Une petite poignée de pays industrialisés effectuent 80 % des activités de Recherche & Développement réalisées dans le monde. En sa qualité d'organisme des Nations Unies responsable de la science et de l'éducation, l'UNESCO a pour mission de promouvoir le partage du savoir mondial. De plus l'Afrique et les pays les moins avancés sont ses groupes cibles prioritaires. Dans le domaine de la science et de la technologie, la connaissance est essentielle. Sans elle, il n'y a pas de développement possible.

L'UNESCO a organisé en février 1995 une conférence internationale, Les Assises de l'Afrique, afin de demander aux Africains de présenter leurs propres priorités en matière de développement durable, y compris dans le domaine de la science et de la technologie. Cette réunion a rassemblé des chefs d'Etats africains, ou leurs représentants, et des responsables d'organismes bilatéraux, d'organisations intergouvernementales, de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), de la Banque africaine de développement, de la Commission économique pour l'Afrique et de diverses ONG, ainsi que des spécialistes de la société civile. Elle a abouti à un ensemble de recommandations concrètes en vue du développement à l'avenir autonome de la région.

L'UNESCO et ses partenaires aident actuellement les Etats membres africains à mettre en oeuvre bon nombre de ces recommandations, parmi lesquelles :

la mise en commun des moyens et des compétences en S&T par le biais de réseaux régionaux et sous-régionaux ;
la création de centres d'excellence ;
l'établissement de liens entre la recherche scientifique et la production industrielle ;
l'utilisation des technologies modernes de l'information afin d'améliorer la communication au sein des milieux S & T ;
la promotion de l'enseignement à distance ;
la promotion de l'enseignement de la S & T depuis l'école primaire ;
l'apport d'un vigoureux soutien aux femmes scientifiques et ingénieurs ;
la promotion de l'exploitation de sources d'énergie renouvelables ;
le renforcement des capacités dans le domaine des statistiques.

Favoriser le développement des communautés S & T
Un des obstacles à l'expansion de la S & T est l'absence de véritables communautés de scientifiques et d'ingénieurs. Dans une grande partie de l'Afrique subsaharienne, le nombre de scientifiques et d'ingénieurs qualifiés est tout simplement insuffisant. Les réseaux permettront de constituer à peu de frais une masse critique.

