Communiqué
de presse N°2002-90
L'UNESCO CELEBRE
A VENISE LE TRENTIEME ANNIVERSAIRE
DE LA CONVENTION DU PATRIMOINE MONDIAL
Venise, 14 novembre - Quelque 500
spécialistes du patrimoine, personnalités politiques
et chefs d'entreprise participent, depuis aujourd'hui et jusqu'au
16 novembre, au Congrès international intitulé "
Patrimoine mondial 2002 : héritage partagé, responsabilité
commune ", organisé par l'UNESCO pour célébrer,
à Venise, les trente ans de la Convention concernant la
protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, l'instrument
juridique de l'Organisation le plus universellement accepté.
Adoptée à Paris le
16 novembre 1972, la Convention est entrée en vigueur en
décembre 1975 après avoir été ratifiée
par vingt pays. Aujourd'hui, elle compte 175 Etats parties et
constitue un outil crucial pour mener à bien des actions
concrètes visant à préserver des sites culturels
et naturels en danger.
De nombreuses initiatives de sauvegarde
du patrimoine commun de l'humanité en témoignent,
dont la campagne de protection du patrimoine culturel de l'île
de Pâques (Chili), la restauration des peintures murales
de la tombe d'Aménophis III (Egypte) ou celle de l'Acropole
d'Athènes (Grèce).
De plus, en vertu de la Convention,
730 sites naturels et culturels situés sur les cinq continents
sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, jouissant ainsi
de la reconnaissance qui leur est due en tant que réalisations
de l'homme ou de la nature " d'une valeur universelle exceptionnelle
".
Lorsque l'on parle de " patrimoine
mondial ", on se réfère en effet à des
lieux ou à des paysages emblématiques, comme les
Parcs nationaux de l'Iguazu (Brésil et Argentine), le Mémorial
de la Paix d'Hiroshima (Japon), les îles subantarctiques
de Nouvelle-Zélande, les palais royaux d'Abomey (Bénin)
ou, bien entendu, la lagune et la cité de Venise (Italie),
qui accueille le Congrès.
Tous ces sites sont exposés
à des menaces de diverses natures : guerres, catastrophes
naturelles, fouilles illicites ou développement excessif
de l'urbanisation et du tourisme. Pour faire face aux problèmes
les plus urgents, le Centre du patrimoine mondial gère
un fonds de près de 4 millions de dollars par an, utilisé
pour aider les Etats parties à prendre des mesures d'urgence,
d'ordre technique et économique.
En 2002, le fonds a notamment été
utilisé suite à des catastrophes naturelles comme,
par exemple, les vents de 120 km/h qui, en mars, ont endommagé
les églises de bois de Chiloé (Chili), abattant
la tour de l'une d'elles, Nuestra Señora del Rosario de
Chonchi, ou encore les inondations du mois d'août, qui ont
causé des dégâts dans plusieurs sites culturels
d'Europe centrale, dont le paysage culturel de la Wachau (Autriche)
ou le centre historique de Prague (République tchèque),
tous deux inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.
Ce fonds a également pour
vocation, entre autres, d'aider certains Etats parties à
identifier des sites en vue de leur éventuelle inscription,
d'apporter à ces mêmes Etats l'assistance technique
nécessaire à la sauvegarde desdits sites et de financer
la formation du personnel local. D'autre part, le label "
Patrimoine mondial " draine vers ceux qui l'affichent des
aides internationales et des revenus supplémentaires, surtout
liés au tourisme.
Au cours des trente ans d'existence
de la Convention et des vingt-quatre ans de la Liste - ouverte
en 1978 avec l'inscription des îles Galápagos, appartenant
à l'Equateur, et de 11 autres sites -, le concept de patrimoine
mondial a évolué de façon notable. Alors
qu'il s'attachait à l'origine aux grands sites monumentaux
ou religieux, il inclut désormais d'autres types de biens,
comme les sites mixtes (c'est-à-dire naturels et culturels,
tel le Parc national de Tongariro, en Nouvelle-Zélande,
inscrit en 1990), les paysages culturels (on en dénombre
actuellement vingt-trois, parmi lesquels figure la vallée
de Vinales, à Cuba) et les lieux de mémoire (outre
Hiroshima, mentionné plus haut, le camp de concentration
d'Auschwitz, en Pologne, ou l'île de Gorée, au Sénégal).
