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M.Favier  Mme Magnant  M. Murthy  M. Renaut  Mme Cabré  Mme Ter-Minasova  M. Auh  M.Cunningham
M Koul  M. Renard  M. Silvio  M. Delany  M. Hara  M. Pimienta  M. Danzin  M.Diki-Kidiri
M.Kobayashi  M. Millan  M. Kuhlen  Mme Soboleva  M. Szinger  Mme Finnbogadottir  M.Nabil Ali
 
SÉANCE D’OUVERTURE ; Monsieur Jean FAVIER
  • Monsieur le Directeur général, (M. Matsuura)
  • Madame la Présidente, (Mme Finnbogadottir)
  • Monsieur l’Administrateur général, (M. Dehaybe)
  • Madame la Déléguée générale, (Mme Anne Magnant)
  • Mesdames et Messieurs,


Je suis heureux de vous souhaiter la bienvenue à ce colloque sur " Le plurilinguisme dans la société de l’information " que la Commission française pour l’Unesco organise en coopération avec l’Unesco et l’Agence intergouvernementale de la Francophonie et avec le soutien du Ministère des Affaires Étrangères et du Ministère de la Culture et de la Communication.

Cette conjonction des efforts de nos différentes institutions pour attirer l’attention de tous sur cet enjeu de la défense et de la promotion du plurilinguisme sur les réseaux électroniques ne tient aucunement au hasard. De nombreuses réflexions sur le développement et l’avenir d’Internet concluent à l’avènement inéluctable d’une " toile " électronique toujours plus dense. Son maillage serait alors destiné à devenir planétaire, ne laissant aucun continent ou aucun pays en marge de cette révolution électronique.

Cependant, l’évolution très diverse que l’expansion d’Internet a connue sur les différents continents infirme largement cette vision optimiste du progrès informatique de notre planète. Nul n’est besoin de rappeler quels aléas connaît le développement des réseaux électroniques sur le continent africain. La route est encore longue qui mènera les différentes parties du globe à un accès égal à Internet.

Peut-on cependant se contenter de souhaiter la multiplication des accès à Internet, la croissance quantitative des équipements informatiques? Il faut également s’interroger sur le contenu et sur le message transmis et répandu par ces vecteurs d’information et de communication. Alors que la croissance des réseaux électronique doit faire l’objet d’attention et d’efforts particulièrement soutenus, il est tout aussi crucial de s’interroger sur la finalité de ce développement.

A cet égard, il est sans doute utile de citer quelques chiffres. En l’an deux mille, une étude a estimé que 49,9% des 391 millions d’internautes étaient des personnes de langue anglaise. Mais les deux tiers des pages Internet (68,4% selon cette étude) étaient rédigées en anglais. Pourquoi une telle disproportion? Les raisons semblent multiples. Cet écart statistique doit cependant nous inciter à poser cette question fondamentale: ne faut-il pas veiller à ce que l’extension Internet à des ensembles culturels plus nombreux s’accompagne d’une diversification des langages utilisés dans les contenus de ses sites?

Si la Commission française pour l’Unesco organise aujourd’hui un colloque sur le thème " Le plurilinguisme dans la société de l’information ", c’est bien parce que nous pensons qu’il s’agit ici d’un enjeu fondamental du développement futur de l’univers des réseaux. Que signifie en effet la volonté de réduire l’écart entre la diversité géographique des utilisateurs Internet et l’évidente domination d’un unique idiome sur les contenus consultables sur le net? Il ne s’agit pas uniquement d’une question d’équité linguistique. Au-delà de cette première préoccupation, c’est aussi la préservation d’identités et d’originalités culturelles qui est en jeu.

Le débat n’est cependant pas circonscrit à la défense et à l’illustration de patrimoines culturels. Bien plus largement, il permet de poser la question de l’équité des normes et des accords internationaux et multilatéraux en matière d’outils électroniques et de contenus virtuels. Peut-on en effet imaginer le respect d’une forme minimale de diversité linguistique et culturelle sans outils juridiques appropriés, sans effort minimal de concertation entre les États? Nous pensons que cela est définitivement impossible.

C’est pour l’ensemble de ces raisons que le colloque auquel j’ai eu le plaisir de vous inviter aujourd’hui n’entend pas restreindre ses interventions et débats à un seul champ d’investigation. Cette première matinée sera ainsi consacrée aux progrès et innovations techniques qui sont la nécessaire condition de l’usage plurilingue des réseaux. Comment serait-il possible d’envisager la coexistence de nombreux idiomes sur Internet s’il n’existe pas entre eux ces liens que sont les logiciels de traduction? C’est en effet le perfectionnement continu des outils de traduction qui peut, au premier chef, permettre la coexistence de plusieurs langues sur Internet.

Le plurilinguisme sur Internet ne deviendra cependant réalité que si le passage et l’évolution entre des sites rédigés en différentes langues peut s’effectuer sans obstacle et sans délai. Ne faut-il pas considérer alors que la traduction n’est qu’un aspect de l’accès plurilingue au contenu des réseaux? C’est pourquoi nous nous intéresserons également au développement des capacités des annuaires plurilingues et à la publication des terminologies en des formats utilisables par des traitements automatiques.

On ne saurait cependant circonscrire le débat aux seules questions techniques. Ces outils n’existent que par l’usage que l’on en fait, et plus encore l’usage que l’on est capable d’en faire. Les capacités linguistiques des utilisateurs sont ici des enjeux de première importance. C’est tout d’abord par l’apprentissage des idiomes les plus couramment utilisés sur Internet que l’on pourra assurer une utilisation efficace des réseaux par l’ensemble de leurs utilisateurs, notamment par les citoyens de pays en développement.

Cette expansion linguistique ne doit cependant pas être sans réciproque, et elle ne peut se résumer à la pratique toujours plus répandue d’un idiome dominant. Il y a également là un combat culturel à mener, pour s’assurer de la numérisation de fonds littéraires et d’oeuvres scripturales en version originale. Il nous faudra alors constater que cette défense de la diversité linguistique est également motivée par la volonté de respecter, sur les réseaux, une nécessaire diversité culturelle.

Enfin, nous ne pourrons conclure sans nous interroger sur les bases d’une coopération internationale efficace en matière de respect de la pluralité linguistique sur les réseaux. Peut-on en effet imaginer que cet effort de diversification des langues utilisées sur les réseaux puisse aboutir sans un minimum de concertation entre les États et d’ entente sur des textes normatifs fondamentaux acceptés par tous?

Ainsi, ce dernier champ thématique nous permettra de nous interroger tout d’abord sur la situation des pays en développement et sur les bases de leur coopération avec les pays largement dotés en accès aux réseaux. Enfin, il sera nécessairement question du rôle des pouvoirs publics et des institutions internationales dans la définition de règles équitables de coopération internationale.

Je ne peux conclure ce préambule sans rappeler que cette initiative de la Commission française s’inscrit dans le cadre des initiatives et des réflexions qui prennent actuellement forme au sein de l’Unesco. Je fais bien évidemment référence au projet de recommandation sur la promotion et l’usage du plurilinguisme et l’accès universel au cyberespace que le Directeur général présentera aux Etats-membres lors de la prochaine Conférence générale.

La vocation de ce colloque est bien de formuler des propositions et d’ébaucher des solutions pour l’ensemble des problèmes que pose la réalisation de tels objectifs. Nous souhaitons vivement que les réflexions qui naîtront ici contribuent à clarifier le débat et à en préciser les termes.

