CONSEIL INTERNATIONAL DE LA PHILOSOPHIE ET DES SCIENCES HUMAINES
INTERNATIONAL COUNCIL FOR PHILOSOPHY AND HUMANISTIC STUDIES



XXVe
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU CIPSH

25th
ICPHS GENERAL ASSEMBLY


Ministerio de la Educación
Palacio Pizzurno - Sal
ó
n Blanco
Buenos Aires, Argentina
2
. X. 2000



PROCÈS-VERBAL

FINAL REPORT


Sommaire

  Participants
  Ordre du jour

  Compte rendu des séances :

Intervention du rapprésentant du Directeur général de l'Unesco
Rapport du Secrétaire général du Cipsh
Rapport de la Trésorière
Rapport du Comité des candidatures
Intervention de Mme Ioanna Kuçuradi (Fisp)
Intervention de M. César Garcia Belsunce (Academia Nacional de Historia)
Intervention de Mme Patricia Morey (Asociación Filosófica de la República Argentina)
Intervention de Mme Susana Frias (Comité argentino de ciencias históricas)

  Intervention de M. Philippe Sénéchal (Ciha) - Propriété intellectuelle
  Diogène
  Rapport du Comité du budget
 Questions diverses - Date et lieu de la prochaine Assemblée générale
  Clôture et fin

 


ÉTAIENT PRÉSENTS

Bureau du Cipsh

M. Julio LABASTIDA, Président
M. Maurice AYMARD, Secrétaire général
Mme Jeanne DELBAERE-GARANT, Trésorière
M. Luca M. SCARANTINO, Secrétaire général adjoint
Mme Janet ARNULF, Assistante administrative

Diogène

Mme Paola COSTA GIOVANGIGLI, Rédacteur en chef
M. Emo LESSI, Assistant

Excusés

H.R.H. Princess Wijdan ALI de Jordanie, Vice-Présidente
M. Paulin J. HOUNTONDJI, Vice-Président
M. John D'ARMS, Vice-Président
M. HUANG Changzhu, Vice-Président

Unesco

M. Patrice VERMEREN, Représentant du Directeur général


Délégués des Organisations membres

Union Académique Internationale
Mme Madeline H. CAVINESS, Présidente
M. Shaul SHAKED, Vice-Président
M. César GARCIA BELSUNCE, Membre du Bureau
M. Jean-Luc DE PAEPE, Secrétaire adjoint

Fédération internationale des associations d'études classiques
M. François PASCHOUD, Secrétaire général

Fédération internationale des sociétés de philosophie
Mme Ioanna KUÇURADI, Présidente

Comité international de sciences historiques

M. Jean-Claude ROBERT, Secrétaire général

Comité international d'histoire de l'art

M. Philippe SÉNÉCHAL, Secrétaire scientifique

Association internationale pour l'histoire des religions
Mme Rosalind J. HACKETT, Vice-Présidente

Fédération internationale des
langues et littératures modernes
M. David A. WELLS, Secrétaire général

Union internationale des études orientales et asiatiques

M. Györgÿ HAZAÏ,
Secrétaire général

Union internationale des études anthropologiques et ethnologiques
M. Antonio MARAZZI, Université de Padoue

Union internationale des sciences préhistoriques et protohistoriques

M. Jean BOURGEOIS,
Secrétaire général

Excusés

Comité international permanent des linguistes
M. Stephen A. WURM, Président

Société musicologique internationale
Mme Dorothea BAUMANN, Secrétaire générale


Observateurs

M. Emmanuel ANATI, Centro Camuno di Arte Rupestre/WARA
M. CHA In-Suk, Seoul National University
M. Carlos FLORIA, Commission Nationale Argentine pour l'Unesco
Mme Mireille CORBIER, CNRS
Mme Juliana BURTON, Ministerio Nacional de la Educación
Mme Susana FRIAS, Comité Nacional argentino de ciencias históricas
Mme Patricia MOREY, Asociación filosófica de la República Argentina
M. Marcelo LOBOSCO, Asociación Olimpiada Filosófica argentina
M. Fernando SAENZ, Simposios Bariloche de Filosofía

ORDRE DU JOUR

1. Inauguration de l'Assemblée générale par M. le Ministre de l'Education
2. Ouverture des travaux par le Président du CIPSH
3. Vérification des pouvoirs
4. Désignation des rapporteurs
5. Adoption de l'ordre du jour
6. Approbation du procès-verbal de la XXIVe Assemblée générale
7. Intervention du représentant du Directeur général de l'UNESCO
8. Rapport du Secrétaire général et de la Trésorière : discussion
9. Interventions des représentants des Associations locales
    i. AFRA
    ii. Comité argentin d'histoire
    iii. Académie nationale d'histoire
1. Questions liées au droits de reproduction et à l'édition scientifique
2. Recommandations générales du Comité de Budget
3. Adoption du projet de budget du Conseil pour 2002-2003
4. Propositions éventuelles d'amendements aux Statuts
5. Diogène
6. Rapport du Comité de candidature
7. Election du nouveau Bureau
8. Date et lieu de la XXVIe Assemblée générale
9. Questions diverses

COMPTE RENDU DES SÉANCES

Matin, à 9h30.

M. Carlos FLORIA, au nom du Ministre de l’éducation, adresse des voeux de bienvenue et souhaite bon travail aux participants. Il exprime la satisfaction du Ministre pour le fait que l’Assemblée générale du CIPSH se tienne au Ministère et signale que Mme Juliana Burton, fonctionnaire à la Commission Nationale argentine pour l’Unesco, est à la disposition de l’Assemblée durant la durée des travaux.

Le Président Julio LABASTIDA ouvre les travaux de l’Assemblée. Il rappelle que celle-ci sera sa dernière Assemblée en tant que Président du CIPSH et cède la parole au Secrétaire général.

M. AYMARD adresse également la bienvenue aux participants, qui ont déjà eu occasion de se rencontrer dans les jours précédants l’Assemblée, lors des sessions du Colloque scientifique "Regard de l’autre, regard sur l’autre". Il signale que, en raison des horaires de vols, certains délégués seront obligés de quitter l’Assemblée avant sa fin; il propose donc de passer aux élections du nouveau Bureau immédiatement après les rapports du Secrétaire général et de la Trésorière et de reporter à l’après-midi la discussion concernant les rapports des différentes organisations. Les présentations des activités des différentes organisations pourront être déposées par les délégués, ou envoyées par écrit, et jointes ensuite au procès-verbal de l’Assemblée [voir Annexe VI].

Il cède ensuite la parole à M. VERMEREN, représentant du Directeur général de l’UNESCO.


M. VERMEREN:

Monsieur le Ministre de l’Education
Monsieur le Secrétaire général de la Commission Nationale de l’Argentine auprès de l’UNESCO
Monsieur le Président du CIPSH
Monsieur le Secrétaire général du CIPSH
Mesdames et Messieurs les Professeurs, Présidents des Fédérations internationales des Sociétés savantes membres du CIPSH, chers Collègues,

Comme il a été dit à l’ouverture de votre Colloque, ce qui ne serait pas son moindre paradoxe, ce serait peut-être que posant la question du regard de l’autre et du regard sur l’autre, il porterait aussi, dans l’implicite de sa formulation et dans l’explicite de ses actes de parole, sur la question de l’identité, de la (re)construction de l’identité sous le regard de l’autre. Appliquée à soi-même comme institution, la question devient celle de l’identité du CIPSH et de sa reconstruction sous le regard de l’UNESCO.

Comment définir ou redéfinir actuellement la nature, la structure et la fonction du CIPSH, comme instance supranationale des esprits visant à l’échange et à la coopération mondiale des savoirs et des savants à l’heure d’une mondialisation souvent réduite aux intérêts individuels des communautés identitaires et aux Weltanschauungen confinées aux représentations les plus triviales du marché économique ? Qu’est-ce qu’il y a à préserver, à défendre et à illustrer dans cette prestigieuse institution déjà à moitié centenaire et qui se pose dès l’origine comme institution visant à la transversalité diagonale des disciplines des sciences humaines et sociales et de la philosophie ? Justement peut-être de ce qu’elle vient de faire tout au long de cette semaine, soit la constitution renouvelée d’un espace public pour la parole et la pensée, où se reconstruit une subjectivité savante dans le partage des savoirs à la dimension du citoyen du monde.

Comment définir un espace public ? Sans doute pas tant par le fait qu’il existerait de toute éternité, mais plutôt qu’il serait perpétuellement à refonder. Car de même que l’état démocratique a naturellement tendance, si je puis dire, à se transformer en son contraire, à confier à l’expert des tâches qui doivent être le fait du citoyen et de ses représentants, à produire du consensus, de même l’UNESCO pourrait avoir la tentation de réduire le CIPSH à n’être qu’une banque d’idées savantes pour enrichir et développer ses propres programmes. Mais je vous rassure, il n’en est rien, d’abord parce que tel ne saurait être l’intention du secrétariat de l’UNESCO, mais aussi et d’abord à cause de vous. S’il en est ainsi, c’est que cet espace public de parole et de pensée qu’est le CIPSH est moins un espace donné qu’un espace chaque fois reconquis par l’acte et la parole de ses membres, pris dans un processus de subjectivation toujours renouvelé. Un espace public où règne non pas le consensus, mais la libre expression du dissensus pour le dialogue des disciplines et des expériences de la pensée.

On ne naît pas membre du CIPSH, on le devient. On n’accède pas à cette dignité de la transversalité diagonale des disciplines par le droit d’appartenance à une communauté disciplinaire, mais par une volonté de prendre part à cette scène indissociablement savante et pluridisciplinaire qui féconde le partage des savoirs et institue le citoyen savant d’un monde commun, où l’UNESCO comme instance inter-étatique peut puiser des lumières pour mener à bien son action de sensibiliser aux valeurs de la paix et de la démocratie par l’éducation, la science et la culture.

C’est dire qu’il y a d’abord à préserver, à défendre et à illustrer, plus que jamais, dans le CIPSH, c’est la liberté de penser et l’indépendance d’un jugement éclairé par des savoirs partagés. Et à l’heure où l’UNESCO puise dans la relecture de son Acte constitutif les raisons de légitimer le présent et l’avenir d’une modernité ancrée dans la tradition, votre démarche de retour au sens originel de la fondation de votre institution est peut-être le détour le plus direct pour réaffirmer fortement votre identité sous le regard de l’autre : soit, selon vos statuts, l’interpénétration des recherches portant sur la philosophie, les sciences humaines et les disciplines connexes, la connaissance de l'homme, la réalisation de l’unité spirituelle de l’homme et de l’humanité, le développement de la coopération internationale de la philosophie, des sciences humaines et des sciences sociales.

