
LANCEMENT OFFICIEL DE L'ANNEE INTERNATIONALE
DE LA CULTURE DE LA PAIX
Paris, 14 septembre {N°99-190} - L'Année internationale de la culture de la paix,
proclamée pour l'an 2000 par les Nations Unies - à l'initiative de l'UNESCO
-, a été lancée aujourd'hui lors de cérémonies qui se sont déroulées au
siège de l'Organisation à Paris et à l'ONU à New York. Lors d'une autre
manifestation ayant pour cadre la Tour Eiffel, déclarée à cette occasion
"Site messager de la culture de la paix", le Directeur général de l'UNESCO,
Federico Mayor, a lancé un appel solennel à " susciter un vaste mouvement
mondial en faveur d'une culture de la paix et de la non violence ".
A New York, le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a lancé
l'Année au nom de l'ensemble du système des Nations Unies. En faisant
retentir la Cloche de la paix - une cérémonie traditionnelle qui a lieu tous
les ans lors de la Journée internationale de la paix, à l'ouverture de la
session de l'Assemblée générale, Kofi Annan a déclaré : " Travaillons tous
ensemble à une culture de paix et à la mise en oeuvre du programme d'action
adopté hier par l'Assemblée générale. Faisons en sorte que le message de la
cloche de la paix soit entendu le plus largement possible, aujourd'hui et
tout au long de cette année ".
Le Secrétaire général s'est également exprimé lors de la cérémonie qui s'est
déroulée cet après-midi à l'UNESCO. Dans un message vidéo, il a souligné : "
Le moment est venu d'instaurer une culture de la paix. Pour l'ONU, il n'est
pas de but plus élevé, d'engagement plus résolu ni d'ambition plus grande
que de prévenir les conflits armés ". Il a ajouté : " La paix véritable est
beaucoup plus que l'absence de guerre. C'est un phénomène qui englobe le
développement économique et la justice sociale, la préservation de
l'environnement et la maîtrise du commerce mondial des armements. La
démocratie. Le respect de la diversité et de la dignité de chaque être
humain. Les droits de l'homme, l'état de droit, et bien d'autres choses
encore ".
Dans son discours de bienvenue, Federico Mayor s'est félicité de l'adoption,
hier, par l'Assemblée générale des Nations Unies de la Déclaration et du
Programme d'action sur une culture de la paix. Il a déclaré qu'il ne
s'agissait pas seulement " d'être pacifique, ni même pacifiste, mais d'être
des pacificateurs " et rappelé que si l'UNESCO avait plusieurs tâches -
l'éducation, la science, la culture et la communication -, elle n'avait
qu'une seule mission : bâtir la paix.
Deux Prix Nobel de la paix ayant participé à la rédaction du Manifeste 2000
pour une culture de la paix et de la non-violence sont intervenus. Shimon
Peres, l'un des architectes des Accords d'Oslo, a proclamé le droit des
jeunes à divorcer de notre passé : " Je ne suis pas sûr que nous puissions
être fiers de notre histoire. Elle est trop pleine de sang et de guerre ".
Il a souligné que l'Europe de l'Ouest " n'avait pas connu de guerre depuis
qu'elle se tournait non plus vers le passé mais vers le futur, non plus vers
la politique mais vers l'économie. C'est un programme qui peut s'appliquer
au monde entier ".
Pour sa part, Rigoberta Menchu Tum a déclaré : " Ne vous taisez pas face à
l'injustice. Il faut réaliser des changements structurels, les changements
de comportement ne suffisent pas. [···] Rêvons ensemble pour essayer de
construire cette espérance de paix qu'exige l'humanité dans son ensemble ".
De nombreuses autres personnalités étaient présentes au siège de l'UNESCO.