 


Intervention de Madame Anne MAGNANT

déléguée générale à la langue française, ministère de la culture et de la communication

Madame la Présidente, Monsieur le représentant du Directeur général de l’Unesco, Monsieur l’administrateur général de l’AIF, Monsieur le président de la Commission nationale, Monsieur l’Ambassadeur, Mesdames et Messieurs,

La France se félicite que la Commission Nationale Française auprès de l’Unesco ait pris l’initiative de proposer ce colloque international sur le plurilinguisme dans la société de l’information.

La France, en effet, attache une importance toute particulière à la diversité culturelle et linguistique. La politique pour la promotion du français s’accompagne de la promotion du plurilinguisme. Un de ses objectifs est la généralisation la plus large, en France, en Europe et au niveau international de l’apprentissage de deux langues en sus de la langue maternelle.

Les actions de la France

Dès l’apparition de l’internet au début des années 1990, la France s’est préoccupée de la place réservée au français et aux autres langues sur ce nouveau support de communication, notamment grâce aux réflexions de M. André Danzin. Le Programme d’action gouvernemental pour l’entrée de la France dans la société de l’information (PAGSI) décidé en 1998 pose le principe d’un accès le plus large possible au cyberespace.

L’appropriation des technologies de l’information et de la communication passe par la création de contenus diversifiés en français sur l’internet. Le Pagsi a pris une série de mesures pour favoriser la mise à disposition gratuite sur l’internet des données publiques culturelles, administratives et juridiques. La bibliothèque nationale avec son site Gallica délivrant plus de 300 000 titres sous forme numérisée, les sites de l’internet des grands établissements publics tels que le Louvre ou le musée d’Orsay, constituent des exemples d’excellence dans ce domaine. Ces réalisations prestigieuses sont relayées par le plan de numérisation du ministère de la culture (plus d’un million d’images de collections picturales et photographiques numérisées) et par les initiatives prises dans les régions. Le site Légifrance permet d’accéder aux textes officiels, le site Service-public.fr propose un portail d’accès à l’ensemble des services de l’administration. L’administration compte aujourd’hui plus de 2500 sites de l’internet (dont 1 600 pour l’administration centrale) qui sont autant de lieux de diffusion gratuite des données publiques. Les fonds d’aide à la création multimédia pour les artistes, les fonds destinés à la diffusion de l’information et de la presse écrite ou audiovisuelle en ligne aident les différents acteurs à être présents sur l’internet.

Le Pagsi comporte également une série de mesures qui concernent directement les langues et le plurilinguisme : création de termes en français pour l’appropriation des technologies de l’information et de la communication (TIC), traduction en plusieurs langues des sites de l’administration mais aussi des mesures très techniques telles que le développement de ressources linguistiques et des outils de traitement informatique du langage pour maîtriser la traduction entre les langues, le suivi des processus de normalisation technique des logiciels et du web afin de permettre le plurilinguisme dans la société de l’information. L’Union Européenne et le Conseil de l’Europe ont déclaré 2001 " année européenne des langues ". À cette occasion, le Ministère de la Culture lance " les points plurilinguisme " dont l’objectif est de favoriser la création de lieux de proximité pour l’apprentissage des langues en auto-formation grâce aux TIC.

 

Sur ces sujets, on observe que les opérateurs ont été sensibles au désir des internautes d’utiliser les technologies dans leur langue : les logiciels et les sites sont conçus en plusieurs langues, les adresses internet et de messageries électroniques vont intégrer les caractères de nombreuses écritures (le chinois, le japonais, etc.). On observe également que le thème de la diversité linguistique et culturelle est repris par les grands forums internationaux tels que le G8, l’OCDE, les Nations Unies dans le cadre de l’ECOSOC et bien sûr l’Union européenne, qui a adopté sous la Présidence française en décembre dernier le programme européen pour le développement du contenu numérique européen sur les réseaux et la promotion de la diversité linguistique dans la société de l’information.

Les enquêtes récentes sur l’internet montrent d’ailleurs une progression spectaculaire du nombre des internautes non anglophones , qui représenteraient aujourd’hui moins de 50% des internautes.

Il n’y a cependant pas de raison de crier victoire et les inquiétudes demeurent très grandes : le développement spectaculaire de la société de l’information ne concerne qu’une petite partie de l’humanité, des régions entières du globe sont absentes des réseaux mondiaux, des continents entiers de connaissances, de patrimoine, d’expérience historique et de trésors culturels, sont menacés d’oubli, voire de destruction. Le creusement du fossé numérique n’est pas seulement un problème technologique, il est porteur de menaces pour la cohésion sociale, pour la compréhension entre les peuples et comme tel vecteur de conflits. Les coopérations Nord-Sud et Sud-Sud sont plus que jamais nécessaires pour accélérer les transferts de connaissances, de savoir faire et de technologies ; elles réclament un rassemblement de tous les efforts, et c’est un thème majeur de la coopération francophone.

L’Unesco

C’est ici que l’Unesco a un rôle irremplaçable à jouer et que nous attendons beaucoup d’elle. Au milieu du concert des pays développés et des forums conduits par les industriels et les représentants des intérêts privés, l’Unesco retrouve sa vocation originaire, qui est de fournir des orientations, au dessus des intérêts particuliers, et de représenter l’intérêt général, pour ne pas dire universel. Le programme " Mémoire du monde " de l’Unesco a permis de prendre la mesure des menaces qui pèsent sur la préservation des richesses culturelles (manuscrits anciens, films sur support nitrate et collections photographiques...) et d’y porter remède par la numérisation. Le programme " initiative B@bel " adopté lors de la dernière Conférence générale a mis en œuvre des activités concrètes visant à développer le plurilinguisme sur les réseaux d’information et à encourager un véritable partenariat entre les pouvoirs publics, les entreprises et la société civile. Sur le sujet du plurilinguisme et de la mise à disposition des données publiques et de l’exploitation des contenus du domaine public dans le cyberespace, les réflexions, les propositions et les initiatives de l’Unesco sont très attendues parce qu’elle est le lieu idéal pour porter cette exigence.

Remerciements

Je voudrais ici remercier la Commission française auprès de l’Unesco pour les efforts et les initiatives qu’elle consacre à la promotion du plurilinguisme et de la diversité culturelle au sein de cette enceinte. La présente réunion en est une parfaite démonstration, et nous savons à l’avance qu’elle sera riche d’enseignements.

Enfin, je remercie tout particulièrement l’Unesco et son Directeur général, M. Koïchiro Matsuura, pour le soin apporté à l’élaboration du projet de recommandation pour la promotion et l’usage du multilinguisme et l’accès universel au cyberespace, dont nous espérons l’adoption lors de la 31e session de la Conférence générale qui se tiendra à l’automne prochain.


 
 



Intervention de Monsieur Rainer Kuhlen
 
 

Linguistic and cultural diversity (LCD) on the net
A communicative challenge rather than a linguistic one –more subject to discourse than to regulation
[prelimary version]

Rainer Kuhlen
University of Konstanz – Humboldt-University at Berlin

rainer.kuhlen@uni-konstanz.de

Language diversity in the information society
An international colloquium organized by the French commission for the UNESCO


  • What is at stake in linguistic and cultural diversity?