Votre mission, celle que vos prédécesseurs vous ont léguée, est une mission intellectuelle d’exercice et de publicité de la pensée, dans ce qu’elle a de plus rigoureux et de plus avancé, dans l’idée régulatrice de sa réappropriation par tous, pour un vivre ensemble qui puisse faire accéder chacun à la dignité de l’humain. En ce sens, ce n’est pas vous qui avez besoin de l’UNESCO, c’est l’UNESCO qui a besoin de vous. Le choix du thème de vos prochains travaux est d’ailleurs emblématique de ce qui constitue comme tel et vous rend indispensables pour toute UNESCO future si elle veut se constituer comme élevant dans l’esprit des hommes les défenses de la paix : la rationalité.

Je puis donc vous assurer, au nom du Directeur général, que l’UNESCO continuera à soutenir vos travaux savants, si précieux pour préserver et illustrer ce qui nous est commun, l’humanité.


Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL remercie M. Vermeren pour ses propos et exprime la satisfaction du CIPSH pour ce discours rassurant sur les stratégies et les intentions de l’UNESCO à l’égard des sciences humaines et du CIPSH.

Il présente ensuite son rapport moral à l’Assemblée.


M. AYMARD

Vous me pardonnerez, je l’espère, de prendre quelques libertés avec les règles habituelles d’un rapport moral. L’expression, même confirmée par l’usage, évoque un exercice de style, savamment équilibré, où les difficultés rencontrées par le passé, et les menaces ou les incertitudes pesant sur l’avenir ne sont jamais, sauf exception, de nature à remettre en cause un bilan d’ensemble qui sera défini comme satisfaisant, encourageant ou globalement positif.

Si le bilan que l’on peut tracer aujourd’hui de ces deux dernières années justifie de tels qualificatifs, cela est dû à trois éléments essentiels :

- le remarquable travail de redressement effectué par mon prédécesseur Jean Bingen, après la crise qu’avait traversée le CIPSH et qui avait mis son existence en danger.

- l’appui que vous-même et les grandes fédérations scientifiques que vous représentez, n’avez jamais cessé d’apporter à la petite équipe qui anime le CIPSH, et à moi-même, à chaque fois que nous vous avons sollicités.

- le dévouement et l’efficacité de cette petite équipe qui a su mener à bien, sans jamais se laisser décourager par les difficultés rencontrées, et par la faiblesse des moyens disponibles, les tâches qui étaient les siennes. J’ai évoqué samedi, en clôturant notre congrès, tout le travail accompli par Luca Scarantino, secrétaire général adjoint : je souhaite étendre les remerciements que je lui dois à toute l’aide qu’il m’a apportée, avec l’assistance efficace de Janet Arnulf, dans le traitement des dossiers en suspens, dans les contacts à prendre ou à maintenir avec nos partenaires de l’UNESCO et des autres ONG établies à l’UNESCO. Grâce à lui, grâce à son infatigable activité d’agent de liaison, grâce aussi à ce merveilleux instrument qu’est le courrier électronique, le courant est toujours passé entre la rue Miollis et le 54 Boulevard Raspail, et le bon fonctionnement du CIPSH n’a pas trop souffert d’un cumul de fonctions (de ma part) dont j’avais souligné, il y a deux ans, les risques à Jean Bingen et à vous-mêmes.

À ces remerciements personnels, je voudrais ajouter ceux que je souhaite adresser publiquement à Paola Costa Giovangigli, rédactrice en chef de Diogène, et à toute sa petite équipe, dont, tout particulièrement, Emo Lessi, présent parmi nous aujourd’hui. Rien de plus à dire à ce sujet que cette remarque toute simple : Paola Costa s’est totalement identifiée avec Diogène , c’est grâce à elle que la revue qui est, au sens le plus fort du terme, la carte de visite du CIPSH vit, en respectant à la fois, régularité et niveau de qualité. Un résultat d’autant plus méritoire que, depuis plusieurs années déjà, à l’origine pour nous dégager du contentieux financier avec Gallimard, aujourd’hui pour faire face aux demandes impératives de notre nouvel éditeur, les PUF, l’équipe de rédaction de Diogène assure la préparation matérielle et éditoriale de la revue, jusqu’au prêt à composer.

A ces trois éléments essentiels de la bonne marche du CIPSH, je ne peux pas ne pas m’appuyer sur le précédent des Trois Mousquetaires pour en ajouter aussitôt un quatrième : la collaboration parfaite qui s’est aussitôt établie entre notre Président Julio Labastida et moi-même (et, avec moi, toute l’équipe du CIPSH). Là encore, le courrier électronique nous a beaucoup servi. Nous avons pu tenir notre Président informé au quotidien, et il nous a aidés, en temps réel, de ses suggestions et de ses conseils. La distance n’a jamais été un obstacle, et la décision a toujours été aussi rapide que s’il avait résidé à Paris.

Tel est l’acquis. Tous ensemble, avec l’aide de Jean Bingen qui a accepté de continuer à suivre les problèmes du CIPSH et de veiller en particulier à Diogène, nous avons, je crois, maintenu notre organisation sur la route qui lui avait été tracée, et nous avons atteint l’essentiel des objectifs que nous nous étions fixés. Cette Assemblée Générale de Buenos Aires, et le colloque que nous venons d’y tenir en contact étroit avec les chercheurs et les institutions de ce pays, montrent que le CIPSH a retrouvé, après le bilan de l’état de nos disciplines qui avait été effectué à Naples, sa capacité d’animation en direction de l’extérieur et de mobilisation des nouveaux partenaires.
Nous pourrions en rester là. Mais je crois nécessaire d’aller plus loin, et de profiter de cette occasion qui nous est donnée de pouvoir en discuter ensemble sans aucune réserve ni précaution oratoire, pour poser très clairement les problèmes qui se posent au CIPSH aujourd’hui, ou risquent de se poser à lui à très brève échéance. Ces problèmes sont importants et touchent au fond des choses. Ils nous contraignent à réfléchir sur ce qu’est le CIPSH, sur ses missions et ses modes d’action, sur sa capacité à répondre à la fois aux critiques et aux demandes dont il fait l’objet, sur l’environnement dans lequel il est appelé à vivre et à opérer.

Les deux dernières années ont été, dans le fonctionnement de l’UNESCO, donc dans nos rapports avec l’organisation internationale, des années de transition. Pendant la première année, un départ était annoncé, celui de Federico Mayor qui avait apporté son appui au CIPSH notamment entre 1996 et 1998, et le choix d’un successeur était en discussion : une période par définition peu propice aux prises de décisions importantes. Il nous a fallu nous contenter d’une reconduite à l’identique de nos crédits pour le biennium 2000-2001. L’élection du nouveau Directeur Général, M. Koïchiro Matsuura, en novembre 1999 a été placée sous le double signe de la réduction des dépenses de l’Organisation internationale (nécessaire à la remise en ordre de ses finances en difficulté) et de la restructuration de son organigramme : cette restructuration était destinée à la fois à en alléger le personnel et les charges de personnel, et à en recentrer les activités autour de ce qui devait constituer les domaines d’intervention privilégiés de l’UNESCO, et qui restait à définir.

Le plan d’économies financières a très rapidement été annoncé. Il a pris la forme, pour toutes les organisations comme la nôtre, de ce qui était annoncé comme un gel provisoire, mais de ce qui sera en fait, sauf miracle inespéré, une coupure définitive de 20 % des sommes allouées au CIPSH et à Diogène. La restructuration de l’organigramme a au contraire été plus longue à définir, ce qui ne surprendra personne, et elle s’est décidée au sommet, ce qui était sans doute inévitable. L’accent semble avoir été mis sur une réduction du nombre des secteurs et des divisions. Dans l’état actuel de notre information, ce qui est officieusement annoncé et devrait être confirmé prochainement , c’est la création, au sein du Secteur des sciences sociales et humaines, d’une Division des sciences humaines, de la philosophie et de l’éthique des sciences et des technologies, dont le titulaire serait M. Georges Kutukdjian, avec qui j’ai déjà eu de longs entretiens, très positifs, au cours du dernier mois, à Rio de Janeiro puis à Paris.

Cette solution a pour nous le mérite de nous rattacher à une division dont l’intitulé recouvre la totalité de notre champ d’action, alors que nous dépendions précédemment de la seule division de la philosophie. Mais il nous faut attendre sa mise en place concrète, pour voir avec précision ce qu’en seront les conséquences en termes de programmation d’activités. En attendant, le départ en mars denier de M. Yersu Kim, non remplacé à la tête de la division de philosophie, nous a laissés sans interlocuteur officiel. Par chance, nos rapports étaient excellents et anciens avec le Secteur des Sciences Sociales et Humaines, dont la responsable, Mme Francine Fournier, a quitté ses fonctions à la date du 30 septembre, et dont l’intérim devrait être assuré, dans l’attente de la nomination de son successeur, par M. Ali Kazançigil, confirmé à la tête de la division des sciences sociales. Ces contacts réguliers ont été complétés, par ceux que Luca Scarantino a entretenus tout au long de ces derniers mois avec M. Michael Millward, au Cabinet du Directeur général.

En revanche, le lien très positif établi pendant l’hiver 1998-99 avec Mme Françoise Rivière, sur la perspective d’un réaffichage des sciences humaines parmi les priorités de l’UNESCO, s’est trouvé provisoirement mis en veilleuse par la promotion de celle-ci aux fonctions de Directeur du cabinet du Directeur Général, chargée de définir le plan de restructuration de l’Organisation internationale. Dans la mesure où les axes scientifiques et thématiques de ce plan n’ont fait l’objet d’aucune annonce ni officielle, ni officieuse, nous ne pouvons que souhaiter qu’il traduise dans les faits la double décision prise en novembre 1998 de renforcer la place des sciences humaines dans les activités de l’UNESCO, et selon les termes du C/5 soumis à la Conférence Générale de novembre 1999, de maintenir et développer le partenariat entre l’UNESCO et la Communauté scientifique et académique internationale que représente le CIPSH.

Mais il est trop tôt aujourd’hui pour pouvoir donner des assurances sur ce point. Tout au plus pouvons-nous vous garantir que nous ferons tous nos efforts pour assurer la présence et la viabilité du CIPSH dans les programmes qui sont appelés à être définis. Mais nous savons aussi que cet effort de la petite équipe de direction du CIPSH aura d’autant plus de chances d’aboutir qu’il sera amplifié et relayé par les interventions des fédérations membres. Merci donc, par avance, pour votre aide et pour vos conseils.

