RETOUR AU CALENDRIER
M.Favier
Mme Magnant
M. Murthy
M. Renaut
Mme Cabré
Mme Ter-Minasova
M. Auh
M.Cunningham
M Koul
M. Renard
M. Silvio
M. Delany
M. Hara
M. Pimienta
M. Danzin
M.Diki-Kidiri
M.Kobayashi
M. Millan
M. Kuhlen
Mme Soboleva
M. Szinger
Mme Finnbogadottir
M.Nabil Ali
SÉANCE
D’OUVERTURE ; Monsieur Jean FAVIER
-
Monsieur le Directeur général,
(M. Matsuura)
-
Madame la Présidente,
(Mme Finnbogadottir)
-
Monsieur l’Administrateur général,
(M. Dehaybe)
-
Madame la Déléguée
générale, (Mme Anne Magnant)
-
Mesdames et Messieurs,
Je suis heureux de vous
souhaiter la bienvenue à ce colloque sur " Le plurilinguisme dans
la société de l’information " que la Commission française
pour l’Unesco organise en coopération avec l’Unesco et l’Agence
intergouvernementale de la Francophonie et avec le soutien du Ministère
des Affaires Étrangères et du Ministère de la Culture
et de la Communication.
Cette conjonction des efforts
de nos différentes institutions pour attirer l’attention de tous
sur cet enjeu de la défense et de la promotion du plurilinguisme
sur les réseaux électroniques ne tient aucunement au hasard.
De nombreuses réflexions sur le développement et l’avenir
d’Internet concluent à l’avènement inéluctable d’une
" toile " électronique toujours plus dense. Son maillage serait
alors destiné à devenir planétaire, ne laissant aucun
continent ou aucun pays en marge de cette révolution électronique.
Cependant, l’évolution
très diverse que l’expansion d’Internet a connue sur les différents
continents infirme largement cette vision optimiste du progrès informatique
de notre planète. Nul n’est besoin de rappeler quels aléas
connaît le développement des réseaux électroniques
sur le continent africain. La route est encore longue qui mènera
les différentes parties du globe à un accès égal
à Internet.
Peut-on cependant se contenter
de souhaiter la multiplication des accès à Internet, la croissance
quantitative des équipements informatiques? Il faut également
s’interroger sur le contenu et sur le message transmis et répandu
par ces vecteurs d’information et de communication. Alors que la croissance
des réseaux électronique doit faire l’objet d’attention et
d’efforts particulièrement soutenus, il est tout aussi crucial de
s’interroger sur la finalité de ce développement.
A cet égard, il est
sans doute utile de citer quelques chiffres. En l’an deux mille, une étude
a estimé que 49,9% des 391 millions d’internautes étaient
des personnes de langue anglaise. Mais les deux tiers des pages Internet
(68,4% selon cette étude) étaient rédigées
en anglais. Pourquoi une telle disproportion? Les raisons semblent multiples.
Cet écart statistique doit cependant nous inciter à poser
cette question fondamentale: ne faut-il pas veiller à ce que l’extension
Internet à des ensembles culturels plus nombreux s’accompagne d’une
diversification des langages utilisés dans les contenus de ses sites?
Si la Commission française
pour l’Unesco organise aujourd’hui un colloque sur le thème " Le
plurilinguisme dans la société de l’information ", c’est
bien parce que nous pensons qu’il s’agit ici d’un enjeu fondamental du
développement futur de l’univers des réseaux. Que signifie
en effet la volonté de réduire l’écart entre la diversité
géographique des utilisateurs Internet et l’évidente domination
d’un unique idiome sur les contenus consultables sur le net? Il ne s’agit
pas uniquement d’une question d’équité linguistique. Au-delà
de cette première préoccupation, c’est aussi la préservation
d’identités et d’originalités culturelles qui est en jeu.
Le débat n’est cependant
pas circonscrit à la défense et à l’illustration de
patrimoines culturels. Bien plus largement, il permet de poser la question
de l’équité des normes et des accords internationaux et multilatéraux
en matière d’outils électroniques et de contenus virtuels.
Peut-on en effet imaginer le respect d’une forme minimale de diversité
linguistique et culturelle sans outils juridiques appropriés, sans
effort minimal de concertation entre les États? Nous pensons que
cela est définitivement impossible.
C’est pour l’ensemble de
ces raisons que le colloque auquel j’ai eu le plaisir de vous inviter aujourd’hui
n’entend pas restreindre ses interventions et débats à un
seul champ d’investigation. Cette première matinée sera ainsi
consacrée aux progrès et innovations techniques qui sont
la nécessaire condition de l’usage plurilingue des réseaux.
Comment serait-il possible d’envisager la coexistence de nombreux idiomes
sur Internet s’il n’existe pas entre eux ces liens que sont les logiciels
de traduction? C’est en effet le perfectionnement continu des outils de
traduction qui peut, au premier chef, permettre la coexistence de plusieurs
langues sur Internet.
Le plurilinguisme sur Internet
ne deviendra cependant réalité que si le passage et l’évolution
entre des sites rédigés en différentes langues peut
s’effectuer sans obstacle et sans délai. Ne faut-il pas considérer
alors que la traduction n’est qu’un aspect de l’accès plurilingue
au contenu des réseaux? C’est pourquoi nous nous intéresserons
également au développement des capacités des annuaires
plurilingues et à la publication des terminologies en des formats
utilisables par des traitements automatiques.
On ne saurait cependant circonscrire
le débat aux seules questions techniques. Ces outils n’existent
que par l’usage que l’on en fait, et plus encore l’usage que l’on est capable
d’en faire. Les capacités linguistiques des utilisateurs sont ici
des enjeux de première importance. C’est tout d’abord par l’apprentissage
des idiomes les plus couramment utilisés sur Internet que l’on pourra
assurer une utilisation efficace des réseaux par l’ensemble de leurs
utilisateurs, notamment par les citoyens de pays en développement.
Cette expansion linguistique
ne doit cependant pas être sans réciproque, et elle ne peut
se résumer à la pratique toujours plus répandue d’un
idiome dominant. Il y a également là un combat culturel à
mener, pour s’assurer de la numérisation de fonds littéraires
et d’oeuvres scripturales en version originale. Il nous faudra alors constater
que cette défense de la diversité linguistique est également
motivée par la volonté de respecter, sur les réseaux,
une nécessaire diversité culturelle.
Enfin, nous ne pourrons conclure
sans nous interroger sur les bases d’une coopération internationale
efficace en matière de respect de la pluralité linguistique
sur les réseaux. Peut-on en effet imaginer que cet effort de diversification
des langues utilisées sur les réseaux puisse aboutir sans
un minimum de concertation entre les États et d’ entente sur des
textes normatifs fondamentaux acceptés par tous?
Ainsi, ce dernier champ thématique
nous permettra de nous interroger tout d’abord sur la situation des pays
en développement et sur les bases de leur coopération avec
les pays largement dotés en accès aux réseaux. Enfin,
il sera nécessairement question du rôle des pouvoirs publics
et des institutions internationales dans la définition de règles
équitables de coopération internationale.
Je ne peux conclure ce préambule
sans rappeler que cette initiative de la Commission française s’inscrit
dans le cadre des initiatives et des réflexions qui prennent actuellement
forme au sein de l’Unesco. Je fais bien évidemment référence
au projet de recommandation sur la promotion et l’usage du plurilinguisme
et l’accès universel au cyberespace que le Directeur général
présentera aux Etats-membres lors de la prochaine Conférence
générale.
La vocation de ce colloque
est bien de formuler des propositions et d’ébaucher des solutions
pour l’ensemble des problèmes que pose la réalisation de
tels objectifs. Nous souhaitons vivement que les réflexions qui
naîtront ici contribuent à clarifier le débat et à
en préciser les termes.
Intervention de Madame Anne MAGNANT
déléguée
générale à la langue française, ministère
de la culture et de la communication
Madame la Présidente,
Monsieur le représentant du Directeur général de l’Unesco,
Monsieur l’administrateur général de l’AIF, Monsieur le président
de la Commission nationale, Monsieur l’Ambassadeur, Mesdames et Messieurs,
La France se félicite
que la Commission Nationale Française auprès de l’Unesco
ait pris l’initiative de proposer ce colloque international sur le plurilinguisme
dans la société de l’information.
La France, en effet, attache
une importance toute particulière à la diversité culturelle
et linguistique. La politique pour la promotion du français s’accompagne
de la promotion du plurilinguisme. Un de ses objectifs est la généralisation
la plus large, en France, en Europe et au niveau international de l’apprentissage
de deux langues en sus de la langue maternelle.
Les actions de la France
Dès l’apparition de
l’internet au début des années 1990, la France s’est préoccupée
de la place réservée au français et aux autres langues
sur ce nouveau support de communication, notamment grâce aux réflexions
de M. André Danzin. Le Programme d’action gouvernemental pour l’entrée
de la France dans la société de l’information (PAGSI) décidé
en 1998 pose le principe d’un accès le plus large possible au cyberespace.
L’appropriation des technologies
de l’information et de la communication passe par la création de
contenus diversifiés en français sur l’internet. Le Pagsi
a pris une série de mesures pour favoriser la mise à disposition
gratuite sur l’internet des données publiques culturelles, administratives
et juridiques. La bibliothèque nationale avec son site Gallica délivrant
plus de 300 000 titres sous forme numérisée, les sites de
l’internet des grands établissements publics tels que le Louvre
ou le musée d’Orsay, constituent des exemples d’excellence dans
ce domaine. Ces réalisations prestigieuses sont relayées
par le plan de numérisation du ministère de la culture (plus
d’un million d’images de collections picturales et photographiques numérisées)
et par les initiatives prises dans les régions. Le site Légifrance
permet d’accéder aux textes officiels, le site Service-public.fr
propose un portail d’accès à l’ensemble des services de l’administration.
L’administration compte aujourd’hui plus de 2500 sites de l’internet (dont
1 600 pour l’administration centrale) qui sont autant de lieux de diffusion
gratuite des données publiques. Les fonds d’aide à la création
multimédia pour les artistes, les fonds destinés à
la diffusion de l’information et de la presse écrite ou audiovisuelle
en ligne aident les différents acteurs à être présents
sur l’internet.
Le Pagsi comporte également
une série de mesures qui concernent directement les langues et le
plurilinguisme : création de termes en français pour l’appropriation
des technologies de l’information et de la communication (TIC), traduction
en plusieurs langues des sites de l’administration mais aussi des mesures
très techniques telles que le développement de ressources
linguistiques et des outils de traitement informatique du langage pour
maîtriser la traduction entre les langues, le suivi des processus
de normalisation technique des logiciels et du web afin de permettre le
plurilinguisme dans la société de l’information. L’Union
Européenne et le Conseil de l’Europe ont déclaré 2001
" année européenne des langues ". À cette occasion,
le Ministère de la Culture lance " les points plurilinguisme " dont
l’objectif est de favoriser la création de lieux de proximité
pour l’apprentissage des langues en auto-formation grâce aux TIC.
Sur ces sujets, on observe
que les opérateurs ont été sensibles au désir
des internautes d’utiliser les technologies dans leur langue : les logiciels
et les sites sont conçus en plusieurs langues, les adresses internet
et de messageries électroniques vont intégrer les caractères
de nombreuses écritures (le chinois, le japonais, etc.). On observe
également que le thème de la diversité linguistique
et culturelle est repris par les grands forums internationaux tels que
le G8, l’OCDE, les Nations Unies dans le cadre de l’ECOSOC et bien sûr
l’Union européenne, qui a adopté sous la Présidence
française en décembre dernier le programme européen
pour le développement du contenu numérique européen
sur les réseaux et la promotion de la diversité linguistique
dans la société de l’information.
Les enquêtes récentes
sur l’internet montrent d’ailleurs une progression spectaculaire du nombre
des internautes non anglophones , qui représenteraient aujourd’hui
moins de 50% des internautes.
Il n’y a cependant pas de
raison de crier victoire et les inquiétudes demeurent très
grandes : le développement spectaculaire de la société
de l’information ne concerne qu’une petite partie de l’humanité,
des régions entières du globe sont absentes des réseaux
mondiaux, des continents entiers de connaissances, de patrimoine, d’expérience
historique et de trésors culturels, sont menacés d’oubli,
voire de destruction. Le creusement du fossé numérique n’est
pas seulement un problème technologique, il est porteur de menaces
pour la cohésion sociale, pour la compréhension entre les
peuples et comme tel vecteur de conflits. Les coopérations Nord-Sud
et Sud-Sud sont plus que jamais nécessaires pour accélérer
les transferts de connaissances, de savoir faire et de technologies ; elles
réclament un rassemblement de tous les efforts, et c’est un thème
majeur de la coopération francophone.
L’Unesco
C’est ici que l’Unesco a
un rôle irremplaçable à jouer et que nous attendons
beaucoup d’elle. Au milieu du concert des pays développés
et des forums conduits par les industriels et les représentants
des intérêts privés, l’Unesco retrouve sa vocation
originaire, qui est de fournir des orientations, au dessus des intérêts
particuliers, et de représenter l’intérêt général,
pour ne pas dire universel. Le programme " Mémoire du monde " de
l’Unesco a permis de prendre la mesure des menaces qui pèsent sur
la préservation des richesses culturelles (manuscrits anciens, films
sur support nitrate et collections photographiques...) et d’y porter remède
par la numérisation. Le programme " initiative B@bel " adopté
lors de la dernière Conférence générale a mis
en œuvre des activités concrètes visant à développer
le plurilinguisme sur les réseaux d’information et à encourager
un véritable partenariat entre les pouvoirs publics, les entreprises
et la société civile. Sur le sujet du plurilinguisme et de
la mise à disposition des données publiques et de l’exploitation
des contenus du domaine public dans le cyberespace, les réflexions,
les propositions et les initiatives de l’Unesco sont très attendues
parce qu’elle est le lieu idéal pour porter cette exigence.
Remerciements
Je voudrais ici remercier
la Commission française auprès de l’Unesco pour les efforts
et les initiatives qu’elle consacre à la promotion du plurilinguisme
et de la diversité culturelle au sein de cette enceinte. La présente
réunion en est une parfaite démonstration, et nous savons
à l’avance qu’elle sera riche d’enseignements.
Enfin, je remercie tout particulièrement
l’Unesco et son Directeur général, M. Koïchiro Matsuura,
pour le soin apporté à l’élaboration du projet de
recommandation pour la promotion et l’usage du multilinguisme et l’accès
universel au cyberespace, dont nous espérons l’adoption lors de
la 31e session de la Conférence générale qui se tiendra
à l’automne prochain.
Intervention
de Monsieur Rainer Kuhlen
Linguistic and cultural
diversity (LCD) on the net
A communicative challenge
rather than a linguistic one –more subject to discourse than to regulation
[prelimary version]
Rainer Kuhlen
University of Konstanz
– Humboldt-University at Berlin
rainer.kuhlen@uni-konstanz.de
Language diversity in
the information society
An international colloquium
organized by the French commission for the UNESCO
What is at stake in linguistic
and cultural diversity?
The central questions to
be discussed in this talk are as follows:
Is the concept of fair use
developed in the copyright context applicable to the problem of linguistic
and cultural diversity (LCD)? Is public regulation or the definition of
legal rules for the preservation of LCD necessary, and how can that be
achieved, particularly taking the multilateral perspective into account?
Will legal/political regulations be gradually replaced by software code?
Who are the actors or which are the instruments which can threaten or secure
the goal of protecting LCD? Does LCD constitute an unresolvable conflict
of interests between public/political and private/commercial actors? Or
is there a long-term common interest in LCD, both for the public and for
economics?
Ist das Verständnis
von "fair use", das im Kontext von Copyright und Urheberrecht entwickelt
wurde, auf die Fragestellung kultureller und sprachlicher Vielfalt (KSV)
übertragbar? Ist die politische Regulierung von KSV unabdingbar und
wenn ja, wie kann sie durchgeführt werden, insbesondere wenn man die
globale Entwicklung im Blick hat? Werden politische Regulierungsversuche
zunehmend durch Softwarelösungen ersetzt? Wer sind die Hauptakteure
oder die Werkzeuge, die entweder KSV bedrohen oder sie absichern? Wird
durch KSV ein unauflösbarer Ziel- und Interessenkonflikt zwischen
den öffentlich-politischen und den privat-kommerziellen Akteuren beschworen?
Oder gibt es, zumindest unter langfristiger Perspektive ein gemeinsames
Interesse an KSV, das nur bewußt gemacht werden muß?
-
Learning from the principle
of fair use in copyright
The principle of fair
use had been developed (in the copyright environment) as a way of finding
a reasonable compromise between authors/publishers´ interest in getting
(financially) rewarded for the invention and production of some intellectual
good and the public interest in having new knowledge available, publicly
and under non-exclusive conditions. Copyright has never been an absolute
right of authors/publishers, but is – as one might call it – a finalized
right. Copyright was formulated with the intention of offering incentives
to authors/publishers to create new knowledge and to make it publicly available.
To put into differently: Authors/publishers rights need to be protected,
but not only as a goal in itself but as a useful function to satisfy the
public need for new knowledge in modern societies.
Das Prinzip des "fair use"
ist in der Copyright-Umgebung entwickelt worden, um einen vernünftigen
Kompromiss zu finden zwischen den Interessen der Autoren bzw. der Verlage,
für ihre Erfindungen oder für ihre Produktionsleistungen entschädigt
zu werden, und dem öffentlichen Interesse, erzeugtes Wissen öffentlich
und entsprechend zu nicht ausschließenden Bedingungen nutzbar zu
machen. Das Copyright war ursprünglich niemals ein absolutes Recht
der Autoren oder Verleger, sondern war eher ein funktionales Recht. Das
Copyright wurde garantiert, um Anreize für Autoren und Verleger zu
schaffen, Wissen zu produzieren und produziertes Wissen in entsprechende
Informationsprodukte umzusetzen, mit denen auch Geld verdient werden kann.
Aber dies war nicht das Primärziel, sondern wurde als geeignetes,
der menschlichen Natur Rechnung tragendes Mittel angesehen, das in der
bürgerlichen Gesellschaft stetig ansteigende öffentliche Bedürfnis
nach neuem Wissen befriedigen zu können.
"Fair use" means that the
conflict of different actors´ interests in new knowledge cannot be
resolved by supporting one position exclusively. It is not adequate that
new knowledge should be completely socialized and thus commercial knowledge
or information products should not be acceptable or even allowed. Complete
socialization of knowledge – at least in the current economic and political
environment of the western world – must be considered as a suppression
of private or even any initiative for the production of new knowledge.
On the other hand, it is
not adequate that knowledge should be considered a completely private good
which is subject to trade and commerce. By the latter understanding major
parts of the society would probably be hindered from accessing knowledge,
in particular those parties might be excluded from access who especially
need knowledge to overcome the disadvantages of their private, professional
and public life.
"Fair use" bedeutet also,
daß der angedeutete Interessenkonflikt zwischen den verschiedenen
beteiligten Akteuren nicht ausschließlich zugunsten einer Partei
entschieden werden kann. Es soll nicht sein, daß (neues) Wissen sofort
und gänzlich vergesellschaftet wird, so daß kommerzielle Wissens-
oder Informationsprodukte nicht akzeptabel oder gar nicht erlaubt wären
(auch wenn dies gegenwärtig von Teilen der Bürgerrechtsbewegung
der Netizens gefordert wird). Vollständiger Vergesellschaftung von
Wissen wird, zumindest unter den Bedingungen des gegenwärtigen ökonomischen
und politischen (westlichen) Systems, als tödlich für private
intiativen zur Erzeugung und Verbreitung von Wissen angesehen. Auf der
anderen Seite – und dies macht den Kompromiss des Fair use erforerlich
– darf es nicht sein, daß Wissen und Information gänzlich als
private und privat verwertbare Güter angesehen werden, weil dies einen
Großteil der Gesellschaft daran hindern würde, sich den Zugriff
zu Wissen und Information zu verschaffen, und zwar gerade für den
Teil der Gesellschaft, der darauf angewiesen ist, bestehende oder ererbte,
private, professionelle oder öffentliche Nachteile durch die Verfügung
und die Nutzung von Wissen zu kompensieren.
Knowledge is the major means
– both on a micro (individual) level and on a macro level (between nations
or regions) - to compensate for otherwise existing deficiencies. Support
measures for the production of knowledge and for the distribution of knowledge,
respectively for access to knowledge or information, financed by the public,
can be considered an investment by society in the future. The principle
of equality (equal opportunity for all) is unquestionably a central goal
in democratic societies. To achieve this goal of equal opportunity for
all, public support for the production of knowledge and for the dissemination
of information, respectively for access to information is fully justified,
even in market-dominated societies. Public financial support for the production
of knowledge in science and for the transfer of knowledge to institutions
such as schools, universities, libraries, archives or museums has never
been disputed. Public investment in knowledge production and in information
access is even more important in an elecronic environment to guarantee
equal opportunity for all.
Wissen trägt sowohl
auf der Mikroebene (also zwischen Individuen) als auch auf der Makroebene
(also zwischen Nationen oder Regionen) dazu bei, bestehende Nachteile oder
Ungleichgewichte zu kompensieren. Unterstützungsmaßnahmen für
die Produktion von Wissen und für die Verteilung von Information bzw.
für den Zugriff auf Wissen und Information, können, wenn sie
von der öffentlichen Hand geleistet werden, als Investititonen der
Gesellschaft in die Zukunft angesehen werden. Das Gleichheitsprinzip (gleiche
Chancen für alle) ist zweifellos eines der zentralen Ziele in demokratischen
Gesellschaften. Um dieses Ziel der gleichen Chancen für alle zu erreichen,
ist die öffentliche Unterstützung der Produktion von Wissen und
der Verteilung von bzw. des Zugriffs auf Information auch in markt-orientierten
Gesellschaften gänzlich gerechtfertigt. Finanzielle Unterstützung
der Wissensproduktion z.B. in der Wissenschaft oder für den Wissenstransfer,
z.B. in Schulen, Universitäten, Bibliotheken, Archiven oder Museen,
wurde niemals bezweifelt. Öffentliche Investitionen in Wissensproduktion
und Informationszugriff ist in elektronischen Umgebungen noch wichtiger,
um Chancengleichheit für alle zu garantieren.
-
Ethical foundation and technological
realization
Coming back to the
principle of fair use, the ethical foundation for the legal principle of
fair use (in its current form) – not leaving the balancing of interests
to market forces – can be seen in the public responsibility for a just
information environment where everyone has a fair chance to develop their
lives according their wishes. On the other hand, a well founded ethical
principle is not sufficient; it cannot be overlooked that the actual
realization of fair use principles is highly dependent on the technological
status of the production, distribution of and the access to information.
Ethics is the foundation of fair use and technology the means to implement
it. However, today there is some indication that the relationship between
ethics and technological realization is becoming reduced to a dominance
of software.
Wenn wir auf das Prinzip
des "Fair use" zurückkommen, dann können wir als die ethische
Grundlage des bislang rechtlich gesicherten Prinzip des "Fair use" die
öffentliche Verantwortung zur Bildung einer gerechten, die Verwirklichung
von Lebensplänen unterstützenden Informationsumgebung ausmachen
– „Fair use" kann danach nicht dem Interessenausgleich auf den Märkten
überlassen bleiben. Auf der anderen Seite kann nicht übersehen
werden, daß, wie auch sonst, ein gutes ethisches Prinzip nicht ausreichend
ist. Die Einlösung des „Fair use" Prinzips hängt wesentlich vom
technologischen Stand der Produktion, der Verteilung und der Zugriffsformen
für Information ab. Ethik mag die Grundlage für „Fair use" sein,
Technologie das Mittel, es zu verwirklichen. Der Verdacht ist heute gegeben,
daß die ethische Grundlage vergessen wird, und die technologische
Umsetzung in Form von Software sich verselbständigt.
In the past, the knowledge
industry was willing to accept fair use principles (such as the right to
make copies for one own´s usage or to enable the public to use knowledge
products for free via institutions like libraries) because – among other
factors – the available surveillance technology did not allow a complete
control of private usage of commercial information products. For example
it was not possible to hinder people from making private copies on photocopiers
which could not "read" or "understand" what they were copying and thus
could not control it. Nor was it possible to prohibit lending a book to
another person which one had bought oneself. This has changed drastically
in a fully electronic environment where the usage of electronic products
can be completely supervised, controlled and, consequently, billed down
to single bits.
In der Vergangenheit war
die Wissensindustrie unter anderem deshalb bereit „Fair use" Prinzipien
zu akzeptieren (z.B. das Recht zuzugestehen, Kopien von Wissensprodukten
für den eigenen Gebrauch zu ermöglichen oder die freie Nutzung
über öffentlich finanzierte Bibliotheken für jedermann zuzulassen),
weil die verfügbare Überwachungstechnologie keine vollständige
Kontrolle der privaten Nutzung von kommerziellen Wissensprodukten gestattet
– wie sollte z.B. bei verfügbaren Kopierautomaten, die nicht erkennen
können, was kopiert wird, das private Kopieren verfügt werden;
oder wie sollte verhindert werden, daß ein einmal gekauftes Buch
an andere Personen verliehen wird?
It is very likely that in
a fully electronic environment - without any further public intervention
and without new attempts to reformulate the principle of fair use - the
fair use compromise between public and private interests will be reduced
to a software problem of how to effectively and completely control the
usage of commercial information products. It was Lawrence Lessig who has
repeatedly drawn attention to the tendency that software such as digital
rights management (DRM) techniques may replace political and legal initiatives
to regulate the usage of information. DRM software has been developed to
protect private interests in knowledge and information against information
theft and piracy or – from another perspective – to restrict or to control
the free flow of information. Fully established DRM will break with the
fair use compromise. Using DRM publishers or content providers can lay
down exact rules concerning to what extent an information product can be
used, what is covered by the price a user is willing to pay, e.g. it can
be defined which hardware/software platform is allowed for its usage; how
long the user may have access to it; how many copies are allowed; whether
quotations from the "leased" product are allowed, …
Es ist mehr als wahrscheinlich
– falls nicht über eine öffentliche Intervention versucht, das
„Fair use" Prinzip neu zu formulieren -, daß in einer gänzlich
elektronischen Umgebung der „Fair use" Kompromiss zwischen öffentlichem
und privatem Interesse aufgekündigt wird und auf die Softwarefrage
reduziert wird, wie effektiv und vollständig die Benutzung kommerzieller
Wissensprodukte kontrolliert werden kann. Lawrence Lessig hat immer wieder
die Aufmerksamkeit darauf gelenkt, daß Software, wie z.B. gegenwärtig
die „Digital Rights Management" (DRM) Techniken, an die Stelle politischer
und rechtlicher Regulierungsinitiativen treten. DRM Softeware wurde und
wird entwickelt, um private Interessen an Wissen und Information gegen
„Datendiebstahl und Informationspiraterie" schützen zu können
bzw. – aus der andern Perspektive – um den freien Fluß von Information
unterbinden bzw. kontrollieren zu können. Vollständig eingreichtetes
DRM bricht mit dem „Fair use". Durch DRM können Verleger bzw. „Content
Provider" genau festlegen, in welchem Ausmaß Information zu welchem
Preis genutzt werden kann, z.B. welche Hard- oder Software-Plattform zugelassen,
wie lange man Zugriff zu dem Produkte hat, wieviele Kopien erlaubt sind,
ob aus den „geleasten" Produkte zitiert werden darf, ...
-
What is fair use with respect
to linguistic and cultural diversity?
We do not intend to discuss
the copyright or fair use problem in more detail in this talk. We rather
would like to ask what "fair use" means with respect to linguistic and
cultural diversity and what we can learn from the current copyright debate
about the opportunity of re-formulating a new and practicable fair use
of information and cultural products in an electronic environment in general.
Wir können
das Copyright- oder "Fair use" Problem in diesem Vortrag nicht detaillierter
besprechen. Wir wollen vielmehr fragen, was „Fair use" mit Blick auf LCD
bedeutet bzw. was wir aus der gegenwärtigen Copyright-Debatte lernen
können, um die Chancen für ein neues und anwendbares „Fair use"
für Informations- und Kulturprodukte insgesamt in elektronischen Umgebungen
auszuloten.
For the following it is important
to remember that – corresponding to the understanding of contemporary cultural
anthropology and in accordance with UNESCO´s understanding of culture
since the Mexico City World Conference on Cultural Politics in 1982 - the
concept of culture does not refer to the understanding of "high-culture",
i.e. a set of products from art and architecture exclusively, but rather
to "culture" as an ensemble of values, attitudes, communication patterns
etc. which guide our conduct in all societal subsets and which is the basis
for ethical, juridical and political systems of a society.
Für die folgende Diskussion
wollen wir an den Kulturbegriff anknüpfen, wie er heute in der Kulturanthropologie
und auch in der UNESCO seit der Weltkonferenz über Kulturpolitik in
Mexiko City 1982 üblich ist, nach dem sich „Kultur" nicht ausschließlich
auf die Hochkultur-Produkte aus Kunst oder Architektur bezieht, sondern
als das Ensemble der Werte, Einstellungen, Kommunikationsmuster etc. verstanden
wird, das unser Verhalten in allen gesellschaftlichen Teilbereichen leitet
und welches die Grundlage für die ethischen, rechtlichen und politischen
Systeme der Gesellschaft ist.
We find some parallelism
or analogy in the challenge to define a fair compromise between the public
and the private commercial interests in producing knowledge and in accessing
information and the challenge to find a compromise between the public interest
to preserve cultural diversity as a precondition for development in general
and the interest of the economy, to carry out trade on a global scale without
too many linguistic and cultural barriers, i.e. to carry out trade
without restrictive, diversity-compensating costs.
Hier sind offensichtlich
einige Parallelen bzw. Analogien zwischen der Aufgabe, einen fairen Kompromiss
zwischen dem öffentlichen und privat-kommerziellen Interesse an Produktion
von Wissen bzw. Zugriff auf Information zu finden, und der Herausforderung
einen Kompromisse zu finden, einerseits sprachliche Vielfalt als wesentliche
Bedingung für kulturelle Vielfalt zu sichern und andererseits, der
Wirtschaft nicht unnötige Barrieren aufzuerlegen, elektronische Kommunikation
allgemein bzw. elektronischen Handel auch mit kulturellen Produkten im
globalen Maßstab möglichst effizient organisieren zu können.
Conflicts of interest and
goal
Ethical, legal
and political problems normally occur when conflicts of interests between
main actors in society become visible. This is, for example, the case in
the question of copyright or in the assessment of the importance of LCD.
We shall first concentrate (and necessarily oversimplistically) upon the
public interest in the preservation and the development of LCD, second
evaluate the threat to LCD throught commercial interests, and finally discuss
whether, at least in the long term, there could be a common public and
commercial interest in the preservation and the development of LCD on a
global scale.
Ethische, rechtliche und
politische Probleme entstehen in der Regel dann, wenn es Ziel- bzw. Interessenkonflikte
zwischen Gruppierungen in der Gesellschaft gibt, wie z.B. bei Fragen der
Urheberschaft oder hier bei der Einschätzung der Bedeutung sowohl
kultureller als auch sprachlicher Vielfalt. Wir wollen zunächst –
sicherlich stark verkürzt – das öffentliche Interesse an der
Erhaltung und Weiterentwicklung von Vielfalt herausarbeiten, danach – noch
holzschittartiger – versuchen, die Bedrohung sprachlicher und kultureller
Vielfalt durch ökonomische Interessen zu überprüfen und
anschließend diskutieren, ob es tatsächlich Ziel- bzw. Interessenkonflikte
vorliegen oder ob – über Umwege – nicht doch ein gemeinsames Interesse
ausgemacht werden kann, nach dem es gleichermaßen politisch-öffentlich
als auch privat-kommerziel erwünscht ist, kulturelle und sprachliche
Vielfalt zu fördern. Dies wird nicht – so werden wir feststellen –,
vielleicht nur vorübergehend, regulierendes staatliches Eingreifen
überflüssig machen – auch als Schutz des längerfristigen
ökonomischen Interesses an kultureller und sprachlicher Vielfalt gegenüber
dem kurzfristigen ökonomischen Interesse an weitgehender Standardisierung
und Homogenisierung.
Public interest in LC
It is – at least in western
countries – generally accepted to be in the public interest to enable personal
individual development by encouraging/tolerating a large bandwith of cultural
products and of cultural values. This support is considered to be part
of the "contract" between the state and the civil society. According to
this understanding, LCD is a citizen’s right that must be protected by
the state, comparable to other rights such as the right to privacy. Independent
from this individualistic right to personal development on LCD basis, LCD
is considered the main means for establishing a politically desired identity
with one own´s environment. This is also part of the public interest
in LCD, namely, interest in political stability, which can be achieved
through identity with cultural values and via linguistic competence. In
addition, some people use an evolutionary argument for the protection of
LCD, comparable to the protection of biological diversity: only a broad
variety of LCD can guarantee the development of the human species under
changing environmental and cultural circumstances.
Es besteht – zumindest in
westlichen Ländern - ein allgemein akzeptiertes öffentliches
Interesse, die persönliche individuelle Entwicklung durch eine möglichst
große Bandbreite kultureller Produkte und Verhaltensweisen zu sichern.
Dies gehört sozusagen zum Auftrag des Staates, der ihm von den Mitgliedern
der bürgerlichen Gesellschaft gegeben wird,.d.h. es besteht ein Konsens
in unseren Gesellschaften darüber, daß jedes einzelne Individuen
seine Persönlichkeit in freier Auswahl entfalten kann und daß
der Staat dieses Entwicklungsrecht, wie auch andere Recht, z.B. das auf
privacy, zu schützen habe. Unabhängig von diesem individualistischen
Entwicklungsrecht sieht der Staat von sich aus in dem Angebot kultureller
Vielfalt die Grundlage für die politisch erwünschte Identitätsbildung
mit dem Umfeld, in dem sich kulturelle Vielfalt entfaltet. Auch das ist
ein öffentliches Interesse, nämlich ein Interesse an Stabilität
durch Identität mit dem eigenen Lebensraum. Ob es darüberhinaus,
in Analogie zum Bewahrungsgebot biologischer Vielfalt, noch ein quasi evolutionstheoretisches
Argument zur Bewahrung und Weiterentwicklung kultureller Vielfalt verwendet
werden soll – nur bei gegebener Vielfalt kann sich die Species bei sich
verändernden Rahmenbedingungen weiterentwickeln -, sei dahingestellt
– wir brauchen dieses Argument, das z.B. vom Generalsekretär der UNESCO,
Matsuura, verwendet wird, nicht.
The mission to save cultural
diversity is inseparable from the mission to save linguistic diversity.
Language is the main means to represent and mediate culture (equally products
and norms and behaviour). It is in the public interest to support linguistic
diversity and individuality and to allow everyone access to knowledge in
that language they are mostly familiar with, for whatever purpose. Equally
important is the right to be able to represent oneself and one´s
knowledge in one´s own language. To put it another way: LCD is part
of the right to read, to have free access to knowledge and information
under fair conditions. LCD is also part of the right to write, to be able
to present oneself in one´s own language and in one´s own cultural
context. The two rights, the right to read and the right to write, can
be combined into the right to communicate, this being the competence to
engage in active (writing) and passive (reading) discourse with other people,
even in a global environment.
Mit dem Auftrag zur Bewahrung
kultureller Vielfalt ist das Sprachproblem unauflöslich verknüpft,
da Sprache natürlich das wichtigste Medium ist, Kultur (über
Produkte und Verhaltensformen) zu verwirklichen bzw. zu vermitteln. Konkreter
noch besteht das öffentliche Interesse an der Erhaltung von Sprachenvielfalt
darin, es allen Mitglieder der jeweiligen Gesellschaft zum einen zu erlauben,
in der Sprache, die sie auf Grund ihrer primäre Sozialisiation erworben
haben und in der sie sich sicher fühlen, auf das Wissen zugreifen
zu können, das sie, für welche Zwecke auch immer, nutzen wollen,
und zum andern, sie in die Lage zu versetzen, sich und ihr Wissen in den
zur Verfügung stehenden Medien in der Sprache darstellen zu können,
in der sie sich zu Hause und damit sicher fühlen. Anders formuliert:
Bewahrung kultureller und sprachlicher Vielfalt beruht auf der Einlösung
der Rechte auf freien Zugriff zu Wissen und Information, gleichermaßen
als „right to read", also als das Recht in der gewohnten Sprache auf Wissen
zugreifen zu können, und als „right to write", also als das Recht,
sich darstellen und mitteilen zu können. Beide Rechte können
zusammengefaßt werden als „the right to communicate", als die Fähigkeit,
in einen nehmenden und gebenden Diskurs mit anderen eintreten zu können.
Commercial problems with
LCD, commercial threats to LCD
The main goal of commercial
action is the optimal usage of existing resources – optimal with respect
to the achievement of predefined goals. Under an economic perspective language
and culture are resources as well which need to be taken into account in
the process of exchanging goods and services. In a globally acting information
economy the confluence of different cultures (values and behavioral patterns),
expressed in different languages, is almost unavoidable. Both language
differences and cultural differences can produce friction (and friction-based
loss) among trade partners, particularly in distributed environments. These
differences, if not mastered through knowledge about their existence, can
lead to misunderstanding which threatens the success of business or the
reliability of contracts. Without any additional effort to learn about
the existence of differences the confluence of diversity may result into
clash and may result in complete commercial failure. To avoid this, diversity
management is increasingly needed on global markets. Diversity management
is a cost factor which cannot be underestimated whereby the cost for the
lack of diversity management are even higher.
Das Hauptziel wirtschaftlichen
Handels besteht in der optimalen Nutzung gegebener Ressourcen, um bestimmte
Ziele zu erreichen. Unter einer ökonomischen Perspektive sind Sprache
und Kultur ebenfalls Ressourcen, denen Rechnung zu tragen ist, wenn Güter
und Dienste auf Märkten ausgetauscht werden sollen. In einer globan
agierenden Informationswirtschaft ist das Aufeinandertreffen von unterschiedlichen
Kulturen (verstanden als Wertesysteme und Verhaltensmuster, die in Sprache
ausgedrückt werden) fast unvermeidbar. Sowohl Sprach- als auch Kulturunterschiede
können Reibung und Reibungsverluste zwischen verteilten Handelspartnern
bewirken. Wenn diese Unterschiede nicht bewußt gemacht werden könnne,
bedrohen sie den Erfolg und die Verläßlichkeit wirtschaftlichen
Handelns. Ohne zusätzliche Anstrengung, sich die Unterschiede bewußt
zu machen, schlägt das Zusammentreffen von LCD in Konflikt um und
kann zu einem vollständigen kommerziellen Desaster führen. Um
das zu vermeiden, ist auf globalen Märkten zunehmend LCD Management
mit nicht zu unterschätzenden Kosten erforderlich, wobei das Fehlen
von LCD Management noch höhere Kosten verursachen wird.
