Communiqué
de presse N°2002-76
OUVERTURE A KABOUL
D'UN CENTRE POUR LES MEDIAS ET LA CULTURE DESTINE A ENCOURAGER
LA LIBERTE D'EXPRESSION
Paris/Kaboul - 10 Octobre - La
liberté d'expression en Afghanistan a fait aujourd'hui
un pas en avant avec l'ouverture officielle du Centre afghan pour
les médias et la culture de Kaboul, où sont déjà
installées neuf publications indépendantes et où
l'UNESCO a mis à la disposition des journalistes afghans
une dizaine d'ordinateurs branchés par satellite à
l'Internet.
L'inauguration de ce Centre - créé
conjointement par l'UNESCO et l'organisation non gouvernementale
AÏNA avec le soutien financier de l'Union Européenne,
des agences d'aide des gouvernements britannique et américain
DFID et USAID - sera présidée par le ministre afghan
de l'Information et de la Culture, Sayed M. Raheen, le directeur
du Bureau de l'UNESCO à Kaboul, Martin Hadlow, le président
d'AÏNA, Reza Deghat, le rédacteur en chef du Kabul
Weekly, Faheem Dashty, et la rédactrice en chef de la revue
féminine Malalai, Jamila Mudjaed.
Ce Centre abrite des médias
indépendants comme l'hebdomadaire Kabul Weekly, des ONG
ainsi que plusieurs espaces de formation dans les domaines de
la photographie, de la vidéo, de la presse et des techniques
de communication. Les journalistes afghans pourront y trouver
une aide pour leur travail, utiliser la bibliothèque et
les équipements modernes de communication et d'impression,
assister aussi aux débats organisés avec des invités
locaux ou étrangers. On y trouve également trois
salles de classe où sont donnés des cours de journalisme,
d'informatique et d'anglais, ainsi qu'un espace de conférence
et de projection, notamment utilisé pour la création
d'un ciné-club. Les journalistes disposent aussi sur place
de journaux locaux et étrangers, ainsi que des dépêches
de l'agence française AFP.
En plus du Kabul Weekly, d'autres
journaux indépendants lancés au début de
l'année, tels que les publications féminines Malalai
et Seerat, le magazine satirique Zambil e Ghan, l'hebdomadaire
d'enquêtes Payam e Millat, le magazine grand public Sabawoon
et le tout récent magazine pour enfants Parvaz ont déjà
des bureaux dans le Centre. Celui-ci accueille également
le magazine franco-afghan les Nouvelles de Kaboul, ainsi qu'une
lettre hebdomadaire d'information destinée à diffuser
des informations hors de la capitale. Au total - pour l'instant
-neuf publications qui comptent parmi les plus importantes sur
le jeune marché de la presse indépendante afghane.
Le Centre afghan pour les médias
et la culture fait office de " pépinière de
médias " en réduisant les coûts pour
ces publications naissantes et en apportant une expertise pour
les recherches de financement, le développement de réseaux
de diffusion à Kaboul et dans le reste du pays, la prise
de contact avec les agences internationales et l'organisation
de la publicité. " Tous les acteurs réunis
autour de ce centre affichent une même ambition : soutenir
des projets de médias indépendants ; favoriser l'émergence
d'une génération de journalistes professionnels
; défendre une véritable liberté d'expression
en Afghanistan et garantir un débat démocratique
et pluri-ethnique à travers le pays ", explique Martin
Hadlow.
Le Groupe de publications des femmes
afghanes a déjà un bureau dans le Centre, où
se réunissent une vingtaine de journalistes afghanes afin
d'échanger des idées et participer à des
ateliers sur les problèmes de gestion, de sexisme et de
santé, mais aussi pour discuter sur la façon dont
les journalistes traitent des sujets qui concernent spécialement
les femmes. Le projet est soutenu par l'UNESCO et la Fondation
Heinrich Böll. Le Groupe - constitué autour de deux
publications féminines indépendantes, Malalai et
Seerat - a des liens étroits avec la Voix des femmes afghanes
dans les médias du monde, une association soutenue par
l'UNESCO et AÏNA qui réunit les journalistes afghanes
de l'écrit et de l'audiovisuel et les aide à tisser
des liens avec leurs collègues du monde entier.
Un bloc image a été
créé au Centre au début de l'été
autour des métiers de la photographie et de la vidéo
pour permettre à une nouvelle génération
de journalistes afghans d'être formée sur les meilleurs
équipements dans le domaine du numérique. Plusieurs
projets ont déjà été menés
à bien dans le cadre d'une formation pratique : réalisation
d'un film de 52 minutes sur le Nouvel An afghan, tournage par
des équipes afghanes de 3 films éducatifs projetés
à travers tout le pays grâce a une large campagne
de cinéma itinérant ; formation d'un groupe de 20
femmes afghanes au tournage et au montage en numérique,
dans le but de réaliser un document vidéo historique
: Les femmes afghanes vues par les femmes afghanes.
A terme, le Centre a pour vocation
de créer un véritable programme de formation aux
métiers de l'image, l'AÏNA Image Institute, qui permettra
à des jeunes issus de la faculté de journalisme
de compléter leur formation par un programme pratique leur
permettant de devenir des professionnels de l'image selon les
standards des agences internationales.
Le Centre afghan pour les médias
et la culture a également pour objectif de faciliter la
collaboration entre les organismes et agences internationaux impliqués
dans la reconstruction des infrastructures de communication de
l'Afghanistan, qui ont été très touchées
(et souvent détruites) par tant d'années de guerre.
Des ONG comme l'Institute for War and Peace Reporting (IWPR) basée
à Londres, Media Action International (Genève),
IMPACS (Canada), le Baltic Media Centre and Internews (Washington)
ont tous des bureaux dans le Centre.
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Contact:
Asbel López
Bureau de l'information du public, Section éditoriale
e-mail: a.lopez@unesco.org
tél: 33 (0) 1 45 68 17 07 - fax: 33 (0) 1 45 68 56 59