Aujourd’hui, il nous faut donc en tout cas nous préparer à deux échéances. Celle de la négociation du biennium 2002-2003, qui devra être conduite avec les nouveaux responsables dès que ceux-ci auront été officiellement nommés. Celle de l’implication du CIPSH, comme partenaire ou comme opérateur principal ou secondaire, dans nos projets qui correspondront aux priorités affichées par l’UNESCO et en particulier par la nouvelle division d’éthique, philosophie et sciences humaines. Pour faire face à ces deux échéances, il nous faut avoir présent à l’esprit plusieurs considérations convergentes :

1. La première est que l’UNESCO ne voit pas aujourd’hui le CIPSH avec le même regard qu’il y a cinquante ans. La création du CIPSH était due à l’initiative de l’UNESCO qui souhaitait pouvoir s’appuyer sur la communauté intellectuelle et scientifique organisée. Aujourd’hui l’UNESCO est certes contente de pouvoir s’appuyer sur les trois grands Conseils scientifiques représentatifs (ICSU, CISS et CIPSH). Mais l’Organisation ne se sent plus autant engagée que par le passé à en soutenir seule le fonctionnement : si la position de l’ICSU est plus favorable que celle du CISS et du CIPSH, ce n’est pas seulement parce qu’il regroupe les sciences exactes, mais parce qu’il dispose, en dehors de la subvention de l’UNESCO, d’importants financements propres, et qu’il a ainsi la force pour organiser une conférence aussi importante que la Conférence Mondiale sur la Science (Budapest, fin juin 1999),conférence à propos de laquelle nous avons insisté, rappelons-le, que les sciences sociales et humaines y soient représentées, et à laquelle j’ai participé comme membre de la délégation française, mais sans oublier pour autant mes responsabilités au sein du CIPSH.

2. L’UNESCO cherche à limiter ses engagements permanents, qui prennent la forme de bureaux, de postes de personnel et de frais d’infrastructure, et affiche sa préférence soit pour des soutiens à des programmes conduits par des organisations autonomes, soit pour de véritables projets dont elle peut confier la responsabilité partielle à des opérateurs capables de les mener à bien, ce qui veut dire, en clair, que le CIPSH doit, bien entendu, continuer à négocier pour obtenir le maintien de sa subvention à son niveau actuel, ainsi que des aides en nature que lui apporte l’Organisation (bureaux, réseau électronique, etc). Mais il doit se donner les moyens de participer à de tels projets comme opérateur principal ou secondaire, et mieux encore, d’aider les secteurs et divisions concernés à définir ces projets. À l’attitude relativement passive et attentiste qui a été celle du CIPSH vis-à-vis des demandes de l’UNESCO, le CIPSH ne peut que gagner à substituer une attitude active de force de proposition et de réalisation.

3. Une telle mutation implique de notre part un certain nombre de changements. Le premier est celui de notre image de marque. La critique la plus fréquente qui nous est faite est en effet de représenter de façon privilégiée :

a) une culture euro-américaine dont la prétention universaliste est plus que jamais contestée par l’affirmation des autres grandes cultures du monde ;

b) une culture humaniste et savante trop élitiste et trop coupée des réalités et des besoins des sociétés contemporaines : le programme MOST, en mettant l’accent sur les applications possibles des sciences sociales, a obtenu au contraire un accroissement spectaculaire de ses crédits ;

c) une culture trop attachée, dans ses modes de fonctionnement et de communication, aux formes traditionnelles de production et de transmission du savoir : colloques spécialisés, publications d’instruments de travail, de bibliographies, d’encyclopédies, de thesaurus, d’actes de rencontres. Il nous est demandé au contraire d’accorder plus d’importance aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), qui permettent, à condition d’appuyer dans les pays les plus défavorisés, la mise en place des infrastructures indispensables, de rendre les résultats de nos travaux, nos recherches et nos instruments de travail accessibles plus rapidement à un public infiniment plus large, et plus également réparti sur la planète ;

d) une culture qui fait la part trop belle aux pays riches dans l’allocation des ressources financières disponibles.

Sur ces quatre points, je crois dans l’intérêt du CIPSH, et pas seulement pour répondre à la critique, d’essayer non seulement d’en corriger l’image, mais aussi modifier la réalité.
L’ouverture de notre bureau à une représentation effective plus large des différentes cultures du monde m’apparaît essentielle. Pour rendre cette représentation plus effective et plus large encore, je souhaiterais que ce bureau, dont la composition est fixée par nos statuts, puisse s’adjoindre un certain nombre de conseillers ou de correspondants.

- sur le plan de l’utilisation de nos ressources financières, je crois nécessaire d’encourager de façon systématique toutes les initiatives en provenance des (ou concernant les) pays de l’Est et du Sud. Ce qui ne signifie pas, bien sûr, renoncer à soutenir toute la production scientifique des pays occidentaux sous le seul prétexte de son origine, mais montrer que nous savons, à chaque fois qu’il le faut, faire les choix nécessaires.

- pour les NTIC, nous devons montrer que nous sommes décidés à en utiliser toutes les possibilités sans céder pour autant à la facilité et au modernisme. Il est sûr qu’une partie de la production que nous soutenons - bibliographies, encyclopédies, dictionnaires - est appelée à être publiée et consultée sur support informatique (qui en facilite l’accessibilité, l’indexation et la mise à jour permanente). Ce qui implique qu’en contrepartie nous organisions, dans le cadre de nos Fédérations, la numérisation des corpus extérieurs des mêmes instruments de travail, qui ont souvent plus d’un siècle. Et que nous sollicitions toutes les institutions susceptibles d’intervenir (UNESCO, agence pour la francophonie ou autre) pour qu’elles s’emploient à mettre en place, là où elles font défaut, des cellules de consultation et de travail. Diogène donnera l’exemple, du point de vue du CIPSH : nous envisageons de tenter une première expérience d’édition électronique de la version espagnole de notre revue.

- nous devons enfin saisir toutes les occasions pour manifester notre ouverture aux autres champs disciplinaires. De même que le CIPSH a pu être représenté à la Conférence Mondiale sur la Science, nous avons pris contact avec le CISS pour manifester notre volonté de coopération : le message a été, je crois, bien reçu, et je pense que c’est un domaine où mes autres fonctions peuvent servir à la politique d’ouverture du CIPSH.

Reste l’essentiel. Notre image de marque ainsi recentrée et clairement définie, il nous faut nous préparer à intervenir aussi comme opérateur de projets, c’est-à-dire à répondre à des demandes extérieures et, le cas échéant, à aider l’UNESCO à formuler de nouvelles demandes. Je connais suffisamment le CIPSH aujourd’hui pour être assuré que nous en avons les capacités. Mais ces capacités, nous les connaissons aujourd’hui trop mal, et nous les contrôlons plus mal encore, ce qui limite nos capacités de réponse. Pour y parvenir, trois démarches m’apparaissent essentielles:

- faire un inventaire détaillé de nos forces, c’est-à-dire de toutes les associations que regroupent nos Fédérations, avec toutes leurs activités, leurs publications, leurs responsables, etc. Nous vous avons adressé à ce sujet un questionnaire ambitieux et précis. Je souhaite que vous puissiez y répondre et que vous nous fassiez parvenir vos annuaires et votre fichier.

- élargir et diversifier ces forces, en nous ouvrant, soit directement au sein du CIPSH, soit par l’intermédiaire de nos Fédérations, à un ensemble d’associations savantes souvent puissantes et représentatives qui, pour l’instant, ne figurent pas dans nos rangs. Jean-Luc De Paepe m’a cité le Conseil international des Archives : je prendrai contact avec lui dès mon retour. Même chose pour l’Union internationale d’Histoire et de Philosophie. Ce qui importe, c’est que cette ouverture en direction de nouveaux membres se fasse en plein accord avec nos Fédérations, sans concurrence ni surenchère. Je crois par ailleurs que, dans notre perspective d’ouverture au reste du monde, nous aurons intérêt à prendre contact avec des institutions qui jouent le rôle de fédérations à l’échelle non des disciplines, mais des grandes aires régionales. L’expérience a été tentée pour l’Afrique. Elle gagnerait à être reprise dans d’autres directions.

- faire connaître et valoriser nos forces, en direction de l’UNESC0 comme de l’extérieur. Ce qui implique, en dehors des annuaires évoqués précédemment, la création d’un site web qui nous permette de présenter nos réseaux et de faire connaître nos activités et nos possibilités. Il s’agit d’un investissement vital relativement lourd. Mais nous devons en faire notre priorité.
D’autres choix nous resteront ensuite à faire. Et plus particulièrement celui de partenariats. Le CIPSH a été créé pour collaborer avec l’UNESCO et reçoit de lui, en dehors de vos cotisations, l’essentiel de ses ressources. Celles-ci ont fortement diminué au cours notamment de la dernière décennie. La baisse de 20 % de ce biennium a eu des effets plus que proportionnels sur nos activités et sur le volume des fonds que nous pouvons redistribuer.

Car les dépenses de secrétariat, même réduites au minimum, sont incompressibles. Et il nous a fallu combler le déficit de Diogène qui est notre carte de visite. La baisse appliquée aux activités scientifiques a donc été plus que proportionnelle. Nous nous retrouvons aujourd’hui devant la même situation, car nous devons faire pour le biennium 2002-2003 deux hypothèses : l’une basse (-20 %), l’autre haute. Mais il est clair qu’il nous faut inverser la tendance, et tout faire pour accroître nos financements. Nous devons chercher du côté de l’UNESCO, mais aussi d’autres institutions internationales, mais nous ne pourrons le faire que dans le cadre de contrats dans lesquels il nous faudra réaliser un apport scientifique réel. Et, pour être capable de faire face à nos engagements, renforcer aussi notre secrétariat, qui doit devenir une structure plus opérationnelle.

La voie qu’il nous faut prospecter est étroite. Je souhaite qu’elle fasse l’objet d’une discussion approfondie, suivie d’un accord entre nous. Une fois fixés les objectifs, nous aurons plus que jamais besoin de votre soutien.


Le PRÉSIDENT remercie le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL pour son rapport et donne la parole à la TRÉSORIÈRE, pour qu’elle illustre le rapport financier.


Mme DELBAERE-GARANT

Le CIPSH continue à subir le contrecoup des changements de subsidiation de l'UNESCO à partir du biennium 1996-97, lorsque les subventions octroyées aux ONG ont été supprimées et remplacées par un accord-cadre. Il a néanmoins réussi à remonter la pente mais la situation financière de Diogène reste préoccupante. L'accord-cadre pour le biennium 1998-99 portait sur les mêmes montants qu'au biennium précédent, à savoir $350.000 pour le CIPSH et $165.000 pour Diogène. Le CIPSH a également bénéficié d'un contrat séparé de $40.000 pour l'Assemblée Générale et de deux programmes de participation pour les Langues en Danger.