To give only one example
for the influence of cultural differences (expressed in the respective
linguistic system) on commercial success – let us recall the role which
trust plays in enabling economic negotiations and commercial exchange to
function smoothly. Trust-building factors are deeply anchored in the cultural
systems of individuals, social groups and whole nations. What is a good
trust-building behavior in one society may not be accepted in another one.
Filter and blocking software, for instance, which is often used as a means
to build up trust and confidence in the reliability and the quality of
information products is extremely dependent on cultural values. These values
are embedded in the underlying rating systems which are the basis for filter
software. What is true and appropriate for one culture can be doubtful
and inappropriate for another one. Using software stemming from one culture
– in the case of filter software mainly from the United States – in an
international environment may produce just the opposite effect, namely
mistrust or, at least, misunderstanding.
Um nur ein Beispiel für
den Einfluß kultureller, in Sprache ausgedrückter Unterschiede
auf kommerziellen Erfolg zu geben, wollen wir darauf hinweisen, welche
Rolle Vertrauen spielt, damit Geschäftsverhandlungen und wirtschaftlicher
Austausch insgesamt reibungslose funktionieren können. Vertrauensbildende
Faktoren sind tief in den kulturellen Systemen von Menschen, sozialen Gruppen
oder ganzen Völkern verankert. Was in einer Gesellschaft als gute
und akzeptierte vertrauensbildende Maßnahme angesehen wird, kann
in einer anderen auf Mißverständnis oder sogar Ablehnung stoßen.
Filter- und Abblocksoftware z.B., welche häufig verwendet wird, um
Vertrauen in die Verläßlichkeit und die Güte von Informationsprodukten
aufzubauen, ist in hohem Maße abhängig von kulturellen Wertsystemen,
die dieser Software als Rating-Verfahren zugrundeliegen. Entsprechend können
Software-Systeme aus einer Kultur – in dem Fall der Filter-Software stammen
sie weitgehend aus den USA -, übertragen auf andere Kulturen, geradezu
das Gegenteil von Vertrauensbildung bewirken, nämlich Mißtrauen
oder zumindest Mißverständnisse.
Trade and business would
be easier without LCD. Overcoming language and cultural barriers could
be a commercial goal. Diversity is in principle against economic interests.
A culturally and linguistically homogeneous society would avoid the friction-removing
cost for diversity management. The one English speaking and western culture
oriented world, preferably using only one currency and following the same
legal conventions, would be a perfect market place for the global exchange
of goods on information markets. For the WTO this might be considered a
wishful dream, for the rest of us, it is rather a nightmare.
Handel und Geschäfte
würden ohne LCD leichter vonstatten gehen. Die Überwindung von
sprachlichen und kulturellen Barrieren könnte ein Ziel kommerziellen
Handelns sein. Vielfalt ist im Prinzip ökonomischen Interessen entgegengesetzt.
In einer sprachlich und kulturell homogenen Gesellschaft können die
Kosten für Reibungsverluste und für LDC Management vermieden,
zumindest gesenkt werden. Daher könnte die eine, Englisch sprechende
und an der westlichenKultur orientierte, vorzugsweise nur noch mit einer
Währung operierende und auf gleichen Grundlagen basierende Welt den
perfekten Marktplatz für den globalen Austausch von Informationsgütern
darstellen. Für die WTO mag das ein Wunschtraum der Weltmarktwirtschaft,
für die meisten anderen ist das eher ein Alptraum.
Probably nobody will judge
the likelihood of one world culture and of one world language as very high.
However, it is realistic that the value systems of cultures which dominate
electronic spaces – and this is currently without doubt the US-American
system of economics and politics – might be superimposed on the value systems
of other cultures because in open electronic networks their penetration
cannot be avoided. And this influence might not destroy these cultures
totally but it might lead to wide-spread insecurity which could be a source
of social unstability.
Kaum jemand wird die Wahrscheinlichkeit
einer Welteinheitskultur und –sprache als sehr hoch einschätzen. Realistisch
ist jedoch, daß Wertesysteme der in elektronischen Räumen dominanten
Kulturen – das ist zur Zeit ohne Zweifel das US-amerikanische Wirtschafts-
und Politiksystem – die Wertesysteme anderer Kulturen überlagern und
so wenn nicht zur Vernichtung dieser Kulturen führen, so doch zu einer
gewichtigen Verunsicherung. Verunsicherung ist Ausgangspunkt sozialer Instabilität.
Statistics show that the
dominance of the English language has gradually decreased, at least relatively.
Less than 50% of the websites on the Internet use the English language
today, compared to more than 90% only 5 years ago. The ongoing extension
of the Internet in most of the regions of the world allows more and more
regions of the world to represent their knowledge in their own language.
However, the mere numbers do not tell us much about the actual usage of
these sites and about the consequences of their usage in their respective
cultural spaces.
Die Zahlen belegen zwar,
daß die Dominanz der englischen Sprache mit der fortschreitenden
Ausbreitung des Internet in die meisten Regionen der Erde relativ zurückgeht
und gegenwärtig kaum noch 50% ausmacht – dies sagt aber wenig aus
über die tatsächliche Nutzung und über die Konsequenz ihrer
Nutzung in den jeweiligen Kulturräumen.
When 12.3 million people
in Italy have the chance to access information and to represent information
in the Italian language then this has mainly an inner-Italian effect; the
same is true for the 38.8 million Japanes people or for the 29 million
Chinese people, in principle also for the 14.2 million French people and
for the 22.4 million people in Germany. Only English – beside the fact
that there are 192.1 million people on the Internet who use English as
their primary language – has the possibility of being registered and understood
in other cultural regions and thus has the possibility of influencing other
countries´ cultural value systems.
Wenn in Italien gegenwärtig
12.3 Mio Menschen die Möglichkeit haben, Information auch auf italienisch
aufzunehmen, so hat das in erster Linie eine Binnenwirkung, das gleiche
gilt für 38.8 Millionen Japaner oder die 29 Millionen Chinesen, ebenso
für die 14.2 Millionen Franzosen oder die 22.4 Millionen Deutschen.
Alleine das Englische (192,1 Millionen, die Englisch als primäre Sprache
verwenden) hat die Chance, auch in anderen Kulturregionen aufgenommen zu
werden und damit deren kulturelle Wertesysteme zu beeinflussen.
Public initiatives, regulation
included
What follows from our discussion
so far? With respect to possible public initiatives, regulation included,
we would like to distinguish between the following topics: a) the usage
of information products which are originally presented in a foreign language/culture
– the multilateral import problem; b) the challenge to represent the knowledge
of a cultural space which is produced with public (financial) support –
the internal public market problem; c) the challenge to make the knowledge
of a cultural space accessible to other cultural spaces – the multilateral
export problem; d) the promotion of multilingual learning and the challenge
to communicate with other people on a global scale using mainly English
as the switching language – the communication problem.
Was folgt aus der bisherigen
Diskussion? Mit Blick auf mögliche öffentliche Initiativen, Regulierung
eingeschlossen, wollen wir die folgenden Punkte knapp behandeln: a) die
Nutzung von Informationsprodukten, die ursprünglich in einer anderen
Sprache und Kultur entstanden sind - das ist das multilaterale Kulturimportproblem;
b) die Herausforderung, das Wissen des eigenen Kulturraums, das durch öffentliche
Förderung entstanden ist, für die eigene Bevölkerung zugänglich
zu machen – das ist das öffentliche Binnenmarktproblem; c) die Herausforderung,
das eigene Kulturwissen anderen Kulturen in deren Sprachen zugänglich
zu machen – das ist das multilaterale Kulturexportproblem; d) die Förderung
von Mehrsprachigkeit im eigenen Kulturbereich; e) die Herausforderung,
mit anderen Menschen im globalen Maßstab unter Verwendung einer Switching-Sprache,
des Englischen; zu kommunizieren.
The multilateral import problem
In open electronic
networks there is no realistic chance of blocking the import of information
goods represented in languages other than the ones primarily used in the
importing (or "invaded") countries (nor is it desired). It is even likely
that globally acting commercial content providers will represent their
information products in as many target languages as there is a market that
these products will be used in the respective languages. This can be achieved
via translation or via distributed production of information goods as it
is done with the many regional CNN TV programmes. Market forces will take
care of this demand for information products from other countries. It is
very likely that cultural products will dominate the markets of the future
(replacing more and more traditional industry products and services). These
products need to be tailored to special cultural needs. Therefore, in a
mid-term perspective, cultural and linguistic diversity will be considered
a major success factor for the culture industry, because variety expands
the bandwith of possible culture products and possible culture users.
In offenen elektronischen
Netzwerken besteht keine realistische Chance, den Import von Informationsgütern
aus anderen Kulturen und in anderen Sprachen, bevorzugt derzeit in der
englischen Sprache, zu unterbinden. Das ist auch keinesfalls erwünscht.
Es ist sogar wahrscheinlich, daß global agierende kommerzielle Content
Provider ihre Informationsprodukte für so viele Kulturbereiche in
deren Sprachen anbieten werden, wie es dafür Ertrag versprechende
Märkte gibt. Dies kann durch (intellektuelle oder maschinelle) Übersetzung
geschehen oder durch von vorneherein verteilte, auf jeweilige Kulturbereiche
direkt zugeschnittene Informationsproduktionen, wie es im Fernsehbereich
z.B. erfolgreich durch CNN geschieht. Es ist anzunehmen, daß der
Markt für sprachlich und kulturell diversifizierte Produkte selber
sorgen wird, vor allem unter der vermutlich berechtigten Annahme, daß
Kulturprodukte in der Zukunft (nach den Industrieprodukten, Dienstleistungen
und jetzigen Informationsprodukten) einen großen Anteil an der Erstellung
des Bruttosozialproduktes haben werden. Und Kulturprodukte müssen
stark an regionale Bedürfnisse angepaßt werden. In mittlerer
Sicht kann daher kulturelle und sprachliche Vielfalt daher als kommerzieller
Erfolgsfaktor angesehen werden, verbreitet sich doch daher extrem die Palette
der kommerziell verwertbaren (Kultur)Produkte.
The import problem is slightly
different with respect to information goods such as data bases in science,
technology, administration, economics, politics, media and other fields
where there is a direct public interest that these data bases (in foreign
langauges) should be effectively used by scientists etc. in their own language
and where market force will not provide appropriate translated versions
of the original data bases. We hold that this problem should be solved
through bilateral contracts, for example between Korean or French data
base producers and public/private partners in the pertinent target cultural/linguistic
spaces.
Das Import-Problem ist mit
Blick auf Informationsgüter in Form von Datenbanken aus den professionellen
Bereichen wie Wissenschaft, Technik, Wirtschaft, Verwaltung, Politik, Medien
etc. etwas anders gelagert, denn hier besteht ein direktes öffentliches
Interesse, daß Datenbankeninhalte aus anderen Kulturen in anderen
Sprachen von Wissenschaftlern etc. genutzt werden. Hier ist, anders als
bei allgemeine kulturellen Produkten, nicht anzunehmen, daß der Markt
allein für Zugänglichkeit durch Übersetzungen sorgt. Wir
sind der Ansicht, daß dieses Problem durch bilaterale Abkommen, z.B.
zwischen koreanischen oder französischen Datenbasisproduzenten und
öffentlichen und privaten Partner in den jeweiligen kulturellen und
sprachlichen Zielräumen gelöst werden sollte.
The internal public market
problem
Public promotion of
LCD should mainly concentrate on the challenge to make one´s own
culture electronically accessible for one’s own population (and perhaps
for the rest of the world, c.f. section 3.3). This is particularly true
for public domain information, that is information which is either directly
produced in a public environment (administration, politics) or is produced
with full or partial financial public foundation or sponsorship. In particular,
„knowledge" produced in science and technology, but also all products of
so called high-culture (produced or stored in mainly publicly financed
institutions such as libraries, archives, museums, theaters or operas)
should be made accessible in their electronic form.
Die öffentliche Förderung
von CLV sollte sich hauptsächlich darauf konzentrieren, die eigene
Kultur für die eigene Bevölkerung (und ggfls. für andere
Kulturräume; cf. Abschnitt 3.3) in elektronischer Form zugänglich
zu machen. Dies trifft vor allem für Wissensbestände und Informationen
aus dem öffentlichen Bereich zu. Damit ist Wissen und Information
gemeint, die entweder im öffentlichen Bereich selber entstehen (z.B.
aus Verwaltung und Politik) oder die durch öffentliche, vollständige
oder teilweise Unterstützung entstehen. Dazu gehört Wissen aus
Wissenschaft und Technik, aber auch alle sogenannten Hochkultur-Produkte,
wie sie in öffentlich finanzierten Institutionen wie Bibliotheken,
Archiven, Museen, Theatern und Opern gespeichert bzw. reproduziert werden.
All das sollte in der elektronischen Form zugänglich gemacht werden.
So far it is unquestioned
that existing institutions such as those mentioned above (libraries, theaters,
operas, museums) need to be publicly financed. Taking the technological
change into account, the establishment of so called public culture servers
can be considered a public task. By establishing these public culture servers,
there is a chance that a second public information market will develop
which is not dominated by commercial interest, but driven by the interest
in the free exchange of knowledge and of cultural products of all kinds
and all levels. It is possible that new forms of public/private partnership
will need to be developed in order to get these public culture servers
financed. This could result in new expressions of fair use (for the usage)
of cultural products where neither public nor private interests exclusively
dominate.
Bislang war es unbezweifelt,
daß die erwähnten Institutionen (Bibliotheken, Theater etc.)
entsprechend dem Kulturauftrag des Staates öffentlich finanziert werden.
Wenn man den technologischen Wandel in Rechnung stellt, sollte der Aufbau
sogenannter öffentlicher Kulturserver ebenfalls als öffentliche
Aufgabe angesehen werden. Durch solche öffentlichen Kulturserver könnte
ein zweiter Informationsmarkt entstehen, der nicht durch kommerzielles
Interesse alleine dominiert wird, sondern von dem Interesse am freien Austausch
von Informations- und Kulturgütern bestimmt ist. Auch hier es wahrscheinlich
nötig, daß öffentliche/private Organisations- und Finanzierungsformen
entwickelt werden, damit dieses Konzept der öffentlichen Kulturserver
tragfähig wird. Dadurch könnten sich auch neue Formen eines „Fair
use" von Kulturprodukten entwickeln, die weder durch exklusiv öffentlich
noch durch exklusiv private Interessen bestimmt sind.
The multilateral export problem
Lastly it could be in the
public interest of cultural regions or states that their own cultural products
should be made accessible by other cultural regions in their own respective
language. It is not very likely that this task of cultural export can be
left to market forces only. In the past most countries have established
organizational and institutional forms for exporting their cultural heritage
into other countries. Institutions such as the Goethe institutes from Germany
or the British Councils or the Instituts francais are examples of such
linguistic and cultural export. There is no reason why public institutions
should refrain from this export task in the electronic environment. However,
this cannot be left to the public finance and organizational power alone
- comparable to the internal public market problem, there is a need and
a chance for heterogeneous cooperative ventures between knowledge/culture
producers, intermediaries, providers and users both in sender and receiver
countries.
Weiterhin könnte es
im öffentlichen Interesse sein, daß Wissens- und Kulturprodukten
jeder Art und jeden Niveaus, dargestellt in der jeweils eigenen Sprache,
auch in den Sprachen zugänglich gemacht werden, von denen aus ein
Interesse zu diesen Produkten artikuliert wird oder angenommen werden kann.
Es kann nicht angenommen, daß sich dieser Kulturaustausch im globalen
Stil durch Marktmechanismen von selber regelt. Hier sind öffentliche,
nationale und überstaatliche Institutionen gefragt, regulierend, steuernd
fördernde in den globalen Austausch einzugreifen. Die eigene Kulturobjekte
anderen Kulturen öffentlich und freizügig zugänglich zu
machen, sollte Bestandteil einer neuen, den Bedingungen elektronischer
Märkte angepaßten auswärtigen Kulturpolitik von Staaten
sein. Wie es in der Vergangenheit Aufgabe von Institutionen wie dem Goethe-Institut
oder dem British Council war, nationale Kultur anderen Kulturbereichen
nahezubringen, könnte es heute Aufgabe von nationalen bzw. regionalen
Kulturservern sein, den eigensprachlichen, aber auch den multilingualen
Zugriff auf die eigenen Kulturbestände möglich zu machen. Hier
werden vielfältige Kooperationsformen zwischen anbietenden, nutzenden
und möglicherweise aus der Informatioinswirtschaft vermittelnden Institutionen
zu entwickeln sein.
Multilingual and communicative
competence
Finally a short remark with
respect to local/regional promotion and regulation of multilingual diversity.
It is for sure, that language competence in one or several other languages
is highly desirable and should be part of school curricula on all levels.
Extended language competence will not only (partly) improve the chance
of people communicating with other people in other cultural and linguistic
spaces, but will also make them open for the values and behaviour of other
cultures. The objective of foreign language learning is thus not only language
competence but also to develop an understanding of cultural and linguistic
relativity. Relativity is the prerequisite for openess to other cultures.
Zuletzt noch eine
Anmerkung zur Förderung und Regulierung multilingualer Vielfalt aus
den einzelnen Kulturbereichen selber heraus. Es ist sicherlich in jedem
Fall wünschenswert, daß der Erwerb von Sprachkompetenz auch
in einer oder mehrerer anderer Sprachen zu den wünschenswerten Zielen
der Bildungspolitik eines jeden Landes gehört, und zwar nicht allein
wegen der damit verbundenen kommunikativen Fähigkeit, auch mit Menschen
in einer anderen Sprache in Kontakt treten zu können, sondern auch
und vor allen wegen der damit zu erreichenden Offenheit gegenüber
anderen Kulturen, deren Objekte und Wertesysteme sich in ihrer Sprache
niederschlagen. Bildungsziel ist also nicht nur Erwerb von Sprachkompetenz,
sondern vor allem das Bewußtwerden sprachlicher und damit kultureller
Relativität, auch der Relativität der eigenen Sprache und des
eigenen Kulturraums. Relativität bedeutet nicht Geringschätzung
der eigenen Kulturumgebung, wohl aber Offenheit für andere Kulturen,
in der Übertragungsleistung auch für Kulturen, deren Sprache
man gerade nicht gelernt hat.
However, the extension of
language competence will not be sufficient to solve the problem of global
communication. If something can be considered the main paradigm in electronic
spaces then it is the chance for everyone to contact everyone else on earth,
at least on principle. To realize this chance, which has never existed
before in the history of mankind, competence in two or three or four languages
will not help that much. As long as automatic translation and interpreting
systems are not available, we need to accept that the English language
is the only switching language that can be used in global communication.
Mit diesem Bildungsziel –
Erlernen anderer Sprachen – wird allerdings nicht das kommunikative Ziel
der Verständigung im globalen Maßstab gelöst. Wenn irgendetwas
das Paradigma in elektronischen Räumen ausmacht, dann die in der bisherigen
Geschichte der Menschheit noch nie gegebene Möglichkeit eine jeden,
im Prinzip mit jedem anderen direkt, elektronisch vermittelt, in Kontakt
treten zu können. Bei diesem Unternehmen hilft Kompetenz in ein, zwei,
drei anderen Sprachen nur bedingt. Solange nicht automatische Übersetzungsssysteme
hoher Qualität verfügbar sind, wird die englische Sprache die
global funktionierende Switching-Sprache sein, deren sich die Teilnehmer
in globalen Kommunikationssituationen zu bedienen haben.
Results from intercultural
research suggest that communication among partners from different cultural
spaces, using English as the switching language, often highly deficiently,
is likely to be highly influenced and even biased by cultural differences.
The switching language will not level out cultural diversity. Instead,
divergent cultural values, norms, argumentation and politeness patterns,
discourse behaviours and cooperative styles are more likely to foil any
development of language homogenization through a single switching language,
viz. English. Language competence will contribute to the solution but cannot
solve the problem of cultural diversity alone. Therefore education should
encourage sensitivity for cultural diversity and should help to develop
communicative competence on a global scale. This seems to be more realistic
than achieving competence in universal linguistic principles, often considered
a means to make linguistic diversity transparent. This final remark on
cultural, communicative competence refers to the subtitle of this talk
that
diversity is a communicative problem rather than a linguistic one.
Die interkulturelle Forschung
legt nahe, daß Kommunikation zwischen Partners aus unterschiedlichen
Kulturräumen, die sich gemeinsam, wenn auch auf unterschiedlichem
Niveau der englischen Sprache bedienen, weiterhin stark durch kulturell
bedingte Unterschiede beeinflußt und verzerrt wird. Vermittlungssprachen
nivellieren keinesfalls kulturelle Vielfalt. Kulturelle Werte und Normen,
Argumentations- und Höflichkeitsmuster, Diskursverhalten und Kooperationsstile
machen der Sprachhomogenisierung, z.B. durch das Englische, immer wieder
einen Strich durch die Rechnung. Sprachkompetenz kann zur Lösung des
Problems beitragen, aber löst das Problem kultureller Vielfalt keinesfalls
vollständig. Wir sind daher der Meinung, daß die Ausbildung
stärker für kulturelle Vielfalt sensibel machen sollte und kommunikative
Kompeten im globalen Maßstab entwickeln helfen sollte. Einsicht in
kulturelle Vielfalt und kommunikative Kompetenz zu erwerben, scheint realistischer
zu sein als Kompetenz in linguistische Universalien, durch die man sprachliche
Vielfalt transparent zu machen hofft. Diese letzte Bemerkung leiter zum
Untertitel dieses Vortrags zurück, nach dem Vielfalt eher als kommunikatives
denn als linguistisches Problem angesehen wird.
Intervention
de Monsieur Philippe RENAUT
Synthèse
Le Plurilinguisme dans la société
de l’information
Les défis de la traduction
1er thème
: Quelles sont les conditions de la mise en place des outils de traduction
adéquats ?
Multilinguisme, une lutte
contre l’histoire Stratégies multilingues
Histoire
De la nécessité
d’une approche pluri-culturelle du réseau DNS et caractères
accentués
Annuaire multilingue
|
On ne peut aborder le problème
du multilinguisme sur l’Internet sans prendre en compte le passé
du réseau. En effet on considère trop souvent actuellement
la prédominance de l’anglais sur la Toile comme une volonté
d’imposer cette langue sur le réseau. Cette réaction “ épidermique
” ne doit pas nous empêcher de considérer objectivement l’évolution
du réseau pour comprendre comment l’anglais a pu se développer
au point de représenter un maximum de 82,3% des pages Web il y a
trois ans de cela.
-
Une création profondément
anglophone.
N’oublions pas, en effet,
que le réseau ne fut dans un premier temps que la mise en connexion
de certains organismes gouvernementaux et de certaines universités
entre elles aux Etats-Unis. Loin d’imaginer un développement international
aussi rapide (le fameux lien hypertexte n’ayant pas encore été
inventé), ce réseau fut donc avant tout un outil pour professionnels
dans un pays anglophone. Aussi non seulement la langue de communication
fut elle l’anglais, mais surtout d’un point de vue technique les premiers
logiciels, les premiers protocoles de transport, de stockage de l’information,
de codage furent conçus dans un environnement anglais, avec le jeu
de caractère simplifié qui caractérise cette langue.
Le deuxième
souffle du réseau qui fut en fait son avènement fut la création
du World Wide Web par Tim Berners-Lee en 90 qui permit d’offrir un service
grand public et qui sous l’impulsion du gouvernement Américain qui
avait saisi l’enjeu de cette découverte se développa de manière
importante aux Etats-Unis. L’arrivée en Europe fut donc plus une
adaptation d’un produit Américain qu’un développement parallèle.
Enfin les développements
actuels voient le nombre d’Internautes n’ayant pas l’anglais comme langue
maternelle augmenter tangiblement ( 52,4% aux dernières statistiques
de Global Reach). Toutefois une comparaison par pays montre la prédominance
énorme des Etats-Unis. Ce fait historique s’est maintenu grâce
à des prix de matériel informatique et logiciels bien inférieurs
à ceux pratiqués dans les autres pays du Monde ainsi qu’une
politique de communication par forfait qui rend la connexion Internet et
son utilisation meilleur marché.
Quel mauvais caractère
celui-la …
Les logiciels qui
ont été mis au point pour exploiter les services de l'Internet
ont naturellement suivi la même voie et ont donc été
conçus pour des langues comme l'anglais. Cela s'est traduit concrètement
par l'utilisation du code ASCII (American Standard Code for Information
Interchange/US-ASCII).
Les limites du code ASCII
sont devenues apparentes avec la croissance de l'utilisation de l'Internet
à travers le monde (par exemple, le code ASCII ne permettait pas
de coder les caractères portant des signes diacritiques). Pour combler
cette lacune, on a développé d'autres mécanismes de
codage afin d'ouvrir l'Internet à l'utilisation d'autres langues.
Malgré ces efforts,
certains problèmes persistent, notamment :
- l'absence de mécanismes
de codage supportant l'utilisation des caractères accentués
sur certains ordinateurs personnels;
- la non-disponibilité
de logiciels utilisateur pour l'Internet qui supportent ces mécanismes
de codage;
- la nécessité
de coder correctement l'information avant sa transmission sur l'Internet
et la nécessité correspondante, pour le récepteur,
de savoir quel code a été utilisé afin de pouvoir
décoder l'information.
Bien que certains efforts
de normalisation aient été entrepris à l'échelle
internationale, beaucoup d'options dépendent des connaissances des
utilisateurs ou sont tout simplement inaccessibles à certains.
-
De la nécessité
d’une approche pluri-culturelle du réseau.
L’Internet est un monde en création.
Nous sommes tous les témoins, spectateurs, et mieux, acteurs de
cette création. Ce monde est en train de se munir de gouvernements,
de régulation, de traditions, d’étiquettes sociales, de lois,
d’entreprises, de sans-papiers, de hors la loi, de police ….
-
Un monde nouveau
Voulons nous créer
sur le Web une copie conforme de la société dans laquelle
nous vivons ou bien allons nous profiter de notre connaissance, des erreurs
passées pour améliorer ce monde en construction ? C’est
en réponse à cette problématique qu’il faut considérer
le multi-linguisme. Le développement d’un Web multilingue, plus
qu’un problème pratique ou démocratique est un véritable
enjeu mondial de préservation des cultures. Souhaitons nous voir
disparaître la diversité de pensées avec les conflits
que cela peut engendrer au profit d’un modèle unique, suivi par
tous ?
Le refus de cette hégémonie
par un seul est traduit par un appel du CERCLE (Comité Européen
pour le Respect des Cultures et des Langues en Europe) :
“ La diversité
et le pluralisme linguistiques ne sont pas un obstacle à la circulation
des hommes, des idées et des marchandises ou services, comme veulent
le faire croire certains, alliés objectifs, conscients ou non, de
la culture et de la langue dominante. C’est l’uniformisation et l’hégémonie
qui sont un obstacle au libre épanouissement des individus, des
sociétés et de l’économie de l’immatériel,
source principale des emplois de demains. Le respect des langues, à
l’inverse est la dernière chance pour l’Europe de se rapprocher
des citoyens, objectif toujours affiché, presque jamais mis en pratique.
L’union doit donc renoncer à privilégier la langue d’un seul
groupe. ”
En cela la demande
très forte des utilisateurs de pouvoir accéder à des
ressources exprimées dans la langue de leur pays (28% seulement
des Européens parleraient l’anglais) donne un élan énorme
aux entreprises développeuses de technologies multilingues. Les
domaines concernés sont la traduction automatique, le développement
de thésaurus, la recherche multilingue, le codage multilingue, l’extraction,
l’indexation, le condensé d’information.
Dès 1997,
une entreprise comme Altavista possédant une forte visibilité
mettait en place un système de traduction automatique entre 6 langues.
La plupart des moteurs de recherche sur le Web ont mis en place une recherche
que nous nommerons pluri-lingue c’est à dire, permettant d’accéder
dans une langue x à un document écrit en langue x. Sans être
un véritable multilinguisme au sens du croisement des langues entre
elle, ceci permettait déjà la recherche de documents autres
qu’anglais.
Pour atteindre un véritable
multilinguisme, au moins sur le service Web et la recherche documentaire,
on a besoin de deux types d’outils, des outils permettant une réelle
recherche multilingue (requête dans une langue natale trouvant des
documents écrits dans n’importe quelle autre langue), et des outils
de traduction pour permettre l’affichage du document retrouvé dans
la langue maternelle du demandeur.
-
De la recherche à
l’industrie
De plus on ne pourra
plus se contenter dans le futur de simple processus automatique. La linguistique
à l’heure actuelle n’est pas une science suffisamment précise
pour assurer à un utilisateur la conformité de ses demandes
en langue maternelle avec les résultats dans une autre langue. Il
faut envisager un certain degré d’interactivité avec l’utilisateur
lui permettant de “ désambiguiser ” les termes utilisés.
En effet l’extension sémantique d’un terme à des concepts
voisins pose déjà un problème sans un cadre contextuel
précis. Ce problème est décuplé dans le cas
d’utilisation de thésaurus multilingues. Les faux sens se multiplient.
On sait bien les effets désastreux que peut produire l’utilisation
du Mèl sur une langue. Il faut absolument éviter que
l’avènement de logiciels multilingues créent des ambiguïtés
supplémentaires. Une jeune entreprise comme Knowledge-Concept (Pays-Bas)
apporte une approche fraîche à l’exploitation de thésaurus
multilingues par une interactivité fluide avec l’utilisateur.
Chaque année voit
fleurir des développements aussi bien au niveau de l’industrie que
de la recherche qui n’ont jamais été aussi proche que dans
cette recherche du multilinguisme. Les projets les plus divers allant des
mathématiques, de la topologie, des statistiques à la linguistique
pure se retrouvent exploités et soutenus financièrement par
des industriels désireux de proposer des solutions innovantes.
On ne peut cependant
pas encore se vanter d’être dans un environnement multilingue. Des
problèmes basiques subsistent au niveau technique, car les protocoles
de communications, les standards de l’Internet sont souvent profondément
enracinés dans l’anglais et le codage ASCII et c’est un travail
en profondeur qui peut changer cet état de fait.
Nous allons illustrer
dans les chapitres suivants ces considérations par l’étude
de problèmes concrets :
- le codage des
caractères dans le DNS (Domain Name System).
- la création d’un
annuaire multilingue.
-
DNS et caractères
accentués
Depuis la création
de l’Internet le besoin d’un système de codage plus complet que
l’ASCII s’est fait sentir. En effet ce dernier ne permet qu’un codage basique
qui exclut caractères accentués, et tout autres caractère
non conforme à l’alphabet latin. La Grèce, la Russie, l’Asie,
se retrouvaient donc dans l’impossibilité totale de produire leur
ressources sur le Web, et des pays comme la France furent amener à
une utilisation déformées et appauvrie de leur langage. Il
fallut donc développer des normes pour coder tous ces caractères
et surtout pour les intégrer dans les logiciels et les outils de
communications (messagerie, protocoles de transmissions, traitement de
textes…).
De plus un point
important était de ne pas créer trop de normes différentes
qui aurait permis à quelqu’un de coder son texte dans une norme
donnée que le destinataire ne pourrait jamais lire. C’est malheureusement
ce qui s’est produit avec toutefois l’heureuse émergence de certaines
normes plus populaires, mais sans atteindre de véritable consensus
international.
Des compromis sur la taille
de codage furent adoptés promouvant l’utilisation de l’ISOLatin
1 en Europe alors que ce système de codage n’était pas suffisant
pour couvrir l’ensemble des langues de la planètes (notamment les
langues asiatiques). L’UNICode pensée en ce sens a bien du mal à
s’imposer. Les utilisateurs de messagerie auront déjà souvent
rencontrés ce problème de l’arrivée d’un message illisible
à cause d’un système de codage inconnu qui voit les caractères
accentués remplaçés par d’autres caractères
étranges.
C’est ce problème
technique qui pousse à l’utilisation des caractères les plus
simples (latin non accentués) dans des outils au cœur de l’Internet
comme l’est le DNS. Le système de nommage est la colonne vertébrale
du Web. C’est le système qui fait correspondre à une adresse
www.xxxxx.com une adresse de machine (un simple nombre 192.134.4.24 qui
identifie une machine précise sur le réseau). Vous remarquerez
qu’aucune adresse de site n’est accentuée ou ne possède de
caractère étrange. Ceci oblige une personne située
au Japon à communiquer sur u ne adresse qui pour lui n’a aucun symbolisme
puisque détachée de son système d’écriture
et de communication. Qu’un européen imagine être obligé
de devoir construire son site sur une adresse en kanji et il comprendra
l’étendue de la problématique. Quand on sait que le nom de
domaine a été introduit pour être plus facilement mnémotechnique
qu’un nombre, on voit que cela ne correspond que faiblement à la
réalité sur le Web dans la mesure ou un nom de domaine n’est
exprimable que dans une langue.
Ce débat est parfaitement
au goût du jour, puisque NSI qui s’occupe de la diffusion des domaines
Internet en .com, vient de lancer les noms de domaines avec caractères
accentués. Ce lancement intervient au milieu d’une réflexion
qui est loin d’être aboutie. En effet on peut se demander quel intérêt
il peut y avoir à posséder une adresse en caractères
grecs si les claviers européens ne peuvent reproduire ce genre de
caractères.
Ceci transforme
le nom de domaine, qui avait une vocation internationale, en adresse locale
accessible uniquement à l’intérieur du pays ou dans le champs
de
commerce des claviers adaptés au langage en question. Ceci oblige
toute personne désireuse de communiquer internationalement par une
adresse visible à se rabattre sur le plus petit dénominateur
commun, les latin non accentués.
On voit donc que
considérant l’état actuel des technologies et du matériel
informatique, le multilinguisme basé sur une approche multicaractère
est un leurre qui peut être source d’argent pour certaines entreprises
mais certainement pas de transparence au niveau de la communication. Loin
de rapprocher les langues, cela peut les séparer et les isoler.
Il faut donc prendre le temps de faire évoluer ce problème
de codage avant d’envisager une communication via les caractères
accentués ou autres sur le Web.
Nous terminerons
cette brève présentation sur un exemple personnel, le développement
d’un annuaire multilingue. En effet la présence d’outil plurilingue
est incontestable sur le Web, toutefois les pages ne sont pas toujours
traduites en plusieurs langues et si vous êtes suédois, la
probabilité qu’une page mexicaine ait été traduite
en suédois tend asymptotiquement vers zéro.
Il faut donc envisager la
création d’une paire d’outils : annuaire multilingue, traduction
automatique de sites Web. Le deuxième type d’outil sans être
à un stade réellement pleinement satisfaisant est déjà
avancé, et de nombreuses sociétés y travaillent à
l’heure actuelle. Le premier par contre est quasiment absent sur le Web.
Il faut offrir la possibilité de trouver des documents qui ne sont
pas dans votre langue.
Ce type de développement
se base nécessairement sur des outils purement linguistiques d’expansion
sémantique de requêtes. Cette phase vous permet en plus d’une
traduction simple, qui sans aucun contexte, a peu de chance de se révéler
pertinente, de proposer des listes de concepts qui correspondent à
votre demande dans votre langue. Pour cela il faut réaliser la lente,
pénible et parfois insolvable tâche de mettre en relation
des thésaurus de langues différentes.
Certains outils travaillaient
à mettre en relation les termes un à un. On voit bien l’irréalisme
d’une telle approche lorsque l’on augmente le nombre de langues à
mettre en relations. Chaque mot devant être relié à
ses équivalents sémantiques dans d’autres langues, l’ajout
d’une seule langue oblige pour chaque mot à créer autant
de liens qu’il existe de langues déjà existantes dans l’outil.
La nouvelle approche consiste
à créer un réseau (synonymie, généralité,
spécificité, …) de concepts existant dans toutes les langues
et à instancier ces concepts dans chaque nouvelle langue. Si on
rajoute dans l’outil des processus liés aux expressions idiomatiques,
aux reconnaissances de fautes de frappes, aux conjugaisons, féminins,
pluriels, des séries de règles grammaticales propre à
chaque langue, et une choix de désambïguisation du sens du
terme choisi, on obtient un moteur relativement efficace qui vous permet
sans connaître la langue cible de trouver une information dans cette
langue.
Il ne reste alors
qu’à traduire cette information par le biais de l’un des outils
déjà existant. On peut aussi proposer des catégories
d’informations. Prenons l’exemple des activités d’entreprises. Ces
dernières ont déjà été cataloguées
dans de nombreuses langues et rendues standard. Aussi pour un annuaire
d’entreprises par activité, l’information cible peut dors et déjà
être ramenée dans la langue d’interrogation
Le multilinguisme
n’est plus un rêve, il est à notre porte. Il ne faut toutefois
pas perdre de vue que les freins restent principalement techniques. Dans
un univers au passé anglophone, la remise à niveau de tous
les standards n’est pas une mince affaire, même si les bonnes volontés
ne manquent pas et si la motivation internationale est grande. Il faut
continuer à multiplier les actions technologiques et pousser les
acteurs de normalisations à s’entendre autour d’un consensus, seul
moyen de révolutionner lentement les normes établies de l’Internet.
|
Intervention
de Madame Maria Teresa CABRE
Synthèse
LA TERMINOLOGIE ET L’ACCES
MULTILINGUE A L’INFORMATION
M. Teresa Cabré
Lluís De Yzaguirre
Yannick Garcia
Institut Universitari
de Lingüística Aplicada
Universitat Pompeu Fabra
(Barcelone)
On part de l’idée
que toutes les langues sont également aptes pour exprimer toute
connaissance mais elles ne se trouvent pas au même niveau de développement.
Pour quelques-unes, il manque ou il a manqué un corpus littéraire
consolidé en leur permettant d’établir un registre formel
de la langue; d’autres ont été créées sur la
base de registres écrits, la plupart des cas administratifs, et
elles ont des lacunes dans le domaine général ou familial;
il y en a aussi qui ont profité d’une certaine “normalité”
linguistique jusqu’à la dernière dizaine d’années,
où elles ont été interdites aux nouvelles technologies
de la réalité mondiale et elles sont devenues des langues
diglossiques strictu sensu. Si l’on considère l’usage des langues,
on peut les distinguer en termes quantitatifs (nombre d’usagers) ou en
termes de diversité d’usages (usage complètement normalisé
ou diglossie). Les raisons ne sont donc pas internes, mais fondées
sur des circonstances externes aux langues, sociales et historiques.