  • The central questions to be discussed in this talk are as follows:

    Is the concept of fair use developed in the copyright context applicable to the problem of linguistic and cultural diversity (LCD)? Is public regulation or the definition of legal rules for the preservation of LCD necessary, and how can that be achieved, particularly taking the multilateral perspective into account? Will legal/political regulations be gradually replaced by software code? Who are the actors or which are the instruments which can threaten or secure the goal of protecting LCD? Does LCD constitute an unresolvable conflict of interests between public/political and private/commercial actors? Or is there a long-term common interest in LCD, both for the public and for economics?
    Ist das Verständnis von "fair use", das im Kontext von Copyright und Urheberrecht entwickelt wurde, auf die Fragestellung kultureller und sprachlicher Vielfalt (KSV) übertragbar? Ist die politische Regulierung von KSV unabdingbar und wenn ja, wie kann sie durchgeführt werden, insbesondere wenn man die globale Entwicklung im Blick hat? Werden politische Regulierungsversuche zunehmend durch Softwarelösungen ersetzt? Wer sind die Hauptakteure oder die Werkzeuge, die entweder KSV bedrohen oder sie absichern? Wird durch KSV ein unauflösbarer Ziel- und Interessenkonflikt zwischen den öffentlich-politischen und den privat-kommerziellen Akteuren beschworen? Oder gibt es, zumindest unter langfristiger Perspektive ein gemeinsames Interesse an KSV, das nur bewußt gemacht werden muß?

    1. Learning from the principle of fair use in copyright

    2. The principle of fair use had been developed (in the copyright environment) as a way of finding a reasonable compromise between authors/publishers´ interest in getting (financially) rewarded for the invention and production of some intellectual good and the public interest in having new knowledge available, publicly and under non-exclusive conditions. Copyright has never been an absolute right of authors/publishers, but is – as one might call it – a finalized right. Copyright was formulated with the intention of offering incentives to authors/publishers to create new knowledge and to make it publicly available. To put into differently: Authors/publishers rights need to be protected, but not only as a goal in itself but as a useful function to satisfy the public need for new knowledge in modern societies.

      Das Prinzip des "fair use" ist in der Copyright-Umgebung entwickelt worden, um einen vernünftigen Kompromiss zu finden zwischen den Interessen der Autoren bzw. der Verlage, für ihre Erfindungen oder für ihre Produktionsleistungen entschädigt zu werden, und dem öffentlichen Interesse, erzeugtes Wissen öffentlich und entsprechend zu nicht ausschließenden Bedingungen nutzbar zu machen. Das Copyright war ursprünglich niemals ein absolutes Recht der Autoren oder Verleger, sondern war eher ein funktionales Recht. Das Copyright wurde garantiert, um Anreize für Autoren und Verleger zu schaffen, Wissen zu produzieren und produziertes Wissen in entsprechende Informationsprodukte umzusetzen, mit denen auch Geld verdient werden kann. Aber dies war nicht das Primärziel, sondern wurde als geeignetes, der menschlichen Natur Rechnung tragendes Mittel angesehen, das in der bürgerlichen Gesellschaft stetig ansteigende öffentliche Bedürfnis nach neuem Wissen befriedigen zu können.

      "Fair use" means that the conflict of different actors´ interests in new knowledge cannot be resolved by supporting one position exclusively. It is not adequate that new knowledge should be completely socialized and thus commercial knowledge or information products should not be acceptable or even allowed. Complete socialization of knowledge – at least in the current economic and political environment of the western world – must be considered as a suppression of private or even any initiative for the production of new knowledge.

      On the other hand, it is not adequate that knowledge should be considered a completely private good which is subject to trade and commerce. By the latter understanding major parts of the society would probably be hindered from accessing knowledge, in particular those parties might be excluded from access who especially need knowledge to overcome the disadvantages of their private, professional and public life.

      "Fair use" bedeutet also, daß der angedeutete Interessenkonflikt zwischen den verschiedenen beteiligten Akteuren nicht ausschließlich zugunsten einer Partei entschieden werden kann. Es soll nicht sein, daß (neues) Wissen sofort und gänzlich vergesellschaftet wird, so daß kommerzielle Wissens- oder Informationsprodukte nicht akzeptabel oder gar nicht erlaubt wären (auch wenn dies gegenwärtig von Teilen der Bürgerrechtsbewegung der Netizens gefordert wird). Vollständiger Vergesellschaftung von Wissen wird, zumindest unter den Bedingungen des gegenwärtigen ökonomischen und politischen (westlichen) Systems, als tödlich für private intiativen zur Erzeugung und Verbreitung von Wissen angesehen. Auf der anderen Seite – und dies macht den Kompromiss des Fair use erforerlich – darf es nicht sein, daß Wissen und Information gänzlich als private und privat verwertbare Güter angesehen werden, weil dies einen Großteil der Gesellschaft daran hindern würde, sich den Zugriff zu Wissen und Information zu verschaffen, und zwar gerade für den Teil der Gesellschaft, der darauf angewiesen ist, bestehende oder ererbte, private, professionelle oder öffentliche Nachteile durch die Verfügung und die Nutzung von Wissen zu kompensieren.

      Knowledge is the major means – both on a micro (individual) level and on a macro level (between nations or regions) - to compensate for otherwise existing deficiencies. Support measures for the production of knowledge and for the distribution of knowledge, respectively for access to knowledge or information, financed by the public, can be considered an investment by society in the future. The principle of equality (equal opportunity for all) is unquestionably a central goal in democratic societies. To achieve this goal of equal opportunity for all, public support for the production of knowledge and for the dissemination of information, respectively for access to information is fully justified, even in market-dominated societies. Public financial support for the production of knowledge in science and for the transfer of knowledge to institutions such as schools, universities, libraries, archives or museums has never been disputed. Public investment in knowledge production and in information access is even more important in an elecronic environment to guarantee equal opportunity for all.

      Wissen trägt sowohl auf der Mikroebene (also zwischen Individuen) als auch auf der Makroebene (also zwischen Nationen oder Regionen) dazu bei, bestehende Nachteile oder Ungleichgewichte zu kompensieren. Unterstützungsmaßnahmen für die Produktion von Wissen und für die Verteilung von Information bzw. für den Zugriff auf Wissen und Information, können, wenn sie von der öffentlichen Hand geleistet werden, als Investititonen der Gesellschaft in die Zukunft angesehen werden. Das Gleichheitsprinzip (gleiche Chancen für alle) ist zweifellos eines der zentralen Ziele in demokratischen Gesellschaften. Um dieses Ziel der gleichen Chancen für alle zu erreichen, ist die öffentliche Unterstützung der Produktion von Wissen und der Verteilung von bzw. des Zugriffs auf Information auch in markt-orientierten Gesellschaften gänzlich gerechtfertigt. Finanzielle Unterstützung der Wissensproduktion z.B. in der Wissenschaft oder für den Wissenstransfer, z.B. in Schulen, Universitäten, Bibliotheken, Archiven oder Museen, wurde niemals bezweifelt. Öffentliche Investitionen in Wissensproduktion und Informationszugriff ist in elektronischen Umgebungen noch wichtiger, um Chancengleichheit für alle zu garantieren.
       

    3. Ethical foundation and technological realization

    4. Coming back to the principle of fair use, the ethical foundation for the legal principle of fair use (in its current form) – not leaving the balancing of interests to market forces – can be seen in the public responsibility for a just information environment where everyone has a fair chance to develop their lives according their wishes. On the other hand, a well founded ethical principle  is not sufficient; it cannot be overlooked that the actual realization of fair use principles is highly dependent on the technological status of the production, distribution of and the access to information. Ethics is the foundation of fair use and technology the means to implement it. However, today there is some indication that the relationship between ethics and technological realization is becoming reduced to a dominance of software.

