La science pour le XXIe siècle

Un nouvel engagement

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Le partage des connaissances

Pour le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, qui s'est exprimé en février cette année, à l'occasion d'une réunion spéciale des Nations Unies sur le développement de la science et de la technologie en Afrique, "la promotion de la science et de la technologie est la pierre angulaire du type de progrès économique dont l'Afrique a besoin pour être compétitive au XXIe siècle". Le savoir, a dit le Secrétaire général, est le seul aspect de notre vie qui ne soit pas encore mondialisé. "A l'époque où l'acquisition et l'avancement des connaissances est une arme plus puissante qu'un missile ou une mine, le fossé du savoir entre le Nord et le Sud ne cesse de se creuser", a-t-il ajouté.

Et pourtant, l'image actuelle de l'Afrique sur le plan scientifique et technologique est celle d'un continent souvent en queue de peloton. En 1995, 33 des 48 pays les moins favorisés se trouvaient en Afrique subsaharienne. Dans une étude menée en 1992, il a été estimé que l'Afrique ne comptait que 20 000 scientifiques et ingénieurs soit 0,36 % de leur nombre total dans le monde. Selon une autre étude, seulement 0,8 % de toutes les publications scientifiques qui paraissent dans le monde sont élaborées dans la région. En ce qui concerne la production mondiale de brevets, la part du continent africain est proche de zéro. Le Japon, les Etats-Unis et les pays européens, ont de deux à cinq scientifiques et ingénieurs pour mille habitants, alors qu'il y en a moins de cinq pour 10 000 habitants dans certaines régions de l'Afrique subsaharienne, de même qu'en Inde et dans quelques pays d'Amérique latine tels que le Brésil et la Colombie.

Education et formation
L'UNESCO s'efforce, par le biais de ses programmes, d'augmenter l'offre de cours destinés à des scientifiques du monde en développement et d'en améliorer la qualité. Le projet de texte de la Déclaration soumise à l'approbation des participants à l'issue de la Conférence mondiale sur la science contient un engagement à donner une impulsion à la formation universitaire supérieure. Le programme de professeurs invités (Chaires UNESCO) est un exemple d'initiative peu co-teuse ayant une portée significative qui vise à promouvoir la coopération intellectuelle à l'échelle internationale, en rattachant les institutions des nations en développement aux centres d'excellence scientifique des pays développés. L'UNESCO ne fournit que la mise de fonds initiale, mais c'est elle qui rédige l'accord, émet des avis au sujet du programme et assure, en collaboration avec le pays, le recrutement du professeur invité. Il existe, à l'heure actuelle, 45 Chaires de science (sciences fondamentales et de l'environnement) et 28 en ingénierie et technologie.

"Les pays industrialisés devraient, sur une base volontaire et dans leur propre intérêt, promouvoir la formation universitaire supérieure dans les pays en développement", déclare Maurizio Iaccarino, Sous-Directeur général de l'UNESCO pour les sciences exactes et naturelles et Secrétaire général de la Conférence de Budapest. "Nous espérons qu'à l'occasion de la tenue d'une aussi importante réunion, quelques pays annonceront leur intention de constituer des fonds pour la formation de scientifiques du monde en développement, dans différentes disciplines. Il pourrait s'agir, par exemple, de journalistes scientifiques, de spécialistes de l'hydrologie, de la biotechnologie ou de géologues."

Selon M. Iaccarino, la Conférence de Budapest devrait rassembler au moins une centaine de ministres de la Science et de la Technologie ou leurs homologues. De même, il estime que les conférences et réunions préparatoires régionales qui l'ont précédée devraient avoir une influence déterminante sur les résultats de la Conférence mondiale.

Les femmes - Un potentiel inemployé
Si la nomination de la première femme au poste de président de la prestigieuse National Science Foundation des Etats-Unis, en la personne de la microbiologiste Rita Colwell, marque une étape décisive, les femmes sont encore sérieusement sous-représentées dans le domaine des sciences même dans les pays développés. Les pays en développement, tels que l'Inde et les pays d'Afrique, ne pourront sans doute plus se permettre d'exclure ainsi la moitié de leurs ressources humaines du processus de développement. Selon Federico Mayor, "il est indispensable d'améliorer les connaissances scientifiques et technologiques des femmes et des jeunes filles, dont le rôle éducatif irremplaçable au sein de la famille en fait un facteur déterminant de l'attitude des générations présentes et futures". Dans le cadre de sa Stratégie à moyen terme, l'UNESCO a désigné les femmes comme destinataires prioritaires de son action.