De la totalité
des usages, il y en a qui sont considérés prestigieux par
leur idiosyncrasie et leur représentation sociale. Il y en a d’autres
qui ne donnent pas de prestige aux langues. Dans les premiers, on peut
situer quelques registres particuliers (cientifico-techniques, professionnels
et les spécialisés en général) et les usages
liés aux nouvelles technologies de l’information et de la communication
(TIC). Le scénario communicatif donné par Internet est un
des exemples les plus représentatifs de cette option de futur. On
dit qu’une langue qui ne s’intègre pas dans les TIC (c’est-à-dire,
une langue qui utilise les TIC et qui est utilisée par elles) est
destinée à disparaître ou, au moins, à perdre
la considération de langue capable de transférer de la connaissance
plus ou moins spécialisée et de rester, en même temps,
réduite à la langue parlée et familière.
Face à ce
défi, les efforts de quelques communautés et de quelques
pays pour entrer dans les nouveaux espaces communicatifs thématiques
et technologiques ont été très grands, bien qu’il
soit un fait incontestable que la présence des langues dans les
domaines des nouvelles technologies n’est pas égalitaire.
Internet est une ressource
universelle, l’accès a la masse d’information virtuelle disponible
est garanti là où se réunissent les conditions économiques
nécessaires pour en devenir bénéficiaire. Le nombre
d’usagers possible est, donc, très divers quant aux niveaux de formation
et linguistiques. Pour atteindre un traitement égalitaire dans l’accès
à l’information spécifique, une conduite bipartite est nécessaire:
a) d’un côté, les outils de gestion d’information électronique
—ceux qui se chargent des sites et des moteurs de recherche— doivent prévoir
cette diversité et doivent fournir les mécanismes et les
stratégies pertinentes afin que l’outil aie une couverture réelle
la plus étendue possible; et b) les propriétaires des pages
sur le web doivent être conscients du travail qu’ils peuvent éviter
aux outils de gestion avec une phase efficace de pre-édition des
ressources qui comporte une analyse très détaillée
concernant une indexation future du document.
Il faut dire que
dans les endroits où l’analphabétisme est le plus élevé
et où, en principe, il est plus difficile d’avancer vers les nouvelles
technologies, une des erreurs de base du processus de formation à
l’école a été l’usage d’une langue non-maternelle
—la langue “colonisatrice”— comme un moyen pour véhiculer les premiers
pas dans l’enseignement. Internet ne doit pas copier les erreurs commises
dans ce domaine et il doit permettre la naturalisation de l’accès
aux connaissances avec la propre langue, fait qui va en multiplier sans
aucun doute l’efficacité.
Une des questions de base
que le créateur d’une ressource électronique doit se poser
est “quel est mon public potentiel?”. Évidemment, entreprises, sujets,
associations, institutions, sites ou moteurs de recherche ne rentrent pas
dans les mêmes listes, mais tous doivent faire, entre autres, un
choix linguistique. Il faudrait, donc, jeter un coup d’œil sur les données
linguistiques.
| Langue |
Population |
| Anglais |
172,3 millions |
| Japonais |
27,3 millions |
| Allemand |
19,9 millions |
| Espagnol |
19,5 millions |
| Chinois (mandarin) |
18 millions |
| Français |
13,2 millions |
| Coréen |
11,7 millions |
| Italien |
10 millions |
| Portugais |
7,7 millions |
| Russe |
6,7 millions |
(Global
Reach) (Blue Earth)
Ces données
ne font pas référence à la population totale qui parle
une langue en particulier, elles indiquent les millions de parlants natifs
qui ont accès à Internet ou qui sont connectés régulièrement,
et on se rend compte que presque la moitié de la communauté
consommatrice a l’anglais comme langue habituelle. Il ne faut donc pas
s’étonner du fait que les principaux sites et moteurs de recherche
soient nés dans des pays anglophones —principalement aux États
Unis—, conçus par et pour les anglophones. Il ne faut pas tout de
même oublier l’autre moitié du gâteau, qui correspond
aux parlants d’autres langues, surtout le japonais, le chinois, l’allemand
et l’espagnol (toujours d’après Global Reach). Le niveau de formation
de ces parlants est considéré, tacitement si l’on veut, assez
élevée pour assurer une connaissance de base passive de la
langue anglaise, fait qui réduit de 50 % à 10 % le pourcentage
d’usagers qui ne connaissent pas l’anglais et qui utilisent quand même
Internet régulièrement.
Une navigation au
hasard sur les pages et les sites nous mène à constater les
répercussions de l’omniprésence de l’anglais, bien que l’on
ne puisse pas oublier des facteurs tels que la localisation géographique
du serveur, la volonté universaliste des responsables de la ressource,
la volonté de “survivre” ou de “militer” du point de vue linguistique,
etc. En essayant de faire une classification, on peut établir quatre
groupes de communautés cibernetiques selon leur degré de
représentation:
1. communautés
absolument représentées (degré maximum), comme l’anglais
et l’espagnol;
2. communautés significativement
représentées (degré élevé), comme le
français, l’allemand, le japonais et le chinois mandarin;
3. communautés pauvrement
représentées (degré moyen), comme l’italien, le néerlandais
ou le catalan;
4. communautés non
représentées (degré zéro), comme le bulgare,
le frison ou le biélorusse.
Pour établir
ces degrés, nous avons tenu compte des paramètres suivants:
a) l’apparition sur des
pages et des sites en termes absolus;
b) le but des pages et des
sites où les différentes langues sont utilisées;
c) le sujet des pages et
des sites (analysé activement et passivement, c’est-à-dire,
même si l’on traite une thématique en particulier dans une
langue ou si cette thématique n’est jamais traitée);
d) le caractère institutionnel,
individuel ou commercial des pages et des sites créés.
Le degré
de conscience du plurilinguism>des outils de gestion de moteurs recherche
est bien divers. En considérant le nombre de langues inclues comme
un filtrage dans l’option de recherche avancée dans les outils les
plus reconnus (soit Yahoo!, Northern Light, HotBot, Lycos, AltaVista et
Fast), on se rend compte de l’existence d’une grande variété:
Fast (All The Web)
est le chercheur qui présente plus de langues parmi ceux que nous
avons consulté: 46. Si nous considérons que Ethnologue compile
une liste avec à peu près 6.700 langues parlées actuellement
dans le monde, les données sont assez significatives. Le chercheur
même nous donne la frontière pour délimiter les options
linguistiques entre langues de basse diffusion (LBD) et langues de grande
diffusion (LGD). Sur la page de présentation (http://www.alltheweb.com),
le serveur contient 575 millions de pages. C’est seulement dans le cas
où notre interrogation a des résultats inférieurs
à 50.000 pages que le système ajoute le numéro de
pages trouvées dans les directions des pages. Ainsi, si nous faisons
une recherche assez simple —la lettre a, par exemple— dans toutes les langues,
nous aurons des données quantitatives dans les cas des langues avec
moins de 50.000 pages, qui seront considérées sous l’étiquette
de LBD.
Les langues qui
ne sont pas considérées dans ce graphique, et qui ont un
nombre de pages assignées supérieur à 50.000, sont:
l’allemand, l’anglais, l’arabe, le basque, le catalan, le chinois (traditionnel
et simplifié), le coréen, le croate, le danois, l’espagnol,
l’estonien, le finnois, le français, le galicien, le gallois, le
grec, le néerlandais, le hongrois, l’islandais, l’italien, le japonais,
le malais, le norvégien, le polonais, le portugais, le roumain,
le russe, le slovaque, le suédois, le tchèque, le thaï
et le turc. Évidemment, toutes ces langues ne peuvent pas être
considérées LGD (d’après les autres moteurs de recherche
analysés, seuls l’anglais, le français, l’allemand, l’espagnol,
le japonais et le chinois sont des LGD). Cependant, ces données
démontrent l’existence de matériaux dans des langues très
diverses. La question est de se demander comment ces matériaux sont
traités dans les programmes qui n’appliquent pas des filtrages de
langue dans leurs recherches ou qui n’utilisent des variables.
Quelles sont les
voies possibles pour canaliser le plurilinguisme? Il y a trois chemins
possibles:
Accepter le déséquilibre
et laisser le marché décider la sélection des langues
?
Donner des subventions officielles
à la traduction dans toutes les langues ?
Chercher des solutions intermédiaires
avec le support des nouvelles technologies ?
Si l’on laisse le
choix à la liberté du marché, on présuppose
la conscience et la militance des parlants dans un scénario très
souvent vu comme un moyen d’atteindre une finalité, et non comme
une finalité en elle-même. Les usagers veulent des réponses
rapides à Internet, et face à l’absence de ressources dans
leur langue, ils n’ont que deux options: a) faire l’effort d’accéder
à l’information dans une autre langue en utilisant des traductions
externes, bien qu’ils soient conscients que l’information vraiment utile
peut être écrite dans une autre langue que le moteur de recherche
ne catalogue pas; ou b) laisser tomber, et, dans ce cas, le but principal
d’Internet considéré une ressource universelle n’est pas
atteint.
La traduction officielle
subventionnée est, pourtant, une solution partielle et à
courte échéance. Partielle, parce que seules les communautés
économiquement fortes et avec un système d’aménagement
linguistique consolidé peuvent en profiter. À courte échéance,
parce que la conception monolingue ne se perd pas et la subvention reste
soumise à un cercle vicieux: plus d’information, plus de traduction,
et en conséquence, plus de traduction, plus de subvention. Cette
dépendance augmente de façon exponentielle, étant
donné que la croissance de pages sur Internet se multiplie mois
après mois et, en plus, cet augmentation oublie de trouver des méthodes
pour optimiser les efforts.
Une solution efficace
devrait prévoir la besoin de traduction pour n’importe quel usager
dans toutes ses recherches. Si l’on ne trouve pas des voies améliorées
dans le domaine de la traduction automatique, il faudrait au moins lui
offrir des “substituts” de l’information qui raccourciraient le chemin
jusqu’aux données. Si on nous permet une métaphore biblique,
une traduction subventionnée serait comparable à un poisson
donné à l’usager pour manger un jour, et une réponse
efficace d’information à n’importe quel type de consultation dans
la propre langue de l’usager serait comme lui donner une canne à
pêche pour pêcher et manger toute la vie.
Notre option se situe dans
la troisième voie, plus possibiliste, qui ouvre le chemin à
plus de langues (sans arriver à la totalité) pour avancer
vers l’égalité linguistique. Actuellement, la plupart des
moteurs de recherche sont satisfaisants seulement si nous les interrogeons
dans la langue du document que nous voulons obtenir:
The automated
ones such as AltaVista will work perfectly well in any language. To find
American hotels, type hotel. To find Italian hotels, type albergo, which
is Italian for hotel. AltaVista will search for titles, text and keywords
one character at a time, without “realizing” what language. (Hopkins 1996)
Ce processus est
appliqué aussi bien aux chercheurs qui utilisent descripteurs ou
mots clé —la plupart d’entre eux—, comme aux chercheurs qui transforment
le langage naturel au langage contrôlé, avec l’aide de thesaurus,
par exemple AskJeeves.
Pour réduire
cette diglossie informative, l’usager doit pouvoir interroger le chercheur
dans sa propre langue et recevoir des données écrites dans
n’importe quelle langue. Ce type d’opérations est possible seulement
si l’on conçoit les ressources du point de vue plurilingue et s’il
est possible d’accéder sur la toile unilatéralement dans
une langue, sans l’existence d’aucun domaine déficitaire. Pour atteindre
ce but, il faut avoir des ontologies, qui permettent de standardiser les
matériaux disponibles. Voyons un exemple.
Un usager cherche
des bourses pour faire un stage en Chine. La question naturelle est: “Où
est-ce-que je peux trouver de l’information sur des bourses pour étudier
en Chine?”. Un chercheur courant n’est pas capable de traiter la question
dans n’importe quelle langue parce qu’il fragmente la séquence et
il la traite comme une chaîne de conditions de recherche, en ce qui
concerne les éléments pleins —les descripteurs potentiels:
bourses, étudier, Chine—, comme les vides —où, est-ce-que,
je, peux, trouver, de, l’, information, sur, des, pour, en—. Un chercheur
qui prend le langage naturel, comme AskJeeves, ne peut que le traiter et
en sortir les descripteurs si la question a été posée
dans une des langues qu’il connaît.
Regardons maintenant
en détail chaque étape d’une recherche: l’interrogation assistée,
le raffinement et la visualisation des résultats.
L’étape de formulation
de la recherche doit s’encadrer dans un environnement d’interface assistée
et doit permettre l’expression de la langue de l’usager. Cependant, il
faut être réalistes et ne pas rêver à un système
qui reconnaisse n’importe quelle langue, il ne faut pas imposer la responsabilité,
sans mesure et de façon utopique, d’obliger le créateur d’une
page personnelle à indexer sa ressource selon cette diversité.
La solution peut s’orienter à l’usage d’un système linguistique
pont dans le but d’interconnecter la question dans la langue X avec les
résultats, écrits dans une langue X ou Y, en qualité
de lingua franca. Etant donné que la plupart des documents ont été
écrits, ou au moins indexés, dans une ou plusieurs LGD, ce
sont ces langues qui doivent devenir la base de l’interface de recherche.
Le schéma suivant illustre notre proposition:
La phase de formulation
suit ces étages initiaux:
1. L’usager fait la consultation
en langage naturel vernaculaire.
2. Les mots lexicauxs sont
extraits (les grammèmes sont éliminés).
3. Ils sont traduits dans
une LGD (avec tous les équivalents, dans le cas d’ambiguïté).
4. Un Système de
sélection de descripteurs (SSD) choisi les descripteurs d’une ontologie,
d’un thesaurus ou d’une base de données terminologiques qui améliorent
la couverture de la pétition de l’usager.
5/6. Les descripteurs en
LGD (5) sont traduits par les équivalents en LBD (6).
7. L’usager
choisi dans sa propre langue quels sont les descripteurs qui véhiculent
le plus adéquatement sa pétition. Dans le cas où les
resultats ne sont pas assez satisfassants, l’usager peut recommencer le
processus à nouveau. Contrariement, l’usager doit définir
deux paramètres, quel chercheurs et quelles langues, à partir
desquels on commence effectivement la recherche.
Les outils nécessaires
pour le fonctionnement de l’interface sont donc:
- un dictionnaire général
avec des correspondances LBD – LGD (par exemple, swahili – anglais, faeroese
– allemand, dalmate – italien, etc.);
- un thesaurus, une ontologie
ou une terminologie avec des descripteurs et des équivalents croisés
dans la même combinaison.
- un SSD pour chaque LGD
considérée; il s’agit d’un outil très similaire à
un extracteur de terminologie qui sache associer le lexique général
de la langue avec les descripteurs pertinents (avec WordNet ou en sortant
de l’information des définitions lexicographiques, par exemple).
L’avantage de commencer par
les LGD réduit en grand mesure les combinaisons et optimise les
efforts, parce que la plupart de ces outils ont déjà été
créés et implantés.
-
Raffinement des résultats
Quand le moteur de recherche
a sélectionné les descripteurs, il faut faire une recherche
standard dans toutes les langues possibles, fait qui doit générer
en principe un excès de résultats, la plupart desquels l’usager
ne peut pas discriminer. Notre stratégie de raffinement est la suivante:
-
1/2. On cherche dans X moteurs
dans Y langues et on obtient Z pages (2).
-
3/4. Si Z<100, on peut déjà
présenter les résultats (4).
-
5. Si 99<Z<1000,
on passe à 6; dans le cas contraire, à 7.
-
6. On applique les méthodes
actuelles de préférence fondées sur des paramètres
numériques et on commence l’étage de présentation
des résultats (4).
-
7. On utilise un extracteur
de terminologie pour détecter les termes les plus saillants de chaque
page et des techniques de catalogation automatique pour choisir les termes
discriminatoires parmi la totalité des termes relevants dans toutes
les pages retenues (ceux qui permettent de distinguer entre les pages intéressantes
et les pages repoussées).
-
8. On applique le SSD pour trouver
les descripteurs des termes discriminatoires.
-
9. Le thesaurus multilangue
(ou ontologie ou système terminologique) permet la formulation des
descripteurs discriminatoires dans la langue de l’usager.
-
10. Le système dialogue
avec l’usager. Le résultat de ce dialogue ne devient pas une nouvelle
recherche, sinon un raffinement de la recherche antérieure, pour
trouver un subgroupe de documents obtenus dans la première recherche
qui soient plus proches des intérêts de l’usager.
Les ressources nécessaires
dans cet étage se sont aussi groupées dans les LGD et elles
sont comme celles qui sont en train de se développer pour l’extraction
de terminologie, pour la classification automatique de documents et pour
le repérage d’information.
-
Présentation des résultats
La dernière étape
du processus —même si l’usager a fait une seule recherche ou si une
deuxième interrogation a été nécessaire pour
le raffinement— consiste à visualiser le matériel adéquat.
Dans ce cas là, l’usager fait face effectivement à la langue
réelle des textes. S’il ne la connaît pas, il a plusieurs
options: l’extraction de la terminologie la plus remarquable des documents,
la construction automatique de résumés des contenus ou d’organisations
conceptuelles, ou la traduction peu raffinée —type BabelFish— de
morceaux de texte. C’est à lui, donc, de décider s’il doit
se faire traduire les morceaux des documents qu’il trouve intéressants
ou le document complet qui accompli tous les critères initiaux de
sa recherche. Les ressources dont on peut avoir besoin dans ce cas sont
indépendantes de cettes propres des étages précédents.
Évidemment, toutes les activités orientées au repérage
et à la construction d’inventaires lexicaux des LBD pour les étages
d’interrogation assistée et pour le raffinement des résultats
deviendront une aide dans le troisième étage.
À notre avis, une
stratégie efficace doit intégrer les avantages des thesaurus
multilangues préexistants dans un système d’interrogation
assistée qui doit guider l’usager dans sa recherche. En plus, il
devrait réduire le bruit du langage naturel et le convertir à
un langage contrôlé pour raffiner les résultats.
Quelle est la raison
principale pour considérer que le repérage de terminologie
et l’élaboration de glossaires multilangues sont des voies adéquates
pour favoriser le multilinguisme sur Internet?
- les caractéristiques
des textes spécialisés en comparaison aux textes généraux
(la connaissance est plus dense et compactée et les termes sont
les unités qui retiennent plus prototypiquement cette connaissance);
- les textes spécialisés
sont moins variées stylistiquement;
- ils montrent plus de systematicité
dénominative.
Pour résumer, un
chercheur efficace pour naturaliser l’accès à Internet devrait
intégrer les étapes suivantes:
? l’interrogation originelle
dans toutes les langues;
? l’extraction des descripteurs
qui caractérisent la formulation;
? la localisation de ces
descripteurs dans un thesaurus multilangue;
? la recherche de ressources
à partir de ces thesaurus;
? la sélection des
résultats selon le filtrage de l’adéquation informative;
? la visualisation des résultats
les plus saillants ou “substituts”, par exemple, résumés,
repérage de terminologie des documents ou traductions.
-
Avantages de la proposition
Une naturalisation de l’accès
aux données dans la propre langue en utilisant des thesaurus multilangues
et des extracteurs de terminologie représente une solution:
a) faisable, parce que les
applications nécessaires sont déjà disponibles;
b) soutenable, grâce
à la charge économique limitée pour son entretien;
c) actualisable, parce que
l’adéquation des thesaurus et des ontologies, de même qu’une
indexation efficace, ont des effets multiplicateurs dans les chercheurs;
d) adéquate, parce
qu’il est possible d’y entrer par chaque langue et arriver aussi à
chaque langue;
e) intégrable dans
une chaîne technologique de développement de la traduction
automatique et de l’élaboration de résumés; et
f) rentable, parce que l’information
résultante à partir des requêtes des usagers est beaucoup
plus raffinée.
-
Bibliographie
- AskJeeves (1996-2001).
http://www.askjeeves.com
[Dernière consultation: 19/02/01].
- Blue Earth Language
Solutions (2000). Statistics by Language. [Inver Grove Heights:] Blue Earth.
http://www.blueearth.net/en/resources/statistics3.html
[Dernière consultation: 19/02/01].
- Global Reach (2000).
Global Internet Statistics (by Language). Global Reach. http://www.glreach.com/globstats
[Dernière
consultation: 19/02/01].
- Hopkins, R. (1996).
Website Translation: A Primer for Webmasters, Authors and Owners. Global
Reach. http://glreach.com/eng/ed/art/trans.html
[Dernière
consultation: 14/2/01]. |
Intervention
de Madame Svetlana TER-MINASOVA
Synthèse
International Communication:
Technical Pros and Human Contras
(A View from Russia)
The future of mankind
depends largely on its ability to communicate.
Technical progress provides
mankind with an ever-increasing variety of more and more powerful devices
and forms of communication: tele-conferences, multi-media bridges, His
or Her Majesty – the Internet!
The social development of
most countries is oriented to meeting the achievements and demands of technical
progress half-way. Indeed, during the last decade of the XX century, with
the collapse of the “socialist camp”, many political and economical barriers
were shattered, which has made international communication easier. Russia
and former Soviet republics may serve as an example.
However, “the human factor”
presents a number of problems hampering the idea of international communication.
Generally speaking it is a basic inherent contradiction of equality versus
diversity (individuality). People are created equal, they want to enjoy
equal rights but they also want to keep their individuality. The most formidable
obstacles on the way to intercultural communication are: language and culture
barriers.
The language barrier
is obvious from the time of the Tower of Babel and does not require much
explanation. The cultural barrier is more difficult (judging by the Russian
experience) than the linguistic one because:
1. It is much less obvious,
practically invisible for isolated nations.
2. Cultural mistakes are
much more irritating and conflict-provoking than linguistic ones.
3. Conflicts of cultures
are more dangerous than conflicts of languages.
Language and culture are
so closely intertwined that they are practically inseparable. Culture is
largely based on language, language is largely loaded with culture.
There seems to be
two ways of solving the problem with language and culture barriers.
1. One single language may become
the lingua franca of electronic networks. At the moment the language claiming
the unique role of a means of international communication is invariably
English. It is determined by a number of socio-historical factors.
However, international
communication by no means can be confined to just one “global language”.
Since the diversity of languages represents the diversity of cultures,
and the diversity of cultures implies a great variety of ideas, beliefs,
traditions, ways of life and visions of the world, using one “international”
language for international communication would lead to levelling and neglecting
all other-language-speaking nations, robbing them of their national
identity, of all the various results of national cultural development,
and, finally, to a sharp decrease in the amount of cultural information
in cyberspace. This is unpractical, unreasonable and impossible.
2. As for ensuring the multilingual
and multicultural forms of international communication (electronic or non-electronic)
there is only one solution to the problem: to emphasize the part of Foreign
Language Teaching, to develop language teaching strategies, to improve
language teaching methods and techniques. Again Russia can offer its unique
experience of FLT under the circumstances of complete isolation from the
world where these languages have been naturally used as means of communication.
Thus, foreign language teachers
must be regarded as missionaries bringing peace, tolerance and international
cooperation to the world through the possibility of international communication.
|
Intervention
de Monsieur Taik Sup AUH
Professor of Mass Communications,
Korea University
(Visiting Scholar, Indiana
University School of Journalism, 2001)
President, Korea Cyber
Communications Society
(tsauh@korea.ac.kr)
Language Divide and Knowledge
Gap in Cyberspace:
Beyond Digital Divide
-
Knowledge Gap in Cyberspace
Loudly hailed as the greatest
invention on Earth, the Internet is ushering in a knowledge-based webbed
society, accompanied by euphoric claims of wealth creations and online
democracy. On the other side of the isle, critics argue what kind of webbed
society is it, where “80 percent of its population have never even heard
a dial tone, let alone surfed the Web?”(BBC News, 1999). So, the ideological
tug-of-war goes on and on between the net enthusiasts and net skeptics,
each casting their own vision of the future society, in light of social
sciences theories and empirical data.
Drawing upon the knowledge
gap hypothesis, net critics note with grave concern that there is a significant
“digital divide” now separating information “haves” and “have nots,” and,
to make the matter worse, the digital divide has been widening in recent
years between and within national boundaries. Even in the United States,
“urban households with incomes of $75,000 and higher are 20 times more
likely to have access to the Internet than rural households at the lowest
income levels, and Blacks and Hispanic households are approximately one-third
as likely to have home Internet access as households of Asian/Pacific Islander
descent” (NTIA, 2001). As a result, the richer and better educated people
become information richer than their less privileged counterparts.
The knowledge gap resulting
from the digital divide caught the attention of the World Bank, which noted
“the global explosion of knowledge now under way may lift hundreds of millions
of the world’s poor out of poverty, or it may create widening gap, in which
poor countries lag further and further behind” (World Bank, 1999). Poor
countries are—and will be—less prosperous than richer ones, the world organization
diagnosed, “because many of them lack the capability to acquire and adapt
the economic, technical, and social knowledge that has spurred many of
the world’s development success stories” (World Bank, 1999).
On the other hand, some
people maintain that the digital divide is not as serious an issue as knowledge
gap theorists would like us to believe. Based on diffusion theory, Compaine
(1988) argues that the cutting edge technology of today, namely, computers
and the Internet, will soon become household products, as did many of the
past technological innovations such as telephone and television. In fact,
policy-makers and researchers alike had predicted they would be the contributors
to the knowledge gap. Compaine even contends that the knowledge gap amounts
to “crying wolf,” created by the academic world as a source of power and
commercial advantage.
Regardless of their theoretical
standpoints, scholars all agree that information tools, such as the PC
and the Internet, are increasingly crucial to economic success as well
as personal advancement, and, therefore, every individual, rich or poor,
is entitled to free and universal access to the technological innovations.
But the availability of PCs and communication infrastructure does not,
in and of itself, guarantee a meaningful use of the Internet. Even if telecommunications
systems are installed and accessible, people would need an adequate level
of literacy and computer self-efficacy to become effective Internet users
(Eastin & LaRose, 2000).
The digital divide has been
investigated by scholars (e.g., Hoffman & Novak, 1998) and policy makers
(e.g., NTIA, 1999) mainly as an economy-specific issue that permeates the
population across all demographic profiles, such as income, gender, age,
education, race, and region. Once the digital divide is successfully overcome,
however, there is yet another divide that separates the world’s population
into almost equal halves, those who understand English and those who don’t.
To use an old Korean expression, the abundance of information and knowledge
on the Internet is nothing but “bread in the picture” to those who cannot
use English, the lingua franca of cyberspace. Therefore, any serious discussion
of universal access to the Internet must confront the language divide in
cyberspace, to ascertain how it adversely affects a large segment of the
population who do not understand English.
Scholars may have different
perspectives and predictions as to what the future holds for the Internet,
but they are generally agreed on what it is like today. Our cyberspace
has become an electronic playground for English-speaking North Americans,
where the players, referees, rules of the game, and even the game itself
are very much North American. Since its birth a generation ago, the Internet
has been dominated by the English language and North American culture.
At the beginning of 1990, when the World Wide Web became a reality, the
U.S. dominance of the Internet was overwhelming, with the share of about
86 percent of 1.1 million Internet users and 92 percent of some 200,000
Internet hosts worldwide (Nua Internet Surveys, 2000). Today, English is
used by 47.6 percent of Internet users, according to the latest estimated
figures of the number of people online by each language zone (Global Reach,
2001).
However, recent developments
in cyberspace augur an end to U.S. electronic hegemony. With the impressive
growth of net users in Asia-Pacific Rim, Europe, and South America, the
non-U.S. net population, for the first time in the digital history, was
forecast to have outnumbered U.S by the end of 1999 (Nua Internet Surveys,
2000). The U.S. will have one-third of the total Internet users in 2002,
and that number will decline to 27 percent by the end of 2005 (Computer
Industry Almanac, 1999). Over half of the online population access the
Internet in another language than English, and this figure will grow to
75 percent in 2005 (Global Reach, 2001). If these predictions come true,
it is easy to speculate that the dominant use of English in commerce and
discourse will eventually be contested and the Internet itself will become
multilingual in one form or another. This is already happening.
A consortium of American
computer companies has developed a universal digital code known as Unicode
to allow computers to represent the letters and characters of virtually
all the world’s languages. Major search engines like Yahoo and Lycos offer
their services in multiple languages. Alta Vista with SYSTRAN “babelfish”
system now enables users to perform multilingual searches in up to 25 languages
and search the index in non-Roman alphabets such as Chinese, Japanese,
and Korean. Better yet, one can use the Alta Vista system to translate
a segment of text pasted into a query window, or retrieve a Web page to
a local site, and rapidly translate its contents (now available at (http://babelfish.altavista).
Free Translation.com offers at no cost automatic translation for basic
comprehension of text or Web pages.
Despite the impressive progress
being made in the interlingual machine translation in recent years, the
language on the Internet is most likely to be governed by the “Metcalf’s
Law,” the so-called magic of interconnections; Connect any number of entities
and you get ‘n’ squared in exponential value (Gilder, 1995). To expand
this logic further, the critical mass of English amongst information providers
and users is likely to drive the Internet usage inexorably towards monoglot
English. As long as English can be understood by the largest number of
Internet users, cyberspace will continue to be dominated by English as
the primary language for international discourse and commerce, while European
languages will remain predominant in local communication.
As English continues to dominate
cyberspace with greater intensity and speed, many countries have taken
steps to protect their own languages and cultures from excessive American
influence. Protective measures vary among countries and over time, including
mandatory use of their own vernacular language on the Internet and development
of machine translation software. In some countries, there have been suggestions
to make English a common language. As such, language divide is a multifaceted
issue that entails ideological, cultural, and technological dimensions.
-
English Dominance and Threat
to National Identity
Already encroached by an
ocean of American culture, some countries are really worried that their
cultures will be further eroded by the American dominance in cyberspace.
The growing expansion of English is increasingly perceived as a threat
to their cultures, languages, and even national identities. The French
government, in a defensive move to protect its language, once filed a lawsuit
against a Georgia Tech branch campus in Metz, France, whose web page did
not translate its contents into French. Arab countries proposed creation
of an Arab Intranet, a closed network in which indiscriminate access to
pornography and political discussion could be blocked. Canadian content
requirements are to be extended to the Internet to keep out the American
“cultural vulture.”
In the midst of an
acute currency crisis in Korea in 1998 came the shocking announcement that
a Korean software company had agreed with Microsoft to stop development
of its popular Arae A Hangul word processor program in exchange for a $20
million capital investment. Apparently, what Microsoft hoped for in the
deal was to secure a monopoly right for its Korean language version of
Windows and Word in the Korean market. "Insanely great," as Apple Computer's
founder Steven Jobs praised it, Arae A Hangul was multilingual at a time
when DOS versions of Word and WordPerfect barely went beyond ASCII. Media
reports of the deal aroused anger and frustration among Koreans, and quickly
invoked the issue of a national pride to rally public support for the Hangul
program. A massive nationwide campaign saved Hangul at the eleventh hour
from the threat of extinction as its developer reversed its earlier decision,
bowing to a nationwide campaign spearheaded by the Korean scholarly community
and venture capitalists.
While the Internet
is awash in information, almost all of it flows in one direction, i.e.,
from the United States to the rest of the increasingly wired world. The
situation brings home a recent debate over “unbalanced and unidirectional”
flow of information from the world’s richest countries to the Third World,
an on-going controversy that prompted UNESCO to argue on numerous occasions
for a New World Information Order (NWIO). In the age of the Internet, the
situation has become even worse; not only is the information flow unidirectional
but monolingual as well.
Mainly for ideological reasons,
many countries are reluctant to accept English as the lingua franca for
commerce and trade, crisis management, and scholarly and intellectual discourse
on the Internet. The question is whether or not there should and could
be one dominant language of cyberspace. In this connection, Gareth Grainger
of the Australian Broadcasting Authority rules out any form of international
legal regulation, preferring instead national solutions to what he sees
as national problems. Yet he cautions that “it would be foolish and futile
for anyone to seek to restrain the current ascendancy of English in cyberspace,
which reflects the origins and current users of that domain” (Grainger,
1998).
-
English as a Common Language?
Recent Controversies in Korea and Japan
An estimated 9.5 million
Koreans are linked to the Internet, representing 22.4 percent of the entire
population 7 years of age and older, according to a Korean government survey
in 2000 (KIUSE, 2000). The majority of them were found to use the global
medium mainly for communication within the national boundary, since their
grasp of foreign languages is quite rudimentary, sufficient only for processing
basic information such as the weather and sports. As a result, they are
denied the tremendous opportunities that the Internet has to offer, namely,
in-depth information and serious discussions with netizens all around the
world. To be an effective Internet user one has to be equipped with both
receptive and productive abilities in English. Such an expectation, however,
appears to be neither practical nor realistic as far as Korea is concerned.
Bok Koh-Il, a professional
Korean writer, thinks otherwise. In 1998, he came up with the radical idea
of making English an official language of Korea along with Korean. “As
the emergence of the universal language is interlocked with the enlargement
of the network,” Bok predicted, “the Korean language will soon be little
more than a museum piece and more nations will adopt a bilingual system
in which their own languages coexist with English.” His underlying perspective
is that “language is a tool, and worshipping it as an idol is irrational”
(Cited from Fouser, 1998).
Quite expectedly, Bok’s audacious
proposal immediately touched off a verbal battle, online and off-line.
In a wild exchange of high-pitched diatribes, Bok’s opponents argued that
English was not a panacea and accepting his idea would wither Korea’s unique
traditions and hamstring its cultural foundation. His supporters, on the
other hand, applauded the accuracy of his observation that Koreans possess
an excessive national pride, which Bok saw as a major obstacle to the advancement
of Korean society. Sensational and even irrational as it might have been,
Bok’s proposal mustered 42 percent of consenting votes in a non-random
online survey taken immediately after the verbal battle.
In the same vein, Japan also
witnessed a volcanic eruption of “English as a common language” controversy,
as an advisory panel to the Prime Minister early in 2000 recommended that
Japanese people practically use English language as a tool. In its final
report entitled, “The Frontier Within Individual Empowerment and Better
Governance in the New Millenium,” the Group of Japan’s Vision for the 21st
Century said, among other things, “Japan should consider making English
an official second language” (Japan Economic Foundation, 2000). The report
emphasized that global literacy is essential for Japanese to obtain and
understand information, make themselves understood clearly and communicate
in the international community. In this connection, the report highlighted,
mastery of English, which is now the lingua franca of the world as well
as the Internet, is essential. It called on the Japanese public to extensively
debate whether to make English an official second language as a long-term
goal, from educational as well as cultural viewpoints.
-
Language Proficiency,
Website Visit, Knowledge Acquisition
Given English dominance of cyberspace,
it is quite likely that a sizable number of non-English speaking people—now
estimated at about half the world‘s population—can only access what limited
information is available in their own vernacular languages. As hundreds
of millions of people are effectively denied access to the bulk of information
available in English, it could adversely affect the way they get the information
that they need in the conduct of their daily lives. It calls for a comprehensive
study to assess the current state of the language use on the Internet,
to ascertain how language barrier affects people’s information-seeking
behavior, and to explore ways of ensuring an unrestrained access to ever-expanding
knowledge on the Internet. To address these questions a research project
was launched by the author in Korea in April 2000 (Auh, 2000).
The study addressed
three aspects of Internet-related language issues, using the following
three complementary methods: content analysis of Web pages available in
Korean and English to assess their informational value in terms of both
quantity and quality; Internet Search Contest to evaluate the quality of
search results produced by users with varying degrees of English language
proficiency; and a survey of the general public to estimate their access
to foreign language Internet sites.
-
Content Analysis of Websites
In an attempt to assess
the quality of information as well as the sheer volume of contents available
through Korean and English language search engines, yahoo.co.kr and lycos.co.kr
(Korean language search engines) and yahoo.com and lycos.com (English language
search engines) were accessed for information that these sites offered
about the same search terms in two different languages, i.e., Korean and
English. Six search terms were used, namely, genome, animal cloning, El
Nino, IMT-2000, Millenium bug (Y2K), and Deng Xiaoping.
Results showed that the English-language
search engines were far superior to the Korean-language sites in terms
of the amount of information that matched the topic being searched. Take
‘genome’ as an example: When the topic was searched using Korean, the two
Korean search engines combined (yahoo.co.kr and lycos.co.kr) generated
a total of 3,666 Web pages in Korean, as compared with 426,806 provided
by the two English language search engines (yahoo.com and lycos.com). In
plain terms, there were only 8 to 9 Web pages available in Korean for every
1,000 Web pages in English, dealing with genome as a search term. Such
a quantitative disparity between the search engines in the two different
languages was a consistent pattern across all other topics, except for
IMT-2000 (See Table 1).
Table 1. Number
of Web Pages by Language and Search Engines
(As of August 5, 2000)
|
Search Term
|
Korean Search Engines
|
English Search Engines
|
| |
Yahoo.co.kr
|
Lycos.co.kr
|
yahoo.com
|
Lycos.com
|
|
Genome
|
2,268
|
1,398
|
121,000
|
305,806
|
|
Animal cloning
|
692
|
32,700
|
41,430
|
|
El Nino
|
822
|
909
|
2,990
|
106,279
|
|
IMT-2000
|
24,097
|
551
|
5,210
|
16,551
|
|
Y2K
|
20
|
80
|
614
|
2,056,801
|
|
Deng Xiaoping
|
1,233
|
958
|
11,300
|
17,614
|
Since sheer number
of Web pages does not necessarily translate into informational value, a
qualitative analysis of Web pages was performed to assess the depth and
breadth of information generated by the search engines in the two different
languages. For this purpose, six trained specialists selected the most
“outstanding” Web sites—three each from Korean and English sites—based
primarily on the depth of coverage and professional quality of information
that they offered. The qualitative analysis proved that the English sites
far outclassed their Korean counterparts in their coverage of genome as
a search topic: information available on the Korean sites was quite rudimentary,
and most of it was merely electronic copies of off-line contents, whereas
the English-language sites did provide indepth analyses of the genome project
with far-reaching references to genome research and its relevance to the
future society.
All told, Internet users
with a language barrier are at a competitive disadvantage in their search
for information, as English language sites far outnumber and outclass sites
in the Korean language.
Ninety-two Korea University
students volunteered to participate in an Internet search contest to answer
objective questions and write essays on given tpoics.The objective test
items included such questions as “Name the second highest man-made towers
in the world,” “Name the U.S. companies that filed a lawsuit against MP3.com,”
and “How many surnames are registered in Korea?” Essay type questions were
about online sex addiction and its cure, the fate of Polar Lander, the
Internet and digital divide, and so on. With the promise of a monetary
reward for the top two scorers, they were allowed to surf the net for two
hours to collect data and complete writing for the objective and essay
questions. The participants were clearly told before the contest that their
answers were to be evaluated in terms of accuracy of information for short
objective questions and richness and variety of content in the case of
essay type questions.