Le rapport financier pour 1996 et 1997 a été soumis à l'Assemblée Générale de Naples.

Les comptes annuels du CIPSH pour les exercices 1998 et 1999 ont été établis et dûment certifiés par le Cabinet d'experts-comptables "F.E.N.E.C." Ils portent sur les sommes suivantes :

CIPSH Année Recettes Dépenses
1998 US$299.910 US$290.648  
1999 US$189.784 US$189.691  
 
Total pour le biennium US$489.694 US$480.339

Même si l'actif de $9.355 n'est pas encore énorme, il constitue une nette amélioration par rapport au déficit de $47.771 du biennium précédent.

Diogène Année Recettes Dépenses
1998 US$98.370 US$122.600
1999 US$94.183 US$105.228
Total pour le biennium US$192.553 US$227.828

Total pour le biennium $192.553 $227.828Ici , par contre, le déficit total ($35.275) s'est encore accru par rapport à celui, déjà élevé ($20.875), du biennium précédent. Contrairement à ce qui avait été le cas en 1996-7, Diogène n'a obtenu aucun des programmes de participation demandés à l'UNESCO pour 1998 et 1999. Ceci est d'autant plus surprenant que certains de ses numéros thématiques comme le numéro 187 sur les religions étaient très proches des programmes de l'UNESCO. On ne voit pas très bien, dans un proche avenir, comment la situation financière de la revue pourrait s'améliorer. En effet, aux sommes reprises ci-dessus dans les dépenses viennent encore s'ajouter les sommes dues aux éditions étrangères pour un total de $ 34.950. Devant cette situation particulièrement alarmante, un certain nombre de mesures d'économie ont été prises (informatisation de la revue, réduction des frais pour les éditions étrangères, changement d'éditeurs, suppression de certaines anthologies) mais elles sont nettement insuffisantes et des solutions plus radicales semblent maintenant devoir s'imposer. En tant que trésorière, je me vois obligée à ce stade de tirer la sonnette d'alarme. Il y va de la survie de Diogène et peut-être, à moyenne échéance, de celle du CIPSH qui se trouverait sérieusement diminué sans un organe de diffusion qui assure son rayonnement international.

Toutes les organisations membres à l'exception de l'UISAE sont en règle de cotisation pour 1998 et 1999. Dans l'ensemble, les associations qui ne l'avaient pas encore fait ont augmenté leur cotisation en 1999, répondant ainsi positivement au souhait du Bureau de remonter à $400 le minimum de $250 inchangé depuis 1982. Nous les en remercions. Nous nous permettons d'insister encore pour que les associations qui comptent un nombre important de membres fassent un effort supplémentaire de solidarité vis-à-vis du Conseil. Nous leur rappelons que le montant de la cotisation doit correspondre à au moins 7% de leurs recettes.

Pour le biennium 2002-3, les demandes de subvention des organisations membres du CIPSH sont parvenues au Secrétariat pour un total de $362.617. Certains projets ont dû être rejetés comme irrecevables ; les sommes demandées dépassent largement les montants maximums fixés par les conditions d'attribution. Le détail des demandes figure dans les documents de travail destinés au Comité du Budget. Une première évaluation de la recevabilité des projets a conduit à un total de 80.500 US$ et 108.800 Euros.

Comme le Bureau l'a signalé dans une lettre envoyée le 14 juin 2000 aux Présidents et Secrétaires généraux des associations membres, l'UNESCO a décidé pour le prochain biennium d'amputer de 20% les subventions accordées à toutes ses activités de programme, y compris les accords avec les organisations non gouvernementales. L'accord-cadre du CIPSH subit de ce fait une coupure de 20%, soit $70.000, pour le biennium 2000-1. Afin de réduire la perte subie par les associations membres le Bureau a décidé, comme il l'explique dans la même lettre, de procéder à une équivalence en euros des subventions votées à Naples pour les associations qui se trouvent dans la zone euro. Ceci devrait permettre de maintenir les sommes effectivement versées à un niveau aussi proche que possible des montants reçus au cours de l'exercice 1988-99.

En ce qui concerne le contrat de l'UNESCO pour Diogène, la coupure de 20% constitue une diminution de $33.000, ce qui ramène à $132.000 (contre $230.000 avant l'accord-cadre et $165.000 depuis d'accord-cadre ) la somme totale allouée pour les deux années, somme qui ne permet même plus de couvrir les frais de fonctionnement de la revue.

D'après les informations reçues de l'UNESCO, cette coupure exceptionnelle ne devrait pas être reconduite pour le biennium 2002-2003. La survie du Conseil et surtout celle de Diogène dépendront donc en grande partie de la manière dont ils franchiront le cap du prochain biennium.

Le PRÉSIDENT remercie Mme DELBAERE-GARANT pour ce rapport. Comme convenu au début des travaux de l’Assemblée, avant d’entamer la discussion générale sur la situation et les prospectives du CIPSH à partir des deux rapports présentés, il convient de procéder au renouvellement du Bureau. Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL propose que l’on écoute tout de suite le rapport du Comité de candidature et que l’on passe ensuite aux procèdures de vote. La parole est donc à M. DE PAEPE, rapporteur du Comité de candidature.


M. DE PAEPE

Le Comité de Candidature s’est réuni à Buenos Aires le 1er octobre 2000, de 8h30 à 9h30.

Il a procédé à l’examen dans le détail des candidatures qui ont été introduites par le biais du Secrétariat du CIPSH. Sur la base de cet examen, le Comité propose à l’attention des membres de l’Assemblée générale les recommandations suivantes :

a) Pour le poste de Président, la candidature de Mme Madeline Caviness, Professeur à la Tufts University, Présidente de l’UAI. Compte tenu du fait que Mme Caviness ne quittera ses fonctions à l’UAI qu’au printemps prochain, demande expresse est faite à l’Assemblée générale de prolonger exceptionnellement et jusqu’à ce moment le mandat de M. Julio Labastida, Président du CIPSH, ceci afin de respecter formellement l’article 30 du Règlement d’intérieur du CIPSH qui dit "Les Présidents et Secrétaires généraux des Organisations membres ne peuvent pas être élus membres du Bureau du CIPSH".

b) Pour les quatre postes de Vice-président, le renouvellement d’abord de la candidature de M. Paulin Hountondji, Professeur à l’Université Nationale du Bénin à Cotonou ; les candidatures ensuite de Mme Fatima Mernissi, Professeur à l’Université Mohammed V à Rabat, Maroc, et de M. Zhou Xinping, Professeur à l’université et Directeur de l’Institut des Religions du Monde de l’Académie chinoise des Sciences sociales ; enfin de M. In-Suk Cha, Professeur émérite au Département de Philosophie de l’Université Nationale de Corée à Séoul.

c) Par ailleurs, en conclusion de ses discussions, le Comité de Candidature, s’inspirant de l’article 25 du Règlement intérieur de l’Assemblée générale, à savoir "L’Assemblée générale peut désigner tout comité utile au travail du Conseil", recommande à l’Assemblée générale de désigner M. Abdeljelil Temimi, Professeur à l’Université de Tunis et ancien Vice-président du CIPSH de 1992 à 1996, comme conseiller spécial auprès du CIPSH, étant entendu qu’il appartiendra au Bureau et à l’Assemblée de rechercher encore au cours de la prochaine année quelques personnalités représentatives des grandes régions culturelles du monde.

Le PRÉSIDENT remercie M. DE PAEPE et demande si quelqu’un parmi les délégués souhaite intervenir à propos de ce rapport avant que l’on passe aux opérations de vote.

Mme KUÇURADI souhaite que les délégués puissent recevoir à l’avance les CV des candidats aux différents postes du Bureau, afin qu’ils soient mieux informés sur l’ensemble des personnes qu’ils sont appelés à voter. M. WELLS se dit tout à fait d’accord sur ce point. Les CV des candidats doivent être distribués à tous les délégués, et non pas seulement aux membres du Comité de candidature.

M. AYMARD se dit d’accord sur ce point et propose que l’Assemblée confie à M. DE PAEPE, en tant que rapporteur du Comité de candidature, le soin de veiller à ce qu’une procédure de ce type soit mise en place pour la prochaine fois. Le Secrétariat veillera à solliciter, à recueillir et à diffuser les propositions de candidature selon une démarche fixée en consultation avec lui.

Le problème se pose par ailleurs de bien définir les règles de présentation des candidatures. Certains délégués (MM. PASCHOUD, HAZAI) signalent qu’il n’est pas clair si les membres du Bureau ont le droit d’introduire des candidatures et s’ils peuvent le faire à titre individuel. M. PASCHOUD insiste sur le fait que le canal principal de présentation des candidatures devrait être celui des Organisations. Par ailleurs, il est signalé que les seules candidatures reçues des différentes organisations, bien que sollicitées dans le courrier du CIPSH du 28 janvier 2000, n’auraient pas été suffisantes à assurer un renouvellement complet du Bureau.

La discussion portant sur le rapport du Comité de candidature, Mmes CAVINESS et DELBAERE et MM. AYMARD et CHA quittent la salle. Le PRÉSIDENT fixe les procédures du vote, qui devra procéder au renouvellement du Bureau dans son ensemble, y compris les fonctions renouvelables (Secrétaire général, Trésorière et Vice-présidents renouvelables). Après distribution des bulletins de vote et scrutin de ceux-ci, le Président demande au Secrétaire général adjoint de lire les résultats des élections:

Présidence Mme Madeline Caviness 17 voix
Vice-présidences M. Cha In-Suk 17 voix
M. Paulin J. Hountondji 17 voix
M. Zhuo Xinping 15 voix
Mme Fatima Mernissi 14 voix
M. Abdeljelil Temimi 3 voix
Secrétaire général M. Maurice Aymard 16 voix
Trésorière Mme Jeanne Delbaere-Garant 16 voix

Le PRÉSIDENT invite tout le monde à regagner la salle et procède à la proclamation des élus. Il félicite tout particulièrement Mme CAVINESS, nouvelle présidente élue du CIPSH.

Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL se dit également heureux pour le choix des nouveaux membres du Bureau et insiste sur l’importance d’élargir encore la représentation géographique et culturelle du CIPSH par la constitution d’un comité international d’experts sur qui le secrétariat, le Bureau et les mêmes Organisations membres pourraient s’appuyer pour ouvrir et développer de nouvelles initiatives. Il propose que ce comité, dont il est déjà question dans le rapport du Comité de candidature, soit composé d’au maximum cinq membres. La proposition est retenue par l’Assemblée. MM. D’ARMS et TEMIMI sont proposés pour intégrer ce comité, le Secrétaire général étant chargé de repérer d’autres personnalités possibles, en accord avec le Bureau. Mme KUÇURADI avance le nom de M. CHATTOPADHYAYA, Professeur à l’Université de New Delhi, sous réserve de l’accord de celui-ci. Le Secrétaire général considère qu’il serait important de compter un Indien parmi les membres du comité.