Dans ce contexte, l'Organisation a mis en route un projet spécial sur le thème "Formation scientifique, technique et professionnelle des jeunes filles en Afrique". Ce projet, d'une durée de six ans, vise à améliorer l'accès des jeunes filles à l'enseignement technique et à promouvoir des politiques allant en ce sens. A partir d'une série de rapports qui avaient été demandés sur différents pays, les responsables du projet élaborent actuellement des principes directeurs et des matériels de formation pédagogique et mettent en place, à l'intention des jeunes filles, des camps pour l'étude des sciences de même que des expériences de formation scientifique sur le terrain. Une autre initiative a consisté à fonder des Chaires UNESCO de professeurs invités réservées à des femmes scientifiques de premier plan.

En 1997, l'UNESCO a apporté un soutien à la création des Prix Helena Rubinstein pour les femmes et la science destinés à récompenser des femmes scientifiques qui se sont distinguées par leur travaux en médecine, physique, chimie, biologie, zoologie, botanique ainsi qu'en matière de recherche agro-alimentaire et environnementale. Les quatre prix, d'une valeur de 20 000 dollars chacun, seront décernés tous les deux ans par un jury international de treize scientifiques.

Droits de propriété intellectuelle
L'évolution de la science et de la technologie, à la veille du nouveau millénaire, a des conséquences contradictoires sur le déséquilibre dans la répartition des connaissances. D'un côté, dans les pays développés, le rôle croissant des milieux industriels en matière de financement des sciences a conduit à l'élaboration d'une législation sur les droits de propriété intellectuelle qui tend à accentuer les inégalités. Les laboratoires pharmaceutiques des pays du Nord ne sont guère disposés à transférer leur technologie ni à investir vers les pays en développement lorsque la protection conférée par cette législation leur paraît insuffisante. De l'autre, les scientifiques du Sud en appellent à leurs gouvernements - et à des organisations intergouvernementales telles que l'UNESCO - afin qu'ils assurent la protection de leur savoir indigène contre les actes de piraterie des multinationales du Nord. En 1990, à l'échelle mondiale, les ventes de médicaments dérivés des plantes découverts par des peuples indigènes atteignaient 43 milliards de dollars, montant dont ces derniers n'ont obtenu qu'une très faible part, sinon aucune1.

Internet
Par ailleurs, l'expansion de l'Internet ouvre de nouvelles perspectives pour réduire l'écart en matière de savoir même si, comme le souligne Federico Mayor, Directeur général de l'UNESCO, "l'information et la connaissance sont de nature différente et il importe de ne pas les confondre. Aujourd'hui, nous avons des milliards et des milliards d'octets d'information et non de savoir. Le savoir est ce que vous acquérez après avoir réfléchi, créé ou inventé, innové ou fait des découvertes".

Selon la Banque mondiale, la révolution de l'Internet commence à peine à toucher les pays en développement. En 1997, l'Inde avait 0,05 hôtes sur l'Internet par millier d'habitants et le Brésil 4,2, tandis que les Etats-Unis en comptaient 442, le Japon 75,8 et la France 49,9. Mais il est prévu que les connexions par l'Internet, qui se développent plus vite dans les pays en développement qu'ailleurs, auront triplé ou quadruplé en 2001. Et les pays en développement, notamment ceux de l'Afrique subsaharienne, peuvent bénéficier directement d'une technologie des télécommunications bon marché en sautant l'étape d'installations inefficaces et co-teuses.

Entre 1993 et 1996, à l'échelle du monde, le nombre d'hôtes sur l'Internet est monté en flèche d'environ 1,75 millions à près de 13 millions - au rythme de plus de 300.000 par mois. En l'an 2000, il devrait y avoir plus de 15 milliards de sessions d'utilisateurs sur le Web. Cette rapide expansion de l'Internet dans les pays développés s'est accompagnée d'une explosion de l'édition électronique de revues scientifiques. Confrontés à un envol des prix des publications sur papier, nombre de bibliothèques ont annulé leurs abonnements. Aujourd'hui, la plupart des grandes revues ont une version électronique, encore que le prix des abonnements soit toujours élevé pour maintes d'institutions.

