Communiqué
de presse N°2002-62
LA STRATEGIE
DE L'UNESCO POUR COMBATTRE
LA FRACTURE NUMERIQUE
Paris, 11 septembre - La libre
circulation de l'information facilitée par l'avènement
des nouvelles technologies, telles que l'internet, ouvre des perspectives
prometteuses pour le dialogue culturel et la compréhension
mutuelle, pour l'accès à une éducation de
qualité tout au long de la vie, ainsi que pour des processus
démocratiques plus participatifs et plus dynamiques. Mais
la " fracture numérique " - c'est-à-dire
l'énorme et croissante inégalité entre pays
riches et pays pauvres en matière d'accès aux nouvelles
technologies de l'information (TIC) - menace de priver des régions
entières de cette perspective.
Consciente à la fois du
potentiel des TIC et des dangers de marginalisation accrue qu'ils
représentent pour ceux qui n'y ont pas accès, l'UNESCO
a développé une stratégie en quatre volets
et s'emploiera à convaincre les Etats de l'adopter lors
du Sommet mondial sur la société de l'information
(SMSI) qui doit se tenir à Genève (2003) et Tunis
(2005).
Le Directeur général
Koichïro Matsuura présentera cette stratégie
le mercredi 11 septembre, à Paris, devant les représentants
des Etats membres de l'UNESCO.
En premier lieu, il faut définir
un ensemble de principes communs pour la société
de l'information à venir. Pour l'UNESCO, ces principes
devraient inclure :
- la liberté d'expression
et son corollaire, la liberté de la presse ;
- l'enseignement primaire gratuit, obligatoire et universel ;
- la reconnaissance que l'éducation, tout comme les biens
et les services culturels ne peuvent pas être traités
comme de simples marchandises ;
- la prééminence de l'intérêt général
;
- la promotion de l'information de domaine public et d'émissions
de service public.
Le deuxième volet concerne
l'accès du plus grand nombre aux formules d'enseignement
offertes par les nouvelles technologies de l'information. Cela
implique que :
- l'initiation à l'informatique
soit reconnue comme une compétence élémentaire
dans les systèmes d'enseignement et qu'un accès
libre à l'internet soit disponible dans les écoles
et les bibliothèques publiques ;
- le meilleur parti soit tiré de l'enseignement à
distance et des possibilités de formation continue offertes
par les TIC.
Le troisième axe concerne
le renforcement des capacités pour la recherche scientifique
et le partage de l'information. L'UNESCO souhaite voir s'accroître
les échanges et la
coopération parmi les spécialistes et les groupes
d'intérêt travaillant dans les domaines de l'éducation,
de la science, de la culture et de la communication. A cette fin,
l'UNESCO :
- encourage l'emploi de nouvelles
méthodes pour le développement des contenus et pour
l'accès à l'éducation et l'information scientifique,
telles que, par exemple, les universités virtuelles, les
laboratoires virtuels et les groupes de recherche. De telles méthodes
peuvent contribuer à réduire la fracture scientifique,
en permettant aux chercheurs des pays en développement
de participer à des travaux au plan international et d'en
partager les résultats ;
- promeut les initiatives visant à établir des liens
et des synergies entre la science et les savoirs locaux ou autochtones,
en particulier dans les pratiques de la gestion de l'environnement
et dans la transmission des savoirs locaux entre les générations.
Enfin - quatrième point
- l'UNESCO encourage les Etats à utiliser les TIC pour
favoriser une plus grande participation des citoyens à
la vie démocratique. Cette perspective peut se concrétiser
grâce à :
- l'emploi de l'internet et des
autres TIC comme instruments de dialogue entre les citoyens et
les autorités ;
- la combinaison des technologies nouvelles et " traditionnelles
", incluant les services offerts par les bibliothèques
et les médias communautaires, ainsi que la production,
l'adaptation, la traduction et le partage des contenus locaux,
ou encore la mise au point de projets pilotes correspondant aux
divers contextes culturels ;
- la priorité accordée aux besoins des groupes défavorisés
et marginalisés, aujourd'hui exclus, de façon que
les sociétés de l'information soient ouvertes et
inclusives ;
- l'amélioration de l'accès aux bénéfices
de la société de l'information pour les femmes et
les jeunes ; l'extension de l'assistance matérielle aux
pays qui ne sont pas, aujourd'hui, en mesure d'offrir un accès
aux TIC à un grand nombre de leurs citoyens.
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Une plate-forme en ligne d'information
sur la contribution de l'UNESCO à la préparation
du Sommet mondial sur la société de l'information
(SMSI) est désormais consultable sur <http://www.unesco.org/wsis>.
Le site Internet propose des informations sur les nombreuses activités
préparatoires de l'UNESCO et recense les liens vers les
activités menées par d'autres organisations et des
Etats dans le même domaine.
Contact :
Asbel Lopez, Bureau de l'information du public, Section éditoriale
Tél. + 33 (0)1 45 68 17 07
e-mail : a.lopez@unesco.org