L'UNESCO a créé en 1980 le Réseau africain d'institutions de science et de technologie (RAIST) afin de soutenir la coopération entre les institutions scientifiques, technologiques et les établissements d'ingénieurs africains qui se consacrent à la formation de troisième cycle et à la promotion de la Recherche & Développement. Le RAIST assure la liaison entre les départements des sciences et d'ingénierie de 32 pays d'Afrique subsaharienne.
Les activités sont axées sur les bourses, les conférences, les séminaires et les ateliers, la promotion de la recherche et les publications (manuels et revues). Des professeurs venus de toute l'Afrique subsaharienne utilisent des programmes d'édition électronique pour rédiger à l'intention des étudiants non diplômés des textes sur les principes de base de l'ingénierie, illustrés par des exemples tirés de l'industrie locale. Des experts internationaux revoient les cours avant de les approuver. L'UNESCO a ainsi organisé, sous les auspices du RAIST, une réunion d'experts sur l'assurance de la qualité et la pertinence de l'enseignement des sciences de l'ingénieur en Afrique (novembre 1997).
L'UNESCO finance environ 20 chaires UNESCO à vocation scientifique en Afrique. Dans le domaine des sciences et de la technologie, elles servent à subventionner des postes de professeurs invités qu'occupent des scientifiques de renommée internationale chargés de diriger des groupes d'étudiants de haut niveau. Ce dispositif vise à permettre un transfert rapide des connaissances par le biais de programmes internationaux ayant trait au développement durable. Il contribue à réduire le plus possible l'exode des cerveaux en établissant des relations durables entre les universités des pays développés et celles des pays en développement.
Le Programme intergouvernemental de l'UNESCO sur l'Homme et la biosphère (MAB) permet également de renforcer considérablement les capacités en Afrique. A ce jour, 49 des 356 réserves de biosphère du MAB sont situées en Afrique. Sous ses auspices, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l'UNESCO ont récemment engagé 1 million et 200.000 dollars des Etats-Unis respectivement en vue de créer à l'Université de Kinshasa l'Ecole postuniversitaire régionale d'aménagement intégré et de gestion des forêts tropicales qui aura pour objectif de former des étudiants de troisième cycle hautement qualifiés (du niveau de la maîtrise et du doctorat) capables d'apporter des solutions aux problèmes régionaux de planification et de développement.
· Certains Etats africains membres du MAB ont inauguré en octobre 1996, à Dakar (Sénégal) le réseau régional AfriMAB afin de tirer le meilleur parti de ressources humaines et financières limitées. Ce réseau favorise la synergie entre les équipes de recherche par l'échange de compétences et de données et le partage de méthodologies communes.
Le MAB a également lancé en 1996 un projet sur quatre ans, doté d'un budget de 200.000 dollars des Etats-Unis, qui vise à combattre la désertification et à améliorer la productivité agricole dans les régions arides et semi-arides d'Afrique. Outre le volet formation, ce projet prévoit la plantation de cultures polyvalentes à haut rendement susceptibles de s'adapter aux conditions climatiques des zones arides et qui constitueront une source de revenus et de nourriture pour les populations vivant dans ces régions.
La Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l'UNESCO a deux organes subsidiaires régionaux en Afrique, l'un responsable de l'Afrique de l'Ouest et l'autre de l'Océan indien occidental et de l'Afrique de l'Est. La COI coopère avec le Programme hydrologique international de l'UNESCO et avec le MAB à des projets de développement durable des zones côtières dans l'Océan indien occidental et en Afrique de l'Est, ainsi que dans les petites îles. La COI a également coorganisé la Conférence panafricaine sur la gestion intégrée des zones côtières dans une perspective durable (PACSICOM) qui s'est tenue à Maputo, Mozambique, en juillet 1998, pendant l'Année internationale de l'océan.
Le Programme hydrologique international (PHI) de l'UNESCO a lancé en 1996 un projet spécial d'une durée de quatre ans sur les femmes, l'approvisionnement en eau et l'utilisation des ressources en eau en Afrique subsaharienne qui a pour objectif d'améliorer la qualité de la vie des femmes en leur facilitant l'accès aux ressources en eau dans les régions où celle-ci est une denrée rare.
Les ressources en eaux douces risquant de devenir une source potentielle de conflit au troisième millénaire, le PHI accorde un degré de priorité élevé à son programme sur la gestion intégrée des ressources en eau dans les zones arides et semi-arides.
Le PHI étudie les problèmes des villes côtières dans le cadre d'un programme multidisciplinaire sur les régions côtières et les petites îles qui, en Afrique, a pour centre Dakar (Sénégal).

Le Programme UNISPAR : rapprocher les universités et l'industrie
Le Programme UNISPAR de l'UNESCO encourage la coopération entre les universités, les centres de recherche et l'industrie afin de promouvoir l'ingénierie, la science et la technologie et l'application de leurs résultats en faveur du développement. UNISPAR privilégie actuellement l'innovation au service du développement en produisant une série de jeux de matériels d'information, d'apprentissage et d'enseignement.

Dans le cadre du Programme général UNISPAR, le Programme UNISPAR-Afrique de l'UNESCO soutient le développement endogène de technologies susceptibles d'être facilement adoptées dans les pays de la région. En Afrique, l'industrie est essentiellement l'affaire de petites et moyennes entreprises (PME), c'est donc surtout à ce niveau que l'université et l'industrie doivent mener des initiatives concertées.
Afin de financer les initiatives destinées à renforcer la Recherche & Développement en Afrique, l'UNESCO a créé en février 1994 à Nairobi (Kenya) le Fonds international pour le développement technologique de l'Afrique. Pour attester son intérêt, elle y a versé une contribution d'un million de dollars des Etats-Unis.
Ces deux dernières années, le Programme UNISPAR-Afrique a utilisé les intérêts du Fonds pour financer des études de cas sur des exemples de coopération université-industrie qui ont abouti à la mise au point de technologies durables utiles au développement économique de l'Afrique. Les résultats de ces études servent à produire du matériel pédagogique pour toute la région.

