LANCEMENT PAR L’UNESCO D’UN LEXIQUE MULTILINGUE ESPAGNOL, PORTUGAIS, QUECHUA, AYMARA ET GUARANIParis, 4 novembre {N°98-243} - Le premier lexique multilingue fournissant en espagnol, portugais, quechua, aymara et guarani le vocabulaire - près de 10 000 concepts et encore plus de vocables - des domaines de l’agro-alimentaire, de la santé publique et de la biodiversité a été présenté hier soir à l’UNESCO. La réalisation de cet outil pratique, fondamental pour tous ceux - médecins, agronomes, techniciens, personnel administratif, etc. - qui travaillent au contact des populations rurales d’une grande partie de l’Amérique du Sud, constitue un très grand pas vers la reconnaissance des langues indigènes. Né d’une initiative du gouvernement bolivien appuyée par les gouvernements argentin, équatorien, paraguayen et péruvien, ce lexique - financé essentiellement par l’UNESCO - a été réalisé par l’Union Latine et sa Direction de la terminologie et des industries du langage. Outre une version en CD-Rom, il est disponible sur Internet (http://www.unilat.org/es/dtil/n1/edtil10.asp) où il sera régulièrement alimenté en nouveaux vocables ou en variantes locales. Geraldo Cavalcanti, Secrétaire général de l’Union Latine, Federico Mayor, Directeur général de l’UNESCO, Pál Pataki, Président du Conseil Exécutif de l’UNESCO, et Jaime Paz Zamora, ancien Président de la République de Bolivie, ont présenté le lexique en soulignant sa contribution à l’intégration régionale, le caractère novateur de sa spécialisation et de sa méthodologie. Ils ont aussi salué la consécration officielle de trois grandes langues indigènes. En valorisant ces langues, véhicules culturels par excellence, le lexique reconnait enfin les apports essentiels faits par ces cultures autochtones et la place qu’occupent aujourd’hui dans les Andes et d’autres régions sud-américaines les populations parlant l’aymara, le quechua ou le guarani. « Ce lexique ne se veut ni anthropologique, ni pédagogique. Il fournit un instrument pratique dans les cinq langues les plus parlées en Amérique du Sud », a indiqué Geraldo Cavalcanti, qui a souligné par ailleurs la modernité du mode de diffusion, moins coûteux et plus rapide que le livre. Pour sa part, le Bolivien Jaime Paz Zamora, qui est à l’origine du projet, a mis l’accent sur l’importance de la reconnaissance de ces langues vivantes et en développement permanent. Il a ajouté: « Cette reconnaissance de la diversité linguistique représente un grand moment dans la vie de nos peuples d’Amérique du Sud et s’inscrit dans la droite ligne des objectifs de l’UNESCO ». Federico Mayor est revenu sur « le formidable monument culturel que représente chaque langue de la planète, un monument à connaître et à conserver au même titre que les monuments de pierre ». Il a rappelé que « les langues sont des facteurs de paix - la mission suprême de notre Organisation - et d’entente. Elles ne divisent pas mais rassemblent, mettent en contact et enrichissent tous les hommes ».
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