Mme KUÇURADI souhaite présenter quelques points concernant l’activité de la FISP et avancer des suggestions quant aux modes de fonctionnement du CIPSH. Le Président lui donne la parole.


Mme KUÇURADI

FISP has cordially welcomed the recommendation of the last General Conference of UNESCO, that philosophy and humanistic studies should occupy a more important place in the activities of UNESCO, as well as the decision of this Conference "to organize a series of intramural colloquia on the fundamental ideals of UNESCO" and "a series of intramural discussions on the values underlying different UNESCO programmes".

In connection with this new trend in UNESCO, FISP wishes to contribute more to the work of CIPSH. For this, FISP submits the following suggestions to the attention of the Bureau to be elected in this General Assembly - suggestions which are preconditions of the possibility of collaboration of CIPSH with its member Federations and which will secure transparency to the work of CIPSH.

- The minutes of the meetings of the General Assembly should be sent to the member Federations within one year from these meetings.

- The provisional agenda and the other documents of the General Assembly meetings should be communicated to the member organizations not less than one month before the meeting of these Assemblies (Statutes of CIPSH, V 4).

- The names of the candidates for the Bureau, as well as the names of the Nominating Committee should be communicated in advance to the member organizations of CIPSH (Règl. 26).

- The "Rules of Procedure for the Board" (Règlement interieur du Bureau) mentioned in art. X, 3 of CIPSH Constitution should be drawn up and submitted to the approval of the General Assembly.

- The Bureau should send each year a report on its work to the member organizations (Statutes of CIPSH, VI, 3).

It would be good that the activity reports of CIPSH member organizations, which are now presented orally during the General Assemblies, be submitted in a written form and distributed together with the other documents of the General Assembly.

Two Proposals:

1. In the Framework Agreement (A.4e) we read that CIPSH shall (among other things) facilitate communication and transfer of knowledge and expertise, as well as contribute towards capacity building in philosophy, ethics and other related studies in developing countries by (among other things) developing an exchange center for books in philosophy, ethics and related humanistic studies. We propose that such a project be developed and carried out by CIPSH in collaboration with its member Federations.

2. In the report of the Secretary General in Naples, we read that one of the challenges for CIPSH is to promote the will of UNESCO to help humanity to progress. Such a progress could be the abolishment of death penalty worldwide. FISP, in its General Assembly in Boston, in 1998, declared itself as an NGO against death penalty. Perhaps other Federations members of CIPSH would like to join FISP in this respect. (The relevant resolution was published in FISP News-Letter Winter 1998-Summer 1999.)

Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL remercie Mme KUÇURADI pour ces propositions et assure que le secrétariat est prêt à œuvrer pour établir des procédures qui aillent dans la direction souhaitée. L’intervention de représentants des associations locales étant maintenant prévue dans l’ordre du jour, il donne la parole à M. César GARCÍA BELSUNCE, représentant de l’Académie argentine d’histoire et membre du Bureau de l’Union Académique Internationale.


M. GARCÍA BELSUNCE (Academia Nacional de Historia)

Señor Presidente, señores delegados,

La urgencia de definir un título para esta breve exposición, dió como resultado que fuera demasiado vasto en su enunciación. En rigor me referiré a las academias dedicadas a la historia en el continente hispanoamericano en general y a la de la Argentina en particular.

El transplante español a estas tierras generó una nueva cultura, la hispano-americana, caracterizada por una comunidad de lengua, religión, derecho y costumbres, que en cada reino o provincia de estas Indias fue adquiriendo caracteres propios, que en buena medida fueron consecuencia de la absorción de otros caracteres culturales, indígenas o africanos. Esta herencia española incluía a las sociedades doctas, donde se cultivaban una o varias ramas del saber, pues en una época tan remota como 1575 se había formado en Madrid la Academia de Ciencias Matemáticas. Pero hubo que esperar hasta el siglo XVIII para que florecieran en España las academias humanistas: la Academia de la Lengua en 1713, la de la Historia en 1735 y la de Bellas artes en 1752. Estas instituciones no hacían sino reflejar, dentro de lo que podríamos calificar como el "giro borbónico" de la sociedad española, el impulso renovador europeo de ese siglo substancial que fue el Diecisiete y que había producido, entre otras, la Accademia dei Lincei en Roma (1603), Die Fruchtbringende Gesellschaft en Weimar (1617), la Académie Française en París (1635), The Royal Society (1662), que recogían, con un nuevo estilo, una expresión cultural del Renacimiento que tuvo ricas manifestaciones en Italia.

Los grupos más cultos de los recién nacidos estados americanos, siguiendo el modelo español, aspiraron a constituir sociedades para el cultivo y la promoción de las humanidades, entre las que la historia fue una de las predilectas, pues aquellos hombres fueron observadores críticos del pasado colonial y de los más inmediatos y turbulentos años de la emancipación y de la organización política. Así nacieron, en la cuenca del Plata, el Instituto Histórico y Geográfico del Uruguay, fundado por andrés Lamas en 1843 y el Instituto Histórico-Geográfico del Río de la Plata, creado en Buenos Aires en 1854 por Bartolomé Mitre. El primero perduró y el segundo desapareció para ser recreado en 1893 por el mismo Mitre como Junta de Historia y Numismática Americana, la que cambió su nombre por el de Academia Nacional de la Historia en 1938.

Esta breve introducción histórica al tema no tiene otro fin que subrayar cómo fueron constituidas estas academias. Generalmente, como en los dos casos citados, fueron entes privados. El Estado no hizo otra cosa que oficializar una realidad que se gestaba sola y a la que, con inteligencia no exenta de lentitud, dio su apoyo.

Existen curiosas analogías en la génesis de las academias a través del tiempo. Nuestra Academia de la Historia se origina en la tertulia que hacia 1892 se realizaba en la casa de Enrique Peña, a la que concurrían Bartolomé Mitre, José Toribio Medina, Alejandro Rosa, Adolfo Saldías, Ernesto Quesada, Manuel Mantilla y otros. La tertulia de Peña se trasladó luego a lo de Alejandro Rosa y mantuvo este estilo informal hasta que en 1901 se dio su estatuto, su nombre y fijó su fecha de nacimiento. Más de cuatro siglos antes, no fue muy diferente el origen del Pórtico Antoniano, en Nápoles, donde, hacia 1444, Antonio Beccadelli, llamado el Panormita, se reunía con sus colegas Lorenzo Valla, Bartolomeo Fazio y Giovanni Pontano, veladas que con la influencia de éste último y el soporte del rey Alfonso V se transformaron en Academia Pontaniana. Similar desarrollo tuvo en Florencia la Accademia della Crusca, donde en 1582 Leonardo Salviati reunía un grupo de virtuosos de la lengua toscana para redactar su diccionario. Y si miramos hacia la Academia por antonomasia, la Francesa, veremos que, aunque rápidamente puesta bajo la férula real por la decisión invasiva de Richelieu, comenzó también siendo una reunión de eruditos que desde 1629 se encontraban periódica y libremente en la residencia de Valentin Conrart, donde concurrían entre otros Jean de Sérizay, Claude de Malleville y Antoine Godeau.

Erudicción y libertad aparecen pues en el nacimiento de las Academias. Las argentinas, incluída la de la Historia, fueron siempre instituciones privadas y cuando en un momento de autoritarismo republicano fueron disueltas por el poder público, sospechadas de opositoras, fueron restablecidas por el decreto-ley N. 4362 del 30 de noviembre de 1955 con el carácter de asociaciones civiles ccon personería jurídica, que recibían -y reciben- una contribución económica del Estado que administran libremente.

La evolución y la situación actual da las academias dedicadas a la Historia en el área hispanoamericana es diversa, como diversos han sido los vaivenes económicos y políticos que han afectado al continente, pero ofrecen dos características predominantes: inestabilidad y escasez de recursos. Pese a estos duros condicionamientos, las academias han seguido adelante con su obra, unas con marcado vigor, otras con un ritmo más lento, cumpliendo plena o parcialmente su misión respecto del conocimiento histórico. Lamentablemente, hay unas pocas que han quedado en esqueleto, por así decir.

Es oportuno recordar en este lugar y momento cuál es esta misión. Ya en 1965, al cumplirse una década del restablecimiento de las academias, Atilio Dell’Oro Maini la sintetizó así: el diálogo, la investigación y el estímulo de las ciencias y artes. En otros términos se podría sintetizar así esta triple función:
En primer lugar una academia debe ser conservadora del conocimiento. Por lo tanto debe revivir, comparar y discutir los conocimientos ya adquiridos. Como diría Pierre Nora, es un lieu de mémoire. Pero de una memoria viva. No es un monumento, un museo, ni siquiera equivale a una biblioteca. Sus miembros profesan su ciencia con la satisfacción del intercambio recíproco, mantienen la llama del saber adquirido, que no es estático porque requiere la exegésis, la crítica, en terminos de hoy la decodificación permanente.

En segundo lugar una academia es creadora del conocimiento. La investigación es la actividad emblemática del cuerpo académico y de cada uno de sus miembros. Éstos se ven impulsados a descubrir nuevos campos, a plantear nuevas cuestiones, a rexaminar con ojos nuevos los conocimientos que creía adquiridos, a revisar la tradición conservada. Su misión es pensar y repensar y al hacerlo se compromete con la ardua tarea de ir hacia atrás en busca de nuevas evidencias, y hacia adelante en su tarea de comprender los hechos o de explicar los procesos. Como custodios del conocimiento las academias son conservadoras y por su faz creadora son renovadoras y vanguardistas, y de esta doble tarea de conservar y renovar surge una tensión, una suerte de pathos, que es propio de una vida académica sana. Como André Malraux decía del arte, el mundo de la historia no es el de la inmortalidad sino el de la metamorfosis.

Ninguna de estas dos misiones de las academias estaría completa si no se cumpliera con la tercera que es la transmisión del conocimiento. Ésta es la función docente de las academias. No se trata ya de la transmisión ad intra, entre colegas, sino de la ejercida a través de la cátedra, los libros, las publicaciones seriales, los congresos, las celebraciones, exposiciones, simposios, cursos y muchas formas más, incluyendo las últimas tecnologías de la información. Pero esta transmisión no sólo tiene por objeto la formación de los estudiantes y por extensión de la ciudadanía en general, sino que debe adoptar formas de aproximación y de integración progresiva, especialmente dirigidas a los más jóvenes que constituirían la "generación de reemplazo" cuando el paso del tiempo vaya raleando las filas de los actuales académicos. En este sentido, los congresos representan un contacto que, aunque apreciable, es generalmente efímero. Nuestra Academia, y otras de nuestro país, han creado instituttos o grupos de trabajo, donde los académicos trabajan de consuno con investigadores o académicos, habitualmente más jóvenes, a quienes enseñan y con quienes aprenden. De este modo se conjuga la creación con la transmisión y también, para los estudiosos jóvenes, una visión de las academias que desplaza la muy arraigada de que son "el mausoleo de los inmortales".