Trente-trois des 730 sites inscrits
figurent sur la Liste du patrimoine mondial en péril, ce
qui " ne constitue absolument pas une sanction ", explique
Francesco Bandarin, Directeur du Centre du patrimoine mondial
de l'UNESCO. " Au contraire, cela permet très souvent
aux Etats concernés d'attirer l'attention nationale et
internationale et de prendre des mesures pour résoudre
les problèmes qui se posent. " L'exemple le plus récent
en est donné par le minaret et les vestiges archéologiques
de Djam, le premier site d'Afghanistan, inscrit en 2002.
Pourtant, le champ d'action de
l'UNESCO ne se borne pas aux sites figurant sur la Liste du patrimoine
mondial. Comme le rappelle Mounir Bouchenaki, le Sous-Directeur
général de l'UNESCO pour la culture, " il n'y
a pas de patrimoine à deux vitesses. Les sites inscrits
sur la Liste sont très souvent des sortes de locomotives
pour attirer l'attention internationale sur le très riche
patrimoine de notre planète. "
La rencontre de Venise, organisée
avec le soutien du gouvernement italien, de la région du
Veneto, de la province et de la Ville de Venise, s'inscrit dans
le cadre de l'Année des Nations Unies pour le patrimoine
culturel, qui se déroule en 2002. Les cinq séances
de travail (trois matinées et deux après-midi) seront
l'occasion de dresser le bilan des trente ans de la Convention,
mais aussi et surtout d'explorer de nouveaux moyens d'étendre
sa portée et d'associer les ONG, la société
civile et le secteur privé à la conservation durable
des biens culturels*.
Ce dernier aspect est d'une importance
cruciale. En effet, comme le souligne le Directeur général
de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, " l'identification,
la préservation et la mise en valeur des sites qui reflètent
la diversité culturelle et naturelle de notre planète
ne peuvent être garanties que si les gouvernements, les
autorités locales, les entreprises et, surtout, les populations
locales uvrent ensemble dans ce sens. Il nous faut donc
inciter tout citoyen à devenir acteur de la conservation
et de la mise en valeur du patrimoine de l'humanité. "
****
* Parmi les nombreuses interventions
prévues dans le cadre du Congrès figurent celles
d'éminents spécialistes tels que l'ex-Président
du Mali, Alpha Oumar Konaré, le prix Nobel nigérian
Wole Soyinka, le président du Comité du patrimoine
mondial, Tamás Fejerdy, le Directeur général
de la Promotion culturelle et de la Coopération du ministère
italien des Affaires étrangères, Francesco Aloisi
de Larderel, le maire de Venise, Paolo Costa, et le Secrétaire
général du Conseil international des monuments et
des sites (ICOMOS), Jean-Louis Luxen. L'UNESCO sera représentée
par son Directeur général, Koïchiro Matsuura,
son Directeur général adjoint Marcio Barbosa, le
Sous-Directeur général pour la Culture, Mounir Bouchenaki,
le Sous-Directeur général pour la science, Walter
Erdelen, et le Directeur du Centre du patrimoine mondial, Francesco
Bandarin.
La Première Dame d'Egypte, Suzanne Moubarak, et les ministres
italiens de la Culture, Giuliano Urbani, et de l'Environnement,
Altero Matteoli, interviendront également au cours de la
séance de clôture, le matin du 16 novembre.
Contacts
Lucia Iglesias Kuntz
Tél. : 33 (0)6 14 69 54 98
e-mail : l.iglesias@unesco.org
Carole Darmouni
Tél. : 33 (0)6 18 01 88 82
e-mail : c.darmouni@unesco.org
Un dossier de presse
peut être consulté sur Internet
http://www.unesco.org/bpi/fre/unescopresse/2002/47-avisf.shtml
Pour obtenir des
photographies
Ariane Bailey
Tél. : 33 (0)1 45 68 16 86
e-mail : a.bailey@unesco.org
Pour obtenir des
images de télévision
Carole Darmouni
Tél. : 33 (0)6 18 01 88 82
e-mail : c.darmouni@unesco.org
Pour plus d'information
http://whc.unesco.org/venice2002