      Wenn wir auf das Prinzip des "Fair use" zurückkommen, dann können wir als die ethische Grundlage des bislang rechtlich gesicherten Prinzip des "Fair use" die öffentliche Verantwortung zur Bildung einer gerechten, die Verwirklichung von Lebensplänen unterstützenden Informationsumgebung ausmachen – „Fair use" kann danach nicht dem Interessenausgleich auf den Märkten überlassen bleiben. Auf der anderen Seite kann nicht übersehen werden, daß, wie auch sonst, ein gutes ethisches Prinzip nicht ausreichend ist. Die Einlösung des „Fair use" Prinzips hängt wesentlich vom technologischen Stand der Produktion, der Verteilung und der Zugriffsformen für Information ab. Ethik mag die Grundlage für „Fair use" sein, Technologie das Mittel, es zu verwirklichen. Der Verdacht ist heute gegeben, daß die ethische Grundlage vergessen wird, und die technologische Umsetzung in Form von Software sich verselbständigt.

      In the past, the knowledge industry was willing to accept fair use principles (such as the right to make copies for one own´s usage or to enable the public to use knowledge products for free via institutions like libraries) because – among other factors – the available surveillance technology did not allow a complete control of private usage of commercial information products. For example it was not possible to hinder people from making private copies on photocopiers which could not "read" or "understand" what they were copying and thus could not control it. Nor was it possible to prohibit lending a book to another person which one had bought oneself. This has changed drastically in a fully electronic environment where the usage of electronic products can be completely supervised, controlled and, consequently, billed down to single bits.

      In der Vergangenheit war die Wissensindustrie unter anderem deshalb bereit „Fair use" Prinzipien zu akzeptieren (z.B. das Recht zuzugestehen, Kopien von Wissensprodukten für den eigenen Gebrauch zu ermöglichen oder die freie Nutzung über öffentlich finanzierte Bibliotheken für jedermann zuzulassen), weil die verfügbare Überwachungstechnologie keine vollständige Kontrolle der privaten Nutzung von kommerziellen Wissensprodukten gestattet – wie sollte z.B. bei verfügbaren Kopierautomaten, die nicht erkennen können, was kopiert wird, das private Kopieren verfügt werden; oder wie sollte verhindert werden, daß ein einmal gekauftes Buch an andere Personen verliehen wird?

      It is very likely that in a fully electronic environment - without any further public intervention and without new attempts to reformulate the principle of fair use - the fair use compromise between public and private interests will be reduced to a software problem of how to effectively and completely control the usage of commercial information products. It was Lawrence Lessig who has repeatedly drawn attention to the tendency that software such as digital rights management (DRM) techniques may replace political and legal initiatives to regulate the usage of information. DRM software has been developed to protect private interests in knowledge and information against information theft and piracy or – from another perspective – to restrict or to control the free flow of information. Fully established DRM will break with the fair use compromise. Using DRM publishers or content providers can lay down exact rules concerning to what extent an information product can be used, what is covered by the price a user is willing to pay, e.g. it can be defined which hardware/software platform is allowed for its usage; how long the user may have access to it; how many copies are allowed; whether quotations from the "leased" product are allowed, …

      Es ist mehr als wahrscheinlich – falls nicht über eine öffentliche Intervention versucht, das „Fair use" Prinzip neu zu formulieren -, daß in einer gänzlich elektronischen Umgebung der „Fair use" Kompromiss zwischen öffentlichem und privatem Interesse aufgekündigt wird und auf die Softwarefrage reduziert wird, wie effektiv und vollständig die Benutzung kommerzieller Wissensprodukte kontrolliert werden kann. Lawrence Lessig hat immer wieder die Aufmerksamkeit darauf gelenkt, daß Software, wie z.B. gegenwärtig die „Digital Rights Management" (DRM) Techniken, an die Stelle politischer und rechtlicher Regulierungsinitiativen treten. DRM Softeware wurde und wird entwickelt, um private Interessen an Wissen und Information gegen „Datendiebstahl und Informationspiraterie" schützen zu können bzw. – aus der andern Perspektive – um den freien Fluß von Information unterbinden bzw. kontrollieren zu können. Vollständig eingreichtetes DRM bricht mit dem „Fair use". Durch DRM können Verleger bzw. „Content Provider" genau festlegen, in welchem Ausmaß Information zu welchem Preis genutzt werden kann, z.B. welche Hard- oder Software-Plattform zugelassen, wie lange man Zugriff zu dem Produkte hat, wieviele Kopien erlaubt sind, ob aus den „geleasten" Produkte zitiert werden darf, ...
       

    5. What is fair use with respect to linguistic and cultural diversity?
    We do not intend to discuss the copyright or fair use problem in more detail in this talk. We rather would like to ask what "fair use" means with respect to linguistic and cultural diversity and what we can learn from the current copyright debate about the opportunity of re-formulating a new and practicable fair use of information and cultural products in an electronic environment in general.
    Wir können das Copyright- oder "Fair use" Problem in diesem Vortrag nicht detaillierter besprechen. Wir wollen vielmehr fragen, was „Fair use" mit Blick auf LCD bedeutet bzw. was wir aus der gegenwärtigen Copyright-Debatte lernen können, um die Chancen für ein neues und anwendbares „Fair use" für Informations- und Kulturprodukte insgesamt in elektronischen Umgebungen auszuloten.

    For the following it is important to remember that – corresponding to the understanding of contemporary cultural anthropology and in accordance with UNESCO´s understanding of culture since the Mexico City World Conference on Cultural Politics in 1982 - the concept of culture does not refer to the understanding of "high-culture", i.e. a set of products from art and architecture exclusively, but rather to "culture" as an ensemble of values, attitudes, communication patterns etc. which guide our conduct in all societal subsets and which is the basis for ethical, juridical and political systems of a society.

    Für die folgende Diskussion wollen wir an den Kulturbegriff anknüpfen, wie er heute in der Kulturanthropologie und auch in der UNESCO seit der Weltkonferenz über Kulturpolitik in Mexiko City 1982 üblich ist, nach dem sich „Kultur" nicht ausschließlich auf die Hochkultur-Produkte aus Kunst oder Architektur bezieht, sondern als das Ensemble der Werte, Einstellungen, Kommunikationsmuster etc. verstanden wird, das unser Verhalten in allen gesellschaftlichen Teilbereichen leitet und welches die Grundlage für die ethischen, rechtlichen und politischen Systeme der Gesellschaft ist.

    We find some parallelism or analogy in the challenge to define a fair compromise between the public and the private commercial interests in producing knowledge and in accessing information and the challenge to find a compromise between the public interest to preserve cultural diversity as a precondition for development in general and the interest of the economy, to carry out trade on a global scale without too many linguistic and cultural barriers, i.e. to carry out trade without restrictive, diversity-compensating costs.

    Hier sind offensichtlich einige Parallelen bzw. Analogien zwischen der Aufgabe, einen fairen Kompromiss zwischen dem öffentlichen und privat-kommerziellen Interesse an Produktion von Wissen bzw. Zugriff auf Information zu finden, und der Herausforderung einen Kompromisse zu finden, einerseits sprachliche Vielfalt als wesentliche Bedingung für kulturelle Vielfalt zu sichern und andererseits, der Wirtschaft nicht unnötige Barrieren aufzuerlegen, elektronische Kommunikation allgemein bzw. elektronischen Handel auch mit kulturellen Produkten im globalen Maßstab möglichst effizient organisieren zu können.
     

  • Conflicts of interest and goal

  •  Ethical, legal and political problems normally occur when conflicts of interests between main actors in society become visible. This is, for example, the case in the question of copyright or in the assessment of the importance of LCD. We shall first concentrate (and necessarily oversimplistically) upon the public interest in the preservation and the development of LCD, second evaluate the threat to LCD throught commercial interests, and finally discuss whether, at least in the long term, there could be a common public and commercial interest in the preservation and the development of LCD on a global scale.

