LE CHANTEUR ET POETE ANDALOU CARLOS CANO NOMME ARTISTE DE L’UNESCO POUR LA PAIX

Paris, 3 novembre {N°98-241} - Carlos Cano, poète et chanteur andalou, a été nommé hier soir Artiste de l’UNESCO pour la paix par le Directeur général de l’Organisation, Federico Mayor. La nomination est intervenue lors d’un concert - qui s’inscrivait dans le cadre du Programme de l’UNESCO Musique et Paix et du Centenaire de la naissance de Federico García Lorca - où Carlos Cano a interprété le dernier recueil de poèmes du chantre de Grenade, le Divan du Tamarit.

Né à Grenade, Carlos Cano a chanté pour la première fois en public à la Casa de las Americas de sa ville natale. Mais c’est en participant en 1972, à l’UNESCO, à un hommage mondial à Federico García Lorca qu’il décide de consacrer sa vie à la chanson. Au fil de ses nombreux disques, Carlos Cano épouse les causes de son époque mais il cherche aussi à transmettre l’héritage andalou, le métissage européen et arabe.

Lors de la cérémonie de nomination, un message de l’écrivain Amin Maalouf a rappelé le trait d’union entre les deux rives de la Méditerranée que représentait la poésie andalouse: « On ne refait pas l’histoire, sauf par la poésie [···] Le territoire de la poésie, le territoire de l’âme, le territoire de l’humain portera à jamais le nom d’Andalousie ». Pour sa part, l’Ambassadeur, Délégué permanent de l’Espagne auprès de l’UNESCO, Jesús Ezquerra, a souligné le caractère universel - « les mille facettes » - de Federico García Lorca mais aussi la grande part de tradition arabe andalouse présente dans cette oeuvre ultime qu’est le Divan du Tamarit.

Federico Mayor a précisé que Carlos Cano était nommé Artiste de l’UNESCO pour la paix « pour son extraordinaire oeuvre de troubadour, contribuant par la musique, la poésie et le chant à la conservation et à la transmission d’un héritage culturel qui ne connaît pas de frontières ». Citant un poème de García Lorca - « les enfants blessés par l’eau » -, le Directeur général a évoqué le drame frappant l’Amérique centrale et regretté que les hommes ne soient pas mieux préparés à affronter des catastrophes comme le cyclone Mitch. Avant le concert, Carlos Cano a répondu en quelques mots, promettant d’être encore et toujours « un militant de la paix » et de continuer à « parler de la vie, de l’amour et de la mort, les trois choses qui construisent l’univers ».

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