UNESCO, intervient moins de trois mois avant l'ouverture
du Sommet mondial sur le développement durable, à
Johannesburg (Afrique du Sud).
" Les questions liées
à la mer vont très certainement dominer l'agenda
international plus tard dans ce siècle si, comme on le
prédit, le réchauffement de la Terre accélère
l'élévation du niveau de la mer, peut-être
jusqu'à un mètre ", souligne le Dr. Klaus Toepfer,
Directeur délégué du Programme des Nations
Unies pour l'environnement.
Les régions peu élevées
du monde ont tendance à être fertiles, très
peuplées et couvertes d'infrastructures onéreuses.
Les coûts humains et matériels d'une élévation
d'un mètre du niveau de la mer seraient énormes.
Elle toucherait plus de 70 millions de personnes sur les côtes
chinoises, 10 % de la population égyptienne et 60 % de
celle du Bangladesh. Parmi les pays plus riches, plus de 60 %
de la population hollandaise pourrait être atteinte et,
au Japon, 15 % des habitants et 50 % de l'industrie seraient menacés.
Aux Etats-Unis, 17 000 km2 de zones humides et autant de terres
sèches pourraient être perdus - une zone de la taille
du Connecticut et du New Jersey réunis. Enfin, dans des
pays de faible altitude, comme les Maldives ou les Iles Marshall,
c'est la population entière qui est menacée.
L'Atlas contient pour l'instant
14 cartes mondiales et propose des liens vers des centaines d'autres,
parmi lesquelles 264 cartes montrent la répartition des
ressources halieutiques. Une autre centaine de cartes, qui portent
sur la banquise mondiale, les routes maritimes, les tremblements
de terre et l'activité volcanique, les zones de température,
les contours des fonds, la salinité et d'autres caractéristiques
océaniques, sont proposées par le Département
russe de navigation et d'océanographie.
La National Geographic Society
apporte également une contribution majeure à l'Atlas,
notamment en donnant accès à sa machine à
cartographier et à ses informations marines, issues de
son imposante bibliothèque de livres et de magazines. Le
Census of Marine Life, une organisation mondiale basée
à Washington qui travaille à l'évaluation
et à l'explication de la diversité, de la répartition
et de l'abondance des organismes marins, met aussi l'ensemble
de ses ressources à disposition à travers l'Atlas.
" Les agences des Nations
Unies et leurs partenaires, explique le Dr Garcia, ont fourni
la structure et une grande
part du contenu, fondé sur leur propre expertise. Il nous
tarde d'ajouter des connaissances supplémentaires provenant
des utilisateurs des mers, des scientifiques, des gestionnaires
et des institutions du monde entier, et d'identifier les rédacteurs
les plus qualifiés pour des sujets spécifiques ".
Le Dr. Patricio Bernal, Sous-Directeur
général de l'UNESCO, Secrétaire exécutif
de la Commission océanographique intergouvernementale (COI),
et ancien Président du Sous-Comité des Nations Unies
pour les zones océaniques et côtières, déclare:
" Les processus marins naturels ont un impact sur tous les
aspects de la vie sur la terre ferme. Notre mission à la
COI est de promouvoir la coopération internationale pour
apprendre plus de la nature et des ressources des océans
et des régions côtières. Construit comme un
outil de gestion pour aider les décideurs, l'Atlas est
un exemple réussi de coopération entre les agences
des Nations Unies et des centres internationaux d'expertise. Grâce
à ce projet, l'impressionnant volume d'informations contenues
dans les bases de données développées par
les Nations Unies sera désormais accessible à tous
".
Parmi les autres partenaires du
projet figurent : l'Agence internationale de l'Energie atomique
(AIEA), l'Organisation maritime internationale (OMI), l'Organisation
météorologique mondiale (OMM), la Convention des
Nations Unies sur la diversité biologique et la Division
des Nations Unies pour les Affaires maritimes et le Droit de la
mer.
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Les informations de l'Atlas des Océans des Nations Unies
sont classées par zones d'intérêt :
- Utilisations : décharge
d'ordures, énergie, pêcheries et aquaculture, installations
humaines côtières, biotechnologie marine, utilisations
renouvelables, dégazage et déchets des bateaux,
exploitations offshore de pétrole, de gaz et de mines,
loisirs et tourisme, transports et télécommunications.
- Grandes questions : variabilité du climat et changement
climatique, économie, urgences, sécurité
alimentaire, gouvernance, santé publique, pollution et
dégradation, sécurité et développement
durable.
- Généralités : notamment biologie
et écologie, formation et évolution des océans,
systèmes de surveillance et d'observation, ainsi que cartes,
statistiques et banques de données en ligne.
- Géographie : rassemble les informations par région
géographique.
Parmi les sujets traités
:
- La pêche : les 17 plus grandes zones de pêche
mondiales ont atteint ou dépassé leurs limites naturelles
et neuf sont en voie d'épuisement, d'après la FAO.
- La piraterie : le nombre d'actes de piraterie en 1999
a augmenté de 40 % par rapport à l'année
précédente et presque triplé par rapport
à 1991, selon le Bureau maritime international de la Chambre
de commerce internationale.
- L'efflorescence d'algues
nuisibles : Le nombre d'espèces d'algues vénéneuses
identifiées par les scientifiques a quasiment triplé
depuis 1984, accroissant la mort des poissons, les fermetures
de plages, les pertes économiques. De grandes parties du
Golfe du Mexique sont désormais considérées
comme biologiquement mortes en raison de la prolifération
des algues.
- Les récifs coralliens : 58 % des récifs
coralliens du monde sont en danger de dégradation moyen
ou élevé. Dans le Sud-Est asiatique, plus de 80
% des systèmes extensifs de corail sont menacés,
selon l'Institut des ressources mondiales.
- Les espèces envahissantes : Les bio-invasions
marines sont identifiées comme un problème mondial
majeur, tant du point de vue économique qu'environnemental,
à cause de la présence de milliers d'espèces
qui se trouveraient en permanence dans les ballasts des bateaux
de par le monde. La méduse de l'Atlantique, qu'on croit
avoir été répandue avec l'eau de ballast
d'un bateau, a contribué à supprimer la vie dans
la Mer noire. Dans la Baie de San Francisco, une nouvelle espèce
étrangère s'installe toutes les quatorze semaines,
alertent les scientifiques.
Contacts :
Terry Collins, +1-416-878-8712; +1-416-538-8712
Fondation des Nations Unies, Washington : Sherry Pinkstaff +1-202-887-9040
poste 511
FAO, Rome : Nick Parsons +39-06-5705-3276
UNESCO, Paris : Peter Coles, phone +33-(0)1-4568-4541
Le Chef du projet,
le Dr. John Everett et le Dr. Serge Garcia, directeur de la Division
des ressources halieutiques à la FAO, sont disponibles
pour des interviews en amont à Paris du 3 au 5 juin. Merci
de prendre rendez-vous en utilisant les contacts ci-dessus.
L'Atlas des océans
des Nations Unies est en ligne à www.oceansatlas.org.