Mais l'Université américaine de Stanford vient de créer High Wire, organisme à but non lucratif qui, en accord avec les éditeurs, offre aux pays en développement pour un faible prix une centaine de revues de premier plan via son site Web. Il convient de citer également les archives de physique de Los Alamos, créées en 1991 : il s'agit d'un service gratuit qui "publie" chaque année, uniquement sur l'Internet, environ 25.000 pré-publications (ou versions électroniques) d'articles non analysés. D'autres disciplines suivent cet exemple, et le site de Los Alamos commence à proposer des analyses de scientifiques qui viennent s'ajouter à ses services, soucieux d'aller vers l'excellence et de réduire la quantité d'informations à travers lesquelles les lecteurs doivent se frayer un chemin2.

Vulgarisation de la science
Etant donné que la science influe directement ou indirectement sur la vie quotidienne, que ce soit dans le village le plus reculé ou au coeur même de New York ou de Tokyo, l'expression des libertés démocratiques passe par une familiarisation avec la science. Le système d'éducation formelle ne peut, à lui seul, faire face à une science en mutation rapide, d'où l'importance du rôle des médias et des modes informels d'éducation. Et cela signifie que les scientifiques doivent continuer à faire oeuvre de vulgarisation de leurs travaux et des problèmes en jeu. Tout comme l'art, la science est un processus de création, dont un foisonnement d'exemples montrent qu'il tient à la fois de l'investigation et de la routine. Comment se fait-il que l'on donne souvent de la science une image ennuyeuse ?

Certains scientifiques sont des enseignants et des communicateurs doués. Peut-être les médias peuvent-ils leur donner davantage d'espace et l'occasion de montrer le côté humain de leur vocation. Mais cela ne va pas sans risques pour la communauté scientifique également. "Les scientifiques peuvent hésiter à communiquer leur savoir au grand public", déclare le Prix Nobel Werner Arber, Président du Conseil international pour la science (CIUS), "ils sont souvent désapprouvés par leurs collègues". Et il y a également l'obstacle de la langue. "Pour avoir une conversation valable, il faut parler une langue commune", affirme James Dooge, ancien Président du CIUS et ancien ministre des Affaires étrangères de la République d'Irlande. "La science est un langage commun, et ce n'est pas seulement une question de vocabulaire, mais aussi de méthode. L'emploi d'un jargon rend la communication plus facile au sein du groupe, mais plus difficile à l'extérieur".

Il n'a jamais été aussi important qu'aujourd'hui que les médias puissent ainsi servir d'interface - d'intermédiaires avec le grand public - capable à la fois d'informer et d'interroger. D'une part, la science en elle-même a changé. "Dans le passé, il y avait un fossé entre la science et le reste de la société", selon Hal Mooney, de l'Université de Stanford et Secrétaire général du CIUS. "Nous assistons à l'écroulement des barrières dans le domaine scientifique. Il y a 120 ans les gens étudiaient la terre en tant que système mais sans y inclure les êtres humains. Aujourd'hui nous devons englober dans cette étude celle des sciences sociales". Et, dans le même temps, les problèmes éthiques que pose la science la placent indéniablement sur la scène publique. "Nous, scientifiques, ne nous sommes peut-être pas toujours assez préoccupé du public", dit Werner Arber, "la science a toujours soulevé quelques problèmes, et peut-être nous n'en avons-nous pas toujours discuté avec le public".

Pour Federico Mayor, Directeur général de l'UNESCO, tant la communauté scientifique que les médias ont le devoir de tenir le grand public informé de ces questions. "Les responsables politiques dans le monde entier sont assaillis d'interrogations concernant les changements climatiques, la pollution, le sida, l'usage des stupéfiants. La communauté scientifique devrait être en contact plus étroit avec le public, faire passer ses messages sous une forme qui lui permette de les utiliser. Si la population comprend les messages, elle votera en fonction de cette information et non sur la base de "rumeurs" relatives aux événements, catastrophes et histoires d'amour du moment. Ces rumeurs", a ajouté le Directeur général, "empêchent un citoyen de se comporter en tant que tel".

1 Voir Nature 392, p. 535-540 ; 1998
2 Voir Nature 397, p.195-200 pour une étude des publications électroniques

Un Agenda pour la science - Cadre d'action

Outre une Déclaration mondiale sur la science et l'utilisation des connaissances scientifiques, les participants à la Conférence mondiale sur la science devraient également approuver un Agenda pour la science - Cadre d'action détaillé qui sera l'expression du nouvel engagement préconisé par la Conférence, et en concrétisera la mise en oeuvre.

