Communiqué
de presse N°2002-95
Education en
Afrique : les ministres font le point sur les progrès
Paris, 2 décembre - Les
ministres de l'Education du continent africain se rencontrent
cette semaine du 2 au 6 décembre à Dar-es-Salaam,
en Tanzanie, pour faire le point sur les progrès accomplis
sur la voie d'une éducation de qualité pour tous.
La huitième conférence
des ministres africains de l'Education - connue comme MINEDAF
- porte sur le thème : "Relever les défis de
l'éducation en Afrique : des engagements aux actions".
Elle est organisée par l'UNESCO, en coopération
avec le pays hôte et l'Union Africaine (UA) et est également
soutenue par la Banque mondiale et par l'UNICEF.
"MINEDAF VIII est une occasion
en or pour les décideurs de l'éducation en Afrique,
de faire le pas décisif de l'engagement à l'action",
a déclaré le Directeur général de
l'UNESCO, Koïchiro Matsuura. "La mauvaise qualité
de l'éducation, l'impact du HIV/SIDA, la pénurie
de professeurs et le manque de ressources : les défis auxquels
doit faire face l'éducation en Afrique sont immenses. Pourtant,
de nouvelles opportunités existent pour faire face à
ces défis avec une vigueur nouvelle et un soutien plus
important. Ces opportunités doivent être saisies
pour le bien de tous les enfants africains. Après tout,
leur éducation est l'avenir de l'Afrique. "
L'Afrique a une des plus fortes
croissances démographiques du monde (2,6%). La pauvreté,
les guerres et conflits (qui ont touché 17 pays africains
sur 53 au cours de la dernière décennie), la dette
extérieure et la pandémie du sida s'ajoutent aux
difficultés auxquelles doivent faire face des systèmes
éducatifs déjà éprouvés par
la pénurie de personnel qualifié et le manque de
ressources matérielles.
Selon un rapport préparé
pour MINEDAF VIII*, le primaire, qui est au coeur de l'éducation
de base, n'est accessible qu'à la moitié des enfants
en âge d'être scolarisés et un enfant sur deux
seulement achève le cycle complet du primaire. Selon ce
rapport, en 2002, 16 pays parviennent ou vont bientôt parvenir
à assurer l'enseignement primaire universel (Algérie,
Botswana, Cap Vert, Egypte, Gabon, Jamahiriya arabe libyenne,
Lesotho, Malawi, Ile Maurice, Namibie, Rwanda, Afrique du Sud,
Swaziland, Togo, Tunisie et Zimbabwe). Dans 16 autres, ce taux
va de 70% à 98%, alors que les 15 pays où le taux
brut de scolarisation se situe entre 31% et 67% rencontreront
de très sérieuses difficultés pour parvenir
à l'enseignement primaire universel en 2015 (Burkina Faso,
Burundi, Congo, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Guinée,
Mali, Niger, République Centrafricaine, République
démocratique du Congo, Sierra Léone, Soudan, Tanzanie
et Tchad).
Selon l'ONG britannique Oxfam,
des dépenses supplémentaires de 3,6 milliards de
dollars par an sont nécessaires pour mettre l'Afrique subsaharienne
sur la voie de l'éducation pour tous en 2015. Cela suppose
que les dépenses régionales soient considérablement
augmentées et que l'aide extérieure soit multipliée
par 7. Selon la Banque mondiale, la participation financière
de la communauté internationale aux dépenses de
l'éducation dans les pays en développement ne dépasse
pas les 3%.
Dans la moitié des pays
africains, le cycle secondaire a atteint le seuil minimum de 20%
de taux de scolarisation. Mais une vingtaine d'autres pays sont
en-dessous de cette limite, dont quelques-uns affichent moins
de 10%. Selon le rapport, les problèmes d'accès,
d'équité, de structure, de qualité et d'adaptation
au contexte culturel se posent dans bon nombre de pays avec autant
d'acuité que la nature même de l'enseignement secondaire
est mise en question.
Accès limité et coût
élevé caractérisent l'enseignement supérieur
en Afrique. Exception faite de São Tomé et Principe
et des Seychelles, tous les pays ont au moins une université,
mais dans une trentaine, le taux d'inscription médian ne
dépasse pas 2%. A noter cependant qu'entre 1980 et 1995,
les effectifs étudiants ont été multipliés
par 3,4 alors que ceux des étudiantes l'ont été
par 5,4.
Un des défis majeurs de
l'éducation en Afrique est l'amélioration de sa
qualité. Dans 23 pays pour lesquels les données
sont disponibles, le pourcentage moyen de redoublement est de
15%. Cette tendance est due principalement au nombre insuffisant
d'enseignants, à leur manque de qualification (dans certains
pays, le pourcentage d'enseignants non qualifiés dans le
secondaire atteint 55%) et aux mauvaises conditions de travail.
Au niveau de l'enseignement supérieur, il existe toutefois
des expériences encourageantes, tels les programmes d'enseignement
à distance en Afrique du Sud, à l'université
de Dar-es-Salaam ou encore la création de l'Université
ouverte au Nigeria.
La pandémie du sida affecte
aussi gravement les systèmes d'éducation à
travers le continent. Selon le dernier rapport du Programme commun
des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), dix millions de jeunes
entre 15 et 24 ans et près de 3 millions d'enfants vivent
actuellement avec le virus. Ayant déjà fait 11 millions
d'orphelins, le sida décime les enseignants et affecte
tous les secteurs de l'éducation : administrateurs, fonctionnaires,
inspecteurs.
L'une des priorités de l'agenda
de la réunion sera le "Rapport de suivi sur l'éducation
pour tous 2002 : Le monde est-il sur la bonne voie?", publié
par l'UNESCO** et dont la conclusion est la suivante : la moitié
seulement des nations africaines pourront parvenir à assurer
un enseignement primaire universel d'ici 2015, objectif qui avait
été fixé par le Forum mondial sur l'éducation
à Dakar (Sénégal, 2000).
Ces conclusions ont provoqué
de vifs débats en Afrique. De nombreux observateurs ont
souligné le fait que les données sur lesquelles
se basait la conclusion du rapport, datent d'avant le Forum mondial
de Dakar, et qu'elles ne tiennent pas compte des progrès
récents. Des participants à la récente réunion
du Groupe de haut niveau sur l'éducation pour tous (Nigeria,
19-20 novembre), y compris plusieurs ministres africains, ont
toutefois admis que, compte tenu des obstacles nombreux et complexes
auxquels les nations africaines sont confrontées, des efforts
particuliers seront nécessaires dans nombre de pays.
Toutes ces questions seront débattues
au cours de la conférence de Dar-es-Salaam, organisée
autour de sept panels consacrés aux différents aspects
de l'éducation et de plusieurs séances spéciales
qui traiteront de thèmes plus larges: sida, situations
d'urgence, de conflit ou de post-conflit, nouvelles technologies
de l'information et de communication, multilinguisme, micro-science,
participation de la société civile.
*Voir le portail MINEDAF sur le site web de l'UNESCO à
www.unesco.org
**Ce rapport est disponible sur
le web à : http://www.unesco.org/education/efa/monitoring/monitoring_2002.shtml
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Contact
Jasmina Sopova
Bureau de l'information du public, Section éditoriale
A Dar-es-Salaam : + 255 22 211 24 16
E-mail : j.sopova@unesco.org
Sue Williams
Bureau de l'information du public, Section éditoriale
A Dar-es-Salaam : + 255 22 211 24 16
E-mail : s.williams@unesco.org