Parmi les projets récents d'UNISPAR-Afrique on peut citer :
  • La promotion d'un projet de transfert de technologie relatif aux énergies renouvelables utilisant le biogaz.
  • La fabrication de produits chimiques intermédiaires à partir de déchets de sisal, produit cultivé à des fins commerciales pour les fibres dures que l'on extrait de ses feuilles. Jusqu'à présent, le reste de la plante était détruit à la fin de sa durée de vie utile. Mais le coeur du tronc de sisal est riche en sucres complexes qui sont désormais transformés en produits alimentaires pour animaux.
  • La mise au point d'une nouvelle colle à bois à base de tanin et résistante à l'eau pour remplacer la résine urée-formaldéhyde importée.
  • La commercialisation d'un aliment amélioré pour bébés à base de céréales et de légumes locaux.
  • La fabrication d'un dessert à la confiture et de barres de confiserie à partir de patates douces.
  • La production d'innoculums de rhizobium biofertilisants à utiliser pour fixer l'azote.
  • La production de comprimés de paracétamol à partir de poudre de cellulose de maïs.
  • La mise au point de trousses de diagnostic d'un bon rapport coût-efficacité pour déceler la présence de salmonelles.
  • La mise au point de nouvelles technologies rentables, non toxiques, et respectueuses de l'environnement permettant d'allonger la durée de conservation des produits alimentaires comme la banane plantain.
UNISPAR a créé un annuaire électronique d'experts. Cette base de données, qui est désormais disponible sur l'Internet (http//www.unesco.org/unispar/experts/), aide les scientifiques travaillant dans les universités et l'industrie à établir des partenariats tout en permettant à des experts de mettre sur pied des groupes de travail régionaux.

Promouvoir des centres d'excellence
En Afrique subsaharienne, les capacités en S & T varient considérablement d'un pays et d'une sous-région à l'autre. Dans certains pays comme l'Afrique du Sud, la Côte d'Ivoire, le Kenya et le Zimbabwe, qui sont déjà dotés d'une infrastructure scientifique et technologique assez élaborée dans un large éventail de disciplines, un investissement supplémentaire relativement modeste permettrait de mettre en place des installations de niveau international pouvant avoir un effet moteur pour l'ensemble de la région.



La Fondation mondiale recherche et prévention sida, parrainée par l'UNESCO, a créé à Abidjan (Côte d'Ivoire) un centre de recherches sur le sida en Afrique qui doit accueillir et traiter les patients, poursuivre des recherches fondamentales sur la progression du VIH sur le continent et former praticiens et scientifiques africains.

Renforcer les capacités en matière de technologies durables applicables dans le contexte économique africain
Un projet spécial intitulé "Les biotechnologies au service du développement de l'Afrique" offre aux chercheurs, et notamment aux jeunes et aux femmes, une formation avancée en biotechnologie microbienne et végétale.
En 1990, l'UNESCO a créé le Conseil pour les actions en biotechnologie dont le but est de promouvoir dans les pays en développement l'enseignement et la formation en phytobiologie moléculaire et en biotechnologie végétale et aquatique. De 1995 à 1998, le Centre d'enseignement et de formation en biotechnologie pour l'Afrique, installé à Pretoria (Afrique du Sud), a dispensé 17 cours à 163 scientifiques de 22 pays africains. Ces cours, en général d'une durée d'une à deux semaines, permettent d'acquérir une formation élémentaire à des techniques comme la culture tissulaire ou l'utilisation de marqueurs moléculaires.
L'UNESCO s'est associée avec le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Organisation internationale de recherche sur la cellule (ICRO) et d'autres organisations non gouvernementales pour créer un réseau mondial d'institutions de recherche et de formation spécialisées dénommé MIRCEN (centres de ressources microbiennes), dont le but est de promouvoir la fabrication et l'emploi de fertilisants biologiques bon marché. L'utilisation de ces produits peut accroître radicalement les rendements agricoles tout en contribuant à réduire le recours aux engrais chimiques coûteux et dommageables pour l'environnement.
Un laboratoire de l'Université de Nairobi (Kenya) fait fonction de MIRCEN pour l'Afrique de l'Est et de l'Ouest. Il prépare, teste et conserve 216 souches de cultures bactériennes et fabrique une préparation simple permettant de transférer des bactéries fixatrices d'azote sur des semences immédiatement avant les semailles.