    Ethische, rechtliche und politische Probleme entstehen in der Regel dann, wenn es Ziel- bzw. Interessenkonflikte zwischen Gruppierungen in der Gesellschaft gibt, wie z.B. bei Fragen der Urheberschaft oder hier bei der Einschätzung der Bedeutung sowohl kultureller als auch sprachlicher Vielfalt. Wir wollen zunächst – sicherlich stark verkürzt – das öffentliche Interesse an der Erhaltung und Weiterentwicklung von Vielfalt herausarbeiten, danach – noch holzschittartiger – versuchen, die Bedrohung sprachlicher und kultureller Vielfalt durch ökonomische Interessen zu überprüfen und anschließend diskutieren, ob es tatsächlich Ziel- bzw. Interessenkonflikte vorliegen oder ob – über Umwege – nicht doch ein gemeinsames Interesse ausgemacht werden kann, nach dem es gleichermaßen politisch-öffentlich als auch privat-kommerziel erwünscht ist, kulturelle und sprachliche Vielfalt zu fördern. Dies wird nicht – so werden wir feststellen –, vielleicht nur vorübergehend, regulierendes staatliches Eingreifen überflüssig machen – auch als Schutz des längerfristigen ökonomischen Interesses an kultureller und sprachlicher Vielfalt gegenüber dem kurzfristigen ökonomischen Interesse an weitgehender Standardisierung und Homogenisierung.

  • Public interest in LC

  • It is – at least in western countries – generally accepted to be in the public interest to enable personal individual development by encouraging/tolerating a large bandwith of cultural products and of cultural values. This support is considered to be part of the "contract" between the state and the civil society. According to this understanding, LCD is a citizen’s right that must be protected by the state, comparable to other rights such as the right to privacy. Independent from this individualistic right to personal development on LCD basis, LCD is considered the main means for establishing a politically desired identity with one own´s environment. This is also part of the public interest in LCD, namely, interest in political stability, which can be achieved through identity with cultural values and via linguistic competence. In addition, some people use an evolutionary argument for the protection of LCD, comparable to the protection of biological diversity: only a broad variety of LCD can guarantee the development of the human species under changing environmental and cultural circumstances.

    Es besteht – zumindest in westlichen Ländern - ein allgemein akzeptiertes öffentliches Interesse, die persönliche individuelle Entwicklung durch eine möglichst große Bandbreite kultureller Produkte und Verhaltensweisen zu sichern. Dies gehört sozusagen zum Auftrag des Staates, der ihm von den Mitgliedern der bürgerlichen Gesellschaft gegeben wird,.d.h. es besteht ein Konsens in unseren Gesellschaften darüber, daß jedes einzelne Individuen seine Persönlichkeit in freier Auswahl entfalten kann und daß der Staat dieses Entwicklungsrecht, wie auch andere Recht, z.B. das auf privacy, zu schützen habe. Unabhängig von diesem individualistischen Entwicklungsrecht sieht der Staat von sich aus in dem Angebot kultureller Vielfalt die Grundlage für die politisch erwünschte Identitätsbildung mit dem Umfeld, in dem sich kulturelle Vielfalt entfaltet. Auch das ist ein öffentliches Interesse, nämlich ein Interesse an Stabilität durch Identität mit dem eigenen Lebensraum. Ob es darüberhinaus, in Analogie zum Bewahrungsgebot biologischer Vielfalt, noch ein quasi evolutionstheoretisches Argument zur Bewahrung und Weiterentwicklung kultureller Vielfalt verwendet werden soll – nur bei gegebener Vielfalt kann sich die Species bei sich verändernden Rahmenbedingungen weiterentwickeln -, sei dahingestellt – wir brauchen dieses Argument, das z.B. vom Generalsekretär der UNESCO, Matsuura, verwendet wird, nicht.

    The mission to save cultural diversity is inseparable from the mission to save linguistic diversity. Language is the main means to represent and mediate culture (equally products and norms and behaviour). It is in the public interest to support linguistic diversity and individuality and to allow everyone access to knowledge in that language they are mostly familiar with, for whatever purpose. Equally important is the right to be able to represent oneself and one´s knowledge in one´s own language. To put it another way: LCD is part of the right to read, to have free access to knowledge and information under fair conditions. LCD is also part of the right to write, to be able to present oneself in one´s own language and in one´s own cultural context. The two rights, the right to read and the right to write, can be combined into the right to communicate, this being the competence to engage in active (writing) and passive (reading) discourse with other people, even in a global environment.

    Mit dem Auftrag zur Bewahrung kultureller Vielfalt ist das Sprachproblem unauflöslich verknüpft, da Sprache natürlich das wichtigste Medium ist, Kultur (über Produkte und Verhaltensformen) zu verwirklichen bzw. zu vermitteln. Konkreter noch besteht das öffentliche Interesse an der Erhaltung von Sprachenvielfalt darin, es allen Mitglieder der jeweiligen Gesellschaft zum einen zu erlauben, in der Sprache, die sie auf Grund ihrer primäre Sozialisiation erworben haben und in der sie sich sicher fühlen, auf das Wissen zugreifen zu können, das sie, für welche Zwecke auch immer, nutzen wollen, und zum andern, sie in die Lage zu versetzen, sich und ihr Wissen in den zur Verfügung stehenden Medien in der Sprache darstellen zu können, in der sie sich zu Hause und damit sicher fühlen. Anders formuliert: Bewahrung kultureller und sprachlicher Vielfalt beruht auf der Einlösung der Rechte auf freien Zugriff zu Wissen und Information, gleichermaßen als „right to read", also als das Recht in der gewohnten Sprache auf Wissen zugreifen zu können, und als „right to write", also als das Recht, sich darstellen und mitteilen zu können. Beide Rechte können zusammengefaßt werden als „the right to communicate", als die Fähigkeit, in einen nehmenden und gebenden Diskurs mit anderen eintreten zu können.
     

  • Commercial problems with LCD, commercial threats to LCD
  • The main goal of commercial action is the optimal usage of existing resources – optimal with respect to the achievement of predefined goals. Under an economic perspective language and culture are resources as well which need to be taken into account in the process of exchanging goods and services. In a globally acting information economy the confluence of different cultures (values and behavioral patterns), expressed in different languages, is almost unavoidable. Both language differences and cultural differences can produce friction (and friction-based loss) among trade partners, particularly in distributed environments. These differences, if not mastered through knowledge about their existence, can lead to misunderstanding which threatens the success of business or the reliability of contracts. Without any additional effort to learn about the existence of differences the confluence of diversity may result into clash and may result in complete commercial failure. To avoid this, diversity management is increasingly needed on global markets. Diversity management is a cost factor which cannot be underestimated whereby the cost for the lack of diversity management are even higher.

