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Une journée pas comme les
autres….
Ce 18 mars 2004, l’UNESCO rend hommage à Pablo Neruda, Prix Nobel de littérature (1971), à
l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la poésie et du centenaire de la naissance du poète. Cette journée sera aussi marquée par la remise de la Couronne
d’Or du Festival International « Les soirées poétiques de Struga » au poète portugais Vasco Graça Moura qui viendra accompagné de la chanteuse Mísia qui interprètera
quelques-uns de ses poèmes les plus connus. Enfin, le poète philippin Angelo Suarez sera désigné lauréat de la première édition du Palmarès poétique international « Ponts de Struga »,
co-organisé avec l’UNESCO.
Avec ce petit ouvrage qui présente la biographie des poètes et des artistes participant à cette Journée, nous avons voulu faciliter la promenade poétique à travers les maisons magiques de Neruda.
Celle-ci nous conduira de l’exposition de photographies de Miguel Rojas Mix, du colloque organisé
l’après-midi avec la participation d’Alain Sicard, Claude
Zimmermann, Waldo Rojas et Miguel Rojas Mix au concert de Paco Ibanez et Angel Parra, qui chanteront ses poèmes et ceux de ses amis les plus
proches.
Une journée très spéciale
donc, qui se déroulera sous le signe de la reconnaissance, de la joie du
partage, et surtout de la fête, indissociable de la poésie depuis ses premiers
balbutiements, y compris à l’UNESCO.
Car la poésie à l’UNESCO, ou
mieux, les poètes à l’UNESCO, c’est une longue histoire…
Tout d’abord, parce que
l’Organisation a œuvré depuis sa création pour donner à la poésie toute la place qui lui revient au sein de nos sociétés en tant que manifestation essentielle de
l’esprit humain. Depuis l’hommage rendu en 1949 à Goethe, en présence de Thomas Mann et Gabriela Mistral, l’UNESCO a soutenu la création poétique et la diffusion des œuvres de poésie majeures du monde entier à travers d’innombrables
traductions, d’éditions et de récitals. Ils témoignent dans leur ensemble d’une fidélité fervente et à toute épreuve à la parole donnée comme à la parole reçue qui sont au cœur de la poésie, parole écrite ou non écrite, mûrement réfléchie ou improvisée, individuelle ou
populaire, connue ou anonyme. Une fidélité qui a voulu s’affranchir des aléas des heureuses coïncidences du calendrier pour donner aussi à la poésie sa journée
mondiale.
Mais il y a un aspect
peut-être moins connu de la vie des poètes à l’UNESCO. C’est le nombre de ceux qui y ont travaillé.
En effet, des grands noms de la poésie ont travaillé à l’UNESCO : Jorge Enrique
Adoum, Stephen Spender, Philippe Soupault, René Depestre, Edouard
Glissant, José Angel Valente, Valeria Ayoupova, Antonio Santiesteban, Edison
Simons, Edouard Maunick, Juan Gelman, José Martin Arancibia, César Fernandez Moreno, Jacques
Depreux, Cristobal Carrera, Félix Tchikaya U’Tamsi, et tant
d’autres qui ont arpenté ses longs couloirs, portant d’épais
dossiers, souvent avec un sourire énigmatique aux lèvres, signe
qu’il y avait sans doute un poème, un article, une traduction ou - et pourquoi pas - une belle polémique en cours de
gestation. Fougueux et passionnés, leur générosité était
exemplaire, leur culture ahurissante, leur présence magnétique, et ils
n’hésitaient pas à transformer de longues nuits de veille bureaucratique en des veillées de dialogues sur la poésie et ses
histoires. Ceux qui ont eu le bonheur d’écouter Valente et Gelman
s’affronter jusqu’à l’aube sur le rôle d’Hildegarde de Bingen dans la renaissance de la mystique rhénane, ou de voyager avec William Gardner
Davies, un des plus grands spécialistes de Mallarmé, dans les arcanes du
symbolisme, ne nous démentiront pas…
Et cela perdure. Car la poésie, dès
qu’elle franchit la porte d’une nouvelle demeure, s’y installe pour
toujours.
René Zapata
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