Promouvoir l'utilisation des énergies renouvelables
Des millions d'Africains n'ont pas accès à d'autres sources d'énergie que la biomasse traditionnelle, sous la forme de bois de chauffage par exemple. En dehors des grandes villes, rares sont les personnes qui sont raccordées au réseau électrique. Or, l'utilisation de bois comme combustibles aggrave encore une déforestation et une désertification déjà alarmantes. Par ailleurs, l'électrification est un facteur majeur de développement, qu'elle serve à fournir de l'énergie à des installations de production, à réfrigérer vaccins et produits médicaux, à faire fonctionner des ordinateurs ou à permettre de s'éclairer..

Dans le cadre du Programme solaire africain 1996-2005, l'UNESCO met en oeuvre en Afrique subsaharienne toute une série d'initiatives exploitant l'énergie solaire à peu de frais. Dans le cadre de son projet spécial Villages solaires en Afrique, elle a créé à N'Gaoundere (Cameroun) un village solaire pilote financé à hauteur de 143.000 dollars des Etats-Unis sur son budget ordinaire. Outre qu'il a permis d'implanter une production d'énergie peu coûteuse, le projet a mis en place des activités d'information et de formation au bénéfice d'élèves d'établissement scolaires, de femmes et de responsables locaux.
L'UNESCO réalise actuellement, à l'aide de fonds extrabudgétaires, une étude de faisabilité dans le but de transformer la cité de Ganvié (Bénin) en un village solaire lacustre où l'éclairage public, les transports, l'outillage et de petits ateliers de transformation fonctionneraient à l'énergie solaire.
L'UNESCO a organisé à Harare en septembre 1996 le premier Sommet solaire mondial et a nommé le Président du Zimbabwe, M. Robert Mugabe, président de la Commission solaire mondiale. Le Sommet solaire mondial a marqué le lancement du Programme solaire mondial (1996-2005), prévoyant la mise en oeuvre d'une première série de 300 projets prioritaires dans plus de 60 pays. Lors de ce sommet, le Zimbabwe a annoncé l'investissement de 38 millions de dollars dans trois nouveaux projets, dont l'un consiste à remodeler les programmes d'enseignement du primaire au supérieur pour y inclure une formation à l'utilisation et à la fabrication d'équipements solaires.
L'UNESCO produit tout un éventail de matériels d'enseignement et de formation, notamment un jeu de matériels de formation universitaire avancée relative aux énergies renouvelables, qui allie des textes, des vidéogrammes, des logiciels et des CD-ROM conçus par des experts de premier plan.

Elargir l'accès des femmes et des filles à l'étude des sciences
Si elle veut remédier à sa pénurie de ressources humaines en science et technologie, l'Afrique ne peut plus se permettre d'y travailler en laissant de côté 50 % de sa population - en l'occurrence les femmes. Or, à l'heure actuelle, on estime que seulement une fille d'âge scolaire sur quatre fréquente effectivement l'école. Comme l'a dit le Directeur général de l'UNESCO, Federico Mayor, "il est vital de promouvoir la culture scientifique et technologique des femmes et des jeunes filles, dont la fonction éducative privilégiée au sein de la famille fait d'elles un déterminant majeur des attitudes des générations présentes et futures".
Dans la stratégie à moyen terme qu'elle met actuellement en oeuvre, l'UNESCO a également inclus les femmes parmi les groupes cibles de son action.

