Communiqué
de presse N°2002-63
QUATRE-VINGT
MINISTRES DE LA CULTURE TRAVAILLENT SUR LE THÈME "
LE PATRIMOINE IMMATÉRIEL, MIROIR DE LA DIVERSITÉ
CULTURELLE "
Paris, 12 septembre - Il y a des
langues, des rituels sociaux et religieux, des chants, des danses,
des techniques théâtrales, des savoir-faire artisanaux
qui font que les cultures se distinguent les unes des autres,
et qui méritent, tout autant que les pyramides d'Egypte
ou le vieux Quito, d'être préservés pour le
bien commun de l'humanité et des générations
futures.
Ces manifestations de la créativité
humaine, qui reflètent et perpétuent la diversité
culturelle, constituent le " patrimoine immatériel
de l'humanité ". Comme les sites et les monuments
du patrimoine culturel matériel, ou les parcs et les paysages
qui composent le patrimoine naturel, ces uvres humaines
ne sont pas à l'abri des dangers liés à la
mondialisation, au tourisme de masse et à la guerre.
Mais qu'entend-on précisément
par " patrimoine culturel immatériel " ? Pourquoi
est-il si nécessaire de le préserver ? Qui doit
le faire et comment ? Pour répondre à ces questions,
l'UNESCO et les autorités turques ont invité les
Etats membres de l'Organisation à Istanbul, les 16 et 17
septembre. Une centaine d'Etats seront représentés,
dont quatre-vingt par leur ministre de la Culture.
La table ronde " Le patrimoine
culturel immatériel, miroir de la diversité culturelle
" sera ouverte par le Directeur général de
l'UNESCO, Koïchiro Matsuura. Elle permettra à des
décideurs et à des acteurs de la société
civile d'unir leurs efforts pour la première fois, afin
de définir les politiques publiques nécessaires
pour sauvegarder ce patrimoine si fragile.
Selon l'UNESCO, il appartient à
tous les gouvernements, à l'aide de chercheurs, de créateurs
et de gardiens de ce patrimoine, d'identifier les formes et les
expressions culturelles spécifiques à leur pays.
Ils doivent également, ainsi que leurs populations respectives,
prendre conscience de la valeur de ce patrimoine, promouvoir des
organismes locaux et nationaux de gestion, des programmes éducatifs
et des législations nationales appropriées. Enfin,
il faut mettre en place des mécanismes de coopération
technique et financière internationale.
Ces initiatives sont d'autant plus
nécessaires que " le patrimoine immatériel
n'est pas seulement le lieu de mémoire de la culture d'hier,
mais le laboratoire où s'invente demain ", affirme
Koïchiro Matsuura.
Le patrimoine immatériel
et la diversité culturelle, principaux thèmes de
la table ronde, comptent parmi les priorités de l'UNESCO.
Il y a près d'un an, les Etats membres de l'Organisation
ont approuvé la Déclaration universelle sur la diversité
culturelle, qui, en tant que " facteur de développement
", est " pour le genre humain, aussi nécessaire
qu'est la biodiversité dans l'ordre du vivant ".
En 2001, l'UNESCO a proclamé
dix-neuf espaces culturels ou formes d'expression populaire "
chefs-d'uvre du patrimoine oral et immatériel de
l'humanité ". Parmi ces chefs-d'uvre de toutes
les régions du monde, on compte, entre autres, le théâtre
de marionnettes sicilien Opera dei Pupi (Italie), le carnaval
d'Oruro (Bolivie), l'opéra Kunqu (Chine), les trompettes
Gbofe d'Afounkaha (Côte d'Ivoire) et l'espace culturel de
la place Jemaa el-Fna (Maroc)1. De nouveaux chefs-d'uvre
seront régulièrement proclamés, la prochaine
fois en 2003.
L'UNESCO travaille actuellement
à un projet de convention internationale en vue de protéger
le patrimoine immatériel. Koïchiro Matsuura souhaite
" qu'elle puisse déboucher sur un ensemble de principes
et de mesures universellement acceptables (
) non pas pour
contraindre et figer, mais pour permettre l'invention de nouvelles
formes de solidarité nationale et internationale ".
La table ronde d'Istanbul, ville-carrefour
des continents et des cultures, sera une occasion de progresser
vers cet objectif. " Ne pas se mobiliser, met en garde le
Directeur général de l'UNESCO, serait une faute.
Plus qu'une faute, un manquement à nos obligations vis-à-vis
des générations futures, tant il est vrai que les
sociétés oublieuses d'elles-mêmes sont condamnées
à périr ".
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1. La liste des
chefs-d'uvre du patrimoine oral et immatériel de
l'humanité peut être consultée à l'adresse
suivante :
http://www.unesco.org/culture/heritage/intangible/index.shtml
La table ronde se déroulera à partir du lundi 16
septembre 2002, 9h30, à l'Hôtel Çiragan Palace
Kempinski (Istanbul) avec traduction simultanée dans les
six langues officielles des Nations unies (l'anglais, l'arabe,
le chinois, l'espagnol, le français et le russe).
Contact :
Lucía Iglesias Kuntz
Bureau de l'information du public, Section éditoriale
Tél. à Istanbul : 33 (0)6 14 69 54 98
l.iglesias@unesco.org
Un B-Roll sur le
patrimoine immatériel est disponible
Tél. +33 (0)1 45 68 17 38