Le projet de ce texte, résumé ci-après, se subdivise en trois grandes sections :

  • le nouveau contexte de la science au XXIe siècle
  • le nouvel engagement envers la science et de la science
  • la mise en oeuvre de l'Agenda pour la science et du Cadre d'action


Le nouveau contexte
Plusieurs facteurs importants ont transformé les rapports qui se sont tissés entre la science et la société au cours des cinquante dernières années - et continueront d'avoir une incidence sur ces rapports. La science elle-même connaît de grands changements, tant sur le plan de l'échelle étudiée que de la nature de la recherche. Les frontières entre les disciplines s'estompent, au même titre que les interfaces entre science, technologie, industrie, université, etc. La mondialisation de l'économie et la croissance des entreprises transnationales ont renforcé l'influence des forces du marché sur la science. Avec la fin de la Guerre froide, les dépenses militaires de recherche et développement (R&D) ont diminué mais, dans le même temps, la compétition dans le domaine de la recherche s'est intensifiée en raison des coupes sombres pratiquées dans les budgets des Etats et des inégalités de toutes sortes se sont multipliées, surtout entre pays industrialisés et pays en développement.

Compte tenu des problèmes environnementaux qui se posent à l'échelle planétaire, entraînant de graves conséquences en matière de destruction du milieu naturel, il est indispensable d'adopter le principe de précaution et de prendre des mesures de prévention. De plus, des questions éthiques vont désormais de pair avec de nombreux aspects des initiatives scientifiques, surtout en matière de sciences de la vie. Etant donné le malaise qu'éprouve le public face au progrès scientifique, dans certains domaines du moins, des associations et des organisations non gouvernementales ont vu le jour. Les femmes revendiquent un rôle croissant dans les activités scientifiques. Le savoir scientifique confère désormais un pouvoir sans précédent qui peut aussi bien être mis au service du bien-être de l'humanité, qu'à celui de la destruction.

Les délégués présents à la Conférence sont invités à concentrer leurs efforts sur la mise en commun du savoir, du savoir-faire et des techniques afin de relever les défis énoncés lors de la Conférence et de contribuer à établir de nouvelles relations entre toutes les parties prenantes. "Telle est l'essence, et tel est l'esprit du nouvel engagement", proclame l'Agenda. Le Cadre d'action demande à reconnaître sans détour que la science est désormais soumise à de nombreux impératifs, dont, en particulier, la responsabilité sociale et les contraintes budgétaires. Pour que le grand public prenne activement part à ce nouveau contexte scientifique, il faut qu'il en comprenne les tenants et les aboutissants, ce qui exige une meilleure éducation à tous les niveaux, y compris par le biais des médias.

Le nouvel engagement
Le Plan d'action préconise une série d'engagements, et examine la base de chaque série d'actions, ses objectifs spécifiques et ses principes directeurs.

La science pour le savoir, le savoir pour le progrès

Rôle de la recherche fondamentale
Dans la mesure où elle représente un actif public non marchand, dont la rentabilité à court terme est incertaine, la recherche fondamentale a besoin d'un financement soutenu et doit être renforcée dans les établissements d'enseignement supérieur. Le plan d'action recommande non seulement de porter au minimum à 0,4 % du PNB les investissements dans la S&T, mais également de définir des priorités, d'établir un équilibre entre les disciplines, de participer à des initiatives mondiales en matière de recherche et engage pays développés et pays en développement à coopérer en matière de recherche et à contribuer à des projets régionaux. Les institutions du système des Nations Unies sont aussi invitées à élargir leur coopération.

Les secteurs public et privé
Dans les pays en développement, la science est souvent financée par le secteur public. Afin d'éviter qu'elles ne restent marginales, il conviendrait, une fois les besoins définis, d'encourager un plus grand nombre d'initiatives conjointes ou émanant du secteur privé.

La mise en commun de l'information et des connaissances scientifiques
L'Internet ouvre de nouvelles possibilités de partage du savoir, surtout par le biais de l'édition électronique. Les droits de propriété intellectuelle doivent être maintenus, mais l'accès aux publications scientifiques est indispensable au processus de découverte. Il conviendrait de développer la formation à la rédaction de documents scientifiques, et de favoriser la publication des ouvrages dans diverses langues.

La science dans la société, la science pour la société
Les scientifiques ont une responsabilité sociale. Des ONG interviennent désormais dans des débats qui étaient autrefois uniquement de leur ressort. La société a besoin d'avoir la certitude qu'ils prennent leurs responsabilités au sérieux. Si le droit des scientifiques d'exercer leur créativité et leur liberté d'expression doit être respecté, leurs propres codes déontologiques doivent exiger le respect de la dignité humaine et du bien-être social. Cela signifie aussi de reconnaître que la science n'est pas la seule forme de connaissance.