¿De dónde proviene esta idea de las academias estáticas, que casi las asimila a monumentos funerarios? Precisamente de la pérdida de la función transmisora del conocimiento y del divorcio con la otra gran transmisora del conocimiento que es la Universidad. Es innegable que esta fractura ocurrió en algún momento entre nosotros, y en forma más prolongada en otros países hermanos; que el envejecimiento exagerado de los académicos les impuso apartarse de la enseñanza universitaria, transformándolos en referencias bibliográficas más o menos lejanas; que en algunos momentos y en algunas naciones se concibió el acceso académico como el "laudo máximo", obtenido el cual se había ganado un merecido descanso, comi si pensar y escribir no fuera inherente a la condición del intelectual. Hoy, felizmente, esta situación está superada entre nosotros y tiende a superarse en otros lugares. Los académicos son - o han sido hasta muy poco - profesores universitarios, continúan publicando, la Academia recluta sus nuevos miembros en las universidades y muchos de sus numerarios trabajan codo a codo con los jóvenes. Se responde así la inquietante pregunta de en qué medida el progreso del conocimiento histórico pasa por las academias. Nuestra respuesta es positiva. En misión compartida con las universidades - que unas y otras ejercen en forma similar pero distinta, con concepciones a veces divergentes que generan saludables controversias - sabemos que estamos aportando lo mejor de nosotros para el progreso de la ciencia histórica.

Ahora bien, ¿puede la historia, y las demás ciencias del hombre, hacerse oir en este mundo en el que, como dice George Steiner, "nuestros espacios interiores han enmudecido o están obstruidos por estridentes trivialidades", en un mundo donde "la amnesia ha sido planificada"? Hoy predomina la oferta de paraísos efímeros que al día siguiente han caducado, faltos de substancia, oferta que es lo contrario de la historia, que representa la continuidad del mundo, del devenir humano, donde cada presente tiene su raíz y aspira a tener un vigoroso tallo. Esa es la dificultad, pero al mismo tiempo la oportunidad, el desafío con sabor a aventura.

En la América española, sometida a un proceso de aculturación globalizadora, esto es una necesidad. En nuestra sociedad instalada en la inmediatez y puerilidad, las academias tienen una nueva misión: hacer de la historia la imago mundi donde los hombres puedan enlazar pasado y futuro, recuperar el hilo salvador del tiempo y encontrar un sentido a su presente.

Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL remercie le Professeur GARCÍA BELSUNCE pour son exposé et lui renouvelle au nom de toute l’Assemblée les remerciements pour l’accueil que l’Académie a réservé au Bureau du CIPSH lors de sa réunion du lundi 25 septembre.

La parole est maintenant à Mme Patricia MOREY, Secrétaire générale de l’Association Philosophique de la République Argentine (AFRA).

Mme MOREY  (Asociación Filosófica de la República Argentina)

The Asociación Filosófica Argentina (Argentinean Philosophical Association- AFRA) is an academic, non profit entity created for the purpose of promoting and developing the practice of philosophy, according to pluralistic and rational approaches, and following rules of academic and professional excellence. It intends to group those who are devoted to philosophical activity, and to represent internationally our country. Its aim is to contribute to improve the level of philosophical investigation and discussion, promoting the exchange of ideas between philosophers of different orientations and specialities. It seeks the formation of graduate and post-graduate students with a high academic level.

Created in 1985 as a civil association, the organisation has been directed by the most noted intellectuals in the country in commitment with the democratic life of the Argentinean institutions. It is not casual that AFRA was founded coincidentally with the return of democratic government to Argentina.

AFRA has grown quickly from its foundation and it counts today with several hundred members of different categories, who represent a high percentage of philosophical teaching and research. The founders and personalities of the institution, are all members of the most noted associations, such as Sociedad Argentina de Análisis Filosofico (Society of Philosophical Analysis, SADAF), or Centro de Investigaciones Filosóficas, (Center of Investigations in Philosophy, CIF), as well as other societies in the interior of the country. Many of the members are also in charge of specialised philosophical events, as the Epistemology and History of the Science Annual Colloquia in Córdoba, and the bi-annual Bariloche Colloquia, and periodical meetings of the mentioned societies. It is recognized as the representative association of the Argentinean philosophers by the Interamerican Society of Philosophy.

There are differences in the development of philosophical areas in the country. Some specialities show wider development as those concerning epistemology, ethics, and practical philosophy, with an important tradition in analytic philosophy. This organisation specially promotes the incorporation of pluralistic perspectives in the field, with a high academic level. Such quality is relevant given the unstable political history of the country, and its incidence in the philosophical activity.

The authorities are periodically renewed through a democratic participation of members of the whole country. Today, the head council is in Córdoba, and different regions of the country are represented. There are members from La Plata, Tucumán, Salta, Mar del Plata, Buenos Aires, and Neuquén. It is an aim of this administration to accompany the growth of the institution, reinforcing a national net that can reflect the intellectual distribution of the field in the whole country.

AFRA participates regularly in the meetings of the Forum of Scientific Societies of Argentina, which has had a leading role in the last years in matters of great importance referred to the promotion, administration and control of quality of research. It is concerned with the defence of the rights of scientific culture and societies.

This association co-organises together with most national universities of the country, bi-annual congresses with the purpose of achieving the exchange and diffusion of investigation and production in Philosophy. AFRA has organized the XII Interamerican Congress of Philosophy and ten Congresses since its foundation. In the last meeting more than two hundred papers were presented, and it received numerous guest professors from England, Spain, Mexico, Brazil and Uruguay. It is also important to highlight the participation of many students from all over the country in these academic events.

In short, we believe that the aims and purposes of this Association have been fulfilled through these fifteen years of existence. We hope that the important objectives that their founders aspired can increase and serve the Argentinean society and the international community in a frame of mutual respect and recognition. I wish to emphasise that in recent years many members have reinforced a great number of international contacts both at individual and at institutional levels, increasing their participation in relevant philosophical events. In this respect, the present administration has the purpose of consolidating and intensifying the presence of AFRA at international level and especially in the International Council for Philosophy and Humanistic studies.

Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL remercie Mme MOREY. Mme KUÇURADI tient également à exprimer sa satisfaction pour le fait que cette association ait pu s’exprimer et formule le vœu que dans l’avenir la FISP soit tenue informée de façon régulière des activités menées par l’AFRA et des changements éventuels dans sa composition.

La session est levée. Le début de la session de l’après-midi est fixé à 14h30.Après-midi, à 14h30Le PRÉSIDENT ouvre la session de l’après-midi et donne la parole à Mme Susana FRÍAS, Secrétaire générale du Comité argentin de sciences historiques.


Mme Susana FRÍAS
[Les textes de cette intervention et de celle du Président du Comité argentin de sciences historiques ne sont pas parvenus au CIPSH].

Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL remercie Mme FRÍAS et le Président du Comité argentin de sciences historiques et souligne qu’au moins cinq Organisations (UAI, FIEC, FISP, CISH, FILLM) ont pu profiter de cette Assemblée générale pour renforcer leurs liens avec les associations locales et pour prendre directement contact avec leurs interlocuteurs respectifs.

M. SÉNÉCHAL annonce la constitution d’un Comité argentin d’histoire de l’art et souligne que, de ce fait, ce voyage a été extrêmement fructueux pour le CIHA. Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL exprime toute sa satisfaction pour ce fait et propose de passer au point sur les droits de reproduction. Il donne la parole à M. SÉNÉCHAL, qui en avait demandé l’inscription à l’ordre du jour.


M. SÉNÉCHAL

Dans cette très brève intervention, je n'ai pas la prétention de proposer des solutions-miracles à des difficultés qui pèsent sur bon nombre de publications scientifiques et culturelles, d'une part le coût croissant des droits de reproduction d'oeuvres d'art, d'autre part, les limitations apportées à la divulgation par l'image par certains artistes eux-mêmes. Je voudrais simplement rappeler un certain nombre de faits et de démarches entreprises depuis moins de dix ans par diverses organisations ou divers cercles de réflexion et tracer quelques pistes de réflexion et de réaction collective.

Le 19 juillet 1992, l'Assemblée générale du Comité international d'histoire de l'art, réunie à Berlin, votait la motion suivante :

" [...] constatant avec une vive inquiétude l'élévation constante des droits de reproduction des photographies d'oeuvres d'art,

- demande à toutes les autorités et entreprises compétentes de distinguer dans leurs exigences entre les publications purement commerciales et les publications scientifiques ;

- estime que tous les ouvrages de recherches et d'études d'histoire de l'art, généralement imprimés en petit nombre d'exemplaires (mille au maximum en Europe, trois mille aux États-Unis), avec le plus souvent l'aide de subventions, devraient être totalement exonérés de droits de reproduction ;

- demande aux autorités gouvernementales de veiller à ce que de telles exonérations soient effectives, tant par des instructions auprès des services dépendant directement de leur autorité (collections publiques) que par des instructions et recommandations plus générales ;

- demande aux organisations internationales (Conseil de l'Europe, UNESCO) de se pencher sur le problème et d'intervenir activement auprès de tous les gouvernements dans le sens souhaité par cette motion ".

Ladite motion n'a pas été suivie d'effets. Pourtant, depuis huit ans, le problème s'est encore aggravé. Les différents types de droits qui s'empilent, droit de l'artiste, droit du propriétaire de l'oeuvre, droit du photographe reproduisant l'oeuvre, rendent les publications de plus en plus onéreuses. Dans le cas de l'art contemporain, les revues les plus prestigieuses sont en butte à de graves difficultés. Les associations ou les fondations gérant les droits des artistes sont souvent intraitables et, si l'on veut obtenir une exonération, il faut l'accord de l'ensemble des ayants-droits, ce qui relève souvent du parcours du combattant. Comme le soulignait en juin 2000 l'historien de l'architecture Gérard Monnier : " nous nous faisons un devoir de constater l'absence d'équivalent du droit de citation littéraire pour la mention photographique des œuvres plastiques et architecturales. Nous demandons pour ces domaines une franchise équivalente au droit de citation pour les images qui sont nécessaires aux manifestations et publications scientifiques, culturelles et critiques ". Ne pourrait-on pas explorer cette piste juridique ?

