Communiqué
de presse N°2002-58
LA YOUGOSLAVIE
S'ENGAGE A PUNIR LES ATTEINTES
A L'IMMUNITE DES BIENS CULTURELS EN TEMPS DE GUERRE
Paris, 6 septembre - En adhérant
au deuxième Protocole à la Convention pour la protection
des biens culturels en cas de conflit armé, dite Convention
de La Haye, la République fédérale de Yougoslavie
s'est engagée à établir, entre autres, un
dispositif juridique et des sanctions pénales, afin de
punir les responsables de crimes contre les biens culturels protégés
en temps de guerre.
Le Directeur général
de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, qui a reçu l'instrument
d'adhésion de Belgrade le 27 août dernier, a appelé
aujourd'hui tous les Etats qui ne l'ont pas encore fait à
adhérer à leur tour à ce deuxième
Protocole, adopté le 26 mars 1999, dans le cadre d'une
conférence diplomatique réunie par l'UNESCO. "
La République fédérale de Yougoslavie est
le quinzième Etat* à être devenu partie à
ce nouvel instrument juridique, a-t-il déclaré.
C'est le deuxième de l'ex-Yougoslavie à franchir
le pas. Je me réjouis de ce geste, qui contribue à
instaurer un climat de confiance dans la région. Je souhaite
qu'il incite de nombreux Etats à faire de même. "
De tous temps, les conflits armés
ont entraîné la destruction, totale ou partielle,
d'un patrimoine culturel irremplaçable : monuments, sites
archéologiques, uvres d'art, livres précieux,
archives, musées, etc. Pour tenter de limiter ces pertes,
la communauté internationale avait adopté la Convention
de La Haye en 1954, augmentée d'un premier Protocole interdisant
l'exportation des biens culturels des territoires occupés.
Toutefois, ce dispositif s'est
révélé difficile à faire appliquer.
Outre un bilan humain et matériel très lourd, les
conflits internationaux et les guerres civiles qui ont éclaté
au cours des cinquante dernières années ont entraîné
la destruction de pans entiers du patrimoine culturel, souvent
pris pour cible de façon délibérée,
comme l'ont montré les événements en ex-Yougoslavie,
au Cambodge et en Afghanistan, entre autres.
C'est pourquoi, dans les années
1990, l'UNESCO avait jugé nécessaire de compléter
le dispositif de la Convention de La Haye. Le deuxième
Protocole permet ainsi plusieurs avancées, dont, au premier
chef, le renforcement de la responsabilité pénale
individuelle des auteurs de destructions culturelles. En clair,
un soldat ou un responsable ayant, par exemple, attaqué
(ou ordonné qu'on attaque) un monument protégé
pourra être arrêté, extradé ou jugé,
y compris, le cas échéant, devant une juridiction
internationale.
Le deuxième Protocole précise
que ses dispositions s'appliquent aussi aux guerres civiles. Il
établit également un Comité intergouvernemental
qui sera notamment chargé d'octroyer une " protection
renforcée " à certains biens culturels et de
contrôler la mise en uvre des textes. Ce Comité
disposera d'un fonds spécial, alimenté par des contributions
volontaires, qui servira, entre autres, à débloquer
une aide financière pour prendre des mesures d'urgence.
Le secrétariat du Comité sera assuré par
l'UNESCO.
A ce jour, seuls 15 Etats sont
devenus parties au deuxième Protocole, alors qu'il en faut
20 pour qu'il entre en vigueur. Quant à la Convention de
La Haye de 1954, elle compte 103 Etats parties.
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* Les autres Etats qui ont adhéré
au deuxième Protocole sont : l'Argentine, l'Autriche, l'Azerbaïdjan,
le Bélarus, la Bulgarie, Chypre, El Salvador, l'Espagne,
l'ex-République yougoslave de Macédoine, la Jamahiriya
arabe libyenne, la Lituanie, le Nicaragua, le Panama et le Qatar.
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Contact : Sophie Boukhari
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