Communiqué
de presse N°2002-47
TROISIEME REUNION
DU GROUPE DE TRAVAIL
SUR L'EDUCATION POUR TOUS
Paris, 25 juillet - Plus de 100 millions d'enfants, dont une majorité
de filles, restent exclus de l'éducation. Si rien n'est
fait, ils rejoindront les 875 millions d'adultes analphabètes
que compte la planète. Pour répondre à ce
défi, le Forum mondial sur l'éducation (Dakar, Sénégal,
2000), a fixé pour objectif l'enseignement primaire universel
d'ici 2015. Deux ans plus tard, on enregistre les premiers résultats.
Le Groupe de travail de l'Education
pour tous (EPT), constitué de représentants d'organisations
internationales et non gouvernementales, de pays en développement
et d'agences bilatérales assurant le suivi du Forum de
Dakar, s'est réuni au siège de l'UNESCO, à
Paris, les 22 et 23 juillet 2002.
" Deux ans après Dakar,
nous pouvons constater des progrès dans la mise en place
des mécanismes mais aussi dans la mobilisation des ressources
visant à parvenir aux objectifs fixés à Dakar
[
] Nous devons cibler nos efforts conjoints afin de garantir
qu'aucun groupe de population ne demeure à l'écart
des possibilités d'éducation lui convenant et qu'aucun
pays ne soit abandonné ou oublié, y compris les
pays en conflit et en situation post conflit ", a déclaré
le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro
Matsuura.
Parmi les 70 pays ayant déjà
élaboré des plans nationaux de mise en uvre
du "Cadre d'action de Dakar", le Burkina Faso et l'Inde
ont fait part lors de cette réunion de leurs expériences
nationales.
Le Burkina Faso - 45% de la population
en dessous du seuil de pauvreté (PNB par habitant, 220
dollars) et seulement 27% alphabétisés - a adopté
en 1999 un Plan décennal de développement de l'éducation
de base, qui a pris effet en 2001. Le gouvernement a identifié
20 provinces prioritaires, en raison de leur faible taux de scolarisation
et a décidé d'augmenter, d'ici 2009, son budget
de l'enseignement de base de 6,8%. Il a décidé de
confier la responsabilité de l'éducation non formelle
- alphabétisation et formation des enfants non scolarisés
- aux ONG, associations et syndicats actifs dans ce domaine.
L'Inde, dont le gouvernement annonce
avoir fait passer le taux d'alphabétisation de 52,2% (1991)
à 65,4% (2001), avoir ouvert 130 000 nouvelles écoles
et scolarisé 24 millions d'enfants de plus, a décidé
de concentrer ses efforts sur les cinq Etats où vivent
75% des enfants non scolarisés du pays et de développer
la participation des ONG. Ce pays d'un milliard d'habitants, à
faible revenu (PNB par habitant, 450 dollars), avec un taux net
de scolarisation de 71%, aura achevé l'élaboration
de son plan d'action national d'ici la fin de l'année.
A l'échelle internationale,
la Banque mondiale a lancé son "Programme accéléré",
qui fait suite aux engagements pris à la Conférence
internationale sur le financement du développement (Mexique,
mars 2002) et au dernier Sommet du G8 (Canada, juin 2002). Ce
nouveau programme propose de concentrer les efforts de financement
de l'EPT sur 18 pays, considérés comme les plus
défavorisés et remplissant les conditions requises
(Albanie, Bolivie, Burkina Faso, Gambie, Ghana, Guinée,
Guyane, Ethiopie, Honduras, Mauritanie, Mozambique, Nicaragua,
Niger, Ouganda, Tanzanie, Vietnam, Yémen, Zambie) et d'intensifier
l'aide à 5 autres pays (Bangladesh, Inde, Nigeria, Pakistan,
République Démocratique du Congo).
Selon la Banque mondiale, il manque
entre 2,5 et 5 milliards de dollars par an, pour atteindre l'objectif
de l'éducation primaire universelle d'ici 2015. Pour l'heure,
le financement de l'éducation est assuré essentiellement
par les budgets nationaux, alors que la communauté internationale
participe en moyenne à hauteur de 3%.
Koïchiro Matsuura a souligné
: " Nous saluons les engagements pris à Monterrey
et lors du sommet du G8 au Canada. L'idée d'un contrat
pour le développement est extrêmement attractive
et l'accent mis sur les questions liées à la bonne
gouvernance, tel que la démocratie, les droits de l'homme,
la transparence et la responsabilité, est bienvenu. Il
faut cependant se demander si l'insistance sur cette question
de bonne gouvernance est toujours bénéfique pour
l'éducation. Si un soutien accru à l'éducation
doit dépendre d'une réforme à grande échelle
de l'ensemble du système de gouvernance, l'éducation
pourrait se trouver injustement pénalisée. Il serait
sans doute préférable que l'assistance à
l'éducation soit liée à la réforme
de l'administration du système éducatif, à
sa bonne gouvernance et transparence ".
Le Groupe de Haut niveau sur l'EPT
(ministres, responsables d'ONG internationales et d'organismes
bilatéraux et multilatéraux), se réunira
les 19 et 20 novembre 2002, à Abuja (Nigeria). Cette réunion
sera suivie par une Conférence des pays donateurs organisée
par la Commission européenne, le 27 novembre 2002, à
Bruxelles (Belgique).
****
Pour plus d'information:
Unité de suivi de Dakar, Secteur de l'éducation
UNESCO
e-mail : efa@unesco.org, fax. (33 1) 45 68 56 26 / 7
site web : www.unesco.org/education/efa
Documents disponibles:
Une Stratégie internationale pour mettre en uvre
le Cadre d'action de Dakar sur l'Education pour tous (UNESCO,
2002)
Cadre d'action de
Dakar (UNESCO, 2000)
Groupe de haut niveau
sur l'éducation pour tous, Rapport 2001 (UNESCO, 2000)