Dans ce contexte, elle a affecté 250 000 dollars des Etats-Unis à un projet spécial sur "la formation scientifique, technique et professionnelle des jeunes filles en Afrique". Ce projet sur six ans a pour but de faire accéder davantage de filles à l'enseignement technique et de promouvoir les politiques qui y favorisent leur intégration. Dans le cadre de ce projet, une enquête a déjà été réalisée dans 21 des 30 pays visés afin de dresser un état de l'accès des filles et des femmes à l'enseignement scientifique, technique et professionnel.
Ces rapports sur les situations nationales servent maintenant à l'établissement de principes directeurs et de matériels en vue de la formation des enseignants, de l'organisation de stages d'étude des sciences pour les filles et de la conception de travaux pratiques à leur intention. L'accent est mis dans une grande mesure sur les activités de base telles que l'élaboration de brochures pour inciter les enfants à démythifier la science, d'une bande dessinée s'adressant aux adolescents et d'affiches et vidéos.
Suivant en cela des recommandations des Assises de l'Afrique, l'UNESCO finance deux chaires sur la problématique femmes, science et technologie, en coopération avec l'Association des universités africaines. L'une a été mise en place à l'Université du Ghana et l'autre à l'Université du Swaziland.
En 1997, l'UNESCO a appuyé la création des prix Helena Rubinstein pour les femmes et la science, destinés à récompenser les chercheuses qui ont acquis une renommée en médecine, physique, chimie, biologie, zoologie, botanique, sciences agro-alimentaires ou sciences environnementales. Quatre prix, d'une valeur de 20.000 dollars des Etats-Unis chacun, doivent être décernés tout les deux ans par un jury international de 13 scientifiques présidé par Christian de Duve, prix Nobel de médecine. La toute dernière lauréate pour l'Afrique est Mme Grace Oludanni L. Taylor, de l'Université d'Ibadan au Nigéria, qui a été récompensée pour ses travaux sur le métabolisme des lipides.
L'UNESCO a organisé à Ouagadougou (Burkina Faso) en janvier 1999 un Forum régional sur le thème Femmes, science et technologie. Plus de 60 spécialistes de 42 pays africains, dont de nombreuses femmes, y ont assisté. Les participants ont rédigé un plan d'action qui met l'accent sur la promotion des femmes au sein des professions scientifiques et techniques et sur l'importance de leur permettre d'accéder aux études scientifiques et techniques. Ce plan prévoit le déploiement d'efforts visant à réviser les manuels pour en éliminer les stéréotypes qui rabaissent les femmes. Il recommande aussi diverses mesures - distribution de bourses, création de fonds spéciaux régionaux, aides financières aux associations de femmes scientifiques ou ingénieurs, etc. - en faveur des filles qui optent pour les études scientifiques et technologiques.
Cette conférence s'inscrivait dans la phase préparatoire du processus menant à la Conférence mondiale sur la science pour le XXIe siècle qui sera organisée par l'UNESCO et le Conseil International des Unions Scientifiques (CIUS) à Budapest (Hongrie) du 26 juin au 1er juillet 1999. Cette conférence aura pour objectif d'obtenir des gouvernements et de tous les milieux concernés un engagement accru en faveur de la science, dans le monde entier, en même temps que l'engagement de la science de chercher à répondre aux aspirations de la société.
Un certain nombre de réunions préparatoires se déroulent sur le continent africain et l'apport des ministres africains chargés des sciences sera capital. Le suivi de la conférence sera également d'une importance cruciale et un large dialogue régional permettra d'assurer que les priorités africaines seront clairement définies et que l'on s'efforcera de les satisfaire.

Organiser des réunions panafricaines sur les politiques scientifiques et technologiques
Dans le cadre de ses efforts visant à rehausser l'image de la S & T en Afrique, l'UNESCO a organisé ou coorganisé plusieurs réunions de haut niveau dans cette région. C'est ainsi qu'elle a pris, en coopération avec l'Organisation de l'unité africaine (OUA) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l'initiative de convoquer le premier Congrès de scientifiques africains à Brazzaville (Congo) en 1987, dont l'un des résultats concrets a été la création de l'Union panafricaine de la science et de la technologie.