    Das Hauptziel wirtschaftlichen Handels besteht in der optimalen Nutzung gegebener Ressourcen, um bestimmte Ziele zu erreichen. Unter einer ökonomischen Perspektive sind Sprache und Kultur ebenfalls Ressourcen, denen Rechnung zu tragen ist, wenn Güter und Dienste auf Märkten ausgetauscht werden sollen. In einer globan agierenden Informationswirtschaft ist das Aufeinandertreffen von unterschiedlichen Kulturen (verstanden als Wertesysteme und Verhaltensmuster, die in Sprache ausgedrückt werden) fast unvermeidbar. Sowohl Sprach- als auch Kulturunterschiede können Reibung und Reibungsverluste zwischen verteilten Handelspartnern bewirken. Wenn diese Unterschiede nicht bewußt gemacht werden könnne, bedrohen sie den Erfolg und die Verläßlichkeit wirtschaftlichen Handelns. Ohne zusätzliche Anstrengung, sich die Unterschiede bewußt zu machen, schlägt das Zusammentreffen von LCD in Konflikt um und kann zu einem vollständigen kommerziellen Desaster führen. Um das zu vermeiden, ist auf globalen Märkten zunehmend LCD Management mit nicht zu unterschätzenden Kosten erforderlich, wobei das Fehlen von LCD Management noch höhere Kosten verursachen wird.

    To give only one example for the influence of cultural differences (expressed in the respective linguistic system) on commercial success – let us recall the role which trust plays in enabling economic negotiations and commercial exchange to function smoothly. Trust-building factors are deeply anchored in the cultural systems of individuals, social groups and whole nations. What is a good trust-building behavior in one society may not be accepted in another one. Filter and blocking software, for instance, which is often used as a means to build up trust and confidence in the reliability and the quality of information products is extremely dependent on cultural values. These values are embedded in the underlying rating systems which are the basis for filter software. What is true and appropriate for one culture can be doubtful and inappropriate for another one. Using software stemming from one culture – in the case of filter software mainly from the United States – in an international environment may produce just the opposite effect, namely mistrust or, at least, misunderstanding.

    Um nur ein Beispiel für den Einfluß kultureller, in Sprache ausgedrückter Unterschiede auf kommerziellen Erfolg zu geben, wollen wir darauf hinweisen, welche Rolle Vertrauen spielt, damit Geschäftsverhandlungen und wirtschaftlicher Austausch insgesamt reibungslose funktionieren können. Vertrauensbildende Faktoren sind tief in den kulturellen Systemen von Menschen, sozialen Gruppen oder ganzen Völkern verankert. Was in einer Gesellschaft als gute und akzeptierte vertrauensbildende Maßnahme angesehen wird, kann in einer anderen auf Mißverständnis oder sogar Ablehnung stoßen. Filter- und Abblocksoftware z.B., welche häufig verwendet wird, um Vertrauen in die Verläßlichkeit und die Güte von Informationsprodukten aufzubauen, ist in hohem Maße abhängig von kulturellen Wertsystemen, die dieser Software als Rating-Verfahren zugrundeliegen. Entsprechend können Software-Systeme aus einer Kultur – in dem Fall der Filter-Software stammen sie weitgehend aus den USA -, übertragen auf andere Kulturen, geradezu das Gegenteil von Vertrauensbildung bewirken, nämlich Mißtrauen oder zumindest Mißverständnisse.

    Trade and business would be easier without LCD. Overcoming language and cultural barriers could be a commercial goal. Diversity is in principle against economic interests. A culturally and linguistically homogeneous society would avoid the friction-removing cost for diversity management. The one English speaking and western culture oriented world, preferably using only one currency and following the same legal conventions, would be a perfect market place for the global exchange of goods on information markets. For the WTO this might be considered a wishful dream, for the rest of us, it is rather a nightmare.

    Handel und Geschäfte würden ohne LCD leichter vonstatten gehen. Die Überwindung von sprachlichen und kulturellen Barrieren könnte ein Ziel kommerziellen Handelns sein. Vielfalt ist im Prinzip ökonomischen Interessen entgegengesetzt. In einer sprachlich und kulturell homogenen Gesellschaft können die Kosten für Reibungsverluste und für LDC Management vermieden, zumindest gesenkt werden. Daher könnte die eine, Englisch sprechende und an der westlichenKultur orientierte, vorzugsweise nur noch mit einer Währung operierende und auf gleichen Grundlagen basierende Welt den perfekten Marktplatz für den globalen Austausch von Informationsgütern darstellen. Für die WTO mag das ein Wunschtraum der Weltmarktwirtschaft, für die meisten anderen ist das eher ein Alptraum.

    Probably nobody will judge the likelihood of one world culture and of one world language as very high. However, it is realistic that the value systems of cultures which dominate electronic spaces – and this is currently without doubt the US-American system of economics and politics – might be superimposed on the value systems of other cultures because in open electronic networks their penetration cannot be avoided. And this influence might not destroy these cultures totally but it might lead to wide-spread insecurity which could be a source of social unstability.

    Kaum jemand wird die Wahrscheinlichkeit einer Welteinheitskultur und –sprache als sehr hoch einschätzen. Realistisch ist jedoch, daß Wertesysteme der in elektronischen Räumen dominanten Kulturen – das ist zur Zeit ohne Zweifel das US-amerikanische Wirtschafts- und Politiksystem – die Wertesysteme anderer Kulturen überlagern und so wenn nicht zur Vernichtung dieser Kulturen führen, so doch zu einer gewichtigen Verunsicherung. Verunsicherung ist Ausgangspunkt sozialer Instabilität.

    Statistics show that the dominance of the English language has gradually decreased, at least relatively. Less than 50% of the websites on the Internet use the English language today, compared to more than 90% only 5 years ago. The ongoing extension of the Internet in most of the regions of the world allows more and more regions of the world to represent their knowledge in their own language. However, the mere numbers do not tell us much about the actual usage of these sites and about the consequences of their usage in their respective cultural spaces.

    Die Zahlen belegen zwar, daß die Dominanz der englischen Sprache mit der fortschreitenden Ausbreitung des Internet in die meisten Regionen der Erde relativ zurückgeht und gegenwärtig kaum noch 50% ausmacht – dies sagt aber wenig aus über die tatsächliche Nutzung und über die Konsequenz ihrer Nutzung in den jeweiligen Kulturräumen.

    When 12.3 million people in Italy have the chance to access information and to represent information in the Italian language then this has mainly an inner-Italian effect; the same is true for the 38.8 million Japanes people or for the 29 million Chinese people, in principle also for the 14.2 million French people and for the 22.4 million people in Germany. Only English – beside the fact that there are 192.1 million people on the Internet who use English as their primary language – has the possibility of being registered and understood in other cultural regions and thus has the possibility of influencing other countries´ cultural value systems.

    Wenn in Italien gegenwärtig 12.3 Mio Menschen die Möglichkeit haben, Information auch auf italienisch aufzunehmen, so hat das in erster Linie eine Binnenwirkung, das gleiche gilt für 38.8 Millionen Japaner oder die 29 Millionen Chinesen, ebenso für die 14.2 Millionen Franzosen oder die 22.4 Millionen Deutschen. Alleine das Englische (192,1 Millionen, die Englisch als primäre Sprache verwenden) hat die Chance, auch in anderen Kulturregionen aufgenommen zu werden und damit deren kulturelle Wertesysteme zu beeinflussen.

    Public initiatives, regulation included

    What follows from our discussion so far? With respect to possible public initiatives, regulation included, we would like to distinguish between the following topics: a) the usage of information products which are originally presented in a foreign language/culture – the multilateral import problem; b) the challenge to represent the knowledge of a cultural space which is produced with public (financial) support – the internal public market problem; c) the challenge to make the knowledge of a cultural space accessible to other cultural spaces – the multilateral export problem; d) the promotion of multilingual learning and the challenge to communicate with other people on a global scale using mainly English as the switching language – the communication problem.