The purpose of the study
was to gauge the functional relationship of the subjects’ English proficiency—as
measured by TOEFL or TOEIC scores—to Web sites they visited, both domestic
and foreign, and to the quality of information they provided in their report,
as measured by the total test scores on the objective and subjective tests.
It was hypothesized that language proficiency would lead to more frequent
access to foreign language sites and to better search results.
Test results confirmed the
research hypothesis: subjects proficient in English visited twice as many
English language sites as low-proficiency subjects; and the low- and high-proficiency
groups not only differed in the amount of information they provided in
the answer sheet, but also in the quality of essays that they wrote. High
proficiency subjects composed much more lucid and succinct essays (See
Table 2).
Table 2. Comparison
of Test Scores and Website Access
Between Two English Proficiency
Groups
|
Low Proficiency Group
|
High Proficiency
Group
|
t
|
df
|
p
|
|
Mean Test Score
|
40,1
|
56,3
|
-2,56
|
30
|
|
N. of Total Web Sites
Visited
|
4,5
|
4,7
|
-.227
|
30
|
n.s
|
|
N. of English Sites
Visited
|
1.2
|
2.2
|
-2.16
|
30
|
.038
|
A non-random online survey
was run from April 17 through 27, 2000, to find out how Koreans made use
of the Internet for information and knowledge. A total of 805 respondents
took part in the survey, and of these ten were chosen by lot to be given
book coupons as an incentive. The survey asked the respondents their subjective
level of English proficiency, and the results of the question were used
to split the respondents into high-, medium-, and low-proficiency groups.
The respondents were also presented with a series of questions concerning
their computer skills, years on the Internet, educational level, and demographic
profile. These were the predictor variables to account for the respondents’
use of domestic and English language sites and amount of time spent on
the Internet.
In a multiple regression
analysis, the three predictor variables combined—English proficiency, years
on the Internet, and education—were found to account for 34 percent of
the variance in English Website use (R2 =.34). As expected, English proficiency
stood out as the single most important predictor of the three independent
variables, with R2 of .30. Somewhat puzzling was the negative contribution
of education (Beta=-.115) to the use of English Web sites. It could well
be due to a disproportionately large number of young students in the survey
sample who were still in school (See Table 3).
Table 3. Hierarchical
Regression Analysis of Predictors of English Web Site Use and Time of Internet
Use
(Only Selected Variables
Are Listed)
|
English Web Sites’
Use
|
Internet Use
|
|
Major Predicting Variables
|
English Proficiency
|
Year on the Internet
|
Education
|
Computer Skill
|
Length of Internet
Use
|
|
Beta
|
.513*
|
.178*
|
-.115*
|
.157*
|
. 132*
|
|
Multiple R
|
.555
|
.573
|
.583
|
.221
|
.249
|
|
R²
|
.308
|
.328
|
.340
|
.049
|
.062
|
|
R change
|
.308
|
.020
|
.012
|
.049
|
.014
|
|
F
|
327.6
|
179.7
|
126.3
|
36.9
|
23.9 |
Note: The predicting
variables for the “ English Web Sites’ Use” and “ Internet Use” included
English proficiency, Length of Internet use, time of Internet use, computer
skill, education, gender, age, and income.
*p=.000.
Table 4 shows Korean
Internet users visited domestic Web sites, primarily (53.3%) or exclusively
(20.0%). Such a tendency was more pronounced among low-proficiency respondents
(primarily 53.5% and exclusively 39.9%) than high-proficiency respondents
(primarily 41.9% and exclusively 4.1%).
Not surprisingly, respondents’
language proficiency made a difference in terms of their access to English
language Web sites: more than half the high-proficiency people were found
to have visited at least one English language site for every two Korean
sites; in the low-proficiency group, on the other hand, only 6.6 percent
did so (See Table 4).
Table 4. Level of
English Proficiency and Web Site Visits
|
English
Proficiency Level
|
|
Use of Web Sites
|
N
|
%
|
N
|
%
|
N
|
%
|
N
|
%
|
|
Using of Only Korean
Sites
|
10
|
4.1
|
29
|
12.2
|
115
|
39.9
|
154
|
100
|
|
Using of mostly
Korean Sites
|
103
|
41.9
|
154
|
65
|
154¨
|
53.5
|
111
|
53.3
|
|
Using of Korean Sites
as twice of English Sites
|
50
|
20.3
|
28
|
11.8
|
7
|
2.4
|
85
|
11.0
|
|
Using of Korean and
English Sites equally
|
83
|
33.7
|
26
|
11.0
|
12
|
4.2
|
121
|
15.7
|
|
Total
|
246
|
100
|
237
|
100
|
288
|
100
|
775
|
100
|
Note: X2 = 225.324, p=.000.
-
Machine Translation: A
Viable Tool for Multilingual Internet
Studies above have shown that
Korean Internet users rely heavily on domestic Web sites for information
and knowledge, and their use of foreign language sites, especially English
sites, is rather limited. Lack of language proficiency has been identified
as the single most important factor that accounted for the limited access
to non-Korean Web sites. The research has also demonstrated that compared
with the Korean language sites, English sites do provide unquestionably
more and probably better information on a given search topic.
Given these facts,
the policy regime will have to opt for one or combination of the following
strategies, each with its own cost and benefit, in its battle against the
language divide and the resulting knowledge gap: Perhaps the most radical
of all is the idea of adopting English as a common language. As controversial
as it is beneficial, its merits are not likely to offset the expected massive
resistance from every sector of the society. Another strategy is to broadly
expand and constantly update databases in the vernacular language, that
are comprehensive and rich enough to mitigate any need for access to foreign
language Web sites. As many non-English speaking countries are moving in
this direction, they will soon discover, as the research in Korea found,
that English language sites are far ahead of theirs in terms of quantity
and quality of information and knowledge, and the gap is likely to widen
as years pass. The third option lies in the stepped-up effort to develop
translation technology capable of machine-aided bulk translation of foreign
language source materials into the mother tongue. Despite impressive progress
in the area in recent years, machine translation is still rife with technical
and financial difficulties.
The Internet is home to
many language translation sites that offer everything from simple machine
translation to e-mailed human translation services for a fee. Given the
volume and variety of messages on the Internet, human-assisted translation
appears to be too slow and costly to make it a sensible choice for maintaining
multilingual Web sites. A viable alternative is machine-aided translation,
which has been vigorously pursued mostly in Japan, Canada and Europe, with
somewhat mixed results.
In an attempt to assess
the quality of machine translation, Watters and Patel (1999) selected four
common English proverbs, such as “a bird in the hand is worth two in the
bush,” translated them into five target languages (French, Italian, Spanish,
Portuguese, and German), and then inverted their translations back to the
source language (English), using the Alta Vista with SYSTRAN system described
above. They found that “direct translation systems which have no internal
representation of semantics are not able to correctly translate non-literal
word meanings” (p. 160
In Korea there are
several translation software packages capable of machine-translating foreign
language texts into Korean. In an attempt to assess their quality, the
author has attempted on three occasions to get a wide variety of texts
in Japanese and English translated into Korean by means of King Sejong,
one of the most popular translation software packages on the market.
To begin with a conclusion,
the Japanese-Korean translation effort has proved to be generally successful,
whereas the English-Korean translation has been dismally unsatisfactory.
In terms of syntax and grammar, Korean and Japanese share a lot in common,
whereas there is a mile of difference between Korean and English. Moreover,
intercultural differences involved in the English-to-Korean translation
constituted an insurmountable wall, as well. The English texts were excerpts
from newspapers, novels, scholarly journals, and major historical speeches.
The translated versions were unintelligible, and not good enough to be
revisable even with the intervention of human editors. It appeared that
the texts replete with sophisticated literary expressions—Lincoln’s Gettysburg
address and a Baudrillard’s work, in particular—simply defied machine-aided
translation. Compared with the other texts, newspaper articles have consistently
come up with a relatively high level of fidelity in translation.
Why did the newspaper articles
alone fare reasonably well, while other texts simply failed to be translated
into Korean? An important factor may be the reader’s familiarity with the
subject matters being covered in the media. A more plausible explanation
lies in the journalistic style in which the article is written. Journalists
are required to adhere to the principle of brevity and precision when they
write about an issue or event. All the important elements of a story are
to be clearly spelled out without excessive literary ornamentation.
Such a finding could have
a practical implication for the information producers on the Internet.
For the benefit of a large population worldwide they are strongly encouraged
to provide a brief and concise abstract of the full text in a machine-friendly
manner, so that the abstract can be translated into many languages without
loss of fidelity. To be useful to non-English speaking users, the abstract
would have to be deliberately skeletal, incorporating only the bare minimum
of essentials of the full text.
For a truly multilingual
Internet to come of age, there are a host of difficult hurdles to overcome,
including the technical obstacles of communicating in the majority of the
world’s languages through machine-aided translations. Some progress has
been made, and more is in sight, in the development of hardware and software
for processing audio and written texts, as amply demonstrated by the C-STAR
project.
In what could be described
as a major breakthrough in speech synthesizer technology, scientists at
the International Consortium for Speech Translation Advanced Research (C-STAR)
have successfully demonstrated that computers can translate spoken words
from one language into another, at a high level of fidelity (C-STAR, 1999).
July 1999, the C-STAR conducted an experiment, in which scientists at six
locations around the world, posing as “travelers” and “travel agents,”
made travel-related inquiries and decisions in their own native languages,
to be simultaneously translated into every other language.
For the first time,
the demonstration unveiled several cutting edge technologies in the area
of spontaneous spoken language translation, machine translation, and speech
recognition. In a 1991 C-STAR demonstration, speakers were forced to stay
within already specified sets of words to get their message across, while
using perfect syntax and speaking style. Eight years later, participants
were able to exchange spontaneous dialogs with larger vocabularies, free
of rigid syntactic constraints.
Two new translation approaches
were successfully developed and tested in the 1999 C-STAR demonstration:
an Interlingua approach and an Example Based approach to machine translation.
The former uses a language-independent representation of meaning (the intended
meaning) before generating an equivalent expression in the target language.
At the 1999 demonstration, for example, the statement, “O.K., I’d like
to book a tour in Kyoto, please,” was invisibly translated into interlingua,
which was then translated into a Japanese sentence that was spoken by a
computerized speech synthesizer. C-STAR believes that the interlingua approach
has the advantage that it can easily extend to many languages as generation
in many languages can be added from the Interlingua, essentially a machine
language.
The example based is a corpus-based
approach that uses parallel text corpora to automatically infer corresponding
phrases. The advantages are that the systems can be extended automatically
with additional example data and could be extended to broader domains.
The successful implementation of the C-STAR project is encouraging news
to those who have an eye on machine translation as a promising technology
to solve the language divide in cyberspace.
No one knows for sure at this
early stage of the Internet’s development what would be the long-term cumulative
consequences resulting from a de facto denial of access to the Internet
due to language barrier. What is certain is that language is a tool, a
tool as indispensable as PCs to the very survival in cyberspace. In the
end, prosperity or poverty in cyberspace--individually or collectively
as a nation—will be determined by one’s ability to use the tool to his
or her maximum benefit. As the digital divide has denied membership in
cyberspace to peoples of low demographic profiles, the language divide
may relegate non-English speaking members to the ranks of second-class
netizens.
To prepare for a multilingual
Internet which is “user friendly” in a novel sense of the term, the function
of the Internet must be broadened in two fundamental ways. The first would
be the expansion of databases in the vernacular languages to include information
and knowledge of interest primarily, but not exclusively, at the national
level only. The second suggestion is that there be a continuation of investment
in translation technology, which will make inroads on the overarching language
problem now besetting the Internet.
Machine translation,
like the Internet itself, has both the enthusiasts and skeptics. While
we recognize the pragmatic need for fast, accurate bulk translation of
source materials, we are faced, at the same time, with strong voices against
machine translation on cultural and economic as well as technical grounds.
Melitz (1999) warned that “the tendency of a single world market to privilege
the translation of English fiction and poetry into other languages for
reading and listening enjoyment may damage the production of world literature
and in this respect make us all worse off” (p. 1). Searle (1984) argued
that “since computer programs are syntactic rather than semantic, any machine
translation enterprise is doomed to failure” (Cited from, Watters &
Patel, 1999, p. 154). Quine (1960), in his theory of the indeterminacy
of translation, stated that “the divergence experienced between translations
of different languages is so great that it is virtually impossible to guarantee
that a translation conveyed the ‘true’ meaning of an utterance” (Cited
from, Watters & Patel, 1999, p. 154).
‘True’ meaning or not,
the quality of machine translation is in the eyes of the beholder. Let
us suppose, for example, a given translation software—by some objective
measure of accuracy and precision—can perform at level 4 on a 10-point
scale, 1 being completely dissatisfactory and 10 completely satisfactory.
Perfectionists would throw it away as a useless tool. Those who happen
to belong to the “unfortunate” side of the language divide can only be
thankful, because the software promises 40 percent reduction in uncertainty.
They can learn from the translated output at least what the source material
is all about. Any additional information one can get from the translation
is an extra bonus. An equally viable argument can be made, however, that
one can get a very different meaning from a partially satisfactory translation,
as 40 percent reduction in uncertainty could result in a totally erroneous
translation 60 percent of the time, which might be worse than no translation
at all. So, one has to be very careful about putting too much faith in
these programs, at least as they exist now.
Despite its serious
limitations and imperfections, at least for now, machine-aided bulk translation
merits the highest priority of our attention and investment as long as
it is arguably “the only wheel in town.” While we take heed of what English-language
dominance can do to indigenous languages and cultural heritages, we should
vigorously pursue machine translation as a viable means for knowledge dissemination
across language barriers.
What is called for
is a heightened awareness on the part of the policy-makers of the gravity
of the language divide in cyberspace and a determined effort to remedy
the situation. For example, it is not in the best interest of the Korean
public for its government to invest billions of dollars in building information
infrastructure and very little in the development of multilingual tools.
Regional cooperation among nations that share cultural and linguistic similarities,
such as Korea, Japan, and China, must be strongly encouraged not only by
the governments concerned but also by regional and international organizations
such as UNESCO. Through collaborative R&D arrangements, they can jointly
develop multilingual translation tools and services in a much more cost-effective
way, as the C-STAR project would attest.
The C-STAR project
owes its success to an amalgamation of engineering and linguistic talents,
targeted at a specific domain, namely, travel planning. It is one small
step for the scientists but a giant step for human interactivity across
language barrier. Its implications are profoundly far-reaching. If the
translation industry is motivated enough—intellectually, commercially,
or otherwise—to develop translation softwares, independently in splinter
groups, each focusing on a specific domain, it will eventually lead to
a library of translation softwares for wider and deeper use by peoples
of all languages. The “divide and conquer” strategy is a workable solution
to a host of technical and financial obstacles confronting the translation
industry.
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Table 1. Number of Web
Pages by Language and Search Engines
(As of August 5, 2000) |
Intervention
de Monsieur Omkar N.KOUL
LANGUAGE LEARNING
AND THE USE OF NETWORK
The Child Education and
the Primary School Learning in a Multilingual Society
There is a tremendous
increase in the use of modern technology in the school education at different
levels. It is felt that the use of technology in schools allows teachers
to do a better job in the present challenging environment by empowering
and motivating students in different ways. It allows the use of innovative
learning styles and facilitates the learners to move at a pace suitable
to them. The use of new technology provides opportunities to students to
tap into their natural curiosity. The modern technology has an important
role in the acquisition and transfer of knowledge using resources from
Internet. Accessing resources from the Internet is a beneficial tool in
helping students to gain a higher level of achievement. It is believed
that the Internet resources appeal to students of all ages and abilities
and motivate them to study on their own at leisure. There are no geographical
barriers and constraints of time in the acquisition of knowledge and skills.
It can change the way of learning and students can take the control of
their own learning. Students can access a large number of resources around
the world including latest information, databases and archives. They can
share information with other students and teachers electronically through
e-mail, list servers, discussion groups and bulletin boards. It breaks
the barriers of time and space. Students can discuss the problems
and seek answers. It is possible for teachers to provide personal attention
to the problems faced by the individual learners and enhance the students’
sense of self esteem. It is important for the teachers and students to
be familiar with the different available tools and resources that would
contribute to their effective use and improve the quality of education.
The present paper explores the possibilities of the effective use of
network in the early child education with special reference to language
learning in a multilingual society.
Use of Computers
The use of computers is on
continuous increase at the primary level of school education throughout
the world. Usually the children at the elementary level of schooling are
provided basic skills for the use of computers, and they are also taught
how computers can be used in acquiring knowledge related to various subjects
in school education. Whereas the use of computers have become an essential
part of the schooling system in the developed countries, their use is restricted
to private schools (which are called Public schools in India) in the developing
countries. Various studies have been conducted related to the their
effectiveness in the school education.
According to Kirkpatrick
and Cuban (1998) studies of classroom use of computers have found
evidence of moderate effectiveness in the academic performance of students
who use them. They have also found evidence of minimum effectiveness and
of no effectiveness at all. The studies cited by them point out to the
lack of clarity in the aims of the use of technology in schools with
special reference to the use of computers as effective teaching tools without
having a clear focus. The studies also cite student grade levels and achievement
gains in experimental vis -a- vis control groups of students. Some studies
support the use of computers and others do not find them effective at all
or not up to the level of expectation. One can question the validity of
the studies at different levels on the basis of the objectives of research,
methodology, and the sample.
Keeping in view an increasing
use of computers in schools, one need not question the effectiveness of
their use as a technology tool; one has to think about the teaching strategies
which would ensure their effective use. There are other pressing issues
too. It is important to make a distinction of the use of computers
in teaching different school subjects. They can be used more effectively
in teaching certain subjects and not all. There is no dispute regarding
the relevance of imparting the skills of the use of computers. The
skills are relevant as children have to acquire them at one stage or the
other in their educational career. It is easier and appropriate to impart
the skills in early school education. It is important to consider the issues
related to the use of network in schools for acquiring knowledge related
to various school subjects.
We have to make a distinction
in the use of network in the monolingual and bi-/multilingual situations.
Currently the network is available through one dominant language i.e. English.
Whereas a few select privileged languages too are in the race, other numerous
languages are left out or ignored. The UNESCO highly recommends the use
of mother tongues as the media of instruction in the early school education.
An important issue is how to facilitate the use of electronic network in
schools in multilingual societies? How to cater to the needs of children
who would like to learn through their mother tongue? In case the language
of the network is different from that of the mother tongue of the children
how to ensure the non-discriminatory use of electronic network? How to
preserve linguistic rights of the children to learn through their mother
tongue and not be compelled to switch over to the alien or dominant
language in his/her early childhood education? How to provide an
equal opportunity to children in a multilingual context for accessing to
the knowledge and information?
The researchers have discussed
and debated the use of computers in classroom and the teachers role at
length. In general there are three broad categories of the use of computers
in classroom instruction. They are : Computer Assisted Instruction (CAI),
Computer Managed Instruction (CMI), and Computer Enhanced Instruction (CEI).
The CAI refers to computer programmes that provide students with drill
and practice exercises or need based tutorial programmes. The CMI refers
to programmes that evaluate and diagnose students’ needs, guide them
through the further steps in learning and record their progress for the
use of the teacher. Both CAI and CMI de-emphasise the role of the teacher
in the process of students learning. Computers play a major role. The CEI
differs from CAI and CMI mostly in that its programmes provide less
structured and more open ended opportunities that support a particular
lesson or unit plan.Use of the iternet, word processing, and graphing and
drawing programmes are examples of CEI. Teachers in CEI are viewed
as essential partners in the learning process, because simply seating students
in front of computers to surf the Net will not result in the same learning
curve as when teachers assign well designed projects in which students
use the Net to gather information.
-
Use of Electronic
Network
In the research results
related to the use of computers in classroom instruction advantages
are listed in the areas of systematic planning of lessons, obtaining immediate
feedback from the students and planning of remedial lessons, facilitating
individualized attention, improvement in the students participation
and motivation, enhanced and continuous assessment and access to enormous
and varied database, spreadsheet programmes and graphic programmes which
students can make use of at their will. For the effective use of computers
there is a need to develop appropriate softwares which enhance the learning
process and do not create burden and complexities.
The use of Network
can contribute to the improvement in the quality of education in different
ways. It can provide opportunities to the students or learners to work
independently under the overall guidance of the teachers. A teacher’s role
would be to present ideas in an appropriate way to motivate the students
in to the excitement or experience of learning. A teacher can take advantage
of the natural curiosity of the children and allow them to interact with
the information available on internet. The proper use of the network resources
will definitely improve the quality of education.
Students can learn through
asking and answering questions related to different subjects they study.
They can ask and respond to questions with other friends in another state
or county. This will provide wide learning experience to them. It would
certainly help them to explore deeply complex cultural and linguistic issues
or solve problems at hand with distant peers over a period of time. This
would also help them to conduct collaborative projects.
Availability of the network
facilities would help teachers too in upgrading their learning/teaching
skills too. The teachers have to be familiar with the technical equipments
and softwares. They have to make a proper selection of them and adapt the
curriculum to the needs of students.
-
Use of Network in Language
Education
The general objectives
of language education in any language teaching and/or learning situation
are aimed at building proficiency among the learners in the use of the
language. The language proficiency usually involves the intuitive mastery
of the forms of language; its linguistic, cognitive and socio-cultural
aspects; the ability to use the language in natural communication; and
the creative use of the language. However, specific objectives with regard
to a particular language course may vary from one situation to another.
The objectives determine the nature and use of instructional materials,
and methods.
As in other subjects,
the use of electronic network in language teaching has resulted in new
language teaching methodologies in various language teaching and learning
situations. In the mother tongue or first language (L1) teaching situation,
there is a primary stress for the teaching of reading and writing skills.
The development of the reading skill would range from the recognition and
reading of alphabet, composition of words, sentences,
to different types of materials with comprehension and speed. Different
innovative softwares are prepared to help the learner in achieving the
objectives of learning this skill. Similarly, imparting writing skill would
range from the writing of alphabet to words, sentences, composition of
simple text to creative writing. It is possible to use different computer
aided language learning materials to master these skills. In the
second/foreign language teaching situation, there is a stress for the teaching
of all the four skills i.e. listening, speaking, reading and writing. The
Computer Aided Language Learning (CALL) materials are prepared keeping
in view the objectives of the course and the need of the learners. Different
types of CALL self instructional as well as supplementary classroom
materials are currently being prepared and used in different languages.
Various kinds of tests in languages are constructed to test the achievement
of the learners with an aim to devise remedial materials for teaching.
The use of modern technology
in language teaching as other subjects has drastically changed the role
of teachers. Teachers are no longer as givers of knowledge or skills. They
are now looked as facilitators, guides and co-learners in the process of
learning. Teachers are expected to provide suitable learning environment,
experience and activities and to create opportunities for students to work
in collaboration with the available resources and to acquire and
share knowledge with responsibility. The teachers guide the students to
explore the possibilities in developing their language skills. They use
the skills acquired by them in different ways and come over the shortcomings
and or lapses if any. They get an ample opportunity to use the acquired
skills using internet. Teachers provide guidance in their discovery oriented
exploration necessary for the development of various skills. The
multimedia allow the students to learn in the manner they want to learn.
They have wide options available for reading varied text, attempting drills
and exercises and testing their learning and achievements. They can select
the remedial materials and seek guidance from the teachers to resolve complexities
if any. The learners are engaged in the tasks of the selected by or for
them. As they get an immediate feedback they are energised by learning
and can select higher tasks for devel>
The use of multimedia
is a powerful tool for the teachers as it helps them to develop need based
materials. It is also useful for the students who can use these material
at their own pace and seek guidance or help from the teachers. Thus, the
teachers and students can use the internet in variey of ways to enhance
their teaching and learning experience. For the effective use of the internet,
it makes new demands from both teachers and students. It provides
global awareness to both teachers and students. The students cannot merely
interact with other students within their class or area but can interact
with others in different states or across the world. They can get the latest
information on the subject. Students can make use of the acquired
skills and overcome the difficulties by accessing to a variey of
remedial materials. Teachers can share their experience with their
colleagues or educators around the world and update their skills and design
the need based materials.
-
Language Learning Issues
in a Multilingual Context
The number of dominant
language or languages prevalent in a particular society determines
its monolingual, bi- or multilingual character. It is a fact that a majority
of countries are defacto multilingual countries as a number of languages
are spoken natively within their boundaries. There are over 5000 languages
spread over less than 200 independent countries of the world. The number
of languages does vary from country to country. The linguistic character
of a particular country determines the issues of language rights, language
empowerment, language promotion, language policy and language planning.
It is directly related to the use of language or languages in education
at different levels. It is obvious that monolingual and bi-/multilingual
countries differ in their approaches in language policy in education. In
a dominant monolingual approach the dominant language is assigned prominent
role in education and the mother tongues of the linguistic minorities are
ignored. The linguistic minorities have to adopt the dominant language
for their meaningful survival at different levels. In a multilingual approach
all the languages spoken in the region, state or country are given equal
importance as far as their use in different domains is concerned.
This approach promotes the development of all the languages and encourages
their use in education. Language policy of the country ensures the teaching
of the mother tongues at the elementary level and their use as media
of instruction in the early school education. Children may learn other
language or languages at the higher levels of their education.
The multilingualism is fast
developing as a world – wide phenomenon with the opening up of free economy,
trade and globalisation. The result being that in the English
dominated monolingual countries like the USA, England and Australia, the
use of languages of the linguistic minorities including the languages of
the migrants are increasingly used in education at the primary level. The
voluntary/non governmental organisations are helping the migrant communities
in the preservation and maintenance of these languages. There is a growth
of language based ethnic schools and cultural centres. Multilingual countries
face various problems in the formation and implementation of their language
policies in education. We will mention some of these issues citing an example
of India.
The multilingual and multicultural
character of India with high rate of illiteracy (of 33%) poses a large
number of problems for the use of languages in education. Grierson identified
179 languages and 544 dialects in his Linguistic Survey of India conducted
during 1888 and 1927. The 1951 census lists 845 languaages including dialects,
60 of which were spoken by more than 10.000 speakers each. The 1961
census lists 1652 mother tongues corresponding to 193 classified languages.
The classified languages belong to four families of languages : Austric
(20), Dravidian (20), Indo-Aryan (54), Tibeto
–Burmese (98) and one of doubtful affiliation. In the 971, 1981 and 1991
Census, distribution of household population is presented along with the
Schedule VIII languages and other major languages. It is important to note
that the percentage of speakers of 18 languages included in the Schedule
VIII of the Constitution is about 96% out of the total household
population.
The multilingual, multicultural
and multiethnic characteristics of India, varying socio-economic strata
of people, complex communication patterns were well recognised during
pre-independence period. The Constitution of India devotes 9 articles
(Art 343-351) to the issues related to language policy of the Central and
State Governments. While Hindi in the Devanagri script is recognised
as the official language of the Central Government along with English as
the associate official language (initially for a period of 15 years up
to 1965,however continues to be used by the Official Language Act passed
in 1963 and amended later in 1967). The state Governments have a choice
to adopt any language or languages listed in the VIII Schedule of the Constitution
as the official language in their state. Whereas all the States made a
choice in favour of their regional or dominant native language as the official
language, Jammu and Kashmir Government chose Urdu – a non -native language
of the State, some states in the Northeast decided in favour of English.
The Constitution protects the right of the linguistic minorities in each
State for preservation of their linguistic and cultural identity.
The Government of India
adopted a Three-Language Formula in 1968. Under the Formula a child is
supposed to learn three languages : mother tongue, Hindi and English. In
case the mother tongue is Hindi the child will learn another modern
Indian language preferable a South Indian language. The Formula is not
however followed strictly in letter and spirit. For instance, Tamil Nadu
teaches two languages : Tamil and English ; Hindi speaking states teach
Sanskrit (a classical language) in place of modern Indian language. Usually
three languages are used in the school education. However, the stages of
introducing these languages vary from State to State and one schooling
system to another.
In some schools two languages
are introduced in the first primary itself and the third langugae is introduced
at the sixth grade, in others the second language is introduced at the
third standard and the the third at the sixth standard. For teaching of
tribal/minor languages as the mother tongues in schools, the Bilingual
Transfer Model proposed by the Central Institute of Indian Languages is
followed in some States. According to this Model, the mother tongue of
the child is taught as a subject and is also used as the medium of instruction
in the initial three years of primary education, and the State’s
official language is introduced at the third primary level as a subject
followed by other two languages at the sixth grade. The child has to learn
four languages. There is no uniformity in the implementation of the Three-Language
Formula in the Government and Public schools.
-
Use of Network in a Multilingual
Context
Keeping in view
the advantages of the use of Internet in teaching and learning of languages,
it is imperative to make use of this technology in the teaching of languages
in the primary education in a multilingual context as illustrated above.
Children in a multilingual milieu cannot be denied their right to make
use of the modern technology in learning languages. Following suggestions
are made for introducing the Network:
a. The Network can
be used in any language teaching and learning situation be it mother tongue/first
language, second/foreign language. In the Indian multilingual context,
it is important to make a distinction between home language and school
language. The home language may be a social or regional dialect of the
first language used in the school. In certain situations there are
significant differences which establish the autonomy of the home language.
For example, a child’s mother tongue may be Braj, Bhojpuri,
Maithili, Rajasthani etc (classified as so called `dialects’ of Hindi)
which are actually autonomous languages. Hindi is taught as
a first language in the schools from the first primary in all the Hindi
speaking states. The children have to learn the standard Hindi in
the school which is different from their home language. Most of the languages
have their regional dialects, social dialects and different variations
of speech which are spoken by the children at home. The children are taught
the standard variety of the language at school. In other situations the
regional dialtu for its use are to be specified clearly. In a mother
tongue/first language teaching and /or learning situation, the programmes
related to all the basic skills i.e. listening, speaking , reading and
writing are to be selected and used. In the second/foreign language
teaching situation the programmes related to all the basic skills i.e.
listening, speaking , reading and writing are to be selected and used.
b. The Network can
be used extensively in the second/foreign language teaching/learning
situation in many ways. In the second/foreign language teaching and/or
learning situation there is a stress on the building of the communicability
among the learners. It is not enough to master the four basic language
skills, it is also essential that the learner should build communicative
competence in the language. A learner should be able to use the language
in its natural socio-cultural context. It is therefore necessary to acquire
adequate knowledge of the social and cultural patterns of the society in
which the language is used natively. As language and culture are
closely related, communicative competence would require familiarity
with the socio-cultural context as well. The network can play an important
role in providing a window to the culture of the people who speak the language
natively. The teachers have to select appropriate materials which would
provide an input to the cultural context. It is appropriate where second/foreign
languages are introduced in the primary education.
c. In the second/foreign
language teaching and /or learning situation, the Network provides facility
for widening the horizons of language learning. The learners can interact
with any number of native speakers of the language and get answers to their
queries. They can develop the basic language skills by actual use
of the language in their interaction with the native speakers of the language
of their own age group.
d. The learners can
attempt joint tasks and assignments with the students of their choice.
They can seek advice on their individual assignments and take up joint
projects with other students using Network.
e. Keeping in view
the advantages of the use of Network it is suggested that it is appropriate
to use the Network in the mother tongue or first language teaching/learning
situation as early as from the first primary class. The children will get
exposed to various forms of the language use and its styles and registers.
The Network can be used from the third primary class in the second/foreign
language teaching and learning situation. Here the children have to learn
some basic structures of the language before they would be able to make
use of the Network for the wider experience. In any language teaching
and learning situation it is necessary to plan the use of the Network in
a systematic way. The choice of the programmes has to be made on the basis
of the needs of the learners and the objectives of a particular language
course.
Currently,
Network can be accessed through a few languages only. There
is a strong need to develop Translation tools to facilitate its access
through many other languages of the world. There are tremendous challenges
in the multilingual context. In the multilingual situation
like that of India, efforts need to made to make it available through all
major Indian languages which are used in education at the primary
level. Presently there are about 50 mother tongues used
in the Primary education.. Some of these are used as second and third
languages under the Three Language Formula.
In a multilingual context
the use of network is expected to change the language learning scenario.
It will not only facilitate learning but also create a change in the entire
pattern of learning. There is going to be a shift in the role of
teachers, learners and learning materials from the traditional resource
centred and teacher centred to capacity-based approach. Any
technology can be used maximally to suit one’ s needs. Networks can be
used in ways that the major languages do not dominate the learning process.
It is the responsibility of linguists as well as educationists to
ensure that minor and minority languages are also used in the electronic
networks. In the eventuality of multiple languages being available on the
network, one need not be dogmatic about the issue of mother tongue as medium
of instruction. This would promote and facilitate a multilingual learning
environment.
REFERENCES
Kirkpatrick , Heather
and Larry Cuban (1998). Computers Make Kids Smarter-Right? In
TECHNOS.Quarterly for
Education and Technology,vol 7, No.2
Koul, Omkar N and Devaki,
L. (2000). Multilingualism and Multilingual Education : Concepts and Strategies.
In O.N. Koul and L. Devaki (eds.), Linguistic Heritage of India and Asia.
Mysore : CIIL.
Koul, Omkar N. (1983).
Language in Education. Patiala: Indian Institute of Language Studies.
Koul, Omkar N., L. Devaki
and P. Umarani . (1998). Home-School Language Gap. Background Paper presented
at the Seminar on “Innovations and Strategies to Bridge Home-School Language
Gap” held at CIIL, January, Mysore .
Koul, Omkar N., L. Devaki
and P. Umarani. (forthcoming). Issues in Primary Education : Medium of
Instruction. New Delhi : Indian Institute of Language Studies
National Council of Education,
Research and Training, New Delhi (1989). Fifth All India Education
Survey.
National Council of Education,
Research and Training, New Delhi (1982). Third All India Education
Survey.
Pedroni, Guillermo E.
(1996) The Importance of The World Wide Web in Education K-12. paper
submitted to southern Illinois University at Edwardsville.
UNESCO, New Delhi (2000).
Education Programmes. |
Intervention
de Monsieur Raymond Renard
Synthèse
“ Le plurilinguisme dans
la société de l’information ”
Accompagner le défi
technologique à l’école ?
Le premier thème
de cette session, l’éducation dès l’enfance et l’apprentissage
scolaire pose un certain nombre de questions. “ L'apprentissage des langues
étrangères ne peut-il favoriser et faciliter un usage plurilingue
d'nternet? À quel âge peut-on envisager de commencer cet apprentissage?
Réciproquement, la multiplication des langues sur Internet ne peut-elle
être une incitation à un apprentissage plus diversifié
de langues? ”
Au risque de décevoir
les organisateurs qui m'ont fait l'honneur de m'nviter, et que je ne voudrais
pas manquer de remercier pour cela, je vous dirai d'emblée que ces
questions tout intéressantes qu’elles soient, me semblent secondaires
par rapport à l’importance du défi, pour l’éducation
au sens large, posé à la fois par le plurilinguisme et par
la société de l’information.
Voici les questions
auxquelles j’aurais aimé répondre, en ma qualité de
francophone. Pourquoi le plurilinguisme ? Pourquoi l’information ? Quel
rapport avec l’éducation, avec l’école ?
-
Pourquoi le plurilinguisme
?
Certains confondent plurilinguisme
et multilinguisme. D’autres se désintéressent de la distinction.
Ceux qui les définissent ne sont pas toujours d’accord entre eux.
La distinction qui me convient le mieux est celle-ci : le multilinguisme
caractérise la situation naturelle d’un espace où coexistent
de multiples langues ; le plurilinguisme s’appliquerait plutôt à
des situations aménagées de telle sorte que les individus
qui les vivent maîtrisent plusieurs langues (Renard, 2000, 12-13).
Le monde comporte quelque
6000 langues. Louis-Jean Calvet (1999) a fort bien démonté
le mécanisme de l’écologie des langues. Selon lui, les langues
sont reliées entre elles par des bilingues et des bilinguismes reliés
en termes gravitationnels. Autour d'une langue hypercentrale (l'anglais),
gravitent une dizaine de langues supercentrales (le français, l'espagnol,
l'arabe, le hindi, le chinois, etc.), autour desquelles gravitent quelques
centaines de langues centrales qui sont à leur tour le pivot de
gravitation de quelque 5000 langues périphériques. Des mouvements
se produisent en permanence par des effets de bilinguisme horizontal (vers
une langue de même niveau) ou vertical (vers une langue d'un niveau
supérieur). Les différentes langues étant des produits
de la pratique sociale, on comprend aisément le poids sur les Atendances@
de facteurs particulièrement linguicides comme l'urbanisation, le
souci de promotion sociale, le type de scolarisation ou la diffusion des
nouvelles technologies... Sans une intervention des pouvoirs publics, sous
la forme d'un aménagement linguistique, les langues et les cultures
endogènes sont vouées à la loi du plus fort.
Chacun est cependant conscient
de l’intérêt du plurilinguisme, tant pour les États
que pour les individus. Cet intérêt tient d’abord à
ce que, si toutes les langues font accéder, chacune à sa
manière, à l’universel, toutes n’ont pas atteint le niveau
de normalisation ou de développement lexical susceptible de permettre
l’accès à la modernité, comme le font aujourd’hui
les quelques langues de pays riches qui servent de support à la
science. En outre, la connaissance d’autres langues permet à
l’individu de s’émanciper de sa manière singulière
d’appréhender le monde, de concilier identité et altérité,
cette dernière étant un véritable révélateur
de la première. Le plurilinguisme doit aussi être reconnu
comme porteur de tolérance et facteur de convivialité et
de solidarité dans la mesure où il favorise le passage du
multiculturel à l’interculturel.
Cette argumentation
sur l’intérêt du plurilinguisme justifie la nécessité
de promouvoir l’apprentissage des langues. La question du rôle de
l’école en cette matière est une autre affaire. Mais qui
affirmera que, dans les conditions actuelles (formation des enseignants,
méthodes, moyens, motivation…) l’école est en mesure de contribuer
valablement à la généralisation du plurilinguisme
? Il ne faut pas confondre non plus scolarisation et éducation.
-
L’information à l’école
?
Nous sommes –tous les
médias nous le disent- dans la société de l’information.
On pourrait même dire de la surinformation. Mais est-ce bien le rôle
de l’école d’informer ? On peut aussi en douter. Que doit nous apporter
l’éducation : l’information ou la connaissance ? Si cette dernière
est, selon Hume (dans son Traité de la nature humaine) “ la certitude
qui naît d’une comparaison d’idées ”, plutôt qu’apprendre
à accumuler des informations, il faudrait apprendre à savoir
classifier, à savoir comment et quoi comparer…
Mais laissons la question
en suspens : de toute manière, les nouvelles technologies sont là,
et les éducateurs doivent s’en préoccuper, ne serait-ce que
pour n’en être pas les esclaves.