D'autre part, la période récente a vu le développement rapide des banques de données informatique, en interne ou en ligne. Nous savons tous que bon nombre d'entre elles, d'une utilité scientifique indéniable, naissent presque clandestinement dans des centres de recherche qui repiquent sans le déclarer des images dont ils ne pourraient jamais acquitter les droits. Ce piratage pour la bonne cause peut-il durer longtemps ? Bien malin qui peut le dire. Il semble en tout cas que les chercheurs s'abritent derrière le raisonnement suivant : traquer les documents sur le web à la recherche de contrevenants risque pour les détenteurs des droits de prendre tant de temps et d'énergie qu'il n'est pas sûr que les coûts de l'amende hypothétiquement levée couvrent les coûts du recouvrement. Il serait beaucoup plus sain d'établir des procédures internationales claires pour les produits documentaires électroniques à fins scientifiques, une sorte de charte des droits et devoirs, où plus que la propriété des objets reproduits en question, c'est la finalité du produit qui serait au centre de l'attention.

De tous ces soucis, l'Union Académique Internationale s'est fait l'écho récemment, en lançant une enquête auprès de ses membres. Sa motion votée en août 1999 à Cracovie appelle à une réaction face à " l'érosion des pratiques traditionnelles équitables assurant la copie à des fins de recherche, d'enseignement et d'étude ainsi que d'édition savante " et il importe de la relayer ici-même. Parmi les contributions, je relève une suggestion émise dans le rapport soumis par l'Académie royale de Belgique, " comme il est difficile de tracer une distinction nette entre les publications scientifiques et celles qui poursuivent une finalité purement économique, il est suggéré de subordonner l'autorisation au paiement d'une redevance proportionnelle au profit procuré par la publication. Le paiement d'une redevance fixe paraît moins recommandable car son montant risque d'être excessif pour un chercheur et insuffisant en cas de publication bénéficiant d'une diffusion étendue ". Cette approche pragmatique me paraît neuve et mérite d'être examinée. Elle permet en particulier de distinguer dans les faits, a posteriori, et non sur la base d'une déclaration d'intentions, entre grande édition commerciale et publications de moindre ampleur économique.

Le CIPSH doit aussi se pencher sur la dimension éthique du droit de l'auteur, né aux XVIIIe et XIXe siècles du souci légitime de protéger les créateurs des plagiaires ou des contrefacteurs. Mais, comme l'ont bien souligné Peter Jaszi et Martha Woodmansee dans un article publié à l'automne 1996 dans le South Atlantic Quarterly ainsi que les signataires de la déclaration de Bellagio en 1993, ces dispositions juridiques se fondaient sur une conception unipersonnelle de l'auteur, et ne rendaient pas compte des oeuvres créées dans des sociétés traditionnelles et n'intégraient pas la dimension de création et de patrimoine collectifs d'une communauté. Or les objets qui sont nés de ces cultures sont entrées dans le circuit marchand et muséal. Les droits de reproductions de ces oeuvres reviennent à ces propriétaires, publics ou privés, mais les communautés qui les créent en restent exclues. Une extension de la notion de " domaine public " pourrait être envisagée ; en tout cas, il paraît indispensable d'associer aux réflexions sur ces questions des représentants des communautés traditionnelles et des juristes spécialisés dans la défense de leurs intérêts culturels et matériels.

Sur la question des droits de reproduction, je crois que le moment est venu d'engager l'ensemble du CIPSH dans une démarche volontariste auprès de l'UNESCO. Certes, le débat est compliqué par des disparités locales, par les différences entre les pays de tradition anglo-saxonne liés au copyright et à la notion de déclaration ou d'enregistrement de l'oeuvre auprès d'une instance compétente, et les autres pays où le droit d'auteur est lié à la notion de création sans nécessité absolue de déclaration. Néanmoins, pourquoi ne pas mettre sur pied une commission comprenant des juristes, des membres du CIPSH, des représentants du monde des musées et des bibliothèques publiques, et donc des membres de l'ICOM et de l'IFLA, des éditeurs, gros et petits, des représentants des associations de droits d'artistes, comme ADAGP, et des représentants des communautés traditionnelles ? Cette commission serait chargée d'émettre des recommandations qui devraient être transmises ensuite par les voies les plus officielles et mises à l'ordre du jour d'une prochaine Assemblée générale de l'UNESCO.

Après avoir lancé cette suggestion, je voudrais à présent tirer une autre sonnette d'alarme, au sujet de la reproduction par l'image des oeuvres architecturales. Un exemple récent montre que le droit à l'image n'est pas toujours garanti. Comme l'a montré un récent bulletin de la section française de do.co.mo.mo (l'association pour la documentation et la conservation des édifices, sites et ensembles urbains du mouvement moderne), il a été impossible au journal Le Monde d'illustrer un article sur le palais de justice de Bordeaux, édifice pourtant payé par des deniers publics, " en raison de l'opposition de l'architecte du bâtiment, Richard Rogers, au nom du droit d'auteur, et sous peine de poursuites judiciaires ". Il faut dire que la construction aurait été entachée de malfaçons, qui n'étaient pas du fait de l'architecte, mais qui avaient suscité des polémiques. Il n'en reste pas moins qu'il nous semble qu'aucun droit extrapatrimonial ne peut venir limiter la liberté de reproduire l'image d'un bien", pour reprendre les termes employés par Jean-Michel de Kermadec, quand il s'agit de fins culturelles ou dans un but d'information au public. Que des journaux pratiquent l'auto-censure et empêchent de faire connaître correctement un bâtiment public à l'occasion de son inauguration, que la mainmise d'un architecte sur l'image de son oeuvre dépasse le stade de l'autorisation de reproduction à des fins commerciales pour contrôler toute publication, même à des fins non-lucratives, semble une dérive dangereuse. Il importe dans une assemblée comme la nôtre de réprouver solennellement de telles pratiques.

Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL souligne l’importance de ce problème et propose que l’Assemblée générale constitue un comité ad hoc pour s’occuper de ce problème et qui serait chargé d’étudier les termes de la question, d’élaborer des propositions et d’envisager des formes éventuelles de les soumettre aux différentes instances internationales concernées. M. AYMARD se dit lui-même disponible à intégrer ce comité.

Le Président LABASTIDA donne la parole à MM. ANATI et CHA qui ont demandé d’intervenir.

M. ANATI témoigne du fait que la législation et la pratique du copyright est désormais tellement répandue que même les aborigènes australiens ne permettent plus aux chercheurs de publier les photographies des sites d’art rupestre. Un cas éclatant a surgi lorsqu’une photo du drapeau aborigène a été reproduite sur une brochure et les aborigènes ont demandé un dédommagement pour cette publication non autorisée. Il s’agit de trouver un point d’équilibre entre le droit des propriétaires et l’exigence de permettre l’accès à l’information.

M. CHA soulève la question inverse et indique que pour la première fois en Corée il existe un mouvement parmi les savants pour protéger le copyright de leurs travaux. C’est un phénomène plutôt nouveau en Corée et qui a déjà acquis une certaine vigueur.

M. DE PAEPE souligne l’importance que revêt cette question pour l’UAI, qui a fait circuler sa motion de Cracovie parmi ses membres et a reçu une série de réponses très variées, surtout à cause de la diversité des situations locales. Cela montre que seul un organisme à structure largement internationale peut avoir quelques espoirs de succès sur ce point. L’UAI supporte donc fortement cette initiative et exprime le vœu que Mme CAVINESS fasse partie du Comité ad hoc.

M. MARAZZI se dit également d’accord, mais invite à distinguer entre cette question et l’exigence des différentes cultures de voir respectés leurs conceptions et leurs usages des images. Mme HACKETT évoque la possibilité qu’une table ronde à ce sujet soit organisée lors de la prochaine Assemblée générale. M. WELLS considère que ce problème est extrêmement important. Il suggère que les Secrétaires généraux des Organisations membres soit tenus au courant des travaux et des résultats de ce Comité, afin de pouvoir les diffuser parmi leurs associations. Il signale également le problème complémentaire des reproductions sauvages des ouvrages, par exemple par la pratique des photocopies, ce qui pose énormement de problèmes aux éditeurs.

M. ROBERT rejoint les autres participants quant à l’importance de la question. Il souligne également un problème qui touche tout particulièrement les historiens et qui est le blocage du droit de reproduction des archives, p.ex. en ce qui concerne les correspondances privées. Ceci est en train de devenir un problème majeur pour les historiens. M. DE PAEPE rappelle la disposition du Conseil de l’Europe relative à la communication des archives et insiste sur l’importance d’aborder la question dans son ensemble et de manière globale.

M. AYMARD propose que le CIPSH fasse de cette question une priorité. Il insiste sur l’importance d’intervenir auprès des différentes instances internationales ainsi que d’agir au niveau des Commissions nationales, car chaque pays a des problèmes différents. Par exemple en France existe le problème des rapports entre les éditeurs et la Réunion des Musées Nationaux, qui a une sorte de monopole à ce sujet.

Le Comité ad hoc est donc constitué. Il sera formé par MM. SÉNÉCHAL, AYMARD et CHA et par Mme CAVINESS. D’autres pourront s’y joindre ultérieurement.

Diogène

Le Président donne la parole à Mme Paola COSTA, rédacteur en chef de la revue Diogène.

Mme COSTA signale que deux points doivent être intégrés au rapport qui figure dans les documents de travail distribué aux intervenants.

1) La possibilité de mettre sur le web l’édition espagnole de Diogène a été évoquée lors de la réunion du Bureau. Elle pourrait être hébergée sur le serveur de l’UNAM ou même de l’UNESCO; ces deux possibilités restent à explorer.

2) Un numéro thématique consacré à "Art et politique", proposé par M. Sénéchal, pourra être programmé pour le biennium prochain. M. Sénéchal proposera un guest editor possible.

Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL souligne que le passage de l’édition française aux PUF s’accompagne d’un déficit imprévu relatif au nombre d’abonnés et qui s’étalera sur 2/3 ans. Tout dépend de l’éventualité que la coupure de 20% imposée par l’UNESCO pour 2000-2001 soit maintenue ou pas. Si elle est maintenue, Diogène et le CIPSH se trouveraient dans une très grosse difficulté. Il informe l’Assemblée qu’il fera du rétablissement des crédits pour Diogène une priorité dans sa négotiation avec l’UNESCO.

