Communiqué
de presse N°2002-57
PAS DE DEVELOPPEMENT
DURABLE SANS EDUCATION,
Johannesburg, 3 septembre - Une
nouvelle vision de l'éducation au service du développement
durable a été proposée hier par le Directeur
général de l'UNESCO Koïchiro Matsuura, le président
équatorien Gustavo Noboa, le président mongol
Natsagiin Bagabandi et Kader Asmal, le ministre sud-africain de
l'éducation, lors d'un colloque du Sommet mondial sur le
développement durable.
Ce colloque - baptisé "
Eduquer pour un avenir durable : actions, engagements et partenariats
" - était organisé par le ministère
sud-africain de l'Education, en coopération avec l'UNESCO
et l'ONG UNESCO Liaison Committee et s'est tenu les 2 et 3 septembre.
" L'éducation, sous
toutes ses formes et à tous les niveaux, n'est pas seulement
une fin en soi, mais aussi l'un des plus puissants outils à
notre disposition pour effectuer les changements nécessaires
permettant de réaliser le développement durable
", a déclaré Koïchiro Matsuura.
" Cette nouvelle vision de
l'éducation, a-t-il poursuivi, met l'accent sur une approche
globale et interdisciplinaire, afin de développer les savoirs
et les compétences requis pour un avenir durable, ainsi
que les changements de valeurs, de comportement et de modes de
vie. Cette vision exige une ré-orientation de nos systèmes,
de nos politiques et de nos pratiques en matière d'éducation
: ceux-ci doivent permettre à chacun - homme et femme,
jeune et moins jeune - de prendre des décisions et d'agir
d'une façon qui soit pertinente d'un point de vue culturel
et qui ait un sens par rapport au contexte local, afin de s'attaquer
aux problèmes qui menacent notre avenir commun. "
Cette nouvelle vision de l'éducation
s'applique tant aux pays en développement qu'aux pays industrialisés,
selon Kader Asmal, ministre sud-africain de l'Education. Pour
lui, " De nombreux systèmes d'éducation considérés
comme efficaces tendent en fait à produire des individus
exclusivement préoccupés de leur avancement personnel
et de l'accroissement de leurs revenus. Si nous croyons que l'éducation
et la formation de par le monde ont négligé tout
un ensemble de valeurs et d'attitudes, alors nous devons admettre
que l'éducation pour un développement durable pose
des défis considérables aux pays développés
comme à ceux en développement. "
Kader Asmal a lancé un appel
pour une action concertée. " Bertolt Brecht et Karl
Marx, a-t-il rappelé, avaient appelé à l'union
de " la tête et de la main ". Les défis
mondiaux d'aujourd'hui nous amènent à appeler à
l'union " du cur, de la tête et de la main ".
Nous devons absolument introduire un nouveau paradigme dans le
discours de l'éducation. Mais nous devons le faire de façon
réelle et conséquente, pour être en mesure
d'élaborer des actions, des engagements et des partenariats
concrets. Je déclare ceci tout en étant pleinement
conscient des dangers d'une euphorie trompeuse. Nos délibérations
ont, trop souvent, débouché sur des listes de mots
nouveaux qui sont venus s'ajouter au vocabulaire existant du développement
durable. La construction de ce nouveau paradigme ne doit pas consister
à forger des néologismes, aussi séduisants
soient-ils. Mais à agir. "
Une des premières réalisations
de l'action internationale devrait consister à alléger
la dette extérieure des pays en développement, a
plaidé le président équatorien Noboa. "
Le fait que ces pays doivent consacrer environ la moitié
de leurs budgets au règlement de leurs engagements financiers
internationaux est inhumain. Les ressources dépensées
au titre de la dette devraient être utilisées pour
réaliser des programmes éducatifs et sociaux, de
façon à alléger l'extrême pauvreté
qui est une cause majeure d'atteinte à l'environnement
dans les pays en développement. "
Le Président a également
appelé la communauté internationale à "
abandonner toute vision paternaliste du développement.
Rappelons-nous le vieux proverbe chinois : " plutôt
que de donner du poisson à ceux qui n'ont rien à
manger, il vaut mieux leur apprendre à pêcher ".
C'est pourquoi, en dépit de la situation financière
extrêmement difficile qui est celle de l'Amérique
latine, l'éducation est un réel espoir pour un avenir
meilleur ".
L'éducation à tous
les niveaux - du primaire à l'université - est une
condition préalable au développement durable, a
estimé le président mongolien Bagabandi. "
L'éducation est un facteur décisif pour construire
un monde où les gens peuvent découvrir leur potentiel,
le faire fructifier et mener une vie qui ait un sens. Il est donc
vital d'offrir à tous les enfants une éducation
primaire gratuite et de qualité ".
L'éducation à distance
et l'accès à Internet sont extrêmement importants
en Mongolie, un pays vaste dont beaucoup d'habitants sont nomades.
" L'arrivée de la radio puis celle de la télévision
ont provoqué chez nous une amélioration spectaculaire
de la diffusion d'informations auprès de la population,
disséminée sur un très vaste territoire,
a expliqué le Président mongol. Aujourd'hui, un
bouleversement du même ordre est en train de se produire
grâce aux efforts que nous déployons pour développer
les nouvelles technologies - satellite et Internet - afin de répondre
aux demandes et aux besoins d'information de la population. Beaucoup
de gens, en Mongolie comme dans d'autres pays en développement,
souhaiteraient que l'information et les programmes diffusés
par les grands pays industrialisés accordent plus de place
à l'apprentissage et à l'éducation ".
La conférence, qui se termine
ce 3 septembre, a aussi été pour l'UNESCO l'occasion
de lancer trois nouveaux partenariats en matière d'éducation
et de présenter la proposition du Japon à l'assemblée
générale des Nations unies, celle d'une Décennie
de l'éducation pour le développement durable qui
débuterait en 2005.
Contact à Johannesburg :
Amy Otchet, Bureau
de l'information du public
Tél. portable (+27) (0) 82 858 0718
Isabelle Le Fournis
, Bureau de l'information du public
Tél. portable (+33) (0) 614 69 53 72