Communiqué
de presse N°2002-51
L'UNESCO DEFEND LA DIVERSITE CULTURELLE ET L'EDUCATION
AU SOMMET MONDIAL SUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE
Paris, 22 août - La signature de nouveaux accords commerciaux
et environnementaux ne suffira pas à faire diminuer la
pauvreté ni la consommation effrénée, responsable
de ravages écologiques et de l'aggravation des inégalités
économiques dans le monde entier. Pour être réellement
efficaces, les efforts visant à équilibrer les besoins
de l'humanité et ceux de l'environnement doivent intégrer
l'éducation et la diversité culturelle. Ces deux
dimensions seront au cur de la contribution de l'UNESCO
au Sommet mondial sur le développement durable, qui se
tiendra à Johannesburg (Afrique du Sud) du 26 août
au 4 septembre.
" A Johannesburg, nous devrons
faire un grand pas en avant en reconnaissant que les différentes
visions culturelles du bien-être de l'humanité sont
essentielles pour vraiment comprendre l'environnement et le protéger,
tout en répondant aux besoins des générations
présentes et futures ", déclare Koïchiro
Matsuura, Directeur général de l'UNESCO. "
Partout dans le monde, les communautés autochtones et traditionnelles
ont développé une connaissance extraordinairement
sophistiquée de la biodiversité, qui représente
un fonds de savoirs sur leurs écosystèmes et un
ensemble de valeurs pour les respecter. Nous ne pouvons plus nous
permettre d'ignorer ces savoirs qui font le lien entre la diversité
culturelle et la diversité biologique. "
Cette importance donnée
au savoir rejoint une autre priorité de l'UNESCO, l'éducation.
Seuls, les scientifiques et les décideurs ne seront pas
en mesure d'effectuer les changements nécessaires pour
réduire, par exemple, les émissions de gaz à
effet de serre ou la destruction des massifs coralliens. "
Le rôle de l'éducation est crucial si l'on veut s'attaquer
aux opinions, aux valeurs et aux pratiques en vigueur dans les
milieux économiques, politiques et sociaux qui ont orienté
le monde sur une voie non durable ", poursuit le Directeur
général.
Toutefois, l'approche scolaire
traditionnelle ne suffit plus. C'est pourquoi l'UNESCO s'attache
à développer des méthodes d'apprentissage
originales pour encourager les indispensables changements dans
nos modes de vie et susciter l'adhésion à une nouvelle
vision écologique, basée sur la solidarité
mondiale.
Les 2 et 3 septembre, l'UNESCO
et le ministère sud-africain de l'Education organisent
au Sommet une importante rencontre sur " l'éducation
pour un avenir durable ", au Summer Place, près du
centre de conférences. Elle sera présidée
par le Directeur général et Kader Asmal, ministre
de l'Education du pays hôte, et plusieurs chefs d'Etat et
de gouvernement y participeront.
Un large éventail d'experts,
venus d'organisations non-gouvernementales, des cercles universitaires
et des milieux d'affaires, s'y exprimeront sur des sujets aussi
divers que la prévention du sida, l'alphabétisation,
les besoins des femmes rurales africaines ou la formation des
enseignants et les programmes universitaires. La diversité
culturelle sera le thème d'une autre rencontre importante,
le 3 septembre à l'Hôtel Intercontinental, organisée
par l'UNESCO, le Programme des Nations Unies pour l'environnement
(PNUE) et le gouvernement français.
Parmi les chefs d'Etat et de gouvernement qui y participeront sont annoncés le Président français Jacques Chirac, le Président mozambicain Joaquim Chissano et le Vice-Président iranien Massoumeh Ebtekarm. Seront également présents les Prix Nobel Rigoberta Menchu Tum, du Guatemala, et Wole Soyinka, du Nigeria.
En règle générale,
les débats sur la biodiversité tendent à
être dominés par une perspective technique étroite,
qui, souvent, ignore ou sous-estime les contextes culturels, politiques
et écologiques. " Nous ne pouvons plus nous contenter
de quantifier et de classer le nombre d'espèces végétales
et animales, déclare le Directeur général.
Nous devons tenir compte du lien entre la façon dont les
différentes cultures façonnent leur environnement
et sont façonnées par lui ".