    Was folgt aus der bisherigen Diskussion? Mit Blick auf mögliche öffentliche Initiativen, Regulierung eingeschlossen, wollen wir die folgenden Punkte knapp behandeln: a) die Nutzung von Informationsprodukten, die ursprünglich in einer anderen Sprache und Kultur entstanden sind - das ist das multilaterale Kulturimportproblem; b) die Herausforderung, das Wissen des eigenen Kulturraums, das durch öffentliche Förderung entstanden ist, für die eigene Bevölkerung zugänglich zu machen – das ist das öffentliche Binnenmarktproblem; c) die Herausforderung, das eigene Kulturwissen anderen Kulturen in deren Sprachen zugänglich zu machen – das ist das multilaterale Kulturexportproblem; d) die Förderung von Mehrsprachigkeit im eigenen Kulturbereich; e) die Herausforderung, mit anderen Menschen im globalen Maßstab unter Verwendung einer Switching-Sprache, des Englischen; zu kommunizieren.

  • The multilateral import problem

  • In open electronic networks there is no realistic chance of blocking the import of information goods represented in languages other than the ones primarily used in the importing (or "invaded") countries (nor is it desired). It is even likely that globally acting commercial content providers will represent their information products in as many target languages as there is a market that these products will be used in the respective languages. This can be achieved via translation or via distributed production of information goods as it is done with the many regional CNN TV programmes. Market forces will take care of this demand for information products from other countries. It is very likely that cultural products will dominate the markets of the future (replacing more and more traditional industry products and services). These products need to be tailored to special cultural needs. Therefore, in a mid-term perspective, cultural and linguistic diversity will be considered a major success factor for the culture industry, because variety expands the bandwith of possible culture products and possible culture users.

    In offenen elektronischen Netzwerken besteht keine realistische Chance, den Import von Informationsgütern aus anderen Kulturen und in anderen Sprachen, bevorzugt derzeit in der englischen Sprache, zu unterbinden. Das ist auch keinesfalls erwünscht. Es ist sogar wahrscheinlich, daß global agierende kommerzielle Content Provider ihre Informationsprodukte für so viele Kulturbereiche in deren Sprachen anbieten werden, wie es dafür Ertrag versprechende Märkte gibt. Dies kann durch (intellektuelle oder maschinelle) Übersetzung geschehen oder durch von vorneherein verteilte, auf jeweilige Kulturbereiche direkt zugeschnittene Informationsproduktionen, wie es im Fernsehbereich z.B. erfolgreich durch CNN geschieht. Es ist anzunehmen, daß der Markt für sprachlich und kulturell diversifizierte Produkte selber sorgen wird, vor allem unter der vermutlich berechtigten Annahme, daß Kulturprodukte in der Zukunft (nach den Industrieprodukten, Dienstleistungen und jetzigen Informationsprodukten) einen großen Anteil an der Erstellung des Bruttosozialproduktes haben werden. Und Kulturprodukte müssen stark an regionale Bedürfnisse angepaßt werden. In mittlerer Sicht kann daher kulturelle und sprachliche Vielfalt daher als kommerzieller Erfolgsfaktor angesehen werden, verbreitet sich doch daher extrem die Palette der kommerziell verwertbaren (Kultur)Produkte.

    The import problem is slightly different with respect to information goods such as data bases in science, technology, administration, economics, politics, media and other fields where there is a direct public interest that these data bases (in foreign langauges) should be effectively used by scientists etc. in their own language and where market force will not provide appropriate translated versions of the original data bases. We hold that this problem should be solved through bilateral contracts, for example between Korean or French data base producers and public/private partners in the pertinent target cultural/linguistic spaces.

    Das Import-Problem ist mit Blick auf Informationsgüter in Form von Datenbanken aus den professionellen Bereichen wie Wissenschaft, Technik, Wirtschaft, Verwaltung, Politik, Medien etc. etwas anders gelagert, denn hier besteht ein direktes öffentliches Interesse, daß Datenbankeninhalte aus anderen Kulturen in anderen Sprachen von Wissenschaftlern etc. genutzt werden. Hier ist, anders als bei allgemeine kulturellen Produkten, nicht anzunehmen, daß der Markt allein für Zugänglichkeit durch Übersetzungen sorgt. Wir sind der Ansicht, daß dieses Problem durch bilaterale Abkommen, z.B. zwischen koreanischen oder französischen Datenbasisproduzenten und öffentlichen und privaten Partner in den jeweiligen kulturellen und sprachlichen Zielräumen gelöst werden sollte.
     

  • The internal public market problem

  • Public promotion of LCD should mainly concentrate on the challenge to make one´s own culture electronically accessible for one’s own population (and perhaps for the rest of the world, c.f. section 3.3). This is particularly true for public domain information, that is information which is either directly produced in a public environment (administration, politics) or is produced with full or partial financial public foundation or sponsorship. In particular, „knowledge" produced in science and technology, but also all products of so called high-culture (produced or stored in mainly publicly financed institutions such as libraries, archives, museums, theaters or operas) should be made accessible in their electronic form.

    Die öffentliche Förderung von CLV sollte sich hauptsächlich darauf konzentrieren, die eigene Kultur für die eigene Bevölkerung (und ggfls. für andere Kulturräume; cf. Abschnitt 3.3) in elektronischer Form zugänglich zu machen. Dies trifft vor allem für Wissensbestände und Informationen aus dem öffentlichen Bereich zu. Damit ist Wissen und Information gemeint, die entweder im öffentlichen Bereich selber entstehen (z.B. aus Verwaltung und Politik) oder die durch öffentliche, vollständige oder teilweise Unterstützung entstehen. Dazu gehört Wissen aus Wissenschaft und Technik, aber auch alle sogenannten Hochkultur-Produkte, wie sie in öffentlich finanzierten Institutionen wie Bibliotheken, Archiven, Museen, Theatern und Opern gespeichert bzw. reproduziert werden. All das sollte in der elektronischen Form zugänglich gemacht werden.

    So far it is unquestioned that existing institutions such as those mentioned above (libraries, theaters, operas, museums) need to be publicly financed. Taking the technological change into account, the establishment of so called public culture servers can be considered a public task. By establishing these public culture servers, there is a chance that a second public information market will develop which is not dominated by commercial interest, but driven by the interest in the free exchange of knowledge and of cultural products of all kinds and all levels. It is possible that new forms of public/private partnership will need to be developed in order to get these public culture servers financed. This could result in new expressions of fair use (for the usage) of cultural products where neither public nor private interests exclusively dominate.

    Bislang war es unbezweifelt, daß die erwähnten Institutionen (Bibliotheken, Theater etc.) entsprechend dem Kulturauftrag des Staates öffentlich finanziert werden. Wenn man den technologischen Wandel in Rechnung stellt, sollte der Aufbau sogenannter öffentlicher Kulturserver ebenfalls als öffentliche Aufgabe angesehen werden. Durch solche öffentlichen Kulturserver könnte ein zweiter Informationsmarkt entstehen, der nicht durch kommerzielles Interesse alleine dominiert wird, sondern von dem Interesse am freien Austausch von Informations- und Kulturgütern bestimmt ist. Auch hier es wahrscheinlich nötig, daß öffentliche/private Organisations- und Finanzierungsformen entwickelt werden, damit dieses Konzept der öffentlichen Kulturserver tragfähig wird. Dadurch könnten sich auch neue Formen eines „Fair use" von Kulturprodukten entwickeln, die weder durch exklusiv öffentlich noch durch exklusiv private Interessen bestimmt sind.