Le cyberespace
devient chaque jour plus riche de possibilités d'échanges
de tous types et de consultations d'informations de toute nature.
A court terme, on peut prévoir sans jouer les Cassandre, qu'un nombre
substantiel d'activités humaines ne pourront plus être envisagées
sans moyens de télécommunication informatisés, notamment
dans des secteurs clés comme l'économie, l'édition,
l'éducation, la presse, etc.
Il ne fait aucun doute
que, pour les pays du Sud, cette situation ouvre des perspectives et des
espoirs extraordinaires. Mais pour les réaliser, quels obstacles
leur faudra-t-il surmonter!
Il faut évidemment
relever le défi des inforoutes. Chacun s’accorde sur cela, puisque
la mondialisation a fait de la communication et de l’information des facteurs
de développement plus déterminants sur le plan mondial que
le travail, les matières premières et même le capital,
désormais “virtualisés”.
Le français a atteint
un bon niveau de normalisation. C’est une langue en état. Vérité
toute relative si l’on se place dans la stratégie globale qu’appellent
les menaces bien connues d’homogénéisation linguistique et
culturelle.
Et si l'on admet aussi que
l'aménagement d'une langue vivante n'est jamais achevée et
que, s'agissant de la nôtre, un retard important reste à combler
pour le rapprocher du niveau des principales langues d'accès à
la modernité et à la technologie. En l'occurrence, l'effort
devrait être porté non seulement sur son instrumentalisation
et sur l'enrichissement de son corpus en lignes, -ce qui se fait, fort
heureusement,- mais encore sur la facilitation de son apprentissage et,
bien évidemment, sur son illustration, notamment dans le domaine
scientifique.
Mais, en cette affaire,
les moyens ne peuvent pas éclipser les fins : les problèmes
techniques doivent être maîtrisés dans la perspective
d’un développement fondé sur la primauté de la personne.
Et ceci nous ramène à l’éducation.
Elle ne peut être
que citoyenne.
Si l’on veut éviter
l’émergence d’une société à deux vitesses,
il est crucial que, demain, tous les citoyens aient des chances égales
non seulement de consommer l’information présente sur les grands
réseaux de transmission télématique tel qu’internet,
mais aussi d’agir en actants de la communication informatisée, en
pouvant, à leur tour, émettre des informations, certes dans
le but d’interroger à distance les sites dispensateurs de renseignement,
mais aussi afin d’échanger des idées avec d’autres individus,
institutions, organismes, etc.
La citoyenneté
télématique doit être accessible à tous sans
distinction. Il n’est dès lors pas acceptable que seuls ceux
dont le développement technologique (et corrélativement,
la richesse monétaire) est la plus importante constituent le club
des "Very Happy few". Il n’est pas plus tolérable que les
personnes frappées d’un handicap (qui soit les empêche de
manipuler les claviers et autres périphériques de saisie
d’information, soit les empêche de recevoir l’information visuelle
ou sonore émise par la machine) se voient réduites, de ce
fait, dans leurs possibilités d’agir démocratique.
Enfin, il n’est pas
envisageable que les moins nantis culturels se voient privés de
possibilités d’actions sur les réseaux informatiques.
Tel serait évidemment le cas, si l’usage de ces outils nécessitait
un niveau d’instruction où des connaissances spécifiques.
Cette dernière
constatation implique bien évidemment que les communications informatisées
puissent, dans la plus large mesure du possible, s’effectuer pour chacun,
dans la langue de communication qu’il a acquise spontanément, dans
son milieu naturel.
Il est certes patent
que, si au XIXe, les politiques voyaient en l’alphabétisation des
masses un outil indispensable de la démocratisation, l’acquisition,
pour chaque citoyen, d’un multilinguisme minimal correspondra, pour le
XXIe siècle, à l’espoir d’une éducation pour tous,
clamé il y a plus d’un siècle.
Il y a encore loin,
cependant, de la coupe aux lèvres. Le trilinguisme appelé
de leurs vœux par les politiques européens n’a émergé,
dans leur discours, qu’il y a une ou deux décennies, tout au plus.
Si certaines réalisations existent dans ce domaine, il faut bien
admettre qu’elles demeurent toutefois fort peu nombreuses et souvent, de
fait, limitées à quelques privilégiés.
En d’autres termes, s’il demeure aujourd’hui dans les sociétés
développées une dizaine de pourcents d’analphabètes
pour 90% d’alphabétisés, la proportion monolingues/multilingues
est à peu près inverse et l’on peut gager que quelques décennies
seront à tout le moins nécessaires pour observer une inflexion
significative de tendance.
Partant, il serait
inacceptable de tolérer une situation caractérisée
par un accès au cyberespace nécessitant la maîtrise
d’une langue étrangère, au risque d’aboutir à une
configuration où les pays anglophones se verraient garantir une
citoyenneté télématique véritablement démocratique,
où les pays nantis, dont l’anglais n’est pas langue maternelle,
se caractériseraient par un accès au cyberespace pour l’aristocratie
des intellectuellement riches, et des pays pauvres à faible développement
technologique et éducatif où l’accès au cyberespace
ne serait autorisé qu’à l’oligarchie des riches qui n’auront
de toute manière aucune difficulté à accéder
à la toile.
-
Enseigner les langues par
la toile ?
Certes, le contact avec
des environnements du type de ceux auxquels recourt l’internet comporte
de notoires incitants à la communication. L’aspect interactif
des systèmes peut ainsi apparaître séduisant au didacticien
des langues qui peut y voir d’intéressantes opportunités
pour soutenir et accompagner ses efforts auprès des élèves
ainsi impliqués dans des activités de communications plus
crédibles et partant plus motivantes.
Néanmoins,
on aurait tort de croire que la simple imposition d’une langue étrangère
pour l’usage des réseaux constitue, sans autre forme de procès,
les bases de situations d’apprentissage de la langue étrangère.
Des expériences telles que, par exemple, celle de tandem ont bien
montré que si l’usage du net est extrêmement bénéfique
en enseignement/apprentissage de la langue étrangère, il
requiert un contrôle étroit de la part de l’enseignant-gestionnaire
d’apprentissages. Par ailleurs, force est de constater que la plupart
des non anglophones qui ont développé des apprentissages
sporadiques de l’anglais à la faveur d’utilisation de cette langue
dans un environnement technique présentent un profil de compétence
très déséquilibré avec, en règle générale,
des possibilités de réception supérieures à
celles d’émission, des compétences à l’écrit
supérieures aux compétences à l’oral, une maîtrise
de la syntaxe très réduite, une connaissance parcellaire
du lexique ainsi qu’une très faible sensibilité aux variations
de registres et de manière générale à l’usage
de la pragmatique.
Qui pis est, le recours imposé
à une langue déterminée pour l’utilisation des réseaux
peut aussi bien démotiver pour l’informatique le faible en langue
que dissuader le faible en informatique de consentir les efforts nécessaires
à l’apprentissage en langue.
-
Développer la réflexion
critique
En tout état
de cause, avant de décider d’une politique de recours aux TIC dans
l’éducation, une réflexion s’avère nécessaire
sur les risques à éviter.
On a fait maintes
fois l’inventaire des menaces engendrées par l’intrusion des TIC.
Certaines nous concernent
tous et nous devons nous interroger sur la manière d’en prémunir
les jeunes :
• absence de contrôle
démocratique sur l’ensemble du système de communication,
aux mains de quelques multinationales, voire de quelques opérateurs
individuels tout-puissants ; l’informatisation difficilement contrôlable
des données socioéconomiques, permet en effet l’accaparement
des processus de décision par des minorités initiées;
par ailleurs, l’informatisation non contrôlée des données
personnelles pose des problèmes importants de respect de la vie
privée; l’absence de réglementation et de contrôle
de tout ce qui apparaît sur la toile fait courir des dangers pour
les jeunes, tout en favorisant des pratiques délictueuses chez leurs
aînés;
• risque réel de
manipulation et d’appauvrissement de la pensée, notamment de tous
ceux à qui est imposé le recours à un pidgin baptisé
anglais, bas-latin de notre époque; l’expression condensée
convient sans doute mieux aux initiés qu’à la masse en quête
de connaissance et d’information; la compression et l’élagage ne
sont pas seulement un appauvrissement du message: ils portent en eux des
risques énormes de déstabilisation des esprits par manque
d’insertion des informations nouvelles dans des structures; pour analyser
correctement des données, il faut pouvoir les mettre en perspective;
la circulation de plus en plus rapide de la communication et de l’information
entraîne forcément des modifications de la manière
de s’exprimer: “ce que l’on conçoit bien, s’énonce, désormais,
rapidement”, constate l’ambassadeur Jean-Jacques de Dardel (HCF, 1999b,
131); beaucoup s’interrogent sur l’utilité d’une accumulation de
connaissances, qui pourrait nous ouvrir un “nouvel âge de l’aliénation”
(Ramonet,1999, 194) ; la guerre économique des médias et
la concurrence acharnée des réseaux n’est certainement pas
propice à la qualité ni à l’objectivité de
l’inforoute: la recherche du spectaculaire et du nouveau à tout
prix conduisent à la confusion entre information et communication,
à la désinformation par la surinformation , à la débilité
par la superficialité. “Les complicités de réseau”,
écrit Ignacio Ramonet (Ibid.), “l’emportent sur le devoir de vérité”...
• dangers de structuration
culturelle, compte tenu de la provenance des innovations technologiques;
• système inéquitable
qui n’offre pas à tous les mêmes possibilités d’accès
et de participation à une technologie totalisatrice...: les
TIC n’étant pas à la portée de tous, les disparités
entre les pays et les groupes sociaux croissent dangereusement; les pauvres
sont plus pauvres, les riches plus riches ; paradoxalement, l’homogénéisation
ne vise que le culturel, pas la toile ni le social...;
• etc.
Tout ceci souligne
la nécessité d’une convergence entre l’enjeu principal et
d’autres enjeux majeurs de ce début de XXIe siècle, d’ailleurs
étroitement interconnectés, et qu’il s’agit d’accompagner:
la protection du patrimoine de l’humanité, constitué par
la diversité linguistique et culturelle, avec ses implications bien
connues, la revalorisation du rôle de la langue maternelle, la mise
en oeuvre d’un plurilinguisme fonctionnel.
Tout ceci justifie
une stratégie de rééquilibrage de l’accès à
la toile, par diversification linguistique et culturelle. “La communication
n’est que du vent si elle ne sert pas à échanger”, écrivait
Philippe de Saint Robert dans un article au titre très évocateur:
L’épreuve de la liberté (MD, avril 1995, 25) .
Pour qu’une technologie
devenue souveraine et porteuse d’espoirs de plus grand développement
des économies et de plus grande connaissance des individus, des
valeurs importantes doivent donc être protégées et
la francophonie doit certainement jouer un rôle spécifique
de protection de ces valeurs, dans différentes directions:
a) au niveau international
d’abord, compte tenu de la privatisation, quasi totale des opérateurs
américains, maîtres du marché de la communication,
il importe de mettre en place une régulation conforme à l’éthique,
comme le réclamait Stélio Farandjis: “Les nouvelles technologies
de la communication”, écrivait-il en 1997 (HCF, 1999b, 279), “nécessitent,
en particulier, une régulation internationale sans laquelle la probité
scientifique, la déontologie professionnelle, la protection de l’enfance,
la propriété intellectuelle seraient singulièrement
menacées”. Si nous voulons conserver notre liberté de penser,
il faut que des règles la garantissent; c’est au plus haut niveau
qu’elles doivent être prises; le directeur général
de l’Unesco Federico Mayor (Unesco, 1998, 25) ne disait pas autre chose
à la conférence intergouvernementale sur les politiques culturelles
pour le développement, à Stockholm, en 1998: “ La ‘cyberculture’
fait partie des avatars de la mondialisation qui risquent […] d’accroître
les déséquilibres […]. Les nouvelles technologies de la communication
exigent de nous autant de vigilance que d’imagination, autant de rigueur
que de générosité. Le devoir d’éthique s’étend
aussi au domaine culturel ”.
Et qui dit culture
dit développement. Il faut approfondir la question de l’incidence
de l’irruption des TIC sur le développement des pays du Sud: les
nouvelles technologies pourraient-elles permettre aux pauvres de s’organiser
pour sortir de la misère? Comment éviter le divorce entre
un savoir universel déshumanisé et la douloureuse réalité
locale? Le dernier rapport des Nations unies sur le développement
pointe du doigt les nouvelles technologies comme facteurs aggravant les
inégalités.
D'une part, en effet, les
coûts relativement bas des dispositifs informatiques dans les pays
industrialisés demeurent prohibitifs dans les pays du Sud.
D'autre part, les éléments culturels et linguistiques peuvent
constituer une difficulté majeure à l'accès des moins
nantis au cyberespace. Les représentations du monde qui structurent
ce dernier sont en effet essentiellement basées sur les habitudes
de pensée occidentales, et la langue qui y est utilisée,
dans l'écrasante majorité des cas, est l'anglais.
Sans démarche
volontariste, un sévère clivage entre ceux qui auront et
ceux qui n'auront pas la possibilité d'accéder au cyberespace
risque ainsi d'apparaître rapidement, érigeant de nouvelles
barrières entre les désormais info-riches et info-pauvres
;
b) au niveau éducatif
ensuite, il faut s’attacher à préparer les jeunes (et à
protéger au mieux leurs aînés) en vue de leur permettre
d’affronter les nouveaux défis; il ne faut pas que les “maillages”
les emprisonnent dans la “toile”: la complexité exige du temps,
de la réflexion. Face au risque croissant d’appauvrissement de l’esprit
d’analyse, il faut refonder l’éducation de l’esprit critique, habituer
les enfants à décrypter des messages brefs et denses et à
s’adapter à y répondre pareillement avec clarté.
Il faut que les praticiens
et les scientifiques de l’éducation -spécialité francophone-
poursuivent leurs efforts pour maîtriser les nouveaux outils. L’apprentissage
suppose de la maturation. Les raccourcis ne permettent pas toujours d’atteindre
la complexité... Il ne s’agit pas de refuser le progrès,
qui est un effet du génie humain, mais de l’intégrer dans
la philosophie globale de l’éducation, qui est avant tout formatrice
et émancipatrice des esprits , et donc protectrice du premier moyen
naturel d’expression qu’est la parole...; répétons-le : les
nouvelles technologies ne sont pas une fin en soi, mais un moyen en vue
d’une fin qui est de servir la culture et le développement; elles
ne peuvent devenir ce que sont devenus les médias sous l’effet de
la mondialisation, de l’"impérialisme masqué" (Unesco, 1998,
48);
c) au niveau de la
culture scientifique, il faut que se développent des structures
susceptibles de favoriser la vulgarisation des apports de la philosophie
de la science, car le domaine concerné dépasse de loin la
seule technologie: il relève des valeurs, de leur hiérarchie,
de l’humain... Dans ces secteurs, la francophonie est-elle en retard? Va-t-elle
continuer à se lamenter et à refuser de voir ce qui fait
sa force?
Lorsqu’il plaide pour
que les jeunes soient plongés au plus tôt dans le monde de
la science, Maurice Nivat (HCF, 1999b, 258 sv.) estime qu’au-delà
des problèmes scientifiques ou technologiques posés, il en
est bien d’autres:
“philosophiques, sociologiques,
économiques, juridiques, politiques. Le génie de notre langue
qui est celui de ses locuteurs, de tous ceux qui partagent l’ensemble de
repères intellectuels, de façons de penser ou d’agir que
j’appelle culture scientifique francophone trouverait sûrement là
matière à se déployer”… (p. 260).
Parmi les disciplines
de pointe à privilégier se trouve évidemment l’informatique.
Chacun en est certes convaincu mais Maurice Nivat soulève un argument
fort: “l’informatique”, écrit-il,
“est le lieu et l’instrument
de profonds changements de la science elle-même, dans ce qu’elle
a de plus profond: l’informatique amène aussi à repenser
ce qu’est la vérité d’un fait comme ce qu’est la validité
d’un raisonnement, elle bouleverse la notion d’expérimentation qu’elle
permet souvent de remplacer par des simulations […]. L’informatique amène
aussi à repenser l’organisation, la gestion, ou la vérification
de pratiquement toutes les activités humaines” (Ibid.).
Pour un contrat de solidarité
internationale
La francophonie ne
manque certainement pas d’atouts pour relever, à sa manière,
le défi des inforoutes.
Elle ne peut le faire
seule.
Elle aurait intérêt
à poursuivre ce que son Secrétaire général
M. Boutros Boutros-Ghali a déjà entrepris : une concertation
qui amènerait les grands ensembles linguistiques multinationaux
à prendre conscience des enjeux de la problématique linguistique
et culturelle universelle - non seulement les grands ensembles qui correspondent
aux langues aujourd’hui reconnues internationalement (anglais, arabe, chinois,
espagnol, français, russe), mais à toutes celles qui peuvent
peser dans le concert des nations soit par le nombre de locuteurs, soit
par leur caractère multiétatique. La concertation entre ces
grands ensembles devrait déboucher sur une charte reconnaissant
l’importance de la diversité linguistique et établissant
un partenariat clair de solidarité en vue de la promotion du plurilinguisme
au sein des organisations internationales, d’une part, et un engagement
au respect de la diversité linguistique à l’intérieur
des aires linguistiques considérées, notamment par la promotion
d’un véritable plurilinguisme fonctionnel - ce que L.-J. Calvet
appelle un multilinguisme à deux niveaux: horizontal entre les différentes
grandes aires linguistiques et vertical, à l’intérieur de
chaque grande aire; le contrat impliquerait le soutient à l’initiative
B@bel”, de l’Unesco, d’accès universel au cyberespace, indispensable
au moment où l’information, facteur essentiel du développement,
se voit se monopolisée.
Le plurilinguisme est
une cause humaniste; c’est une option éthique, ce doit être
une entreprise solidaire.
Une fois faite cette
mise en perspective du triptyque plurilinguisme/société de
l’information/éducation, on peut tenter une réponse brève
aux questions posées :
- L'apprentissage des langues
étrangères ne peut-il favoriser et faciliter un usage plurilingue
d'Internet? Sans doute, mais cela ne fera que renforcer l’hégémonie
de la langue anglaise.
- À quel âge
peut-on envisager de commencer cet apprentissage? Précocement. Mais
si c’est pour s’y prendre mal, à quoi bon ?
- Réciproquement,
la multiplication des langues sur Internet ne peut-elle être une
incitation à un apprentissage plus diversifié de langues?
Sans doute. Mais la diversification des langues est avant tout liée
à la motivation des apprenants et à la prise de conscience
par l’opinion publique et ses représentants de l’importance de l’enjeu
linguistique et culturel.
Ne nous méprenons
donc pas. S’il est vrai que le réseau, comme tout moyen informatique
(et comme plus largement tout moyen audiovisuel) peut fournir d’intéressantes
opportunités pour le soutien des activités d’enseignement/apprentissage
en langue étrangère, cette propriété ne peut
en aucun cas justifier une démobilisation pour la garantie de l’accès
le plus généralisé au cyberespace via la langue maternelle.
Elle ne peut non plus détourner
les éducateurs de former des têtes bien faites plutôt
que bien pleines.
|
Intervention
de Monsieur José SILVIO
Synthèse
Education et Multilinguisme
dans l'INTERNET?
Institut International
de l'UNESCO pour l'Education Supérieure
en Amérique Latine
et dans les Caraïbes
- IESALC -
1 Diversité
linguistique et culturelle dans le cyberespace
La diversité
culturelle est un des fondements de la société humaine. L'expérience
humaine se caractérise par trois traits de base: un comportement
régulé par des normes culturelles, la vie collective et la
diversité d'expériences et de modes de vie. La culture comme
mode de vie des peuples se diversifie naturellement, même a l'intérieur
d'une société parlant une même langue. La diversité
se manifeste non seulement d'une société à une autre,
mais aussi dans les groupes sociaux et classes sociales à l'intérieur
d'une société. De plus, la langue est l'expression de l'identité
culturelle d'un peuple et la diversité culturelle à son tour
l'expression de la diversité linguistique. L'identité culturelle
est très liée à la langue comme véhicule d'expression
de cette identité.
Le phénomène
de la globalisation, qui caractérise le processus de formation d'une
société de l'information et de la connaissance permet
théoriquement la manifestation de la diversité linguistique
et culturelle, mais il entraîne aussi le danger d’uniformisation
au travers d’une langue et une culture dominante. Cependant, la prédominance
d'une langue dans le cyberespace n'est que l'expression de la prédominance
d'un pays et de sa culture dans le monde réel. Elle est le reflet
d'une domination économique, politique et socio-culturelle dans
le monde physique.
La globalisation est
étroitement liée au développement des réseaux
télématiques et elle fait apparaître des situations
paradoxales. D'un côté elle permet aux groupes et sociétés
dominants d'augmenter leur pouvoir en étendant leurs frontières.
Les produits de ces groupes et ces sociétés peuvent se diffuser
pratiquement sans barrières et instantanément. C'est la réduction
des limitations spatio-temporelles dans la diffusion culturelle. De l'autre
côté, les groupes et les sociétés relativement
défavorisées, si elles réussissent à accéder
aux réseaux, peuvent bénéficier de la globalisation
en l'utilisant comme véhicule d'expression de leur identité
culturelle. Plus la couverture démographique, géographique
des réseaux télématiques est grande, plus grande est
la diversité culturelle et linguistique. Cependant, ni la domination
des grands ni la participation des petits n’est automatique dans le cyberespace.
Il faut que chaque acteur sache diffuser ses produits à travers
les réseaux et capter l'attention des utilisateurs des services
et de ressources télématiques. Beaucoup de critiques de la
globalisation en restent au niveau du diagnostique des problèmes
sans proposer de solutions aux problèmes posés par les leaders
de la globalisation.
L'INTERNET est né
aux Etats Unis d'Amérique et s'est développé sous
le leadership de ce pays, ce qui a marqué profondément la
langue et la culture de ce réseau de réseaux. La prédominance
de l'anglais sur les autres langues dans l'INTERNET n'est qu'une expression
de la prédominance économique et politique du pays porteur
de cette langue, une prédominance qui existait déjà
avant l'arrivée de l'INTERNET. Les Etats Unis ont été
le premier pays à faire un pas en avant dans le développement
des réseaux et de la politique de télécommunications
favorisant sa croissance. Il est logique que les premières ressources
de ce réseaux se soient développées dans ce pays et
dans la langue de ce pays. L'anglais joue actuellement le rôle de
lingua franca dans le cyberespace. Ce fait a été démontré
par plusieurs études. En 1997, l'INTERNET Society et ALIS Technologies
ont conduit une étude dont les résultats ont montré
que la grande majorité des sites web (environ 84%) étaient
de langue anglaise (Internet Society et ALIS Technologies, 1997). L'étude
fait partie du "projet Babel", qui conduisent ces deux institutions et
qui est encore en cours. Plus récemment, L'Union Latine et FUNREDES
ont réalisé une étude sur la présence des langues
latines dans l'INTERNET par rapport à d'autres langues, en particulier
l'anglais. On a constaté que "…Le pourcentage de pages en anglais
peut difficilement être inférieur à 65%… Il peut difficilement
être supérieur à 85%, en raison de la place occupée
par les langues importantes : le japonais, l'allemand, le français
et l'espagnol, qui peut équivaloir à plus de 15%. Il semble
qu'un chiffre raisonnable aujourd'hui soit de quelque 75%… Ce chiffre de
75% s'applique à l'espace de la Toile. Pour l'espace des groupes
de news, nous l'élèverons à 80%" (Union Latine et
FUNREDES, 1998).
Cette situation crée
une inégalité et une dépendance par rapport à
une langue et une culture et empêche la manifestation de la diversité
culturelle si nécessaire à la société. Les
cultures sont médiatisées par la prédominance d'une
langue à tel point que les peuples cherchent même à
exprimer leur identité dans une langue qui n'est pas la langue de
leur culture. Ce qui conduit à emprunter une identité étrangère
pour exprimer une identité réelle. Cette situation n'est
ni souhaitable ni soutenable, car elle est contraire aux tendances qui
doivent prédominer dans la société. Il est vrai qu'une
langue unique, commune à toutes les sociétés permet
une communication plus facile, c'est la motivation qui a donné naissance
à l'esperanto comme langue universelle, mais qui a échoué
car les peuples résistent à abandonner leur langues comme
expression de leur identité culturelle. Dans l'éducation,
ce phénomène a des répercussions très importantes
car l'éducation est l'institution chargée de la transmission
de la culture au moyen d'une langue. Paradoxalement, la langue commune
permet la communication et l'échange culturel entre des peuples
divers, mais en même temps, chaque peuple a besoin de sa langue pour
affirmer son identité culturelle. Il faut donc, chercher un équilibre
entre faciliter les échanges et la compréhension internationale
et permettre la liberté de s'exprimer dans sa langue et d'affirmer
son identité culturelle. Il s'agit donc de promouvoir un équilibre
entre l'uniformité nécessaire à la compréhension
internationale et la diversité. C’est dans cette dialectique qui
doit se développer le plurilinguisme dans l'éducation dans
le monde physique et dans le monde virtuel.
2 Les problèmes
à résoudre et la situation idéale
Ainsi défini, le panorama
de l'éducation multilingue à travers l'INTERNET se pose de
manière complexe. Même si l'on arrive à construire
des espaces d'information et de communication multilingue, avec ou sans
services de traduction automatique, il se pose le problème des contenus
et de son rapport avec la culture de chaque groupe de pays. Ainsi, la langue
ne suffit pas à elle seule. Il faut qu’elle soit vraiment utilisée
comme véhicule d'expression de l'identité culturelle et non
seulement comme une simple traduction de contenus conçus et mis
en réseau par des gens d'une autre culture. Il faut donc distinguer
des contenus qui sont communs à tous les pays et indépendants
de la langue et de la culture, des contenus spécifiques à
un pays ou un groupe de pays.
Quoi qu'il en soit,
il faut offrir les services télématiques nécessaires
pour que les acteurs multilingues puissent accéder aux réseaux
et leur laisser la liberté de faire circuler des contenus adaptés
à leur culture.
De plus, la communication
au moyen de l'ordinateur et sa valeur comme véhicule d'expression
multilinguistique et multiculturelle doit être analysée dans
le contexte de ses variables et facteurs significatifs: l'infrastructure
physique (moyens technologiques ou hardware) des réseaux; la technologie
(software); le réseau, qui a des propriétés émergentes
différentes des ordinateurs et des dispositifs de télécommunication
qui la composent; les utilisateurs ou acteurs; les contenus qui circulent
par les réseaux, qui sont des ressources d'information et de communication
entre les utilisateurs; les services télématiques (ou software)
qui permettent aux utilisateurs de chercher, d'accéder aux ressources
d'information et de communiquer entre eux, les groupes sociaux auxquels
appartiennent les utilisateurs et qui sont des points de repère
de leurs paradigmes de pensée, sentiments et actions dans le contexte
de la communication multilingue (Silvio, 2000), La communication qui se
produit dans les réseaux est une communication multipalier qui a
lieu dans différents contextes culturels et sous l'influence de
plusieurs groupes auxquels appartiennent les sujets communiquants (Cartier,
1997). Il faut donc chercher la combinaison optimale de ces éléments
pour arriver à une éducation multilingue qui soit utile et
significative pour les utilisateurs.
Dans ce contexte, les problèmes
à résoudre dans le cadre du plurilinguisme dans l'éducation
virtuelle, peuvent se poser de la façon suivante, en répondant
à la question qu'est-ce qui est désirable ?:
1) Assurer la diversité
culturelle tout en assurant la diversité linguistique dans l'éducation
virtuelle
2) Garantir l'accès
équitable aux ressources d'apprentissage dans l'INTERNET
3) Promouvoir l'apprentissage
des diverses langues sur l'INTERNET pour faciliter l'éducation virtuelle
plurilingue.
4) Garantir au maximum la
disponibilité dans l'INTERNET de ressources d'information pour l'apprentissage
dans les langues natives des utilisateurs.
5) Assurer la qualité
et la pertinence des contenus multilingue pour l'apprentissage sur l'INTERNET.
6) Eviter l'unilinguisme
dans l'éducation virtuelle.
1 Que faire et comment
pour résoudre les problèmes et arriver à la situation
idéale?
Les réponses à
cette question nous place au niveau de la recherche de solutions et la
réalisation des actions pour résoudre les problèmes
posés. Dans l'INTERNET, le site web et la communauté virtuelle
de ses utilisateurs, sont la base sur laquelle reposent les ressources
d'information et de communication pour l'apprentissage (Palloff et Pratt,
1999). Donc, toutes les actions doivent se concentrer sur la création,
le développement et l'administration des sites web qui puissent
contribuer à résoudre les problèmes posés au
moyen de leurs objectifs, structure et fonctionnement, en respectant les
principes suivants:
1) créer des contenus
adaptés aux identités culturelles de chaque pays;
2) éviter le monopole
d'une langue et d'une identité culturelle dominantes;
3) créer des sites
web de divers types.
Les actions ou solutions
les plus importantes peuvent se classer d'après les critères
suivants:
-
Nombre de langues de base
du site web
-
Type de traduction
des contenus
-
Sans traduction des contenus
-
Traduction manuelle, faite par
les administrateurs du site web
-
Traduction automatique, faite
par l’utilisateur au moyen des logiciels de traduction automatique
-
Niveau de communication dans
le site web
-
Site web simple sans communication
entre les utilisateurs
-
Communauté virtuelle
d'apprentissage avec communication intensive entre les utilisateurs
-
Type de site web (Tapscott,
2000)
-
Agora:
un site web destiné
à rassembler à un ensemble de personnes qui veulent echanger
de l'information sur l'offre et la demande d'un produit ou service, d'un
manière libre.
-
Aggrégation:
site web consacré
à l'organisation de biens, services et informations.
-
Chaîne de valeur:
site web qui fait partie
d'un chaine de production ou distribution d'un bien, service ou information.
-
Alliance:
site web formé par
l'alliance entre plusieurs organisations avec un objectif donné.
-
Réseau Distributif:
site web chargé de
faciliter l'échange et la distribution.
-
Orientation de la communauté
virtuelle. Si le site est une communauté virtuelle, on peut le classer
dans une des catégories suivantes (Hagel y Armstrong, 1997: 118-123)
(Silvio, 2000: Chapitre 6):
-
Communauté orientée
vers l'utilisateur: les utilisateurs (étudiants, par exemple),
définissent le thème et les contenus de la communauté.
-
Communauté orientée
vers l'organisation: le thème et les contenus sont définis
en accord avec les objectifs de l'organisation.
-
Communauté orientée
vers l'organisation, mais avec participation des utilisateurs dans l'administration:
c'est un type intermédiaire où l'organisation définit
le thème, par exemple un cours sur un spécialité donnée,
mais les utilisateurs peuvent apporter des contenus.
En combinant ces critères,
on peut obtenir plusieurs types de sites web et de communautés virtuelles
d'apprentissage axés sur une langue de base ou plusieurs langues
de base. Dans le cas des sites web plurilingues, il faudrait construire
des versions différentes du site web, en accord avec le nombre de
langues souhaitées. Il faudrait traduire chaque contenu incorporé
au site web pour que les utilisateurs disposent de la dernière version
des contenus d'apprentissage dans la langue de leur préférence.
Cette traduction peut se faire par moyen de traduction automatique ou avec
des traducteurs engagés spécialement pour traduire chaque
page et chaque document. Ce type de site présente l'avantage de
permettre à l'utilisateur un accès facile aux contenus sans
avoir besoin d'une traduction à posteriori. D'autre part, l'utilisateur
n'a pas besoin de connaître d'autres langues pour apprendre et s'approprier
des contenus.
Cependant, ce type de site
web présente l'inconvénient de requérir un support
très important en matière de traduction et de mise à
jour des contenus, surtout si elles se font de façon manuelle. Il
faut aussi prévoir le nombre de langues dans lesquelles fonctionnera
le site web. Il y a toujours une limite, marquée par les ressources
financières, administratives et humaines à utiliser dans
l'administration du site.
Enfin, nous avons le site
web unilingue, mais avec des ressources de traduction automatique, dont
l'utilisateur doit se servir pour avoir un document dans la langue de son
choix. Dans ce cas, nous n'avons pas la lourde charge des sites web multiples,
un pour chaque langue, mais on doit fournir aux utilisateurs un service
de traduction automatique d'une qualité très élevée.
La question est de savoir
qui doit faire la traduction, l'utilisateur ou l'administrateur du site
web?. La réponse à cette question aura des conséquences
différentes en matière d'administration du site web, de sa
communauté d'apprenants et des contenus qui circulent sur le site,
comme résultat des processus de recherche d'information et de communication
qui se produisent entre les utilisateurs.
Un autre groupe d'actions
comprend le développement intensif de l'apprentissage des langues.
C'est une solution qui peut être externe à l'INTERNET ou se
faire par son intermédiaire. Dans ce cas, on n'a pas besoin de traduire
des contenus car les utilisateurs seront des polyglottes et ils pourront
apprendre dans plusieurs langues avec des contenus dans divers langues.
Donc, pas besoin d'avoir de multiples pages multilingues. ni des programmes
de traduction automatique, ce qui représente une économie
considérable de ressources de tout genre. Mais, il faut néanmoins
investir dans des cours de langues pour les utilisateurs. Cependant, il
y a toujours les limites qui découlent du nombre de langues que
peuvent apprendre les utilisateurs. De plus, il faut se demander aussi,
pourquoi les utilisateurs doivent devenir des polyglottes et quel type
d'utilisateur est en mesure d'atteindre ce but. Il faut tenir compte ici
des limites posées par la classe sociale et les groupes auxquels
appartiennent les utilisateurs et leur réel besoin d'apprendre des
langues. Finalement, jusqu'à quel point a-t-on besoin d'apprendre
des langues pour gagner sa vie et satisfaire les besoins divers de notre
vie en société. La réponse varie selon la classe sociale
de l'utilisateur, son groupe social, ses activités professionnelles.
Sans doute, au fur et à mesure que la globalisation avance et qu’une
société a comme base de fonctionnement l'information et la
connaissance, le besoin d'apprendre des langues augmente, car on a besoin
d’accéder à plus d'informations et plus de connaissances
dans des langues différentes de la notre pour pouvoir travailler
et gagner sa vie. Mais il y aura toujours un limite au nombre de langues
qu'une personne peut apprendre.
Un autre problème
à résoudre est celui de la communication entre les enseignants
et les apprenants et entre les apprenants dans un site web d'apprentissage
ou une communauté virtuelle d'apprentissage. Il y a une différence
entre chercher de l'information et communiquer avec des apprenants de langues
diverses qui ne peuvent pas communiquer entre eux. Les programmes de traduction
automatique pourront-ils se perfectionner au point de permettre de traduire
automatiquement les contenus envoyés par les enseignants aux apprenants
et ceux que les apprenants échangent entre eux ?. C'est un problème
que je laisse aux experts de la traduction automatique, mais sans doute
est-ce le seul moyen d'arriver à une véritable communication
multilingue entre des utilisateurs qui ne sont pas des polyglottes. En
tout cas, il faudra étudier la possibilité d'incorporer des
programmes de traduction automatique pour la communication asynchrone (courrier
électronique, groupes de discussion) et synchrone (groupe de discussion
en temps réel ou chat multiutilisateur). Ou bien il faudra des enseignants
et des enseignés polyglottes.
Les réponses aux questions
de l'éducation multilingue dans l'INTERNET dépend de la solution
choisie et il y aura différentes stratégies pour appliquer
une solution ou une combinaison de solutions et des stratégies combinées
pour appliquer une ou plusieurs solutions combinées.
1 La situation en Amérique
Latine et dans les Caraïbes
Dans la région d'Amérique
Latine et des Caraïbes, la situation du multilinguisme est le résultat
direct de l'action des anciens colonisateurs européens. Mis à
part la Bolivie et le Pérou où les langues indigènes
ont une importance particulière, dans les autres pays de la région,
la population parlant les langues indigènes précolombiennes
est très réduite. C’est la population qui est restée
vivante après l'action des colonisateurs. Dans une population d'environ
519 millions d'habitants, l'espagnol est la langue parlée par 64,1%
(333 millions d'habitants) de la population dans 20 pays résultant
de la colonisation espagnole. L'autre tiers de la population (32,8%), concentré
au Brésil parle le portugais (environ 170 millions de personnes).
Dans le Tableau ci dessous on peut voir la répartition de la population,
les langues, le nombre des pays où les langues sont parlées.
L'espagnol est la langue dominante dans la région et elle est devenue
une sorte de lingua franca pour la communication entre les brésiliens
et les autres latinoamericains. Même si les brésiliens doivent
normalement apprendre l'espagnol pour communiquer avec le reste des pays
de la région, il est tout à fait possible de se comprendre
en parlant chacun sa langue, au regard de la proximité linguistique
entre l'espagnol et le portugais.
Population de la région
d'Amérique Latine et des Caraibes par pays et langue parlée
(An 2000)
|
Langue
|
Nombre de Pays
ou Térritoires
|
Population (milles)
|
% de la Population
Total
|
|
Espagnol
|
20
|
332.754
|
64,1
|
|
Portugais
|
1
|
170.115
|
32,8
|
|
Français
|
4
|
9.254
|
1,8
|
|
Anglais
|
18
|
6.219
|
1,2
|
|
Hollandais
|
3
|
737
|
0,1
|
|
Total
|
46
|
519.079
|
100
|
Source: United Nations Population
Commission
L'anglais est parlé
dans 18 pays par une population d'environ 6 millions d'habitants, répartis
dans des pays insulaires de petites dimensions géographiques du
bassin de la mer des Caraïbes. Cette population représente
1,2% de la population totale. Le français est la troisème
langue en nombre d'habitants mais concentré dans un seul pays indépendant,
Haïti, et trois territoires d’Outre Mer de la France dans la région:
Cayenne et les îles de la Guadeloupe et de la Martinique. Au total,
cette langue est parlée par environ 9 millions personnes, représentant
1,8% de la population totale de la région. Pour finir, la dernière
langue dérivée de la colonisation est le holandais, qui se
parle dans un pays indépendant, le Suriname, et dans deux territoires
appartenant au Royaume d'Hollande: Aruba et les Antilles Hollandaises (Curaçao,
Bonaire, Saint-Marteen et Saba). La population de langue hollandaise (737
mille personnes) représente 0,1% du total. A cela, s’ajoutent les
langues indigènes qui dans des pays andins comme le Pérou,
la Bolivie et l'Equateur et la Bolivie ont une grande importance dans la
culture de la population qui n'a pas accès à l'INTERNET.