En février 1994, l'UNESCO a organisé à Nairobi (Kenya) une Conférence sur la science et la technologie en Afrique. Première réunion de cet ordre, celle-ci a rassemblé quelque 200 délégués de différents Etats africains, y compris des ministres, des recteurs et vice-recteurs ou chanceliers d'université, des professeurs, des chercheurs, des membres africains du Conseil exécutif de l'UNESCO et le Secrétaire exécutif de la Commission économique de l'ONU pour l'Afrique. L'UNESCO avait saisi cette occasion pour lancer son premier Rapport mondial sur la science.
A la demande des Etats membres intéressés, l'UNESCO a dispensé des conseils en matière de politique et gestion de la S & T à la Namibie, à la Zambie et au Zimbabwe. Elle continue d'appuyer des projets de création de technopoles en Côte d'Ivoire et au Sénégal.
L'UNESCO figurait parmi les organisateurs de la première Conférence panafricaine sur la gestion intégrée des zones côtières dans une perspective durable (PACSICOM), tenue à Maputo (Mozambique) en juillet 1998, et doit jouer un rôle majeur dans la prise de mesures de suivi appropriées. Pratiquement tous les ministres de l'environnement de la région ont assisté à cette conférence. Plus de 84 % de la population de l'Afrique (777 millions de personnes en 1995) vivent sur les 36 343 km de côtes du continent ou à proximité, et l'économie de 38 des 53 Etats africains indépendants est étroitement tributaire des ressources marines. Or, les pressions de diverses activités - l'exploitation minière, le tourisme et la pêche par exemple - sur les mêmes ressources rendent indispensable la gestion intégrée des côtes dans l'optique de la durabilité.

Constituer des réseaux pour développer la science et la technologie Les Assises de l'Afrique ont fait ressortir l'importance de la mise en commun des ressources et de la création d'une communauté de scientifiques et de chercheurs grâce à la coopération régionale. Quelques exemples de réseaux scientifiques africains et des activités qu'ils mènent sont donnés ci-dessous :

  • La Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l'UNESCO a constitué des organes régionaux pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique de l'Ouest.
  • Le Réseau africain pour la gestion biologique de la fertilité des sols, coordonné depuis Nairobi, appuie 16 projets de terrain dans neuf pays. Il s'inscrit dans le cadre général du Programme biologie et fertilité des sols tropicaux (TSBF).
  • L'Association des hydrologues africains et la Revue internationale d'hydrologie africaine sont deux nouvelles créations issues du Programme hydrologique international (PHI) de l'UNESCO.
  • Une fédération des sociétés africaines de biochimie (Federation of African Biochemical Societies - FABS) a vu le jour.
  • Le Réseau panafricain pour un système d'information géologique (PANGIS) facilite l'échange de données et d'activités transdisciplinaires dans 33 pays. Une bibliographie africaine des instituts de sciences de la terre a été publiée dans le cadre d'un projet intitulé Modernisation du traitement des géodonnées en Afrique et 30 pays ont bénéficié de services de formation ou de conseil. 30 countries have benefited from training or consulting services.
  • · Il existe aujourd'hui en Afrique 20 chaires dans le domaine des sciences.
  • On prépare la mise en place à Nairobi (Kenya) d'un Institut de biologie cellulaire et moléculaire qui serait également au service d'autres pays de la région.
  • Un Centre de recherches sur le sida en Afrique a été créé à Abidjan (Côte d'Ivoire), en partenariat avec la Fondation mondiale recherche et prévention sida. Il comprend des installations de formation aussi bien que de recherche.
  • Une nouvelle Ecole supérieure régionale d'aménagement intégré des forêts tropicales a été créée à Kisangani (République démocratique du Congo). Le premier cours de formation qui y a été organisé par le Programme MAB de l'UNESCO en novembre 1996 a réuni 30 participants de 10 pays. Cette école a été ultérieurement transférée à Kinshasa.
  • Un nouveau centre d'enseignement de la biotechnologie (BETCEN) a été créé en Afrique du Sud en 1997.