Communiqué
de presse N°2002-46
L'UNESCO MOBILISE LE PUBLIC JAPONAIS
EN FAVEUR DU PATRIMOINE CULTUREL AFGHAN
Tokyo / Paris, 25 juillet - Tandis
que les Afghans commencent à reconstruire leur pays avec
l'aide de la communauté internationale, il est plus que
jamais nécessaire de sensibiliser l'opinion publique des
pays donateurs à leurs besoins. Loin d'être un luxe,
la réhabilitation du patrimoine afghan, aujourd'hui gravement
menacé, peut contribuer à redonner une identité
commune à ce peuple déchiré par 23 ans de
guerre.
C'est dans cette optique que l'UNESCO
et plusieurs partenaires japonais organisent à Tokyo, le
29 juillet, un symposium international intitulé "
La culture afghane : échanges internationaux et culture
bouddhique ". Ce colloque rassemblera le Directeur général
de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, et des spécialistes
mondialement reconnus du patrimoine culturel afghan, afin d'encourager
les Japonais à soutenir les efforts de sauvegarde de ce
patrimoine.
Bien que largement méconnu
du grand public, le patrimoine culturel afghan, d'une richesse
exceptionnelle, témoigne d'influences perses, grecques,
bouddhistes, hindouistes et islamiques. Reflétant, entre
autres, la première grande rencontre entre l'Orient (le
monde indien) et l'Occident (le monde hellénistique), il
a donné naissance à une iconographie bouddhique
inspirée de l'art grec, dans la vallée de Bamiyan
et ailleurs. Ce style artistique a ensuite essaimé en Chine,
en Corée et au Japon.
Alors que de nombreux vestiges
ont été détruits par la guerre, la communauté
internationale se mobilise, sous l'égide de l'UNESCO, pour
sauver ce qui peut l'être. Fin juin, le minaret et les vestiges
archéologiques de Djam ont été inscrits sur
la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine mondial
en péril. Ce site islamique du XIIe siècle, situé
dans le centre-ouest du pays, abrite le deuxième minaret
du monde par la hauteur (65 m.) et continue à être
victime de pillage. Son inscription simultanée sur les
deux listes est une procédure exceptionnelle mais elle
s'explique par la valeur remarquable du site et par les graves
dangers qui le menacent. A Tokyo, Koïchiro Matsuura remettra
au ministre afghan de la Culture, Sayed Makhdoom Raheen, le certificat
officiel d'inscription de ce site.
Fin mai, plusieurs gouvernements
(dont le Japon, la Grèce, l'Italie et l'Allemagne) et des
ONG (dont la Fondation Aga Khan et la Fondation Hirayama) avaient
promis quelque sept millions de dollars afin de sauvegarder et
de reconstruire des musées (dont celui de Kaboul) et des
sites afghans (les falaises de Bamiyan, Djam, Hérat, Ghazni,
Balkh, etc.). Au cours de ce séminaire international, organisé
par l'UNESCO et les autorités afghanes, la reconstruction
des bouddhas géants de Bamiyan n'avait pas été
jugée prioritaire.
Le symposium qui aura lieu à
Tokyo le 29 juillet est organisé conjointement par l'UNESCO,
l'Université nationale des Beaux-Arts et de la Musique
de Tokyo, la Commission nationale japonaise pour l'UNESCO, la
Fédération nationale des associations UNESCO au
Japon et le journal Asahi
Shimbun. Il se tiendra parallèlement à l'exposition
" Afghanistan : une histoire millénaire ", organisée
à Tokyo en juillet-août 2002 à l'initiative
du Président de l'Université et Ambassadeur de bonne
volonté de l'UNESCO, Ikuo Hirayama,. Cette exposition s'inscrit
dans le cadre de l'Année internationale pour le patrimoine
culturel (2002).
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Contact : Lucia
Iglesias Kuntz
Bureau de l'information du public, Section éditoriale,
Tél. 33 (0)1 45 68 17 02