La table ronde examinera les liens
entre la diversité culturelle et la diversité biologique
ainsi que les menaces qui pèsent sur elles. Ainsi, sept
des neuf pays où la diversité linguistique est la
plus élevée figurent également parmi les
dix-sept pays en tête pour leur diversité biologique,
selon une publication de l'UNESCO, Sharing a World of Difference
(Partager un monde de différences). Cet ouvrage, réalisé
avec les organisations non gouvernementales Fonds mondial pour
la nature et Terralingua, sera publié en septembre.
On y apprend aussi que treize des
dix-sept pays caractérisés par une " mégadiversité
biologique " - Papouasie-Nouvelle Guinée, Indonésie,
Inde, Australie, Mexique, Brésil, République démocratique
du Congo, Philippines, Etats-Unis, Malaisie, Chine, Pérou
et Colombie - font partie des vingt-cinq pays qui comptent le
plus de langues endémiques (existant exclusivement à
l'intérieur de leurs frontières). Généralement
parlées par des peuples autochtones et des minorités,
ces langues sont d'une très grande richesse pour tout ce
qui concerne l'écosystème de ces communautés.
Toutefois, celles-ci sont de plus en plus appauvries par les mêmes
forces du marché qui menacent la biodiversité.
La controverse autour des savoirs
indigènes et des droits de propriété intellectuelle
fera l'objet d'une autre conférence de l'UNESCO, le 29
août au Village Ubuntu, à laquelle participeront
des experts scientifiques et juridiques, venus d'Ethiopie, de
Thaïlande et d'ailleurs. Cette rencontre est organisée
conjointement avec le Conseil international pour la science (CIUS)
et la Fondation Tebtebba (un institut autochtone de recherche
et de politique internationale basé aux Philippines), en
coopération avec la Chambre internationale de commerce.
Un autre temps fort de la participation
de l'UNESCO au Sommet de Johannesburg sera le lancement de l'encyclopédie
la plus importante et la plus exhaustive jamais publiée
sur le développement durable, le 3 septembre au Village
Ubuntu. Cette encyclopédie sur la biosphère (Encyclopedia
for Life Support Systems-EOLSS), diffusée sur internet,
est le fruit d'efforts sans précédent à l'échelle
mondiale et sera disponible gratuitement pour les pays les moins
développés.
Jamais auparavant une encyclopédie
n'avait dépassé les limites des sciences écologiques
pour couvrir tous les aspects du développement durable.
EOLSS est la seule publication qui examine les origines de tous
les systèmes vivants de la planète et les menaces
pesant sur eux, du climat aux océans en passant par les
forêts, le cycle de l'eau ou l'atmosphère. EOLSS
aborde également toute une série de questions sociales,
telles que la législation internationale concernant les
droits humains, l'éradication de la pauvreté ou
encore la psychologie des religions.
Une série de tables rondes
(voir la liste en annexe) seront également organisées
par l'UNESCO sur des problèmes aussi importants que les
ressources mondiales en eau, l'état des océans et
l'utilisation de satellites pour contrôler l'environnement.
Une grande exposition des programmes, priorités et activités
de l'Organisation sera organisée au Village Ubuntu, tandis
que des expositions spécialisées porteront sur les
océans, l'énergie solaire et l'Année internationale
de l'eau douce, qui se déroulera en 2003 sous la houlette
de l'UNESCO.
Le Sommet sera l'occasion de lancer
de nouvelles initiatives en partenariat entre et avec des acteurs
divers, que ce soit les gouvernements, les ONG et les milieux
d'affaires, pour traiter de problèmes spécifiques
comme la préservation de la biodiversité ou l'allègement
de la pauvreté. L'UNESCO présentera quinze nouveaux
partenariats dans différents domaines. Un projet sera ainsi
développé avec l'Organisation des Nations unies
pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) pour l'amélioration
de l'éducation en milieu rural partout dans le monde. Un
autre, conduit avec trois des plus importantes associations universitaires
au plan international, visera à faire du développement
durable une discipline à part entière. Le secteur
privé sera aussi sollicité. Le géant américain
de la publicité J. Walter Thompson, par exemple, travaillera
avec l'UNESCO pour réaliser une vaste campagne de sensibilisation
sur divers aspects du développement durable.