Les impératifs sociaux et la dignité humaine
Les besoins et les exigences varient d'un individu et d'un groupe à l'autre. Les scientifiques devraient toujours oeuvrer en faveur des principes démocratiques de dignité, égalité et respect des individus, et contre l'ignorance, le préjugé et l'exploitation des êtres humains.

Questions d'éthique
Il convient avant tout de poursuivre le dialogue. Dans le cadre d'un dialogue ouvert, la science ne devrait pas être en conflit avec la reconnaissance des valeurs spirituelles, culturelles, philosophiques et religieuses. La Commission mondiale d'éthique des connaissances scientifiques et des technologies de l'UNESCO est l'instance chargée d'élaborer un code déontologique pour la S&T.

Elargissement de la participation à la science
Tous les êtres humains ont le droit de participer à l'entreprise scientifique. Les femmes sont actuellement nettement sous représentées. Les ONG et autres groupes similaires peuvent favoriser la participation d'autres groupes marginalisés.

Science moderne et autres systèmes du savoir
La science moderne n'a pas l'exclusivité de l'investigation empirique rigoureuse du monde de la nature. Des sociétés traditionnelles, parmi lesquelles beaucoup sont autochtones, ont formé et affiné des systèmes de savoir qui leur sont propres. Ceux-ci représentent une très grande richesse et constituent également des exemples d'autres manières de vie dans le monde. Il convient de les reconnaître et de les préserver en tant que partie intégrante du patrimoine de l'humanité.

La science pour la paix et le développement
L'Acte constitutif de l'UNESCO recommande d'"élever les défenses de la paix dans l'esprit des hommes". Il est possible de se saisir des outils du savoir scientifique pour prévenir les causes profondes des conflits. Mais, aussi longtemps que les trois-quarts de la population mondiale, vivant dans 120 pays en développement, ne participent pas réellement à l'entreprise scientifique, il est permis de se demander quelle signification peut bien avoir l'expression 'science mondiale' ?

La science pour la paix et le règlement des conflits
Nous avons désormais la possibilité de réorienter les ressources affectées à l'armement et aux installations militaires en vue d'utilisations civiles, ce qui constitue un moyen de promouvoir la paix par le biais de la science.

La science en réponse aux besoins humains fondamentaux
Le développement des capacités S&T dans les domaines correspondant aux besoins propres aux pays en développement exige des efforts particuliers. L'enseignement des sciences et de la technologie a là un rôle stratégique à jouer.

La science et l'environnement
L'incidence croissante de l'activité humaine sur la société crée des problèmes que les compétences de la communauté scientifique pourront aider à clarifier tout en permettant de suggérer des mesures correctives, c'est-à-dire d'agir de manière à réduire les répercussions potentielles de l'activité humaine avant même qu'on ne soit certain qu'elles ne se produisent (ce que l'on appelle le principe de précaution).

La science et la technologie
Les restrictions à la capacité de réaction à l'évolution technologique sont l'une des principales entraves au développement économique. Cela entraîne des inégalités entre pays industrialisés et pays en développement. D'où l'importance du transfert de technologie, du renforcement des capacités et du développement des ressources humaines.

L'enseignement scientifique
Il est important de promouvoir une culture scientifique de base à tous les âges, ce qui peut nécessiter la formation d'un plus grand nombre d'enseignants en science. Mais le système d'enseignement formel ne peut pas à lui seul faire face à l'évolution rapide de la science. Les médias et les filières informelles ont un rôle important à jouer.

Politiques scientifiques
D'un côté, les décideurs ont besoin d'être informés des questions scientifiques et d'une actualisation régulière de leurs connaissances dans ce domaine. Dans le même temps, les spécialistes des sciences exactes, naturelles et sociales ont besoin d'avoir une certaine connaissance des questions juridiques régissant la R&D internationale dans des domaines stratégiques tels que les technologies de l'information et de la communication. Il faut des organismes nationaux d'évaluation des risques et, par ailleurs, le partage des connaissances et expériences sera profitable aux organisations internationales.

Mise en oeuvre et contrôle du suivi
Il est demandé aux délégués présents à la Conférence de s'engager dans une entreprise à long terme afin de réaliser les objectifs énoncés dans l'Agenda pour la science-Cadre d'action et à s'en inspirer lorsqu'ils prennent des initiatives. L'UNESCO est priée de créer une unité qui fera office de centre d'échange d'informations et organisera des réunions afin d'examiner l'état d'avancement de la mise en oeuvre des initiatives.













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