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Editorial
(no. 211,
2005)
La direction de Diogène vient de changer. Depuis le 1 er
mars 2005, sur décision de lAssemblée générale
du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines, Maurice
Aymard et Luca Maria Scarantino, respectivement Secrétaire général
et Secrétaire général adjoint du CIPSH, assurent
la responsabilité scientifique et éditoriale de la revue.
Ce changement de direction se fait dans la continuité avec ce quavaient
voulu au début des années 1950 les fondateurs. Ceux-ci avaient
donné à la revue son style, ses objectifs et ses orientations,
dont le temps écoulé a confirmé la pertinence et
la fécondité, et qui seront maintenus.
Diogène est une revue à part. Transdisciplinaire
et interculturelle à la fois, selon les voeux de Roger Caillois,
elle doit être attentive et faire leur place à toutes les
nouvelles suggestions provenant du monde de la recherche. Mais elle doit
aussi en dégager les enjeux problématiques, de façon
à les aborder dans des perspectives disciplinaires et culturelles
différentes. Concilier la multiplicité des points de vue
et la synthèse nécessaire: telle est la mission de Diogène.
Il sagit moins de juxtaposer des numéros tour à tour
consacrés à lun ou lautre thème du ressort
des différentes sciences de lhomme et de la société
que didentifier des préoccupations et des problèmes
communs à ces disciplines et susceptibles dêtre étudiés
selon des méthodologies complémentaires.
Cette tâche est dautant plus nécessaire et difficile
aujourdhui que nous vivons à la fois une accélération
spectaculaire dans la circulation des informations, des idées et
des hommes (mais aussi des capitaux et des marchandises) et une affirmation
exigeante, sous le nom didentités, des différences
culturelles auxquelles est demandée la clef de lidentité:
le tout sur fond dune redéfinition, à terme, des équilibres
entre les grandes régions et civilisations du monde. Ces mutations
représentent un défi pour nos disciplines. Beaucoup, sinon
toutes, sont aujourdhui confrontées à des problèmes
nouveaux, qui remettent en cause leurs anciennes certitudes et échappent
à toute approche unilatérale. Diogène a pour vocation
et doit avoir pour ambition de reconstruire une unité savante à
partir de points dintersection disciplinaires quelle devra
elle-même identifier. Et, pour se faire entendre, il lui faut aussi
sadresser à un public plus large que celui des seuls spécialistes:
celui de tous les lecteurs cultivés, de plus en plus nombreux de
par le monde, où quils se trouvent. Diogène
a déjà ses éditions en langue anglaise, espagnole
et arabe, auxquelles sajoute une anthologie en chinois. Nous espérons
que cette liste pourra être élargie au cours des prochaines
années.
Pour accomplir cette mission, Diogène ne saurait compter
sur les seules compétences de sa rédaction. Pour devenir
une véritable revue de référence dans le domaine
des sciences de lhomme, dans leur acception la plus large, elle
doit pouvoir sappuyer sur un réseau de spécialistes
capables dattirer lattention de la rédaction, mais
aussi des lecteurs, sur les questions, les initiatives, les idées
nouvelles, les recherches, les auteurs et les textes susceptibles dintéresser
par leur qualité un public savant, international et ouvert aux
propositions de toutes les disciplines. Un comité éditorial
fortement international a donc été créé. Sa
mission sera dassurer le relais entre la rédaction de la
revue, basée à Paris, et les différents lieux, géoculturels,
disciplinaires et institutionnels de la recherche.
Grâce au dévouement et à la disponibilité dun
certain nombre de collègues, le comité scientifique de la
revue a été considérablement élargi. Enfin
Diogène peut toujours compter sur le réseau des grandes
fédérations internationales qui composent le Conseil international
de la philosophie et des sciences humaines et qui représentent
autant de points dobservation sur le monde de la recherche. Les
rapports de coopération avec lUNESCO, qui représentent
lune des raisons dêtre de Diogène, seront maintenus
et consolidés.
Diogène ne part pas du néant. Le travail accompli
par Paola Costa Giovangigli au cours des dernières années
en témoigne. La qualité de son engagement a marqué
le style et les contenus de la revue, à la rédaction de
laquelle elle avait succédé à Jean dOrmesson
et dont elle a été lâme et le corps. Son talent
et sa passion ont assuré le rayonnement international de Diogène.
Dans ce travail elle a été secondée par un comité
directeur dévoué (R.Hamayon, M.Aymard, J.Bingen, D.Diène
et Ph.Sénéchal) et a pu bénéficier de laide
précieuse de M. Emo Lessi, chargé de la mise en page technique.
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