Il est difficile de concevoir
la région d'Amérique Latine et des Caraïbes comme une
unité linguistique intégrée, homogène et cohérente.
Les influences de plusieurs colonisateurs ont marqué des différences
qui se maintiennent aujourd'hui et pèsent sur les possibilités
d'intégration. Il y a d'abord le groupe de pays formé par
les hispanophones, qui comprend la majorité des pays, mais qui entretient
des relations relativement étroites avec le Brésil, malgré
les différences de langues. On peut dire que ce qu'on appelle l'Amérique
Latine se compose de ces deux ensembles. Il reste Haïti où
l'on parle une langue latine, mais qui n'est pas proche du reste en raison
non seulement des différences linguistiques et culturelles, mais
surtout des caractéristiques économiques et politiques d’Haïti.
Actuellement, Haïti fait partie du CARICOM, qui rassemble surtout
les pays anglophones insulaires des Caraïbes et s'oriente plutôt
vers ces pays. Une situation semblable est celle d'Aruba et des Antilles
Néerlandaises: orientés vers les autres pays anglophones
mais relativement isolés. Quant aux Antilles Françaises,
elle s'orientent plutôt vers la France et maintiennent des relations
avec le reste des Caraïbes mais d'une façon peu intense.
Faut-il du multilinguisme
dans cette région?. Il faudrait se demander aussi si vraiment il
s'agit d'une région homogène. Nous avons vu qu'il y a des
voisins très proches géographiquement mais très différents
du point de vue de la langue et de leurs traditions culturelles. Le développement
de l'INTERNET peut approfondir encore ces différences car les utilisateurs
peuvent être plus proches de leurs homologues placés dans
des endroits lointains mais avec des traits culturels similaires. C'est
une hypothèse pour le moment, qui peut se confirmer ou non dans
le futur. Un habitant d'une petite île des Caraïbes, isolé
des acteurs d'autres pays, peut se rapprocher d'eux maintenant en navigant
par le cyberespace. En plus, les personnes des différentes cultures
en Amérique Latine et dans les Caraïbes ont-elles intérêt
à s'intégrer au moyen d'un éducation multilingue?.
La réponse à
ces questions doit venir après une étude des besoins et aspirations
de la population. Pour le moment et pour être conséquent avec
les objectifs de ce document et de mon point de vue, je vais partir du
principe selon lequel une éducation virtuelle multilingue est souhaitable
dans cette région. Il faudrait donc travailler en principe avec
cinq langues de base: espagnol, portugais, anglais, français, hollandais.
Peut-on envisager, par exemple, une université multilingue avec
ces cinq langues de base dotée de services de traduction automatique?.
La mise en place de sites web et de communautés virtuelles multilingues
ou unilingues avec traduction automatique pourraient être la base
de cette intégration. Ce projet va requérir évidemment
des efforts combinés de plusieurs acteurs mais peut se convertir
en un moyen très puissant d'intégration dans la région,
facilitée par l'omniprésence de l'INTERNET et la réduction
des barrières spatio-temporelles. La création d'espaces virtuels
multilingues d'information et surtout de communication devrait offrir cette
possibilité.
On pourrait commencer par
une éducation virtuelle bilingue, espagnol-portugais, pour servir
aux pays ibéroamericains, c'est-à-dire l'Amérique
Latine hispanoportugaise, l'Espagne et le Portugal. Cette intégration
est relativement facile car il y a déjà des antécédents
qui peuvent servir de points de départ. On pourrait s'appuyer sur
des expériences de virtualisation universitaire en cours dans la
région et les perfectionner progressivement dans un contexte bilingue.
Au Mexique il existe l'Université Virtuelle de l'Institut Technologique
de Monterrey (www.ruv.itesm.mx)
(Instituto Tecnológico de Estudios Superiores de Monterrey, ITESM),
qui a lancé un programme d'éducation virtuelle de postgrade
qui s'étend déjà au delà du Mexique à
8 pays de la région. Au Brésil, nous avons l'Université
Virtuelle du Centre-Ouest (Universidade Virtual do Centro-Oeste) (www.universidadevirtual.br),
intégrée par 8 universités de cette région
du Brésil sous la coordination de l'Université de Brasilia
et un Consortium beaucoup plus important qui s'appelle Université
Virtuelle Publique du Brésil (Universidade Virtual Pública
do Brasil), appelée aussi UNIREDE, formé par 69 universités
fédérales du Brésil (www.cfch.ufrj.br/unirede/apresenta.html).
Au niveau international, nous avons le Réseau Ibéroaméricain
d'Informatique Educative (Red Iberoamericana de Informática Educativa
(RIBIE) (phoenix.sce.fct.unl.pt/ribie/) qui est bilingue, espagnol et portugais,
et qui rassemble 350 institutions éducatives de la région
ibéroaméricaine, la plupart des universités, dont
l'objectif est de promouvoir l'utilisation de l'informatique et la télématique
dans l'éducation à tous les niveaux et toutes les branches
du système éducatif.
Les efforts combinés
de ces institutions pourraient donner comme résultat une Université
Virtuelle Ibéroaméricaine Bilingue. Les ressources techniques,
organisationnelles et humaines sont là mais il manque la volonté
politique d'entreprendre un projet de ce genre et de cette envergure. Il
aussi trouver les ressources financières nécessaires, une
tâche qui peut être facilitée si l'on travaille avec
le schéma de coûts partagés entre plusieurs organisations.
Un projet proche de cette idée est celui de l'Université
Virtuelle Ibéroaméricaine (www.uvi.org).
Cette Université se trouve encore à la phase de conception.
Elle a été proposée par l'Université d'Extremadura
(www.unex.es)
en Espagne avec le support de la Junta de Gobierno de la Provincia de Extremadura
et le CEXECI (Centro Extremeño de Cooperación Iberoamericana),
avec la coopération d'un groupe de recteurs des universités
ibéroamericaines. On constate donc un intérêt à
une intégration multilingue dans les pays de langues espagnole et
portugaise. Cette intégration pourrait s'étendre au niveau
mondial si l'on inclut les pays de langue espagnole et portugaise de l'Afrique
et de l'Asie.
Dans le monde anglophone,
il existe l"University of the West Indies Distance Education Centre" (UWIDEC)
(www.uwicentre.edu.jm/~uwidec/)
qui fonctionne dans 16 pays et territoires des Caraïbes anglophone,
sous la coordination de l'Université de "West Indies", avec des
"campus" à la Barbade, à la Jamaique et à Trinidad
et Tobago. Si l'on se place dans le contexte du CARICOM, l'organisation
intergouvernementale réunissant plusieurs pays des Caraïbes
pour les échanges économiques et commerciaux, on pourrait
concevoir un projet d'Université Virtuelle Multilingue des Caraïbes,
qui puisse travailler dans les autres langues de base de la région:
anglais, français et hollandais.
A partir de ces deux points
d'intégration, qui sont l'expression des besoins des pays de la
région, on pourrait commencer un processus d'éducation virtuelle
multilingue plus englobant . Il reste encore les langues des populations
indigènes, dont les plus importantes sont le quéchua et l'aymara,
mais elle sont focalisées en Bolivie, au Pérou et en Equateur.
Dans ce cas, il faudrait d'abord faire un grand effort pour incorporer
ces populations à l'INTERNET avant de pouvoir faire quoi que ce
soit dans le cadre d'une éducation virtuelle multilingue. Compte
tenu que ces langues sont très concentrées du point de vue
géographique, il revient aux pays où elles sont représentées
d'initier des projets qui intègrent leurs populations indigènes.
Dans cette région,
l'UNESCO a deux institutions qui pourraient contribuer au développement
de l'éducation multilingue dans l'INTERNET: premièrement,
le Bureau Régional d'Education pour l'Amérique Latine et
les Caraibes (>ara América Latina y el Caribe) (OREALC) (www.unesco.cl)
situé à Santiago au Chili et l'Institut International de
l'UNESCO pour l'Education Supérieure en Amérique Latine et
dans les Caraïbes (IESALC) (www.iesalc.unesco.org.ve),
basé à Caracas au Venezuela. Ces deux institutions couvrent
l'ensemble du système éducatif et pourraient jouer un rôle
de coordination et de promotion de l'intégration des projets concernant
l'éducation virtuelle multilingue dans la région. A l’IESALC,
il existe déjà un programme pour développer
l'utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication
dans l'enseignement supérieur qui pourrait être un point d'appui
pour des projets d'éducation supérieur multilingue avec le
concours du réseau RIBIE et les autres institutions déjà
mentionnées.
Finalement, il faut tenir
compte de la présence et la proximité des Etats Unis d'Amérique
dans cette région. Sans doute, dans l'INTERNET, l'anglais c'est
la langue prioritaire de la région.
De toutes ces réflexions
il semble logique de conclure que la diversité linguistique et culturelle
n'est pas seulement un fait à accepter, mais aussi une condition
pour le développement d'une société de l'information
et de la connaissance égalitaire, juste et durable, où chacun
puisse se voir considéré comme être humain. L'échec
des initiatives visant une langue unique et l'effondrement des systèmes
politiques totalitaires et homogénéisateurs a montré
que les gens veulent s'identifier avec leurs cultures et leurs langues
et que l'identité culturelle est plus importante que d'autres considérations
politiques et économiques.
Conclusions
De toutes ces réflexions
il semble logique de conclure que la diversité linguistique et culturelle
n'est pas seulement un fait à accepter, mais aussi une condition
pour le développement d'une société de l'information
et de la connaissance égalitaire, juste et durable, où chacun
puisse se voir considéré comme être humain. L'échec
des initiatives visant une langue unique et l'effondrement des systèmes
politiques totalitaires et homogénéisateurs a montré
que les gens veulent s'identifier avec leurs cultures et leurs langues
et que l'identité culturelle est plus importante que d'autres considérations
politiques et économiques.
Cependant, il reste
encore un chemin relativement long pour arriver au multilinguisme, surtout
dans un processus complexe comme le processus éducatif. Des deux
stratégies de base pour arriver à une véritable éducation
multilingue dans l'INTERNET que j'ai considérées dans ce
document, il me semble que la traduction automatique est la plus prometteuse,
quoique peut être la plus difficile à réaliser pour
le moment. N'étant pas un expert en matière de traduction
automatique je vais plutôt parler en tant qu’expert en éducation
et éventuel utilisateur de la traduction automatique.
Pour les enseignants et les
apprenants, la traduction automatique pourrait résoudre beaucoup
de problèmes et éviter des redondances dans la programmation
de cours de formation, soit dans le domaine de la formation professionnelle
de base ou dans la formation continue. Il suffit de réunir un ensemble
de personnes de différentes langues et de les faire communiquer
au moyen des services de traduction. Evidemment, n'étant pas un
expert en traduction automatique, j'ignore les conséquences que
peut avoir un perfectionnement des programmes de traduction automatique
sur le marché de l'emploi des traducteurs. Que sera le devenir des
traducteurs si l'informatique peut remplacer la plupart de leurs fonctions?.
C'est une question que je me pose avec naïveté mais j'exprime
les besoins d'un utilisateur qui voudrait avoir accès à encore
plus de ressources pour l'information et la connaissance disponibles dans
les langues les plus diverses.
Il y a d'autres facteurs
de nature économique et commercial qui vont intervenir dans l'éducation
virtuelle multilingue. Il y a d'abord les producteurs des logiciels pour
la traduction automatique et pour l'apprentissage de langues dans l'INTERNET
et au moyen du CD-ROM, qui s'intéressent à faire des investissements
pour développer des logiciels et vendre leurs produits. Il s'intéressent
donc au développement de certains modalités qui répondent
à ces intérêts. Deuxiemement, il y a les acteurs de
la formation continue et la valeur commercial des langues dans le monde
virtuel. La Revue "Edubyweb News" a publié récemment un article
intitulé "Englishtwon s'installe au Japon", où l'on peut
lire l'information suivante:
L'anglais demeure le standard
de la communication à l'échelle mondiale. Le marché
de l'apprentissage de cette langue s'élève à plus
de 50 milliards de dollars, et le marché japonais en représente
près de 30 %…C'est sur cette constatation qu'Englishtown et Softbank
Media & Marketing ont décidé de baser une joint-venture
au Japon : Englishtown Japan. Cette joint-venture, annoncée aujourd'hui,
le 29 janvier, devrait donc devenir la première grande offre au
Japon d'apprentissage online de l'anglais...Englishtown, filiale indépendante
de EF Education, est à l'heure actuelle la plus grande école
virtuelle d'apprentissage de l'anglais, et ce à l'échelle
mondiale. Créée en 1997, elle offre des formations avec ou
sans tutorat dans plus de 100 pays. Son siège social est situé
aux Etats-Unis, à Cambridge… Softbank est un important groupe détenant
plus de 600 entreprises dont l'activité est axée sur l'Internet.
Ce groupe est par exemple majoritaire dans des entreprises telles que Yahoo!
Et ZDNet. Softbank a déjà établi des joint-ventures
européennes (avec Vivendi), indiennes, australiennes, et s'étend
actuellement au marché chinois, coréen et sud-américain.
"
(Edubyweb News, 2001)
Cela pourrait indiquer que
chaque langue peut avoir une valeur commercial d'après sa distribution
dans le monde et dans le cyberespace. Pourquoi développer des cours
en français, en espagnol, etc, si le marché de l'anglais
est suffisant pour me garantir des bénéfices importantes?.
C'est une réflexion que peut faire parfaitement une université
ou un entreprise de formation continue, par exemple. Aura chaque langue
sa valeur commercial dans l'INTERNET?. Ce sont des question à prendre
en considération à l'heure de penser au développement
de programmes multilingues de formation virtuelle et qui peuvent avoir
un poids important dans les décision des langues à utiliser
pour l'éducation virtuelle.
Il faut tenir compte aussi
de la vision et de la place des traducteurs, des interprètes et
des professeurs de langues dans le monde physique et dans le cyberespace.
Avec le développement d'un nouveau paradigme d'apprentissage virtuel
et de la traduction automatique, ces professions devraient à mon
avis réviser les modalités de leur travail. Il peuvent se
voir affectées par des intérêts écnomiques et
commerciaux des entreprises et d'autres organisations et acteurs du monde
de l'éducation virtuelle multilingue.
Finalement, je voudrais conclure
par un appel aux acteurs du cyberespace multilingue pour mettre l'accent
sur le développement de contenus éducatifs de qualité.
Le multilinguisme n'est pas malheureusement suffisant pour assurer une
bonne éducation virtuelle. Il faut que les contenus multilingues
soient significatifs pour les apprenants. En termes plus généraux,
à quoi sert d'affirmer notre langue et notre identité culturelle
dans le cyberespace si on n'a pas de contenus à offrir au monde?
C'est le deuxième volet de la diversité linguistique et culturelle
qu'il ne faut pas oublier.
Références
-
Cartier, Michel (1997). Le nouveau
monde des infostructures. Editions Vigot Frères. Montreal, Canada.
-
Edubyweb News (2001).
N°90 du 29/01/2001 (www.englishtown.com)
(www.softbank.com)
-
Ghonaimy, Adeeb (1998). Role
of language engineering in supportingmultilingual aspects in cyberspace.
UNESCO. Infoethics Conference. (www.unesco.org/webworld/infoethics_2/eng/papers/paper_6.htm
1999-02-23)
-
Hagel III, J y Armstrong, A
(1997). Net.gain: expanding markets through virtual communities. Harvard
Business School Press. Boston, USA.
-
ISOC et ALIS Technologies (1997).
Babel, vers la communication sur Internet dans toutes les langues. (www.isoc.org:8080/palmares.html)
Pimienta, D. y Prado, D.
(1998). Las lenguas y las culturas latinas en INTERNET. Unión Latina.Silvio,
José (2000). La virtualización de la Universidad: ¿cómo
podemos transfornar la educación superior con la tecnología.
Ediciones IESALC-UNESCO. Caracas, Venezuela.
-
Tapscott, Don (2000). Digital
Capital: harnessing the power of business webs. Harvard Business School
Press. New York.
-
Union Latine-FUNREDES (1998).
La place des langues et cultures latines sur l'INTERNET. (www.francophonie.org/langues/L4.html)
Information
sur l'auteur
José Silvio est de
nationalité vénézuélienne et a réalisé
des études de Maîtrise en Sociologie à l'Université
Centrale du Vénézuéla. Il a suivi des études
de Postgrade à l'Institut International de l'UNESCO pour la Planification
de l'Education (IIPE) à Paris, où il a obtenu un Diplome
de Specialiste en Planification de l'Education. Après il a obtenu
un Doctorat en Sciences de l'Education, à l'Ecole des Hautes Etudes
en Sciences Sociales de l'Université de Paris et a suivi aussi un
Cours de Perfectionnement en Informatique et Statistique Aplliquées
aux Sciences Sociales à l'Université de Paris VI.
Il travaille actuellement
comme Coordonateur Général du Programme de Institut International
de l'UNESCO pour l'Éducation Supérieure en Amérique
Latine et dans les Caraïbes (IESALC), basé à Caracas,
Vénézuéla. Comme membre du Personnel Professionnel
International de l'UNESCO, il a travaillé aussi comme Spécialiste
du Programme à l'Institut International de Planification de l'Education
et à la Division des Politiques et de la Planification de l'Education
à Paris. Il a été Professeur de Planification de l'Education
et de Méthdologie de la Recherche Sociale à l'Université
Centrale du Vénézuéla.
Ses thèmes d'intérêt
principaux sont la qualité de l'enseignement supérieur et
l'utilisation de l'informatique et la télématique dans l'enseignement
supérieur. Il a été l'éditeur des deux livres
sur ce sujet, publiés par Editions IESALC-UNESCO, à savoir:
"Calidad, Tecnología y Globalización en la Educación
Superior Latinoamericana" (Qualité, Technologie et Globalisation
dans l'Education Supérieure Lationaméricaine) et "Una Nueva
Manera de Comunicar el Conocimiento" (Une nouvelle manière de commniquer
la connaissance". Son livre plus récent se titule "La Virtualización
de la Universidad" (La Virtualisation de l'Université), publié
aussi par Editions IESALC-UNESCO.
Adresse:
IESALC/UNESCO
Apartado 68394
Caracas, 1062-A, Venezuela
Tel: 2860721-0516
Fax: 2860326-2039
Courier Electronique: jsilvio@cantv.net
o jsilvio@unesco.org.ve
|
Intervention
de Monsieur Paul DELANY
Languages, Continuing
Education, and the Internet
Department of English
Simon Fraser University
Delany@sfu.ca
The Framework
I address this subject in
the context of UNESCO’s dual commitment:
1. To protect linguistic
diversity (Resolution of November 1993, the Endangered Languages Project;
followed by the BABEL initiative supporting diversity on the Internet).
2. To promote universal literacy
and access to the common cultural and scientific heritage.
Language Status
The present hierarchy of
languages is roughly as follows:
1 — Global English, in danger
of becoming hegemonic worldwide.
10 — Major vehicular languages,
used across national borders.
100 — Common or metropolitan
languages, used by 90% of the world’s population.
2,000 — Indigenous written
languages, with potential for digitization.
4,000 — Non-written indigenous
languages.
At least half of the indigenous
languages are endangered, due to demographic weakness (96% of all languages
are spoken by 4% of the world population; 3,300 languages have fewer than
10,000 speakers), and cultural pressure from national languages.
Most indigenous languages
exist within national boundaries and their survival is, in the first instance,
a national rather than an international issue.
Translation
A person knowing ten languages
(who would be very unusual) knows 45 language pairs. A hundred languages
(say the most commonly used ones) comprise 4,950 pairs. David Crystal argues
that indigenous languages can, at best, survive in a di-glossic context.
This would also mean that in Africa, for example, the 1,200 indigenous
languages will require a vehicular language, mainly French or English,
for intercommunication.
The LanguageForce software
translator currently supports 40 languages, but most such automatic translators
have English as their target language.
Language in Continuing
Education
Five kinds:
1. The teaching of one vehicular
language to speakers of another. This is a massive global industry, with
a large private sector. The main political issue here is the competition
between English and other vehicular languages.
2. The teaching of an indigenous
language to native speakers of a vehicular language. Relatively little
instruction of this kind goes on, and it is mainly strategic: for business,
political or military purposes.
3. The teaching of vehicular
languages to speakers of metropolitan or indigenous languages. The demand
for such instruction may come from governments that wish to participate
in globalization, or from individuals who want to be di-glossic because
they hope for economic or social self-improvement.
Much of this teaching goes
on in schools and universities, but there remains a very large demand for
language instruction in continuing education.
4. The teaching of a local
or indigenous language to speakers of another. This is a relatively underdeveloped
sector, in part because vehicular languages have such a large economic
advantage for most learners.
5. Language maintenance.
This includes all kinds of formal efforts to preserve local and indigenous
languages though continuing instruction, language nests, cultural revival,
etc.
I will focus on items 3,
4 and 5. Language teaching under 3. Tends to be driven by individuals who
expect to increase their incomes by acquiring another language and who,
in consequence, may often be willing to pay for private instruction. Teaching
under 4 and 5 often has a cultural rather than an economic motive; it is
therefore less likely to be provided by for-profit organizations.
Role of the Internet
A great deal of Continuing
Education is provided in a Distance Learning model, which is often more
convenient for employed adults studying part-time. Ten years ago, most
Distance Learning used the mail for delivery of teaching materials and
return of assignments; this could be supplemented with telephone conferences
between students and instructors, and occasional face-to-face meetings.
In developed countries, Distance Learning is now shifting rapidly to internet-based
delivery of most functions. This becomes possible as fifty percent or more
of households are connected to the internet. In North America, about five
percent of households now have broadband connections and penetration is
growing rapidly.
Internet-supported Distance
Learning now tends to converge with Computer Assisted Language Learning
(CALL). This is a well established field, centering on language laboratories
in schools and universities, and on packaged software for language learning,
typically on CD-ROM. A limitation of CALL is that it tends to focus on
teaching vehicular languages, since these are the only ones that have commercial
potential. A potential role for UNESCO might be in supporting software
packages for teaching local and indigenous languages.
CALL is now being supplemented
by CMC (Computer Mediated Communication), especially resources available
on the Internet.
CALL resources tend to be
highly structured, leading students through grammar, vocabulary, drill,
pronunciation, listening skills, etc. Internet language learning (ILL)
is generally more informal, but with the advantage of a more realistic
interaction between learners and their target language.
ILL can be divided into narrowband
(up to 56K connections) and broadband (112K and up). This raises questions
of infrastructure and access, to which I will return.
Narrowband connections support
mainly asynchronous learning, such as e-mail (used for communication and
feedback), discussion groups and correction of written assignments. Such
connections also support access to cultural resources in the target language:
these may be very rich for vehicular languages, more restricted for local
and indigenous languages.
Broadband connections support
synchronous learning with immediate communicative feedback, such as:
Delivery of lessons to peripheral
nodes over video links
Videoconferencing
Real-time chat sessions (text-based)
Tutorial sessions using video
or voice over IP (potential cost savings).
Access to multimedia internet
resources, whether for structured language learning or general cultural
resources.
An example of a current
language learning program for adults is "English for Agriculture," offered
by the International Rice Research Institute. This combines face-to-face
instruction with supplementary resources delivered over the Internet.
An account of this program
can be found at:
http://www.clet.ait.ac.th/hanoi_proceedings/shawn.htm
Infrastructure Issues
Use of the Internet for continuing
education in languages depends on the extension of the network between
developing countries, and into remote areas within countries. Such development
is also desirable to promote "horizontal" links between developing countries,
rather than reliance on centralized resources in North America and Europe.
It is encouraging that many aid agencies, such as the World Bank, are now
concentrating their support for Information and Communication Technologies
(ICT).
In language education specifically,
broadband links allow for richer, real-time access to learning materials.
Examples of network infrastructure
development are the Asia Pacific Advanced Network (APAN) and the Asian
Internet Interconnection Initiative (AI3), which aim to provide high performance
Internet infrastructure for research and collaboration among the Asia-Pacific
research community. An equivalent initiative for Africa is highly desirable.
Information about Internet access in Africa can be found at:
http://www.sas.upenn.edu/African_Studies/About_African/ww_tech.html
Development of internet links
and digital content is also important for the maintenance of linguistic
and other cultural resources in diasporic communities. This requires both
the digitization of content in sending countries, and access to that content
in receiving countries. Within countries, also, extension of internet access
can help indigenous groups who have migrated to metropolitan centers to
maintain contact with their culture of origin.
Summary and Points for
Discussion
Will the internet function
as a "culture killer," similar to the world-wide influence of the mass
media and Global English? Or will it play a more benign role, thanks to
its educational potential and "peer-to-peer" structure?
As Continuing Education moves
to the internet, will it continue to be state-supported and based on a
social infrastructure? Or will it become more individualistic and profit-oriented?
The internet probably has
more potential to transform Continuing Education than K-12 or University
education. This is because the two latter have more conservative structures,
based on face-to-face instruction, and a greater investment in "bricks
and mortar."
The internet has great potential
for supporting linguistic diversity and cultural preservation, both through
Continuing Education and informal communication. But this potential will
not be realized without substantial commitment of resources to content
creation and digitization of exisiting archives.
The four thousand non-written
languages are specially endangered, but will not easily be able to benefit
from internet access—unless that access includes broadband links supporting
voice and video.
Intervention
de Monsieur Kiyoshi HARA (Joshibi University of Art and Design, Tokyo).
Version
française
Strategic use of multilingual
cultural collections:
Multilingual Media for
the Promotion of Minority Languages.
My main research area concerns
the language revival movements. Celtic languages, that is, Breton and Welsh
are especially the object. First, I will speak about the Minority languages
in Japan as a Japanese researcher. After that, I report on Celtic Languages
as a comparative study.
1. Multilingual use
for minority languages promotion in Japan.
Multilingual use began to
generalize in Japan comparatively recently. The cause of that is the spread
of new media and the Internet. Another reason is an increasing number of
foreigners who work in Japan. The media for such foreign residents in Japan
are generally called ethnic media. I take this up first. Next, I consider
the meaning of multilingual media in the revival movement of Ryukyuan (language
of Okinawa), Ainu, and other various dialects as regional (native) minority
languages.
1.1. Ethnic Media.
1.1.1. Outline of
foreign residents in Japan.
The number of alien registration
people of present Japan is about 1,560,000 (as of the end of 1999). The
rate for which it accounts in the total population is 1.23%. They were
750,000 in 1979, and the ratio was 0.68%. They were 990,000 in 1989, and
this figure accounted for 0.80%. Therefore, it doubled over these 20 years
and increased 60% over these ten years. If the so-called illegal sojourners
who have not registered are included, foreign residents in Japan will exceed
2 million. Compared with the Western advanced nations where resident foreigners
occupy 7 to 10% of the total population, the rate is still low. However,
because such people increased rapidly in recent years, the foreign language
became noticeable everywhere.
Koreans accounts for 41%
of the whole population of the registered foreigners in Japan with about
640,000 Korean nationals. Resident Koreans in Japan exceeded 2,000,000
immediately after the war, because of the Korean rule of Japan for 30 years
or more until the World War II. Then, some of them went back home and others
acquired the Japanese nationality. However, many remained in Japan with
the Korean family register. They are Koreans with permanent resident status.
The Korean population reached a peak in 1991 with about 690,000 and on
the decrease afterwards. Although the rate for which they account in foreign
residents in Japan exceeded 70% in the 1980s, it decreased to nearly 40%
in 1999.
In the resident foreigners,
Chinese, Brazilians, Philippines, Americans and Peruvians etc. stand on
the next to Koreans in foreign resident population. Among these, people
other than Americans are increasing in number. As for Chinese, both from
Taiwan and the mainland China increased. They increased from about 140,000
(14%) in 1989 to about 300,000 (19%) in 1999. Brazilians’ increase is the
largest. Although their number was about 15,000 (1.5%) in 1989, it increased
to 230,000 (15%) in 1999. The new law: "Immigration-Control and Refugee-Recognition
Act" made in 1990 was the cause. This law shut out so-called "simple workers".
On the contrary, for Japanese descents it became easier to enter into Japan
and get a job. Most of the Brazilians coming to Japan are Japanese descents.
The distribution of the
foreign resident population by the area is as follows. Tokyo metropolitan
area, such as Tokyo (280,000, 18% of the whole), is the most populous with
530,000 residents (39%). 3 prefectures in the Kansai region such as Osaka
Pref. (210,000 residents and 13%) are 370,000 (23%). The following are
130,000 (8%) of Aichi Prefecture, 60,000 (4%) of Shizuoka Prefecture, 40,000
(3%) of Fukuoka Prefecture, etc. They reside in many urban industrial areas,
and they occupy about 80% of the whole. They are working in many cases
as factory workers (http://www.moj.go.jp/PRESS/000530-1/000530-1.html etc.).
Since the beginning of the
20th century, the Japanese people emigrated to foreign countries such as
those in North America and also Latin America. Famous President Fujimori
of Peru is one of the 2nd Japanese generation who have such a Japanese
migrant father. The number of the emigrants to Brazil reached about 200,000
in the first half of the 20th century, and formed the biggest oversea Japanese
community. The migration back to Japan started because of the economic
crisis which attacked Latin America in the late 1980s. The number of them
increased rapidly by the 1990 law. It is said that 80% of the Japanese
descents who came to Japan since the new law are Brazilians.
1.1.2. Actual state
of the ethnic media (cf.:
http://www.asahi-net.or.jp/~cj7h-mrgc/EMG/etc.).
Foreign residents have the
tendency to be connected by their own nationality and language. When the
history of living in Japan is as long as that of Koreans and Chinese, the
residence districts are formed in metropolitan areas. Information magazines
for daily life of the foreigners who are working in Japan started to appear
in 1990's. Since the 3rd generation of the Japanese descents do not have
sufficient Japanese literacy in many cases, many of such informational
magazines are in two or three languages. 15 magazines are published in
Korean, 8 are bilingual with Japanese among those. Of 30 magazines in Chinese,
11 contain bilingual information with Japanese and 3 are trilingual with
English, Malaysian, or Portuguese. In Portuguese, 6 of 14 magazines are
bilingual with Japanese. For Philippines, there are 3 informational magazines
of 3 languages by Tagalog, English, and Japanese. 3 information magazines
in triligual: Japanese, Spanish, Portuguese, are also issued for the people
from Latin America. There are information magazines which offer information
in various languages, too. For example, The Asian Info magazine for the
Asian nationals is published in Japanese, Thai language, Chinese, Korean,
Burmese, and Indonesian respectively. In total, informational magazines
in 15 languages are being published in Japan. Many are edited and published
by volunteers, and are managed only by an advertising income. And they
are distributed in many cases free of charge. Circulation is several 1000
to several 10,000.
Regarding the broadcast media,
such as television and radio, the use is not progressing compared with
Western European countries. The programs in the Brazilian language (Portuguese)
are made by the existing FM radio station and broadcast around the areas
with many Brazilians since 1991. There are bilingual programs in which
Japanese is mixed with Portuguese, Spanish, the Philippine language, etc.
in the Shizuoka Broadcast, Hiroshima FM, Tokyo FM, and Radio Nippon. A
community FM broadcast is officially approved in 1992 and multilingual
broadcasts started to provide living information for foreign residents.
Moreover, FM foreign language broadcasts are approved in 1995. In the Kansai
area, FMCOCOLO started its service in 1995, and InterFM started its service
in 1996 in the Kanto area. FMWaiwai of Kobe-shi is a community FM established
after the Kobe Great Hanshin Earthquake in January 1995. The importance
of information offer to foreigners at the time of a disaster was recognized
this time. However, as for the multilingualism of such broadcasting stations,
the rate is falling compared with the time of their start. By FMCOCOLO
which was using many languages at the start, 95% became English broadcast
now. It probably needs a larger amount of capital to keep multilingual
programs compared with the mini-communication information magazines. It
is difficult to secure the advertising income for such investment.
However, the situation changed
when the Internet began to spread rapidly after the middle of 1990's. Internet
accessible TV broadcasting station BTV (http://www.btv.ne.jp/)
started its service in July 1997, and it distributes on demand. However,
English is a large majority in the foreign languages. Foreign language
radio broadcasting through the Internet began at the same time also in
Japan. Foreign language broadcast of CS digital television network is important
now as well. 900 or more channels are in Sky-PerfecTV (http://www.skyperfectv.co.jp/),
and there are ten foreign languages special channels other than English
in it (2 stations of Portuguese, Spanish, and Korean respectively, and
three stations of Chinese, one station of the Philippine language). However,
most stations are editing and broadcasting the programs produced in their
own country. There is also a TV station in Korean, called KNTV, which is
producing original programs for the resident Koreans. This broadcasting
station invested by the large communication corporations in South Korea
and in Japan, and began telecasting based on the capital of about 460 million
yen in 1997. Compared with a ground wave television station, it is manageable
with far less capital. For the Koreans, who form a large resident population
in Japan, the management is possible in the commercial base. However, it
might be difficult in other languages. While the information from its native
country can be acquired by the Internet radio and satellite broadcasting,
what is needed more is living information. In this sense, it can be said
that the role of the mini-communication information magazine in multi languages
is as important as before even in the Internet society.
1.1.3. Multilingual
services of the administration.?
With the increase in foreign
residents, the administration services of local governments have become
multilingual, too. Consultation services in languages other than Japanese
have already been established in 37 prefectures since the beginning of
1990's. The languages include not only English (in all areas) but also
Chinese (in 20 prefectures), Spanish (in 13 prefectures), Portuguese (in
12 prefectures), French (in 11 prefectures), Korean languages (in 9 prefectures),
German (in 6 prefectures), and several other languages. A similar multilingual
tendency is seen in the language training of the municipality staffs. In
prefectures such as Hyogo and Shizuoka where the multilingual policy is
advanced, information offers in connection with everyday life are made
in many languages (Chinese, English, Korean, Portuguese, and Spanish) in
almost all domains of daily life. The target of multilingualization in
administration services was set up also in Tokyo in 1997, and the policy
of offering various information in English, French, Chinese, Korean, and
Spanish (according to circumstances, German, Russian, Thai, and Portuguese
added to this) was set forth. For such language services, NGO organizations
of each area offer translation services in many cases by volunteers. Since
the schools for foreign resident children are not necessarily sufficiently
institutionalized except for English, Chinese, and Korean languages, Japanese
language and the mother tongue education other than these languages for
such foreigners often depends on the volunteer teachers in and outside
the schools.
1.2. Regional (native)
minorities
1.2.1. Okinawa.
Okinawa formed an original
kingdom called the Ryukyu Kingdom before the Meiji Restoration (1868).
The cultural inheritance of that time is preserved in the present age.
Ryukyuan (language of Okinawa) which is the language of the locals, is
a sister language of Japanese. In the Ryukyu Kingdom, this language had
the standard dialect (Shuri dialect). The Kingdom was annexed to Japan
after the Meiji era, and the education by the standard Japanese started.
The assimilation to the Japanese culture was begun after this period.
It was only here in Okinawa
that the Japanese experienced the ground battle in the World War II. After
the defeat, it was put under the rule of the U.S. military for 20 years
or more. After returning to Japan in 1972, about 80 percent of the U.S.
bases in Japan are located in Okinawa. Thus, Okinawa maintained peculiarity,
although the relation with Japan was close in respect of language culture.
Even after the World War II, the situation was similar.
The Okinawan language has
been used by media from early time. The Hogen Nyusu (dialect news) using
standard Shuri and Naha dialect has continued since this radio broadcast
started in 1961.In this program, usual news is read only in the dialect,
and such broadcasting is not done in other Japanese dialects.
There is a tradition of
local entertainment and music culture called Shimauta (traditional singing),
Kumiodori (traditional opera theatre), Ryuka (poems with the meter), and
Okinawan Theatre in this background. However, the Okinawan language broadcasting
did not spread except "dialect news", the public entertainment programs,
and the disk jockeys, because the prose literature in Ryukyuan and its
educational movements were not so prosperous.
Language educational movements
started in the 1990s, in the culture centers of municipalities. The various
events which commemorated the 20th anniversary of its mainland return in
1992 were the turning points. The influence of NHK TV saga "Ryukyu no Kaze
(the wind of Ryukyu)" was especially large. This saga illustrated the court
life of the Ryukyu Kingdom. It became a big opportunity to heat up the
study of the Ryukyuan language when the Ryukyuan version of this TV saga
(spring of 1993) by NHK Okinawa branch was produced after the nationwide
telecast of the program. The cultural associations of municipalities such
as the Ryukyuan dancing and singing groups are combined to establish the
Okinawa-ken Bunka Kyokai (Okinawa Culture Association) in 1996. Another
association, Hogen Fukyu Kyokai (the Dialect Spread Association) was formed
in October 2000. This association wants to put forward especially the education
of the Ryukyuan language. In the new century, the revival of the Okinawan
language seems to enter into a new stage.
The websites which use Ryukyuan
are increasing in the Internet. Because of the close relationship with
the United States, there are a considerable number of bilingual HPs with
English compared with other regions (http://www.pref.okinawa.jp/).
Because the U.S. bases are present, the Americans are an overwhelming majority
among resident foreigners. However, recently, Okinawa is positively performing
exchange activities with Taiwan which is a southern neighboring country.
For example, Okinawa is making efforts to achieve cultural exchange in
the field of sight-seeing, by preparing the pamphlets and websites of the
Taiwan language (http://www.ocvb.or.jp/chinese/).
Using the CS digital television SKYPerfecTV, Radio Okinawa started to broadcast
the programs (http://www.rokinawa.co.jp/)
in all parts of Japan, and the "Uchinaguchi (Ryukyuan) Course" started
here. The language movement in Okinawa is still in the initial stage compared
with those of the minorities of Western Europe even though the originality
is far stronger than other regions of Japan.
1.2.2. Ainu.
Because the Ainu language
is quite different from Japanese unlike the Okinawan language, the cultural
difference is also large. It was after the Meiji Restoration that the Ainu
people came to be governed by Japan. The "Protecting Law of Ancient Natives"
in 1899 was the foundations of the ruling policy of Japan to them. The
Ainu as hunting people have only had the population of 20,000 those days.
They became minority by the migration to Hokkaido of the Japanese which
exceeded 1,000,000 since the Meiji era. Because the cultural assimilation
was forced, the Ainu language has already lost the function as community
language. Its mother tongue speakers almost disappeared and became a so-called
endangered language.