À une question de M. DE PAEPE, Mme COSTA répond que les différentes éditions de Diogène ne donnent aucune retombée économique, car traditionnellement la revue n’a pas été conçue de cette manière. Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL observe que tout ce que l’on peut espérer, c’est de diminuer ce que l’on donne aux éditeurs et qu’on n’a toujours pas réussi à trouver les 3000 dollars nécessaires pour l’édition russe. M. DE PAEPE remarque qu’il existe en Chine un véritable intérêt pour une approche disciplinaire large. Il serait donc bien que le CIPSH et Diogène puissent prendre part à la session de l’UAI qui aura lieu à Pékin en mai-juin 2001.

M. ANATI souligne que la distribution de la revue reste limitée. M. MARAZZI évoque la possibilité de sonder auprès de l’Union européenne, qui accorde des contributions pour l’édition. M. PASCHOUD observe que le prix de l’abonnement paraît excessivement faible.

À cela, le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL souhaite répondre tout d’abord en sa qualité de bibliothécaire. Diogène est perçu comme une revue de culture et non pas comme une revue spécialisée qui pourrait bénéficier d’une action de regroupements de chercheurs auprès de leurs bibliothèques respectives. Devant des augmentations éventuelles de prix, il serait donc facile pour les bibliothèques de réaliser des économies sur Diogène, car d’autres revues seraient mieux défendues; cela d’autant plus que les bibliothèques se trouvent à présent sous le feu croisé des abonnements qui montent et du fait que la plupart des abonnements sont en dollars, dont la montée constitue un surcoût important. Le problème que le Secrétaire général pose à l’Assemblée est de savoir jusqu’à quel point le CIPSH doit prendre sur soi le déficit de Diogène. Il considère que, si la coupure de l’UNESCO n’est pas reconduite, cela devient jouable; autrement, ce sera beaucoup plus difficile. Dans ces conditions, d’ailleurs, la tâche de préparer la revue s’avère particulièrement lourde et il faut remercier toute l’équipe qui prépare la revue, et Mme COSTA en particulier.

Rapport du Comié du Budget

Aucune autre intervention n’étant sollicitée, le PRÉSIDENT propose que l’on passe au point suivant et donne la parole à M. WELLS, rapporteur du Comité du Budget.

M. WELLS

The Budget Committee of the XXVth session of the General Assembly of the ICPHS met in Buenos Aires on Tuesday 26 September 2000. The Committee was composed of Mr David Wells, FILLM (Chairman), Mr György Hazaï (UIEOA), Mr Antonio Marazzi (UISAE) and Mr Philippe Sénéchal (CIHA). Mr Maurice Aymard, Secretary-General, was present, and Mme Janette Arnulf, Administrative Assistant, Mme Jeanne Delbaere-Garant, Treasurer and Mr Luca Scarantino, Deputy Secretary-General, were present ex–officio and in an advisory capacity.

The Secretary General, Mr Maurice Aymard, welcomed the members on behalf of the Board. Referring to the financial problems of UNESCO in the current and political context, he emphasized the importance of introducing an innovatory dimension into projects presented for support.

The Officers advised that, once allowance had been made for general administrative charges and the cost of supporting a maximum of 192.000US$ could reasonably be expected in respect of the programme activities of the member organisations for the 2002-2003 biennium, the same as for the previous biennium. The Committee noted that applications for a total of 362.617US$ had been received from the member organisations, a substantially higher sum than on the previous occasion. Over 30% of the applications were attributable to the UAI.

The Committee examined the requests in detail and was satisfied that the very high scholarly standard of projects proposed had been maintained, notwithstanding current pressures on humanities disciplines on a global basis. By applying reductions as equitably as possible across the different subject-areas the Committee reduced the global sum to 80.500 US$ & 108.800 Euros.

Decisions were facilitated by the recognition that many of the sums applied for exceeded the limits permissible under the regulations; by awarding grants in Euros rather than in US dollars, depending on the location of the congress/event or the place of publication; and by considering factors such as the financial support already obtained for some projects by major international trusts, and an evidently exaggerated perception of the intended print run of some publications.

With regard to publications, the Committee reiterated its view, expressed at its meeting in Naples (October 1998), that some member organisations should pay more attention to financial savings available in consequence of the new printing technology and, instead of relying on traditional sources of funding, should consider moving to on-line and/or CD-ROM publication of works such as bibliographies.

M. WELLS remarque ensuite que, le Conseil international des études africaines (CIAF) étant en veilleuse, ceci constitue une difficulté supplémentaire pour l’attribution d’un plus grand nombre de subventions à des activités en Afrique.

M. DE PAEPE souhaite aborder plusieurs points.

1) Le nombre relativement important de demandes de subventions présentées par l’UAI s’explique moins par des raisons strictement financières que par un choix politique de la part de l’UAI, plutôt discrète dans le passé. L’idée est d’interpeller le CIPSH sur un nombre élevé de projets à la fois comme marque d’attention de la part de l’UAI vis-à-vis du CIPSH et pour souligner les initiatives de ce dernier, avec l’espoir qu’à terme l’on puisse atteindre l’UNESCO;

2) Il est souhaitable que les éléments précis contenus dans le rapport du Comité du Budget puissent être pris en compte dans les réunions ultérieures;

3) Les demandes de subventions qui parviennent au CIPSH sans être passées par les Organisations membres devraient être redirigées vers celles-ci;

4) Il serait souhaitable que les recommandations du Comité du budget soient distribuées dans leur ensemble aux délégués afin que ceux-ci puissent disposer d’une vue globale sur le budget.

Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL adjoint observe que les recommandations du Comité du budget sont à la disposition de tous les délégués. Elles ont été ventilées séparément suivant l’usage adopté à Naples. Un jeu aussitôt circule parmi les délégués. Il est clair que dès la prochaine Assemblée générale on procédera directement de cette façon. M. PASCHOUD est aussi d’accord sur l’utilité d’avoir une vue générale sur les chiffres. Il souligne aussi la modération dont a fait preuve la FIEC, en particulier en ce qui concerne la demande pour l’Année Philologique. Ceci est dû entre autres au fait qu’il existe désormais une version éléctronique de l’APh. Un projet semblable existe aussi pour le Thesaurus linguae latinae.

Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL remercie les délégués pour ces observations et assure qu’elles seront prises en compte à l’avenir. On s’efforcera désormais de préparer un projet de budget global prévoyant différénts cas de figure et différentes hypothèses. Concernant les moyens électroniques, on constate que, en dépit de l’attitude quelque peu conservatrice présente parfois dans le milieu des sciences humaines, les choses sont bien en train d’évoluer. Il faut rappeler d’ailleurs que le coût de l’impression devient de plus en plus lourd. Ce point a été soulevé par le Secrétaire général lors d’un récent colloque à Rio de Janeiro, où il avait été invité en tant que Secrétaire général du CIPSH. Par ailleurs, il existe un nombre croissant de revues scientifiques publiées directement sur le Web; le cas de Cybergeo, qui est devenue une revue respectée dans la profession, est éloquent.



Questions diverses - Date et lieu de la prochaine Assemblée générale

Concernant la discussion plus générale de points abordés dans le rapport moral, le Secrétaire général veut insister sur l’importance d’intensifier davantage les relations avec les Organisations membres. Cela doit également se faire par des projets communs. Il cite l’idée, discutée depuis un certain temps avec l’UNESCO, d’un colloque portant sur les "classicismes" propres aux différentes cultures et sur le rôle que ces différents points de repères culturels jouent dans la définition des systèmes éducatifs.

M. SÉNÉCHAL appuie totalement l’idée, contenue dans le rapport du Secrétaire général, d’ouvrir le CIPSH à d’autres Organisations. En même temps, cette démarche doit s’accompagner d’un travail de "repêchage" des Organisations moins actives. Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL souligne qu’on touche là à la question de la structure du CIPSH, qui est composé d’organisations spécialisées à structure internationale, avec l’exception du CIAF, qui n’a pas réussi, et de l’UAI. L’idée est d’élargir la base d’appui du CIPSH à la dimension régionale en s’appuyant sur des centres régionaux. La structure spécialisée internationale actuelle doit ainsi être intégrée à deux niveaux: l’incorporation de nouvelles organisations et l’appui sur des centres à rayonnement régional.

M. HAZAI souligne qu’il serait très utile de mettre rapidement en application la proposition du Secrétaire général de reconstituer un annuaire à jour des Organisations membres et de leurs associées, afin d’avoir un cadre d’ensemble des organisations affiliées au CIPSH.

Plusieurs délégués (DE PAEPE, WELLS, PASCHOUD) insistent sur le fait que le rapport de l’Assemblée générale doit être préparé et envoyé très rapidement. M. DE PAEPE ajoute qu’il est important que le Président ou le Secrétaire général soient présents aux grandes réunions périodiques des Organisations membres; ceci est capital pour la "visibilité" du CIPSH à l’intérieur même des Organisations. Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL se dit d’accord sur ces points. Le rapport de l’Assemblée sera établi et envoyé avant la fin de l’année. Il invite les Organisations qui souhaitent présenter des textes faisant état de leurs activités à les envoyer au secrétariat, pour qu’ils soient annexés au procès-verbal. Il formule également le vœu que chaque responsable d’Organisation envoie les principaux textes de synthèse de ses activités aux autres Organisations. Il assure que le CIPSH fera le possible pour être présent aux réunions des différentes Organisations et évoque notamment la possibilité de participer à l’Assemblée de l’UAI à Pékin.

Deux propositions ont été reçues pour la prochaine Assemblée générale: l’une présentée par l’Académie chinoise des sciences sociales, l’autre par M. HOUNTONDJI pour le Bénin et qui avait déjà été avancée à Naples. Celle-ci se ferait en liaison avec le colloque "Rationalité" déjà prévu à cette époque, ce qui permettrait une ouverture considérable sur le milieu spécialisé africain. La proposition financière apparaît également jouable. L’invitation chinoise n’ayant pas répondu de manière précise sur le plan des engagements financiers, il est donc proposé de retenir la proposition béninoise, sous réserve de vérification des engagements financiers, et d’étudier avec la CASS la possibilité de reporter leur invitation à l’Assemblée générale de 2004. Pour les dates, on indique la période août-septembre, avec une préférence pour le début du mois de septembre.

 

Clôture & fin

Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL remercie l’Assemblée pour l’aide reçue et rend la parole au Président. M. LABASTIDA se dit très content de l’atmosphère dans laquelle s’est déroulée l’Assemblée. Il est évident qu’un dialogue soutenu a recommencé entre le Bureau et les Organisations membres. Il faut que cet engagement mutuel entre le secrétariat, le Bureau et les Organisations continue. C’est bien cela qui permettra d’avoir une présence réelle au sein de l’UNESCO, dont la politique générale n’est pas encore définie et où il faut assurer une présence intellectuelle forte. Le PRÉSIDENT remercie les délégués et lève la séance.

La séance est levée à 17h45.

 

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