Eduardo Portella, Président de la Conférence générale de l'UNESCO, a insisté
sur le dessein politique que représentait la culture de la paix, déclarant
notamment : " Il faut stimuler, inciter, provoquer la paix. Avec toute la
patience et toute l'impatience possibles. [···] Ni abstraction, ni idée
stérile, la paix est l'incarnation de la dignité humaine ". Pour sa part, le
fondateur du mouvement Emmaüs, l'Abbé Pierre, qui a défini la paix par la
formule " Tu souffres, j'ai mal ! ", a souligné que " ceux qui ont beaucoup
souffert peuvent beaucoup nous apprendre ". La Présidente de l'Union
interparlementaire, Najma Heptulla, a mis l'accent sur la coopération
étroite existant entre son organisation et l'UNESCO. Elle a déclaré : " Paix
et démocratie sont complémentaires " et estimé que " l'instauration
d'institutions représentatives est essentielle pour la construction de la
paix ".
Fred Van Leeuwen, Secrétaire général de l'Internationale de l'Education -
qui réunit 350 organisations, soit près de 23 millions d'enseignants -, a
affirmé : " Nous parlons de culture de paix mais nous vivons dans une
culture de guerrre. Nous, enseignants, partageons la responsabilité de la
transmission de la culture de guerre d'une génération à l'autre, [quand]
nous conservons ses pratiques et que nous appliquons aveuglément des
directives erronées ". Fred Van Leeuwen a apporté le soutien de son
organisation à la culture de la paix et évoqué des initiatives faisant
travailler, dans des zones en conflit - notamment dans les Balkans et le
Moyen-Orient -, des enseignants de tous bords afin de revoir les programmes
et d'en supprimer les contenus porteurs de haine. Il a appelé à " combattre
partout les préjugés, la haine, la discrimination basée sur la nationalité,
la religion et la race ".
Ont également pris la parole : le Général des Forces armées françaises,
Bernard Norlain ; le Président de Radisson-SAS, Kurt Ritter ; la Présidente
de la Conférence internationale des ONG-UNESCO, Monique Fouilhoux ; le
Président de la Mission interministérielle française pour la célébration de
l'an 2000, Jean-Jacques Aillagon, et le Maire de Tombouctou (ville malienne
lauréate du Prix UNESCO Villes pour la paix), Ibrahim Mohamed.
De nombreux artistes ont participé à cette cérémonie au siège de l'UNESCO:
Miguel Angel Estrella, Chico Bouchikhi, Amine Kouider et l'Orchestre
Philharmonique international, Georges Moustaki - nommé à cette occasion
Artiste de l'UNESCO pour la paix - , le groupe Rap Prime Essence, Neneu
Liberalquino et la Chorale de l'UNESCO.
Dans la soirée, une autre cérémonie, organisée par l'UNESCO et la Mairie de
Paris, s'est déroulée à la Tour Eiffel. Le monument le plus célèbre de la
capitale française a été proclamé "Site messager de la culture de la paix"
par Federico Mayor, en présence de Jean Tiberi, maire de Paris. Dans un
appel à la mobilisation de tous en faveur de la culture de la paix, Federico
Mayor a déclaré : " Je suggère de créer ou d'ériger dans chaque pays, dans
chaque ville, à l'image de la Tour Eiffel à Paris, un lieu ou un monument
historique porteur d'un message de paix qui symbolise l'engagement politique
et citoyen en faveur de la paix et de la non violence ".
Federico Mayor souhaite dans son message que le nouveau siècle et le nouveau
millénaire soient marqués par " un nouveau départ, l'élaboration d'un
nouveau scénario pour l'humanité ". " A nous de relever ce défi et de forger
ensemble un nouvel avenir en nous associant au mouvement de l'An 2000, Année
internationale de la paix et de la non-violence ", a-t-il conclu. Pour sa
part, Jean Tibéri a déclaré que sa ville " a clairement conscience de ce que
la paix se construit d'abord au quotidien et combien cet effort inlassable
requiert de persévérance et d'imagination ".
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Les textes de la Déclaration et du Programme d'action sur une culture de la
paix peuvent être consultés sur le site Internet de l'UNESCO :
http://www.unesco.org/opi/paix2000/vf/res.htm
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