The “Law of the Ainu Culture
Protection and Promotion” was enacted in these difficult situations in
1997. In order to make the law, the campaign of the International Year
for Indigenous People by the United Nations in 1993 and the activity of
Mr. KAYANO Shigeru, member of the House of Councilors, whose mother tongue
is the Ainu language played an important role. After 1987, the classrooms
to study the Ainu language were installed in various places in Hokkaido,
and the private educational movement had started from the time before the
legal enacting. This was also the initiative of Mr. KAYANO (it goes back
in 1983). The textbook for this was drawn up in 1994, and this was made
along with the movement which aims toward new law legislating. Such classrooms
have spread to 14 places of Hokkaido as of 1999. The Ainu language radio
broadcasting started a language study course in April 1998 thanks to the
new law (Hokkaido STV Radio). It is possible to listen to the content of
the broadcasting even by the Internet now (http://www.stv.ne.jp/radio/ainugo/).
1.3. Multilingual
use of Japanese dialects.
On the Internet, the websites
about Japanese dialects exceed 500 (the representative link page by Mr.
Kazuhide YAMAMOTO: http://www.slt.atr.co.jp/-yamamoto/dialect/).
It is Aomori, Nagoya, Osaka, Kagoshima, and Okinawa that dialect movements
are performed actively. Aside from Nagoya and Osaka, the regions remote
from Tokyo are more prosperous in these movements.
Kesen dialect (a dialect
of Iwate Pref. Kesen area) is the only one among Japanese dialects for
which learning textbooks are published and the language learning movement
is vitally existing. However, in this case, the individual efforts of activists
and the study movement remain at the level of a cultural circle. Kokugo
Shingikai (the Council on the National Language) mentioned for the first
time the esteem of Japanese dialects only in its 19th stage of discussion
passage report in 1992, and its final report in 1993.
The interesting attempt
in the Tohoku Region is "Zenkoku Hogen Benron Taikai (National Dialects
Speech Contest)" of Mikawa-cho, Yamagata Prefecture. Although it started
as part of local revitalization programs in 1987, it is growing up to be
the activists' joint network by continuing exchange every year. Jengo TV
is established in September 2000 as an attempt of the Internet TV in which
an interesting Tohoku dialect is concerned (the meaning of Jengo is living
in the countryside, in the standard language). Here, the bilingual broadcast
attempt of the Iwate dialect and English can be heard (http://jengo-tv.com/).
The translation software which changes the standard language into the dialects
of various areas recently appeared in website (http://yamaguchi-info.com/play/bunhen/).
The number of the dialects being translated is 21 now.
There are a lot of examples
in which a dialect is taken up by the local radio broadcast and a local
theater group performs a dialect play. These similar attempts are found
in the first stage of the movements of the minority languages of Western
Europe.
2. The promotion of
the Western minority languages and the role of new media.
2.1. Wales.
Famous socio-linguist Joshua
FISHMAN gave Hebrew (Israel), the Quebec French and Catalan as three success
stories of “Reversing Language Shift". Welsh has followed exactly this
path. The use of Welsh on judicial administration was approved by the "Welsh
Language Act" in 1967. The education system in Welsh as a medium language
was generalized by the revised law on education in 1988. The most important
one is the new Welsh Language Act in 1993. By this law, in order to let
Welsh recover a status equivalent to English, the organization which implements
the policy was installed. Moreover, a duty of the presentation of a report
which shows the route to recovery of Welsh use came to be imposed upon
the public organizations. Bwrdd yr Iaith Gymraeg (the Welsh Language Board)
(http://www.bwrdd-yr-iaith.org.uk/html/index-e.html)
was founded by this regulation, and the recovery of lost territories of
Welsh in all social scenes started.
However, the mechanism based
on such a law is not the main reason for the increase of the number of
school age Welsh speakers in 1980's. The reason for the growth is the language
education movement continued from prewar days. Mudiad Ysgolion Meithrin
(Educational Movement For Pupils) is the educational movement organization
established in 1971. This movement expanded rapidly in 1980's (about 1000
groups and 15000 infants commuted as of 2000). The television station S4C
(Welsh Fourth Channel) opened in 1982 greatly contributed to the recovery
of everyday Welsh use (http://www.s4c.co.uk/).
Digital Channel of S4C started its service, and Welsh programs came to
be supplied for 12 hours every day in autumn of 1999. By the radio and
television services of BBC Wales, the programs in Welsh can be viewed and
listened to through the Internet. (http://www.bbc.co.uk/cymru/index.shtml)
Cynulliad Cenedlaethol Cymru
(the National Assembly for Wales) was inaugurated by the referendum on
September 18, 1997. The opening of the first assembly was declared on May
12, 1999. It was decided to treat Welsh and English completely equally
in the assembly (http://www.wales.gov.uk/index_e.html).
The road to "the Reversing
Language Shift" of Welsh will advance further by the birth of the Wales
national assembly. The Welsh Language Board is very active, and its measures
with private sectors are also positive.
2.2. Brittany.
As for the Breton language,
it cannot be said that the future is as bright as Welsh. The EU committee
report in 1995 about the situation of the minority languages in EU ranks
these languages as follows. A rank is the most powerful minority languages:
Catalan and Letzeburgisch (language of Luxemburg). Welsh, Basque, and Galician
are classified in B rank. Friulan, Frisian, and Irish come to the following
C rank. Together with Occitan and Corsican of France, Breton is positioned
in D rank after them. In the lowest rank under that, there are just only
endangered languages such as Cornish.
There is an organization
legislated as a self-governing body in 1982 called Conseil régional
de Bretagne (Brittany Regional Council) (http://www.region-bretagne.fr/).
It is only 1/25 or less of the Assembly of Wales on the scale of budget,
for its authority is limited to areas such as education and part of territory
development. In terms of the budget in 2000, the budget of the Brittany
Council is 3,400,000,000 francs, while the Assembly of Wales has the budget
of about 8 billion pounds. However, the Brittany Council is playing a big
role in the promotion of Breton. The establishment of Ofis ar Brezhoneg
(Breton Language Office) (http://www.ofis-bzh.org/index.htm)
in May 1999 is especially important. This is equivalent to Welsh Language
Board of Wales. Although the scale is smaller, it can be said that "the
reversing shift" is really starting.
The education of Breton
started as a private voluntary educational movement like the other minority
languages of Western Europe. It was 1977 when the voluntary educational
movement Diwan started. The children who receive a bilingual education
of Breton and French increased to 6540 people in 2000, including bilingual
classes in public and private (Catholic) schools which started in 1982
(among the total of 800,000). Moreover, there are about 16,000 children
who study Breton as a subject in 1999. Although the growth of the 1990s
is remarkable, it is 10 years behind Wales where the Welsh language education
is given to over 30% of all the children.
Many of the local governments
are starting the bilingual plan in public life such as road signs partly
because of the actual policy of the Breton Language Office. The news in
Breton can be heard by the Internet all over the world now while the Radio
Bleu Breizh Izel which is the Breton regional broadcasting of Radio France
has worked on the Breton programs since 1982 (http://www.radio-france.fr/sites/bleu-breizizel/brezhoneg/journal-breton2.php).
The Breton programs have been made for 30 years on the television by the
public broadcast, the third channel (France 3). Because it is transmitted
by the Internet, it is possible to view everyday news in the Breton language
all over the world (http://193.252.81.175/regions/rennes/infos/themas/enbreton.htm).
TV Breizh, a new private sector television station, started broadcast in
September 1999 (http://www.tv-breizh.com/pages%20html/).
The Breton programs, such as those for children, are broadcast for 4 hours
every day (selection by the bilingual with French is possible). Since it
is satellite broadcasting, the target is not necessarily restricted to
Brittany and it covers the whole Europe. This TV station will expect 10
million viewers featuring Celt and "Sea" to appeal to viewers. The new
regional Internet TV station Telebretagne was established in July 2000
for the first time of this kind in France, and the program concerning Brittany
also came to be shown all over the world (http://www.telebretagne.com/).
2.3. The promotion of
minority languages of Western Europe
TV Breizh tries to promote
the Breton language beyond its geographical limit. This is a unique attempt
of the present borderless age. The important attempt about Celtic Languages
is the Internet browser in four Celtic languages announced in December
2000. This became possible by the joint development of the Norwegian IT
company Opera AS with each language organization of Breton, Irish, Scottish
Gaelic, and Welsh (http://www.myopera.com/).
Because the development of the browser in minority languages requires enormous
cost, Microsoft has not made it yet, in spite of the request from the Catalans
and the Basques. The Basques, the Sards in Italy and the Frisians in the
Netherlands have expressed an interest in this software.
As for the language movements
of Western Europe, an organization was formed in which the advanced regions
took the initiative such as Catalunya and Wales. In this movement, The
European Bureau for Lesser Used Languages (EBLUL) was formed in 1982 (http://www.eblul.org/).The
bases are installed in the fields such as the education: Frisian, the media:
Welsh, the law: Catalan. In each field, the model cases are introduced,
and the movements are expanding so that each group can receive stimulus
mutually ('http://www.mercator-central.org/).
The action has much progressed
in the legal aspect. Catalunya which already had a language law took the
lead, and the European Charter for Regional or Minority Languages was promoted
in 1992 by the Council of Europe. This charter came into effect by the
ratification of five countries in March 1998. Among 24 countries which
have finished signing, 11 countries finished the ratification and acquired
the legal effect (including Denmark and Slovenia where the Charter come
into effect in January 2001). In 1996, by such minority groups, in Barcelona
"Worldwide Language Right Declaration" (the http: //www.linguistic-declaration.org/)
was proclaimed.
These are languages which
abandoned becoming the Nation-State languages. It is easier to accept the
right to use ones own language as an individual right, that is, as a basic
human right, so that such languages can coexist with the national languages.
This is an idea of the language right.
Conclusion.
*
After 1997, while the Internet
and new media spread quickly, the promotion of minority languages is acquiring
new dimension. There was an anxiety that the rule of English might become
stronger with the spread of these media at the beginning of their emergence.
However, it did not become so in fact. There is no necessity of big capital
in putting a website on the Internet, it is the very convenient media for
even the minority language groups without large capital. Coexistence with
major languages of minority languages has become possible, and the multilingualization
of network society has been secured by the Internet.
The so-called new media such
as satellite broadcasting and digital broadcasting needs a considerable
sum of capital compared with the Internet. However, the utilization in
minority languages has started, as we have seen in the examples of Wales,
Brittany, and also of Okinawa. And the network of the minority languages
has come to cover the entire world, connected with the Internet. However,
as we have seen in the section of Ethnic Media, what minority people need
most is not the big topics that circulate in the world but everyday information
which is of help in daily life. In this sense, the communication by the
printing type media of the small circulation has the room for coexistence
even in the Internet society.
Note.
(1). Cf.: JACET (Japan
Association of College English Teachers), Language Policy Special Interest
Group (ed.), Issues on Language Services of Several Local Governments in
Japan, Tokyo, 2000 (in Japanese).
|
Version
Française
Utilisation stratégique
des collections culturelles multilingues:
Medias multilingues pour
la promotion des langues minoritaires.
HARA Kiyoshi (université
de Joshibi d’art et de design, Tokyo).
Introduction.
Multilinguisme pour la promotion
des langues minoritaires au Japon.
Le multilinguisme s’est développé
au Japon relativement récemment, grâce à la généralisation
de nouveaux medias, notamment de l’Internet. Il est aussi encouragé
par le nombre croissant d’étrangers qui travaillent au Japon. Je
vais parler d’abord de ces medias destinés aux résidants
étrangers au Japon qu’on appelle généralement les
medias ethniques. Ensuite, j’analyserai la signification des medias bilingues
dans les mouvements de renaissance du ryukyuan (langue de la région
d’Okinawa), de la langue d’Aïnu, ainsi que de divers dialectes japonais
en tant que langues (indigènes) régionales.
1,1, Medias Ethniques.
1,1,1. Les résidants
étrangers au Japon.
La population étrangère
enregistré au Japon est actuellement au nombre de 1.560.000 environ
(à la fin de l’année 1999). Cela correspond au taux de 1,23%
de la population totale. En 1979, les chiffres étaient respectivement,
750.000, et 0,68%, tandis qu’en 1989, ils étaient 90.000 et 0,80%.
Autrement dit, la population a doublé sur ces 20 ans et a augmenté
de 60% ces dix dernières années. L’effectif peut atteindre
jusqu’à 2 millions, si on y inclut les immigrants dits illégaux.
Le taux de cette population peut paraître encore très bas
par rapport aux pays occidentaux, mais il augmente rapidement ces dernières
années, et parallèlement, on aperçoit la diffusion
de plus en plus grande des langues étrangères.
Les Coréens représentent
à eux seuls 41% dans la population étrangère entière
avec l’effectif de 640.000 personnes. Ils étaient déjà
2 millions à vivre au Japon juste après la guerre, en raison
de la domination japonaise en Corée qui a duré plus de 30
ans jusqu’ à la 2e guerre mondiale. Puis, certains d’entre eux sont
retournés en Corée et d’autres ont acquis la nationalité
japonaise. Cependant, beaucoup sont restés au Japon tout en gardant
la nationalité coréenne. Leur part dans les résidants
étrangers au Japon représentait plus de 70% dans les années
80, mais a diminué presque à 40% en 1999.
Ceux qui arrivent ces dernières
années sont les Chinois, les Brésiliens, les Philippins,
et les Peruviens etc. Le nombre des Chinois de Taiwan et aussi du continent
de la Chine a augmenté de 140.000 (14%) en 1989 à 300.000
(19%) en 1999. Quant aux Brésiliens, leur nombre a progressé
le plus rapidement: 15.000 (1,5%) en 1989, il a grimpé jusqu’ à
230.000 (15%) en 1999. Cela est dit à la création, en 1990,
d’une nouvelle loi: sur l’immigration. Cette loi qui interdit l’entrée
des <ouvriers simples> a, toutetois, favorisé l’entrée
des étrangers d’origine japonaise venant chercher du travail. La
plupart de ces immigrants brésiliens, en effet, sont des descendants
japonais. Depuis le début du 20ème siècle, nombre
de Japonais se sont émigrés aux pays étrangers notamment
en Amérique du Nord et également du Sud. Le fameux ex-président
du Pérou, Fujimori appartient à la 2ème génération
de ces émigrants japonais. Le nombre de ceux-ci au Brésil
a atteint environ 200.000 dans la première moitié du 20ème
siècle, et ce qui signifie la plus grande communauté de Japonais
d’outre-mer à l’époque. Le retour au Japon a commencé
en raison de la crise économique qui a frappé l’Amérique
latine vers la fin des années 80. Il s’accélère au
moment de la création de la loi en 1990. Selon les estimations,
80% des descendants japonais qui sont revenues au pays après la
nouvelle loi sont des Brésiliens.
1,1,2, État actuel
des medias ethniques (cf.: http://www.asahi-net.or.jp/~cj7h-mrgc/EMG/etc.).
Les résidants étrangers
ont la tendance de garder des liens communautaires sur la base nationale
et de la langue. Les magazines d’information traitant la vie quotidienne
des étrangers au Japon ont commencé à paraître
dans les années 90. Visant la 3ème génération,
dépourvue, dans beaucoup de cas, de connaissances suffisantes du
japonais, plusieurs magazines emploient deux ou trois langues. Parmi une
quinzaine éditée en coréen, par example, 8 sont bilingues
avec le japonais. Dans les 30 magazines en chinois, par contre, 11 sont
bilingues avec le japonais et 3 trilingues avec l’anglais, le malaysien,
ou le portugais. Dans le cas du portugais, 6 de 14 magazines sont bilingues
avec le japonais.
Pour les Philippins, il existe
3 magazines d’information trilingue: tagal, anglais, et japonais. Pour
les sud-américains également, 3 magazines trilingues (japonais,
espagnol, portugais) sont publiés. Les ressortissants asiatiques,
quant à eux, disposent de journaux en plusieurs versions: chinoise,
coréenne, birmane, indonésienne, japonaise et thaïlandaise.
Au total, les magazines d’information comptent 15 langues. Beaucoup sont
rédigés et publiés par des associations. Ils se maintiennent
grâce à la recette publicitaire, et sont distribués
gratuitement dans beaucoup de cas. Le tirage varie de plusieurs mille à
plusieurs dizaines de mille d’exemplaires. Quant aux medias audiovisuels,
tels que la télévision et la radio, le multilinguisme n’a
pas autant progressé qu’en Europe. Mais on peut entendre des émissions
en portugais sur les ondes FM, créées par une station japonaise.
De même, des programmes bilingues japonais- portugais, japonais-espagnol,
ou japonais-philippin etc. existent dans la Radio Shizuoka, Hiroshima FM,
Tokyo FM, et Radio Nippon. Les radios locales FM sont autorisées
en 1992 et les émissions multilingues d’actualité apparaissent.
Les radios FM en langues étrangères sont autorisées
en 1995. Dans la région de Kansai, FMCOCOLO a commencé à
émettre en 1995, et InterFM en 1996, mais dans la région
de Kanto. FMWaiwai de ville de Kobe est une FM locale créée
après le grand tremblement de terre de Kobe-Hanshin en janvier 1995.
L’importance de la communication aux étrangers, au moment du désastre
notamment, s’était confirmée à cette occasion. Cependant,
le multilinguisme de la radio s’est appauvri depuis. FMCOCOLO qui émettait
en multiples langues à son début, les a progressivement abandonnés,
pour devenir aujourd’hui une station quasi-anglophone, 95% de ses émissions
étant en anglais. C’est probablement le manque de moyens financiers
qui explique ce changement, car le coût de production radiophonique-multilingue
est plus élevé que celui de la presse écrite d’une
diffusion limitée. Toutefois, la situation change avec l’arrivé
de l’Internet et son développement qui s’accélère
depuis le milieu des années 90. Une des meilleures preuves en serait
la télévision d’internet, BTV (http://www.btv.ne.jp /) qui
s’est créée en juillet 1997, et qui offre, à la demande,
le téléchargement de ses programmes. Mais, dnas l’audiovisuel,
la langue d’usage est anglais dans la majorité des cas. Les radios
d’internet en langues étrangères apparaissent à la
même époque. On peut aussi relever le réseau numérique
de télévision CS qui émet en plusieurs langues, ainsi
que plus de 900 chaines qui sont dans la Sky-PerfecTV (http://www.skyperfectv.co.jp
/), dont une dizaine de chaines spécialisées en langues étrangères
autres que l’anglais (2 stations en portugais, en espagnol, et en coréen,
et trois stations en chinois, une station de langue philippine). Cependant,
la plupart des programmes sont produits à l’étranger, là
où ces langues sont majoritaires. Il existe toutefois une station
de TV en coréen, KNTV, qui produit des programmes destinés
spécialement aux résidents coréens.
Mais c’est un cas plutôt
exceptionnel: car d’une façon générale, la production
multilingue demande le coût, et les difficultés financières
s’accumulent quand il s’agit des langues minoritaires. Le coréen,
dans ce contexte, est le seul qui se puisse avoir le potentiel d’auditeurs
important au Japon, et qui du coup, puisse attirer des médias commerciaux,
ce qui n’est pas forcément le cas pour d’autres langues.
Aujourd’hui, comme on l’a
vu, la population étrangère au Japon a un accès relativement
facile aux informations du pays d’origine, grâce à la radio
d’Internet et par satellite. Le problème qui reste concerne l’information
quotidienne sur le lieu où elle vit, qu’il soit la commune, la région,
ou le Japon. En ce sens, on peut dire que l’internet et les nouveux médias
n’ont pas effacé le rôle de petits magazines d’information,
de proximité, et diffusés en différentes langues.
1,1,3, Les services multilingues
de l’administration..
Le multilinguisme apparaît
aussi dans l’administration locale qui doit faire face à la diversité
des langues des habitants. Depuis le début des années 90,
des dispositifs multilingues sont mise en place dans 37 départements.
Il s’agit non seulement de l’anglais (dans toutes les régions) mais
aussi du chinois (dans 20 départements), de l’espagnol (dans 13
départements), du portugais (dans 12 départements), du français
(dans 11 départements), du coréen (dans 9 départements),
de l’allemand (dans 6 départements), et dans plusieurs autres langues.
La
formation linguistique du personnel municipal est aussi encouragée.
Dans les départements
tels que Hyogo et Shizuoka qui ont volontairement mis sur pied une politique
multilingue, la communication administrative se fait en plusieurs langues
(chinois, anglais, coréen, portugais, et espagnol). A Tokyo également,
la décision a été prise en 1997 en vue du développement
de la politique multilingue, qui permettrait désormais la communication
administrative en anglais, français, chinois, coréen, et
espagnol (allemand, russe, thaïlandais, et portugais aussi, mais selon
les circonstances). Dépourvues de moyens, les municipalités
peuvent aussi recourir aux ONG qui offrent des services de traduction gratuits.
Mais le grand problème qui reste serait celui de l’éducation
et des écoles d’enfants.Car, mise à part les écoles
anglophones, ainsi que des écoles spécialisées pour
les petits Chinois et Coréens, il manque encore des structures scolaires
qui assureraient l’éducation à la fois du japonais et de
la langue maternelle des immigrants. Dans l’état actuel, malheureusement,
ce sont uniquement des professeurs motivés qui assure une telle
formation, en y consacrant leur temps privés.
1,2, Minorités
(indigènes) régionales
1,2,1. Okinawa.
La région d’Okinawa
fût un royaume indépendant avant la restauration de Meiji
(1868), qui se nommait Ryukyu. L’héritage culturel de cette époque
reste perceptible jusqu’à nos jours. La langue régionale,
le ryukyuan est linguistiquement très proche du japonais. Toutefois,
à l’époque de Ryukyu déjà, celle-ci eut une
forme standardisée, qu’on appelle aujourd’hui le dialecte de Shuri.
Ce n’est qu’après l’annexion par le Japon, à l’ère
de Meiji, que le royaume s’est vu imposer le système d’éducation
en japonais standard, date où commença l’assimilation à
la culture japonaise. Une autre plaque tournante pour les îles d’Okinawa
fut la 2e guerre mondiale. Dans tout le Japon, c’est uniquement cette région
qui connut l’épreuve de la bataille au sol.; c’est également
cette région que les Etats-Unis choisirent gouverner durant plus
de 20 ans, après la défaite du Japon.
Aujourd’hui, vingt ans après
le retour de la région sous la souveraineté japonaise (1972),
80 pour cent de bases militaires américaines se situent toujours
dans les îles d’Okinawa. Ainsi, malgré sa longue histoire
d’échange culturelles et linguistiques avec le Japon, et en dépit
de ces cinquant ans qui ont suivie l’après-guerre, Okinawa reste
dinstincte des autres régions.
Quant à sa langue,
celle-ci a été utilisée très tôt par
les medias. Déjà en 1961, une émission en dialecte
(Le Hogen Nyusu, nouvelles en dialecte) a vu le jour, émission qui
subsiste jusqu’aujourd’hui. C’est un cas remarquable, dans la mesure où
il s’agit des émissions d’actualité locale en dialecte, et
que, aucun d’autre dialecte, des autres régions, ne dispose de telle
émission radiophonique. Autre particularité se trouve dans
les mouvements éducatifs qui se développent dans les années
90 dans les centres culturels municipaux. Le contexte de la commémoration,
à l’époque, du 20ème anniversaire du retour des îles
au Japon a amplement contribué à ce mouvement de renaissance.
Par exemple, à la même époque, la chaîne nationale
NHK a diffusé un feuilleton télévisé, <
Ryukyu no Kaze >(le vent de Ryukyu) qui illustrait la vie de la cour de
Ryukyu, et qui a eu un large succès. Et, par la suite, au printemps
1993, le bureau régional de la même chaîne a créé
une version en ryukyuan, très appréciée par les habitants.
C’est aussi dans ce climat
de renaissance culturelle que l’on voit les associations locales se fédérer
pour se regrouper au niveau régional, ce qui a donné naissance
à Okinawa-ken Bunka Kyokai (Fédération culturelle
régionale d’Okinawa), en 1996. Une autre association importante,
Hogen Fukyu Kyokai (Association pour la diffusion du dialecte), s’est créée
en octobre 2000, qui veut se consacrer au domaine éducatif.
Ainsi, dans ce début
du nouveau millénaire, la défence de la langue d’Okinawa
semble entrer dans une nouvelle phase. Les sites d’Internet en ryukyuan
se multiplient, dont beaucoup sont bilingues ryukyuan-anglais (http://www.pref.okinawa.jp
/). Si ce bilinguisme témoigne des rapports complexes qu’a connus
la région avec les Etats-Unis, toutefois, des échanges se
développent également avec le Taiwan, voisin tout proche
d’Okinawa.
1,2,2, Ainu.
Du point de vue linguistique,
contrairement au ryukyuan, la langue du peuple Aïnu est très
éloignée du japonais. La distance culturelle entre les Aïnu
et les Japonais est également très grande. Toutefois, c’est
dans la même période que Okinawa et le peuple Aïnu furent
intégrés à la société japonaise, c’est-à-dire
après la restauration de Meiji. En 1899, le gouvernement de Meiji
fonde une loi sur les Aïnu, qui s’appelait: la loi protectrice des
indigènes antiques. Peuple de chasse, les Aïnu n’eurent pas
tradition de former de grande communauté, et ne comptaient alors
que 20 000 âmes dans leur territoire. C’est pourquoi, lors de la
migration des Japonais sur Hokkaido qui a amené1 000 000 migrants,
ils devinrent vite minoritaire.
Depuis cette époque,
c’est la politique de l’assimilation japonaise qui a été
pratiquée sur le territoire aïnu, et aujourd’hui, la conséquense
est lourde. Elle a non seulement arraché à la langue aïnu
sa fonction vernaculaire, mais aussi a fait disparaître la quasi-totalité
des locuteurs de naissance. Autrement dit, la survie de langue elle-même
est menacée.
C’est dans ces conditions
etxtrêment difficile que naît une loi en faveur de la culture
aïnu, qui s’appelle loi de la protection et la promotion de la culture
aïnu en 1997. Deux promoteurs importants ont contribué à
sa naissance. D’un côté, la campagne internationale menée
par les Nations Unies en 1993 pour les peuples autochtones; de l’autre
côté, un sénateur de Hokkaido, Mr. KAYANO Shigeru,
dont la langue maternelle est aïnu. Ce dernier était déjà,
en 1983, fondateur d’un mouvement éducatif qui multipliait par la
suite les cours de langue à travers Hokkaido. Le manuels de cours,
élaboré en 1994, était fruit d’efforts des militants
de diverses horizons, aussi bien du mouvement éducatif que du mouvement
pour la création de la loi. En 1999, les cours de langue ainsi développés
14 sites sur Hokkaido, et une émission de leçon d’aïnu
a commencé dans une radio à Hokkaido (Hokkaido STV). Cette
radio, créée grâce à la nouvelle loi en 1998,
on peut l’écouter sur l’internet. (http://www.stv.ne.jp/radio/ainugo).
1,3, le multilinguisme
et les dialectes japonais.
Il existe plude de 500 site
d’internet sur les dialectes japonais (la page la plus complète
à ce propos, qui fournit beaucoup de liens aux sites concernés,
est proposée par Mr. YAMAMOTO Kazuhide: http://www.slt.atr.co.jp/-yamamoto/dialect
/).
Parmi les dialects, celui
de Kesen (de la région dans le département d’Iwate) est le
seule qui dispose des manuels d’apprentissage et attire une attention réelle
de l’opinion. Mais même dans le cas de Kesen, toutefois, le mouvement
de défense n’est pas soutenu par la masse. Ce ne sont que des militants
qui s’investissent, et le mouvement d’apprentissage n’incorpore qu’un certain
milieu culturel. Situation peu dynamique, certe, mais elle s’explique aussi
en partie par l’attitude de l’Etat: ce n’est qu’en 1992 que le Conseil
sur la langue nationale, Kokugo Shingikai, s’exprime en faveur des dialectes
japonais.
Une tentative intéressante
vient de la région de Tohoku, qui organise chaque année un
concours de discours en dialecte (Zenkoku Hogen Benron Taikai ). Ce jeu
public, qui consiste à élire meilleur orateur séduisant
en dialecte, a été lancé en 1987 par une petite ville,
Mikawa, du département de Yamagata, qui cherchait alors des moyens
du développement local. Mais quelque soit son origine, le concours
a permis aux associations de créer des réseaux et d’établir
des échanges régulières. Un autre exemple, d’un autre
dialecte de Tohoku, est Jengo TV. Jengo signifie, en dialecte, vivre en
campagne, et il s’agit d’une télévision d’internet créée
en 2000.On peut y voir, par exemple, une émission bilingue de l’anglais
et du dialecte d’Iwate.(http://jengo-tv.com /). A ce propos, on peut noter
qu’il existe aujourd’hui un logiciel de de traduction du standard japonais
en dialectes divers, et téléchargeable à l’internet
(http://yamaguchi-info.com/play/bunhen /). Les dialectes répertoriés
concernent jusque 21 parlers.
Conclusion.
Depuis le milieu des années
90, la défense des langues minoritaires est entrée dans une
nouvelle phase, et cela au moment où l’internet et les nouveaux
medias se développent très rapidement. Il y a bien des années,
en effet, on avait craint que le développement de nouveaux médias
puisse favoriser uniquement l’anglais, en étendant dans le monde
entier ses influences. Mais la réalité montre que la situation
n’était pas aussi simple qu’on ne croyait. Les pages Web, que n’importe
qui peut créer avec peu de moyen, est un média très
pratique pour les langues minoritaires. En ce sens, l’internet ouvre la
possibilité de coexistence à toutes les langues, qu’elles
soient minoritaires ou majoritaires. Il semble logique de penser que l’internet
soit moteur du développement du multilinguisme. Les dispositifs
plus coûteux, tels que la radio par satellite et la télévision
numérique, par contre, demandent évidemment de l’argent,
mais l’accès à ces médias est aussi ouvert aux langues
minoritaires, comme on l’a déjà observé dans notre
exposé. Le problème qui reste, toutfois, auprès des
populations étrangères au Japon, est non pas celui des langues
qui circulent, mais celui du contenu des informations. Ce dont elles ont
besoin n’est pas de grands sujets d’actualité au niveau mondial,
mais des informations quotidiennes, qui concernent directement leur vie
de tous les jours. De ce point de vue, on peut attendre encore beaucoup
de choses aux petits médias, en particulier de la presse écrite
locale qui pourrait jouer un rôle social à côté
des nouveaux médias de diffusion globale.
Intervention
de Monsieur André DANZIN
DIVERSITE CULTURELLE ET
PLURILINGUISME
Parler de
la diversité culturelle en relation avec le plurilinguisme suppose
que l'on s'entende préalablement sur les définitions. Qu'est-ce
que la culture ? La diversité ? En quoi la langue intervient-elle
dans la culture ?
La culture rapportée
à ce que l'on désigne en France sous le terme de "Ministère
de la Culture" évoque les arts et les lettres, les performances
de l'homme cultivé imprégné de connaissances historiques
et philosophiques, élevé dans la fréquentation des
oeuvres du patrimoine architectural, des arts plastiques et de la musique.
Sans rien abandonner sur l'importance de cette accumulation des matériaux
littéraires et artistiques transmis par le passé et en constante
création, je voudrais insister sur une autre définition plus
fondamentale de la culture, celle qui règle nos comportements sociaux,
correspondant à ce que l'on désigne en allemand par "die
Kultur". Gustave Martelet nous en donne une parfaite description dans son
ouvrage "Evolution et Création" :"La culture n'est autre que
l'ensemble des possibilités d'être, d'agir, d'aimer et de
penser que constituent dans chaque individu la forme personnelle de son
identité. La culture est donc le lot de connaissances sur lui, sur
les autres et le monde qu'un être humain reçoit par voie d'éducation
et d'héritage ou qu'il acquiert par son travail, ses contacts et
son expérience. Elle représente la prise de conscience réfléchie
propre au fait humain d'exister. Elle en déploie l'extension, en
creuse la profondeur selon les ressources et les limites qui caractérisent
un milieu et un temps" (fin de citation).
La culture est donc
le fruit des modèles de représentation, des images mentales,
des systèmes de logique ou d'intuition que nous avons dans nos esprits,
grâce auxquels nous exprimons une opinion ou un sentiment et par
lequel nous prenons une décision en toute occasion de notre vie.
Nous verrons plus loin que cette capacité de donner une réponse
aux problèmes que nous rencontrons repose sur nos capacités
d'abstraction, elles-mêmes conditionnées par les instruments
de notre langage.
La diversité
doit se comprendre aujourd'hui dans le cadre de la théorie de l'Evolution
car ce qui advient en ce début du 21ème siècle avec
l'avènement de "l'âge de l'information" est la manifestation
d'un épisode aigu de l'Evolution humaine.
Nous vivons une époque
de transitions caractéristique d'une mutation. Or toute phase de
transition est dominée par l'incertitude qu'il s'agisse de phénomènes
astro-physiques, biologiques ou humains. Des "mutants" apparaissent dont
la victoire sur les non-transformés est loin d'être évidente.
L'échec est plus probable que le succès tant sont grandes
les inerties, les enracinements, le poids de la continuité. L'Evolution
ne peut pas aller de l'avant si elle ne dispose pas de plusieurs modèles
possibles, d'une grande disponibilité d'essais entre lesquels la
sélection darwinienne prononcera son verdict. Là est l'importance
fondamentale de la diversité : dans le changement, une population
accumulant des caractères semblables est beaucoup plus vulnérable
qu'une population diversifiée. Ce qui est vrai en physico-chimie
et en biologie l'est aussi pour les organisations humaines. L'avenir se
prépare par des gestations cachées. Des paradigmes nouveaux
naissent, se développent par contagion, se généralisent
jusqu'au jour où leur usure provoque leur désuétude.
Il faut alors que de nouveaux paradigmes émergent, que de nouvelles
utopies soient proposées, que la pensée s'accroche sur des
modèles de représentation originaux. Ce renouvellement suppose
qu'il existait en germe non encore révélés une grande
variété d'idées capables de faire naître de
nouvelles originalités. Autrement dit, il est nécessaire,
indispensable que les sources culturelles soient multiples et qu'elles
puissent s'exprimer dans le maximum de liberté lorsque les conditions
d'environnement changent. Le problème n'est pas de savoir si les
civilisations sont mortelles : elles le sont sans exception. La question
est de savoir comment elles peuvent renaître sous de nouvelles formes
en s'alimentant à des racines culturelles jusque là minoritaires
ou en sommeil.
La question de la diversité
culturelle est donc primordiale pour la santé même de l'espèce
humaine. Il ne s'agit pas d'une richesse de superflu mais d'une nécessité
reliée au fait qu'en matière de comportements sociaux, économiques
et politiques, de mode de consommations et d'usage du temps, de pratiques
financières, d'épargne ou de placements boursiers, de valeurs
du travail et des loisirs, d'éthique, la vision que l'on porte sur
les faits a plus d'importance que les faits eux-mêmes. La pensée
engendre l'abstraction et l'abstraction agit comme un prisme déformant
sur l'analyse des situations. C'est pourquoi il n'y a de vérité
que par le filtre de critères eux-mêmes subjectifs. Or ce
sont les mots qui permettent d'élaborer la pensée. La langue
apparaît ainsi comme la base même de la culture au-delà
de son rôle évident d'instrument de la communication.
Le rôle de la
langue dans la pensée fait l'objet d'une abondante littérature.
Je retiendrai ici ce qu'en écrit H. Bergson dans l'"Evolution créatrice"
:"Ce qui caractérise les signes du langages humain, ce n'est pas
tant leur généralité que leur mobilité. Le
signe instinctif est un signe adhérent, le signe intelligent est
un signe mobile.
Or cette mobilité
des mots, fait pour qu'ils aillent d'une chose à une autre, leur
a permis de s'étendre des choses aux idées. Certes, le langage
n'eût pas donné la faculté de réfléchir
à une intelligence tout à fait extériorisée,
incapable de se replier sur elle-même. Une intelligence qui réfléchit
est une intelligence qui avait, en dehors de l'effort pratiquement utile,
un surplus de force à dépenser. C'est une conscience qui
s'est déjà, virtuellement, reconquise sur elle-même.
Mais encore faut-il que la virtualité passe à l'acte. Il
est présumable que, sans le langage, l'intelligence aurait été
rivée aux objets matériels qu'elle avait intérêt
à considérer. Elle eût vécu dans un état
de somnambulisme, extérieurement à elle-même, hypnotisée
sur son travail. Le langage a beaucoup contribué à la libérer.
Le mot, fait pour aller d'une chose à une autre, est, en effet,
essentiellement, déplaçable et libre. Il pourra donc s'étendre,
non seulement d'une chose perçue à une autre chose perçue,
mais encore de la chose perçue au souvenir de cette chose, du souvenir
précis à une image plus fuyante, d'une image fuyante, mais
pourtant représentée encore, à la représentation
de l'acte par lequel on se la représente, c'est-à-dire à
l'idée. Ainsi va s'ouvrir aux yeux de l'intelligence, qui regardait
dehors, tout un monde intérieur, le spectacle de ses propres opérations.
Elle n'attendait d'ailleurs que cette occasion. Elle profite de ce que
le mot est lui-même une chose pour pénétrer, portée
par lui, à l'intérieur de son propre travail. Son premier
métier avait beau être de fabriquer des instruments ; cette
fabrication n'est possible que par l'emploi de certains moyens qui ne sont
pas taillés à la mesure exacte de leur objet, qui le dépassent,
et qui permettent ainsi à l'intelligence un travail supplémentaire,
c'est-à-dire désintéressé. Du jour où
l'intelligence, réfléchissant sur ses démarches, s'aperçoit
elle-même comme créatrice d'idées, comme faculté
de représentation en général, il n'y a pas d'objet
dont elle ne veuille avoir l'idée, fut-il sans rapport direct avec
l'action pratique. Voilà pourquoi nous disions qu'il y a des choses
que l'intelligence seule peut chercher. Seule en effet, elle s'inquiète
de théorie. Et sa théorie voudrait tout embrasser, non seulement
la matière brute, sur laquelle elle a naturellement prise, mais
encore la vie et la pensée.
Avec quels moyens,
quels instruments, quelle méthode enfin elle abordera ces problèmes,
nous pouvons le deviner. Originellement, elle est adaptée à
la forme de la matière brute. Le langage même, qui lui a permis
d'étendre son champ d'opérations, est fait pour désigner
des choses et rien que des choses : c'est seulement parce que le mot est
mobile, parce qu'il chemine d'une chose à une autre, que l'intelligence
devait tôt ou tard le prendre en chemin, alors qu'il n'était
posé sur rien, pour l'appliquer à un objet qui n'est pas
une chose et qui, dissimulé jusque-là, attendait le secours
du mot pour passer de l'ombre à la lumière. Mais le mot,
en couvrant cet objet, le convertit encore en chose. Ainsi l'intelligence,
même quand elle n'opère plus sur la matière brute,
suit les habitudes qu'elle a contractées dans cette opération
: elle applique des formes qui sont celles mêmes de la matière
inorganisée. Elle est faite pour ce genre de travail. Seul, ce genre
de travail la satisfait pleinement. Et c'est ce qu'elle exprime en disant
qu'ainsi seulement elle arrive à la distinction et à la clarté"
(fin de citation).