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Contacts
Amy Otchet
Bureau de l'information du public
A Johannesburg : téléphone portable (+27) (0)828
580
Email : a.otchet@unesco.org
Isabelle Le Fournis
Bureau de l'information du public
Téléphone portable : (+33) (0) 614 6953 72
Email : i.le-fournis@unesco.org
PRINCIPAUX EVENEMENTS ET EXPOSITIONS DE L'UNESCO
AU SOMMET MONDIAL SUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE
Expositions
18 août - 8 septembre
2002
Exposition sur l'UNESCO
Village Ubuntu, Pavillon d'exposition
18 août - 5 septembre
2002
Encyclopédie sur la biosphère
Village Ubuntu, Pavillon d'exposition
24 août - 5 septembre
2002
Energies renouvelables
Pavillon sud-africain
24 août - 6 septembre
2002
Exposition virtuelle sur le Programme L'Homme et la Biosphère
(MAB) - Réseau mondial des réserves de biosphère
Sandton Cube, Internet
28 août - 3 septembre
2002
Commission océanographique intergouvernementale (COI)
Water Dome (Pavillon Océans)
28 August - 5 September 2002
Programme mondial des Nations unies pour l'évaluation des
ressources en eau & Année internationale des Nations
unies de l'eau douce (2003)
Water Dome (Pavillon Océans)
Principaux événements
29 août 2002, 9h30 - 18h30
Tisser des liens entre savoir traditionnel et savoir scientifique
pour le développement durable
Village Ubuntu, Club Wanderers, Salle Water Berry
29 août 2002, 14h00 -
15h00
Lancement du livre : Oceans 2020: Science, Trends and Challenges
of Sustainability
Water Dome, Pavillon IV
30 août 2002, 14h30 -
18h00
Le rôle des systèmes d'observation globale pour le
développement durable
Village Ubuntu, Club Wanderers, Salle Water Berry
2 septembre 2002 (après-midi)
et 3 septembre 2002 (toute la journée), Summer Place
Eduquer pour un avenir durable : action, engagements et partenariats
- Lancement du partenariat "
Initiative internationale de marketing et de communication pour
le développement durable (2 septembre, 17h15)
- Lancement de la version sud-africaine
du programme multimédia de l'UNESCO de formation des enseignants
"Teaching & Learning for a Sustainable Future" (2
septembre, 18h30)
- Lancement du programme d'Education
pour tous (EPT) pour la population rurale (3 septembre, 9h00)
- Lancement du partenariat mondial
en faveur de l'enseignement supérieur pour le développement
durable (3 septembre, 14h00)
- Lancement UNESCO/Internationale
de l'éducation (IE) d'un kit de diffusion pour le programme
"Teaching & Learning for a Sustainable Future" (3
septembre, 15h30-15h45)
2 septembre 2002, 19h00 - 21h00
Lancement de partenariats "océans et côtes"
Water Dome
3 septembre 2002, 11h00 - 14h00
Lancement de l'Encyclopédie sur la biosphère
Village Ubuntu - Salle Dwarf Natal Plum
3 septembre 2002, 13h00 - 15h00
Diversité culturelle, diversité biologique &
développement durable
Centre de conférences Sandton - Hôtel Intercontinental,
Salle Mareola South
3 septembre 2002, 14h00 - 16h30
Programme mondial pour l'évaluation des ressources en eau
: "Mesurer le progrès à l'échelle mondiale"
Water Dome, Salles III & IV
Visite
5-6 septembre 2002
Réserves de biosphère : Conjuguer la préservation
de la biodiversité et le développement durable au
niveau régional
Réserve de biosphère Waterburg, Province de Limpopo
Contacts
Amy Otchet
Bureau de l'information du public
E-mail : a.otchet@unesco.org
à Johannesburg :
Portable : (+ 27) (0) 828 580 718
à Paris :
Tél. : (+ 33) (0) 1 45 68 17 04
Isabelle Le Fournis
Portable : (+ 33) (0) 6 14 69 53 72
E-mail : i.le-fournis@unesco.org