Si l'on a bien compris
ce rôle du langage par le jeu des mots et de la syntaxe qui les rassemble,
dans la formation et l'usage des idées, on ne peut plus séparer
la langue de la culture. La diversité culturelle apparaît
comme portée par la diversité linguistique. Les mots n'ont,
en effet, pas la même charge émotionnelle lorsque l'on passe
d'une langue à une autre. Le milieu, c'est-à-dire, l'environnement
géographie, et le temps, c'est-à-dire, la mémoire
historique ont marqué l'acception que nous donnons aux mots si bien
que, d'une langue à l'autre, chargées d'influences expérimentales
ou idéologiques différentes, les mots n'ont pas le même
sens. Ce qui revient à dire que la traduction parfaite d'une langue
dans une autre est une performance désespérée. Sauf
à être imprégné de culture française,
un américain des Etats-Unis ne donnera pas au rapprochement des
deux mots "liberté et égalité" la même interprétation
qu'un français. J'ai assisté, à l'Unesco, à
d'inutiles débats sur les Droits "de l'Homme" dont nos amis scandinaves
demandaient le changement d'appellation soit "de la personne humaine" soit
de "l'homme et de la femme" parce qu'ils ne parvenaient pas à admettre
que Homme, en français, désigne simultanément ce qui
est masculin et féminin. Lesquels "Droits de l'Homme" fondés
sur la considération occidentale de la primauté de la personne
sont d'une interprétation difficile voire impossible dans les civilisations
où l'intérêt collectif vient devant la protection de
l'individu.
La pratique du plurilinguisme
est donc le garant de la permanence du pluriculturel dans une humanité
qui continue d'évoluer en cherchant son chemin dans le respect des
identités des personnes et des groupes. Il est vrai que, de ce fait,
le système culturel global est en état de tension, mais rien
ne serait aussi contraire aux règles de la vie et aux chances des
personnes qu'un monde où régnerait la pensée unique
soutenue par l'usage d'un unique langage d'élaboration des idées
et de communication.
Au moment où
l'Occident s'interroge sur le sens de la consigne donnée dans la
Genèse "Soyez féconds, multipliez la terre et soumettez-la"
alors que les équilibres Homme-Nature risquent d'être menacés,
il est bon que des philosophies de respect du vivant s'expriment à
partir des traditions religieuses du sous-continent indien. Il est bon
qu'au moment où les valeurs familiales disparaissent du premier
rang des valeurs morales, certains sociétés du Sud en rappelle
les fondements. Il est bon qu'aux excès d'individualisme issus de
l'agitation de l'année 1968 dans les pays développés
s'oppose la permanence des valeurs de solidarité dans d'autres parties
du monde. Il est bon que les tendances hédonistes et le laxisme
des moeurs soient équilibrés par des pratiques d'ascèse
et des morales de contrôle des comportements ou, encore, que l'économie
de marché au cas où elle se dévoierait par insuffisance
de régulation, puisse trouver des modèles de remplacement
dans des niches aujourd'hui discrètes mais à partir desquelles
pourraient être proposées de nouvelles formules d'organisations
économiques et sociales.
Quant à la liberté
de créer de nouvelles formes d'arts littéraires, plastiques
et musicaux, elle repose à l'évidence sur la diversité
des formes d'inspiration, sur le contraire du nivellement sur le génie
d'une seule langue et d'une seule culture.
Avant de terminer cette
intervention sur la diversité culturelle et le plurilinguisme, qu'il
me soit permis de faire deux remarques.
-
La première aura trait
au langage scientifique. Jamais la société humaine n'a été
aussi pénétrée qu'aujourd'hui par les applications
de la recherche scientifique et par ses méthodes d'approches des
problèmes et d'organisation. Il en résulte qu'une grande
partie des paradigmes qui vont guider nos systèmes sociaux, notamment
notre vision de l'Homme dans l'Univers, émaneront des théories
scientifiques. L'acquisition du langage scientifique devient, de ce fait,
une nécessité culturelle. Le problème se transfert
au domaine linguistique dès que l'on prend conscience qu'un petit
nombre de langues évoluées possèdent la terminologie
nécessaire à la communication de ce genre de connaissances.
Le problème de l'écart entre info-pauvres et info-riches
n'est pas seulement une question d'équipements en moyens de communications
et de traitement de l'information. C'est aussi un difficile problème
linguistique.
-
La seconde remarque a trait
à la prise de conscience de l'interaction forte entre la langue,
la culture et la possibilité politique de s'appuyer sur les forces
d'évolution linguistiques pour dominer les difficultés du
passage de l'ère industrielle à l'ère informationnelle.
L'expérience de ces dix dernières années m'a appris
que cette conscience n'existait pas. Nous sommes ici entre spécialistes
et il n'est pas difficile de nous comprendre. Mais nous parlons pour toute
la société humaine et les représentants de cette société,
particulièrement les décideurs politiques restent étranger
à notre discours. On ne leur a jamais appris que notre langue maternelle
et les langues maternelles de nos voisins étaient les plus complexes
et les plus perfectionnés des instruments logiciels dont nous pouvions
disposer. Et que nous les trouvions gratuitement dans notre berceau à
notre naissance, enrichis par l'expérience des millénaires.
Puissent des colloques
tels que celui d'aujourd'hui nous permettre de retourner l'événement
: dans la préservation des identités régionales et
nationales, dans le combat pour faire survivre des particularités
si précieuses de nos langues maternelles, la technique linguistique
appuyée sur les nouveaux outils de l'informatique peut et doit jouer
un rôle décisif. Ce qui n'est pas encore un problème
électoral est, en tout cas, déjà un problème
politique. Il est utile que l'Unesco s'en fasse le défenseur.
|
Intervention
de Monsieur Marcel DIKI-KIDIRI
Synthèse
Les langues africaines
dans la sociéte de l’information.
Lorsqu’on se pose la question
du plirilinguisme dans la société de l’information, avec
la volonté de n’exclure aucune langue, et que de surcroît,
on se préoccupe de la place des pays en voie de développement
dans cette même société de l’information, on ne peut
pas éviter de parler du cas de l’Afrique et de ses langues, car
c’est là que se trouvent réunis les plus grands défis
à relever.
Je vous parlerai donc des
langues africaines, en commençant par un rapide tableau de leur
situation aujourd’hui. Ensuite j’exposerai, dans leurs grands traits, les
travaux d’aménagement linguistique qui, avec le concours des réseaux
de cooprération internationale, ont contribuent à la modernisation
des langues pour qu’elles puissent prendre en charge l’expression des réalités
modernes, et notamment des réalités de la sociéte
de l’information.
L’examen de ces travaux nous
conduira à parler du traitement informatique des lamgues africaines
et de la place qu’elles occupent sur la Toile. Après quoi, il me
sera plus aisé, je l’espère, d’évoquer avec vous,
les mesures souhaitables à prendre pour que des langues comme les
langues africaines puissent effectivement participer à la communication
multilingue dans cette société de l’information.
La situation des langues
africaines aujorud’hui.
Le nombre des langues africaines
est généralement estimé à environ 1800 dont
environs 400 seulement ont fait l’objet d’une description scientifique
avancée ou exhaustive. Si plusieurs dizaines de ces langues sont
en voie d’extinction, d’autres sont au contraire en pleine expansion. C’est
parmis celles-ci qu’un petit nombre (moins d’une cinquantaine) retiennent
davantage l’attention par la place spéciale et importante qu’elles
ont conquise comme moyem privilégié de communication soit
à l’intérieur d’un même pays, soit sur une vaste étendue
recouvrant plusieurs pays.
La typologie suivante qui
reprend et actualise celle proposée, en 1993, à l’Agence
Intergouvernemental de la Francophonie (AIF) pour les pays francophones
(Renard, 2000:109) s’applique à l’ensemble des langues africaines.
Elle distingue:
Langues transnationales
Véhiculaires. La
plupart ont acquis un statut spécifique() dans plusieurs
des Etats où elles ont cours. Exemples:
le kiswahili (Tanzanie,
RDC, Kenya Uganda, Burundi, Rwanda)
le complexe manding : bambara-dioula-malinke
(Mali, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Sénégal, Guinée,
Guinée-Bissau)
le complexe kirundi-kinyarwanda
(Burundi, Rwanda)
le kikongo-munukutuba
(RDC, Congo, Angola)
le lingala (RDC, Congo)
le peul (Sénégal,
Gambie, Mauritanie, Mali, Burkina-Daso, Guinée, Guinée-Bissau,
Bénin, Cameroun, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Niger, Nigeria,
Tchad)
le wolof (Sénégal,
Mauritanie, Gambie)
le hawsa (Nigéria,
Niger)
le yoruba (Nigéria,
Bénin, Togo)
l’arabe (Tchad, Comores,
Djibouti, Mauritanie, Somalie, Soudan, Algérie, Maroc, Tunisie).
-
Vernaculaires. Elles
sont propres à des populations qui se sont retrouvées divisés
par les frontières étatiques. Elles ne sont pas véhiculaires
et peu d’entre elles ont un statut spécifique dans au moins un état.
Quelques exemples parmi celles-ci :
-
le soninke (Mali, Mauritanie,
Sénégal : statut spécifique)
-
l’ewe-mina (Ghana, Bénin,
Togo : statut spécifique)
-
le songhay (Mali, Burkina-Faso,
Bénin, Niger : statut spécifique)
-
le moore (Côte
d’Ivoire, Mali, Ghana, Burkina-Faso : statut spécifique)
-
le complexe créole
(Réunion, Maurice, Seychelles : statut spécifique)
-
le tamasheq (Algérie,
Mali, Niger : statut spécifique)
-
le Gbáyá
(Centrafriaue, Cameroun)
-
le saar-ngambáy
(Centrafrique, Tchad)
Langues intra-nationales
Véhiculaires. Elles
sont largement répendues sur la totalité ou une partie importante
du territoire d’un Etat. Elles ont conquis un statut spécifique.
Exemples:
le sängö
(Centrafrique)
le malgache (Madagascar)
l’amharique (Ethiopie)
le shona (Zimbabwe)
le setswana (Botswana)
le ciluba (RDC)
l’ashanti-Fante
(Ghana)
le somali (Somali)
-
Locales. Elles sont
généralement vernaculaires, mais certaines sont des véhiculaires
à portée limitée. Certaines d’entre elles ont dans
certains pays un statut spécifique (ex. le kabyè au Togo).
Toutefois leur usage ne dépasse guère – ou si peu -- la limite
des groupes qui les utilisent comme langues maternelles. C’est le cas de
la grande majorité des langues africaines. Quuelques exemples:
le kabyè (Togo:
statut spécifique)
le xhosa (Afrique du
Sud)
le zulu (Afrique du Sud)
le Fanagalo (Afrique
du Sud)
le twi (Ghana)
le bété
(Côte d’Ivoire)
l’ibo (Nigéria)
Il ressort de cette classification
essentiellement utilitaire que ce sont surtout les langues véhiculaires
(internationales et intra-nationales) qui se sont le plus imposées
comme moyems de communication en expansion. En y ajoutant les langues vernaculaires
à statut spécifique, nous obtenons un ensemble de langues
que nous qualifierons de "majeures" dans la suite de cet exposé.
Elles ont toutes été l’objet de descriptions scientifiaues,
sont codifiées et assument un large éventail de fonctions
modernes pour lesquelles elles ont acquis un statut spécifique.
Toutefois, on ne peut pas dire qu’elles soient toutes également
utilisées dans les productions écrites. Le volume global
des ouvrages (livres, journaux, et autres) publiés dans ces lamgues
est très inégal d’une langue à l’autre et, en général,
très en deçà des besoins des populations. Il y a encore
là un immense chantier d’aménagement linguistique à
construire.
La modernisation des langues
africaines
Elle consiste à les
aménager en les dotant, le cas échéant, de systèmes
orthogrraphiques modernes, de terminologiues nouvelles dans tous les domaines
où le besoin se fait sentir, d’ouvrages pédagogiques pour
leur enseignement, et enfin de moyens de traitement informatique afin qu’elles
puissent prendre ne charge tous les besoins actuels de communication et
d’information, ressentis comme nécessaires au développement
des peuples qui les parlent.
La codification orthographique.
Pour la plupart des langues
africaines majeures, le passage de l’oral à l’écrit a été
la première étape à franchir. Après les descriptions
linguistiques savantes, il est indispensable de doter les langues d’une
orthographe pratique stable, normée et normalisée. Ce cap
a été heureusement franchi grâce, aussi bien aux nombreux
travaux des linguistes africanistes, notamment de l’Institut Africain International,
qu’aux multiples conférences internationales consacrées à
l’harmonisation des alphabets africains, depuis Bamako 1066. Il faut bien
noter que plusieurs de ces conférences ont eu lieu à l’initiative
de l’Unesco qui est aussi l’un des rares organismes internationaux à
proposer une version électronique de l’alphabet africain, l’Alphafrique,
dont la diffusion est malheureusement restée confidentielle.
L’enrichissement terminologique
Comme chacun sait, depuis
la colonisation, l’Occident a fait irruption dans l’Histoire des lsociétés
africaines avec tout une avalanche de réalités nouvelles
: modes de vie et de pensée, structure de l’état et du pouvoir
, écoles, médecines, monnaies, produits industriels, etc.,
l’Histoire s’est accélérée et les sociétés
africaines d’aujourd’hui sont plus que jamais des sociétés
biculturelles eurafricaines. Les langues africaines qui étaient
très bien adaptées à l’expression du monde traditionnel
se sont retrouvées tout à coup en danger de marginalisation
puisque ce sont les langues européennes du colonisateur qui tiennent
désormais le haut du pavé. Heureusement qu’au fil des années,
les échecs successifs de nombreux plans de développement,
pourtant concoctés par des experts, ont peu à peu attiré
l’attention des uns et des autres sur l’impérieuse nécessité
de recourir aux langues africaines majeures comme moyens de communication
des réalités modernes si l’on veut atteindre les populations
au raz des villages pour un développement durable.
Dans l’espace francophone,
l’Agence Intergouvernemental de le Francophonie a créé et/ou
soutenu de nombreux programmes et réseaux de coopération
linguistiaue (Rint, Riofil, Rifal, Rilac, Rifm) pour la promotion et l’instrumentalisation
du français et des langues partenaires, notamment celles des pays
du Sud. C’est dans ce cadre que de nombreux travaux de terminologie ont
pu être menés à bien dans douze pays du Sud : Bénin,
Burundi, Cameroun, Guinée, Haïti, Madagascar, Mali, Maroc,
Niger, République Centrafricaine, République Démocratique
du Congo, Sénégal. Dans tous ces pays, les travaux de terminologie
sont réalisés par des chercheurs nationaux travaillant dans
des institutions plubiques locales et sur des langues majeurs à
statut spécifique dans le pays. La coopération internationale
porte sur la formation de ces chercheurs, une aide en équipement
informatique et en bibliographies spécialisées pour les institutions,
une aide à la publication de leurs travaux, et la recherche de solutions
techniques pour leur faciliter l’accès à l’Internet et son
utilisation. Le projet le plus récent inscrit au programme du Réseau
international francophone d’Aménagement linguistiaue (Rifal) concerne
l’implantation de banques de données terminologiques informatisées
dans certains pays du Sud pouvant disposer d’un accès permanent
et fiable à l’Internet, car ces banques de données doivent
pouvoir échanger des données avec d’autre dans le monde.
Le traitement informatique
des langues africaines
Il est évident qu’aucune
des activités de coopération évoquées ci-dessus
ne peut ignorer la nécessité de l’outil informatique aujourd’hui.
Beaucoup d’efforts ont éte consacrés à la recherche
de solutions pour le traitement informatique des langues africaines concernées
par ces programmes de coopération. En effet, alors que la grande
majorité des langues africaines s’écrivent avec des caractères
spéciaux hérités de l’Alphabet Phonétique International
(API) adapté par l’Institut Africian International, les logiciels
capables de prendre en compte ces caractères étaient – et
sont encore dans une large mesure -- particulièrement rares. C’est
pourquoi, cela vaut la peine de signaler ceux qui nous ont permis de résoudre
cette difficulté, ainsi que les offres actuelles du marché
dont nous avons connaissance.
Quelques logiciels permettant
de traiter les langues africaines.
a) Les logiciels distribués
par la SIL.
La SIL (Summer Institute
of Linguistics –"Société internationale de Linguistique")
distribue des logiciels particulièrement adaptés aux travaux
linguistiques. Ils se présentent comme un ensemble cohérent
d’outils pour la description des langues et des cultures. Les principales
composantes de cette boîte à outils sont:
SHOEBOX : un gestionnaires de
base de données destiné aux travaux lexicographiques et d’analyse
de textes par annotation et interalignement. La base de données
générée par ce logiciel est au format plein texte
et peut facilement être converti dans d’autres format.
SIL ENCORE FONT : une batterie
de glyphes, de symboles et de diacritiques, dans laquelle on puise ce dont
on a besoin pour créer des polices de caractères.
TYPECASTER : un utilitaire permettant
de spécifier une table de carqactères et de produire la police
correspondantes à partir des éléments fournis dans
SIL ENCORE FONT. Les polices produites sont des polices True Type au format
ISO-8859, et peuvent être directement chargées dans Windows.
KEYMAN : un utilitaire qui permet
de redéfinir un ou plusieurs claviers virutels, aqssociés
aux polices. Chargés en ménoire, chaque clavier peut être
activé et désactivé par une simple clé-bascule.
CC (Consistant Change) : utilitaire
de conversion à caratère général qui permet
d’effectuer toutes sortes de conversions en utilisant des tables de conversion
jettables.
SF-CONVERTER : utilitaire de
conversion spécifique permettant de convertir les bases de données
SHOEBOX vers des pages de dictionnaires récupérables sous
MS-WORD.
MDF (Multi-Dictionary Formatter)
est logiciel de mise en page de dictionnaire qui propose une modélisation
globale d’un dictionnaire multilingue avec quatre langues.
A cette panoplie, il faudrait
ajouter le tout récent utilitaire CONV2UTF8 réalisé
au LLACAN() qui permet de convertir les polices personnelles
générées avec TYPECASTER vers l’encodage universel
UTF8 (Unicode). Ce qui est indispensable pour pouvoir échanger des
données en langues africaines via l’Internet, sans être obligé
de disposer aussi des polices personnelles dans lesquelles ces données
sont écrites.
b) Les logiciels de
la société "Progiciels BPI"..
Je citerai cette société
québécoise qui présente fort bien ses produits sur
son site : http://www.progiciels-bpi.ca/tcao/index.html
:
"Ce site Web présente
une suite de cinq progiciels de traitement de corpus assisté par
ordinateur (TCAO) produits par la société canadienne Progiciels
BPI. Cette suite contient les progiciels suivants: Alibi, Concorde,
Recode,
Ventile,
et Vocable. Ces progiciels de TCAO permettent de dépouiller
automatiquement des textes et de traiter l'une ou l'autre des langues suivantes:
6 langues africaines :
bambara, éwondo, fulfulde,
lingala, sango, wolof;
14 langues indo-européennes
:
français, allemand, anglais,
danois, espagnol, féroïen, finnois, hollandais, irlandais,
islandais, italien, norvégien, portugais, suédois.
Comme opération de dépouillement,
ces progiciels permettent de produire des statistiques textuelles, des
listes de vocabulaire, des lexiques triés en ordre alphabétique,
des concordances de mots en contexte, et des alignements bi-textuels de
textes en deux langues. Comme opération de recodage, le progiciel
Recode
supportent plus de 175 jeux de caractères. Comme format de fichier,
ces progiciels peuvent traiter directement des textes en format plein texte,
en format HTML ou en format SGML.
Ce site Web fournit également
une distribution de ces progiciels de TCAO qui roulent à la fois
sur la plateforme Linux et sur la plateforme Windows95. Ces
cinq progiciels de TCAO, distribués sous licence, sont offerts gratuitement
à toute personne résidant en Afrique."
Il faut souligner la spécificité
de ces progiciels orientés vers le traitement de corpus multilingues,
et qui d’entrée de jeu, prennent en compte les langues africaines
et les faibles moyens de ceux qui y travaillent en Afrique. Le fait est
assez rare pour mérité d’être signalé et encouragé.
b) Les logiciels distribués
par World Languages Ressources
Ce portail américain
de Los Angeles a pour ambition la vente de produits langagiers sur toutes
les langues du monde. Il s’agit en effet d’une fantastique collection de
produits variés sur et pour plus de 400 langues, ce nombre étant
régulièrement en augmentation. . Il présente sur son
site http://www.worldlanguage.com
six produits logiciels qui sont censés traiter les langues africaines,
en plus de nombreuses autres langues
AFROROMAN est une batterie de
polices de caract`res True Type en encodage ISO-8859 qui couvre les alphabets
de 19 langues africaines (d’après le descriptif du produit).
GLOBALWRITER est un traitement
de texte multilingue, capable d’écrire correctement dans une centaine
de langues d’Afrique, d’Europe et d’Asie.
GLOBALOFFICE est un applet qui
transforme la suite bureautique de Microsoft en une suite bureautique multilingue
avec la centaine de langues couverte par GlobalWriter.
TANGO BROWSER est un navigateur
multilimgue capable de fonctionner en 144 langues dont des langues africaines
et surtout d’Asie. Il intègre également le courrier électronique.
TANGO CREATOR est un attelier
de création de sites multilingues capable également de fonctionner
dans les 144 langues de Tango Browser.
Enfin, pour certaines langues
dont quelques langues africaines (hausa, tuswana, sesotho...) il est proposé
un lot spécifique appelé "système" qui comprend une
police AfroRoman, un utilitaire de configuration de clavier approprié.
On pourrait croire, de prime
abord, que nous avons là LA solution finale. Pourtant, en étudiant
la documentation, faute d’avoir pu obtenir les produits eux-mêmes
pour en faire une évaluation, je ne peux m’empêcher de formuler
quelques réserves, voire quelques inquiétudes. La première
question qu’on peut légitimement se poser est celle de savoir si
chacune des langues supportées a été vraiment prise
en compte individuellemt suite à une édute de cas permettant
une localisation adéquate de ces logiciels? Je me permets d’en douter
lorsque je constate que, pour la République Centrafricaine, il est
dit que "quatre langues sont parlées dans ce pays : le banda, le
français, le gbaya-manza et le sango-yakoma-ngbandi" et que les
logiciels supportent ces quatre langues. Cela démontre une méconnaissance
totale de la situation linguistique de ce pays où l’on compte deux
langues officielles, le sängö et le français, et une cinquantaine
de langues vernaculaires (dont le banda, le gbaya, le manza et le ngbandi;
le yakoma étant l’un des dialectes les moins différenciés
du ngbandi). De ces langues, seules les deux langues officielles, le sängö
et le français, sont dotées d’une orthographe normée.
Les autres, bien qu’elles soient l’objet de description linguistique et
de transcription savante, ne disposent pas pour autant de système
orthographique normée. Dans ces conditions, il est fort à
craindre que la prise en charge réclammée par les vendeurs
de ces logiciels ne se limite à la prise en compte de l’Alphabet
Phonétique International. Ce qui est très en deçà
du minimum requis pour pouvoir prétendre supporter une langue particulière.
Il nous faut des logiciels
d’unification, des standards généraux, mais qui doivent être
négociés sur la base d’une prise en compte véritable
des spécificités de chaque langue, sans cela, on court le
danger d’instaurer un merché de dupes particulièrement préjudiciables
pour les langues africaines qui sont déjà les plus mal équipées.
Les langues africaines sur
la Toile
La Toile est démocratiquement
ouverte à toutes les langues et les cultures du monde. Il suffit
d’y planter son site pour s’offrir un panneau publicitaire sur l’autoroute
de l’information, et exister à la face du monde. Alors, je suis
allé faire un tour sur la Toile pour voir quelle place y occupent
les langues africaines. Ayant créé un site en sängö
il y a deux ans (cf. http://sango.free.fr)
, je voulais savoir s’il y avait des sites dans d’autres langues africaines
et combien par langue. Certes, une telle recherche ne peut être que
très aléatoire, vu les nombreux paranètres qui conditionnent
le référencement des sites et leur nombre quasiment illimité
sur la Toile. Toujours est-il que les conditions de ma recherche étant
constantes (utilisation du même méta-moteur Copernic 2000;
recherche toutes les deux heures dans la journée et en soirée)
j’ai n’ai trouvé de sites entièrement rédigés
dans une langue africaine qu’en kiswahili et en sängö :
Kiswahili
http://chumvi.tripod.com/index.html
http://www.scn.org/~lilandbr/index_sw.html
http://www.dwelle.de/kiswahili/Welcome.html
http://kleist.dwelle.de/kiswahili/
http://ccat.sas.upenn.edu/afl/course.html
http://www0.bbc.co.uk/swahili
Sängö
http://sango.free.fr
Par contre j’ai relevé
dans le même temps 217 sites qui donnent des informations sur les
langues africaines, les peuples qui les parlent et leurs cultures. De très
nombreuses bibliographies et quelques cours de langues pour ètrangers
(essentiellement anglophones, germanophones et francophones). Incontestablement
les langues africaines sont des langues dont on parle abondamment
sur la Toile, mais elles ne sont pas des langues dans lesquelles on communique
sur cette même Toile. Plusieurs facteurs expliquent cet état
des choses. Non seulement l’araignée Internet n’a pas encore tissé
sa Toile en mailles serrées au-dessus de l’Afrique, si bien que
l’accès aux "autoroutes" de l’information y prend l’allure d’embouteillages
interminables sur d’étroites bretelles, mais encore, comparativement
à la description linguistique des langues africaines généralement
bien ancrée dans la tradition de la recherche scientifique sur l’Afrique,
très rares sont les travaux de recherche qui portent sur le traitement
informatique de corpus de textes volumineux en langues africaines.
Les langues africaines
dans un espace plurilingue
Dans un espace plurilingue
où l’on ne veut a priori exclure aucune langue, il faudrait
prendre les mesures de protection et de promotion qui s’imposent pour garantir
le droit à l’existence des langues les plus menacées. En
ce qui concernent les langues africaines, mêmes les plus répandues,
la menace qui pèse sur elles dans une société mondiale
de l’information est qu’elles deviennent de plus en plus des objets d’étude
et de moins en moins des moyens de communication. Pour freiner cette tendence
et peut-être un jour l’endiguer complètement, il faudrait
sans plus tarder vouloir relever les défis suivants:
Intensifier l’équipement
des pays en développent et en particulier de l’Afrique en infrastructures
de télécommunication, sans laquelle, il n’y aura pas davantage
d’accès aux autoroutes de l’information.
Favoriser l’implantation et
la multiplication des Fournisseurs d’Accès Gratuit à l’Internet
(F.A.G. I.) en Afrique et dans les autres pays en voie de développement,
en particulier dans le cadre de programmes de soutien à l’education
(scolaire, universitaire, grandes écoles) et à la recherche
(institutions de recherche de quelque nature que ce soit).
Favoriser l’équipement
informayique des institutions d’éducation et de recherche dans ces
mêmes pays, non pas une fois comme une goutte d’eau dans la mer,
mais en mettant en place un plan de soutien continu sur quatre à
cinq années consécutives de façon à asseoir
des structures durables. Ce qui peut se faire éventuellement en
collaboration et par le biais de réseaux de coopération,
comme le RIFAL, qui sont déjà actifs sur le terrain.
Promouvoir le développement
et/ou la diffusion de standards qui respectent véritablement les
spécificités de chacune des langues faisant l’objet d’un
traitement informatique. Dans ce sens, il serait souhaitable de procéder
à une évaluation des logiciels existants qui permettent le
traitement de plusieurs langues dont les lanmgues africaines, et ensuite,
de faire collaborer les concepteurs de logiciels et les spécialistes
des langues concernées pour une meilleure localisation des logiciels.
Soutenir et développer
la recherche sur le traitement des corpus volumineux en langues africaines
et des pays en développement, en particulier dans la perspective
d’aboutir à une harmonisation, voire une standardisation de la modélisation
des données terminologiques, lexicograpiques, et textuelles, notamment
dans la perspective du développemeent de banques de données
communiquant via l’Internet.
Encourager la création
et la multiplication des portails en langues africaines sur la Toile.
Tout l’Internet ne doit pas
faire oublier que le livre en papier reste encore pour longtemps l’outil
d’apprentissage le plus immédiatement accessible à "l’enfant
noir" de Camara Laye, qu’il soit d’Afrique ou d’ailleurs. Il est donc plus
que nécessaire de soutenir par tous les moyens les maisons d’édition
africaines qui ont tant de mal à produire les livres scolaires et
parascolaires dont on aurait déjà besoin pour l’enseignement
de base, à plus forte raison pour l’enseignement des langues africaines.
Comclusion
Si l’on prend en considération
l’existence de près de 1800 langues en Afrique, il n’est pas réaliste
de penser que l’on puisse les promouvoir toutes de la même manière,
même avec toute la meilleure volonté du monde. Mais si une
lamgue, quelle qu’elle soit, est prise en charge de façon formelle
par ses locuteurs, il est souhaitable qu’elle soit soutenue au niveau d’un
programme international. Dans ce sens, les langues africaines majeures,
à statut spécifique, qui bénéficient de soutien
formel de la part des communautés nationales ou régionales
là où elles sont parlées, devraient pouvoir bénéficier
prioritairement du soutien des organismes internationaux. Elles devraient
être prises en compte de façon plus précise dans les
projets de localisation des logiciels multilingues et dans l’élaboration
des normes standards du traitement informatisé des langues. Enfin
tout initiative qui concourt à la production des moyens didactiques
pour leur enseignement devrait être encouragée et bénéficier
de facilités prioritaires.
Marcel Diki-Kidiri
LLACAN UMR 7594 (CNRS,
INALCO, Université de Paris VII)
I.U.L.A. Universitat Pompeu
Gabra (Barcelona).
Références
Intervention
de Monsieur Daniel PIMIENTA
Synthèse
LANGUES
ET CULTURES
DANS
L'INTERNET
ET
MÉTHODES
PLURILINGUES
DANS
LES
COMMUNAUTÉS VIRTUELLES
DANIEL
PIMIENTA
pimienta@funredes.org
ASSOCIATION
RÉSEAUX ET DÉVELOPPEMENT
http://funredes.org
I CONTEXTE
II MESURE DE L'ESPACE
DES LANGUES LATINES
III ÉVOLUTION
ET PERSPECTIVES
IV CULTURES LATINES
V CONCLUSIONS
VI GESTION MULTILINGUE
DE CONF.
ÉLECTRONIQUES
VII RÉFÉRENCES
I CONTEXTE
IL
RESTE ENVIRON
6,000
LANGUES PRATIQUÉES
SUR
UN TOTAL DE 40,000...
LANGUES LES PLUS UTILISÉES:
Source
Ethnologue (première et seconde langues)
PLUS
DE 500 MILLIONS
Chinois
(Mandarin et autres variantes)
Anglais
Hindi
+ Urdu + Penjabi
ENTRE
DE 200 et 500 MILLIONS
Espagnol
Russe
Arabe(s)
ENTRE
100 et 200 MILLIONS
Bengale
Portugais
Japonais
Indonésien
Allemand
Français
ZOOM SUR LES LANGUES LATINES!!!
POPULATION
PAR LANGUE
(Source
= Union Latine)
EN MILLIONS
|
ANGLAIS
|
ESPAGNOL
|
PORTUGAIS
|
FRANÇAIS
|
ITALIEN
|
ROUMAIN
|
TOTAL |
|
630
|
375
|
190
|
130
|
60
|
30
|
6000
|
|
10.50%
|
6.25%
|
3.17%
|
2.17%
|
1%
|
.5%
|
|
TOTAL
LANGUES LATINES=785 >ANGLAIS=630
VOLUME DE L'INTERNET
|
DEC.
1995
|
MILLIONS
|
NOUVEAUXPAR JOUR
|
|
SERVEURS
|
8
|
15,000
|
|
UTILISATEURS
|
20
|
30,000
|
|
PAGES
|
40
|
40,000
|
|
JUILLET
2000
|
MILLIONS
|
NOUVEAUXPAR JOUR
|
CROISSANCE
MOYENNE
PAR AN (APPROX.)
|
|
SERVEURS
|
200
|
70,000
|
+
100%
|
|
UTILISATEURS
|
400
|
140,000
|
+
100%
|
|
PAGES
|
2,000
|
7,000,000
|
+
200%
|
ESPACE DE TRAVAIL
DES MOTEURS DE RECHERCHE
|
8/2000
|
NOMBRE DE PAGES INDEXÉES
(MILLIONS)
|
|
GOOGLE
|
1,250
|
|
WEBTOP
|
500
|
|
INKTOMI
|
500
|
|
ALTAVISTA
|
350
|
|
FAST
|
340
|
|
NORTHERN LIGHT
|
265
|
II MESURE DE L'ESPACE
DES LANGUES
LANGUES LATINES par rapport
à ANGLAIS
SOURCE:
FUNREDES/UNION LATINE
(MÉTHODOLOGIE
DOCUMENTÉE)
|
%
/ ANGLAIS
|
WWW
1998
|
WWW
2000
|
USENET
1998
|
|
ESPAGNOL
|
2,53%
|
8,08%
|
1,93%
|
|
FRANÇAIS
|
2,81%
|
7,32%
|
1,15%
|
|
ITALIEN
|
1,50%
|
4,61%
|
2,03%
|
|
PORTUGAIS
|
0,82%
|
3,56%
|
0,90%
|
|
ROUMAIN
|
0,15%
|
0,31%
|
0,11%
|
Source:
FUNREDES/UNION LATINE
|
WWW
1998
|
ABSOLU
|
PONDÉRÉ
|
|
ANGLAIS
|
75,00%
|
7,14
|
|
ESPAGNOL
|
2,53%
|
0,40
|
|
FRANÇAIS
|
2,81%
|
1,30
|
|
ITALIEN
|
1,50%
|
1,50
|
|
PORTUGAIS
|
0,82%
|
0,26
|
|
ROUMAIN
|
0,15%
|
0,30
|
Source:
FUNREDES/UNION LATINE
|
WWW
2000
|
ABSOLU
|
PONDÉRÉ
|
|
ANGLAIS
|
60,00%
|
5,71
|
|
ESPAGNOL
|
4,85%
|
0,78
|
|
FRANÇAIS
|
4,39%
|
2,02
|
|
ITALIEN
|
2,77%
|
2,77
|
|
PORTUGAIS
|
2,14%
|
0,68
|
|
ROUMAIN
|
0,19%
|
0,38
|
Source:
FUNREDES/UNION LATINE
|
ÉVOLUTION
|
ABSOLU 2000
|
98-2000
|
|
ANGLAIS
|
60,00%
|
-20%
|
|
ESPAGNOL
|
4,85%
|
+
95%
|
|
FRANÇAIS
|
4,39%
|
+ 55%
|
|
ITALIEN
|
2,77%
|
+
85%
|
|
PORTUGAIS
|
1,97%
|
+
162%
|
|
ROUMAIN
|
0,19%
|
+ 27%
|
Source:
Globalstats
INTERNAUTES
PAR
LANGUE
|
MILLIONS
|
%
|
|
ANGLAIS
|
189,60
|
49,6%
|
|
ESPAGNOL
|
18,90
|
4,9%
|
|
FRANÇAIS
|
15,20
|
4,0%
|
|
ITALIEN
|
12,30
|
3,2%
|
|
PORTUGAIS
|
9,40
|
2,5%
|
|
ROUMAIN
|
0,60
|
0,16%
|
PRODUCTIVITÉ DES
ESPACES LINGUISTIQUES
|
Pages
|
Internautes
|
P/I
|
|
ANGLAIS
|
60,00%
|
49,60%
|
1,21
|
|
ESPAGNOL
|
4,85%
|
4,90%
|
0,99
|
|
FRANÇAIS
|
4,39%
|
4,00%
|
1,10
|
|
ITALIEN
|
2,77%
|
3,20%
|
0,87
|
|
PORTUGAIS
|
1,97%
|
2,50%
|
0,79
|
|
ROUMAIN
|
0,19%
|
0,16%
|
1,18
|
III ÉVOLUTION ET
PERSPECTIVES
TENDANCES
OBSERVÉES DEPUIS 1996
à
RÉDUCTION
RELATIVE DE L'ESPACE
ANGLOPHONE
à
CROISSANCE
RELATIVE PLUS FORTE DEL'ESPAGNOL PAR RAPPORT
AU FRANÇAIS
à
MAIS...
RETARD RELATIF DE L'ESPAGNOL
à
CHAMP
D'OBSERVATION LAISSE AU MARCHE ... AVEC UN
MANQUE DE SÉRIEUX
NOUVELLES
TENDANCES
à
ACCÉLÉRATION
DU PORTUGAIS
à
L'ANGLAIS
SOUS LA BARRE DES 50% AVANT 2003
à
PRODUCTION
CONTENUS
EN
LANGUES LATINES EN BONNE VOIE
IV MESURE DES CULTURES
LATINES
MÉTHODOLOGIE
= INDEX DE CITATION DE PERSONNAGES REPRÉSENTATIFS
-
LA OU
CULTURE
ET AFFAIRES NE SONT PAS TROP CONFONDUS LES
CULTURES LATINES ONT UNE PRÉSENCE RELATIVE FORTE SUR LA TOILE:
-
LETTRES FRANÇAISES
-
ARTS PLASTIQUES ESPAGNOLES
-
PERSONNAGES HISTORIQUES ITALIENS
-
ENTRE
1996 Y 1998 LA TENDANCE
EST A LA PROGRESSION LENTE DES CULTURES LATINES
(+
11,25%)
| |
USA
|
ESP.
|
FRANCE
|
ITAL.
|
PORT.
|
ROUM.
|
AUTRES
|
| SCIENCES |
28
|
4
|
21
|
11
|
|
4
|
|
| LETTRES |
41
|
7
|
13
|
4
|
3
|
1
|
58
|
| CINÉMA |
100
|
4
|
6
|
4
|
3
|
2
|
13
|
| ARTS
PLASTIQUES |
9
|
48
|
25
|
12
|
7
|
4
|
20
|
MUSIQUE
CHANSON |
41
|
7
|
6
|
6
|
5
|
2
|
68
|
| POLITIQUES |