  • The multilateral export problem

  • Lastly it could be in the public interest of cultural regions or states that their own cultural products should be made accessible by other cultural regions in their own respective language. It is not very likely that this task of cultural export can be left to market forces only. In the past most countries have established organizational and institutional forms for exporting their cultural heritage into other countries. Institutions such as the Goethe institutes from Germany or the British Councils or the Instituts francais are examples of such linguistic and cultural export. There is no reason why public institutions should refrain from this export task in the electronic environment. However, this cannot be left to the public finance and organizational power alone - comparable to the internal public market problem, there is a need and a chance for heterogeneous cooperative ventures between knowledge/culture producers, intermediaries, providers and users both in sender and receiver countries.

    Weiterhin könnte es im öffentlichen Interesse sein, daß Wissens- und Kulturprodukten jeder Art und jeden Niveaus, dargestellt in der jeweils eigenen Sprache, auch in den Sprachen zugänglich gemacht werden, von denen aus ein Interesse zu diesen Produkten artikuliert wird oder angenommen werden kann. Es kann nicht angenommen, daß sich dieser Kulturaustausch im globalen Stil durch Marktmechanismen von selber regelt. Hier sind öffentliche, nationale und überstaatliche Institutionen gefragt, regulierend, steuernd fördernde in den globalen Austausch einzugreifen. Die eigene Kulturobjekte anderen Kulturen öffentlich und freizügig zugänglich zu machen, sollte Bestandteil einer neuen, den Bedingungen elektronischer Märkte angepaßten auswärtigen Kulturpolitik von Staaten sein. Wie es in der Vergangenheit Aufgabe von Institutionen wie dem Goethe-Institut oder dem British Council war, nationale Kultur anderen Kulturbereichen nahezubringen, könnte es heute Aufgabe von nationalen bzw. regionalen Kulturservern sein, den eigensprachlichen, aber auch den multilingualen Zugriff auf die eigenen Kulturbestände möglich zu machen. Hier werden vielfältige Kooperationsformen zwischen anbietenden, nutzenden und möglicherweise aus der Informatioinswirtschaft vermittelnden Institutionen zu entwickeln sein.

  • Multilingual and communicative competence
  • Finally a short remark with respect to local/regional promotion and regulation of multilingual diversity. It is for sure, that language competence in one or several other languages is highly desirable and should be part of school curricula on all levels. Extended language competence will not only (partly) improve the chance of people communicating with other people in other cultural and linguistic spaces, but will also make them open for the values and behaviour of other cultures. The objective of foreign language learning is thus not only language competence but also to develop an understanding of cultural and linguistic relativity. Relativity is the prerequisite for openess to other cultures.
     
    Zuletzt noch eine Anmerkung zur Förderung und Regulierung multilingualer Vielfalt aus den einzelnen Kulturbereichen selber heraus. Es ist sicherlich in jedem Fall wünschenswert, daß der Erwerb von Sprachkompetenz auch in einer oder mehrerer anderer Sprachen zu den wünschenswerten Zielen der Bildungspolitik eines jeden Landes gehört, und zwar nicht allein wegen der damit verbundenen kommunikativen Fähigkeit, auch mit Menschen in einer anderen Sprache in Kontakt treten zu können, sondern auch und vor allen wegen der damit zu erreichenden Offenheit gegenüber anderen Kulturen, deren Objekte und Wertesysteme sich in ihrer Sprache niederschlagen. Bildungsziel ist also nicht nur Erwerb von Sprachkompetenz, sondern vor allem das Bewußtwerden sprachlicher und damit kultureller Relativität, auch der Relativität der eigenen Sprache und des eigenen Kulturraums. Relativität bedeutet nicht Geringschätzung der eigenen Kulturumgebung, wohl aber Offenheit für andere Kulturen, in der Übertragungsleistung auch für Kulturen, deren Sprache man gerade nicht gelernt hat.

    However, the extension of language competence will not be sufficient to solve the problem of global communication. If something can be considered the main paradigm in electronic spaces then it is the chance for everyone to contact everyone else on earth, at least on principle. To realize this chance, which has never existed before in the history of mankind, competence in two or three or four languages will not help that much. As long as automatic translation and interpreting systems are not available, we need to accept that the English language is the only switching language that can be used in global communication.

    Mit diesem Bildungsziel – Erlernen anderer Sprachen – wird allerdings nicht das kommunikative Ziel der Verständigung im globalen Maßstab gelöst. Wenn irgendetwas das Paradigma in elektronischen Räumen ausmacht, dann die in der bisherigen Geschichte der Menschheit noch nie gegebene Möglichkeit eine jeden, im Prinzip mit jedem anderen direkt, elektronisch vermittelt, in Kontakt treten zu können. Bei diesem Unternehmen hilft Kompetenz in ein, zwei, drei anderen Sprachen nur bedingt. Solange nicht automatische Übersetzungsssysteme hoher Qualität verfügbar sind, wird die englische Sprache die global funktionierende Switching-Sprache sein, deren sich die Teilnehmer in globalen Kommunikationssituationen zu bedienen haben.

    Results from intercultural research suggest that communication among partners from different cultural spaces, using English as the switching language, often highly deficiently, is likely to be highly influenced and even biased by cultural differences. The switching language will not level out cultural diversity. Instead, divergent cultural values, norms, argumentation and politeness patterns, discourse behaviours and cooperative styles are more likely to foil any development of language homogenization through a single switching language, viz. English. Language competence will contribute to the solution but cannot solve the problem of cultural diversity alone. Therefore education should encourage sensitivity for cultural diversity and should help to develop communicative competence on a global scale. This seems to be more realistic than achieving competence in universal linguistic principles, often considered a means to make linguistic diversity transparent. This final remark on cultural, communicative competence refers to the subtitle of this talk that diversity is a communicative problem rather than a linguistic one.

    Die interkulturelle Forschung legt nahe, daß Kommunikation zwischen Partners aus unterschiedlichen Kulturräumen, die sich gemeinsam, wenn auch auf unterschiedlichem Niveau der englischen Sprache bedienen, weiterhin stark durch kulturell bedingte Unterschiede beeinflußt und verzerrt wird. Vermittlungssprachen nivellieren keinesfalls kulturelle Vielfalt. Kulturelle Werte und Normen, Argumentations- und Höflichkeitsmuster, Diskursverhalten und Kooperationsstile machen der Sprachhomogenisierung, z.B. durch das Englische, immer wieder einen Strich durch die Rechnung. Sprachkompetenz kann zur Lösung des Problems beitragen, aber löst das Problem kultureller Vielfalt keinesfalls vollständig. Wir sind daher der Meinung, daß die Ausbildung stärker für kulturelle Vielfalt sensibel machen sollte und kommunikative Kompeten im globalen Maßstab entwickeln helfen sollte. Einsicht in kulturelle Vielfalt und kommunikative Kompetenz zu erwerben, scheint realistischer zu sein als Kompetenz in linguistische Universalien, durch die man sprachliche Vielfalt transparent zu machen hofft. Diese letzte Bemerkung leiter zum Untertitel dieses Vortrags zurück, nach dem Vielfalt eher als kommunikatives denn als linguistisches Problem angesehen wird.


     
    Intervention de Monsieur Philippe RENAUT 
     

    Synthèse

    Le Plurilinguisme dans la société de l’information

    Les défis de la traduction

    1er thème : Quelles sont les conditions de la mise en place des outils de traduction adéquats ?

    Multilinguisme, une lutte contre l’histoire Stratégies multilingues


    Histoire
    De la nécessité d’une approche pluri-culturelle du réseau DNS et caractères accentués
    Annuaire multilingue
        • Histoire
      On ne peut aborder le problème du multilinguisme sur l’Internet sans prendre en compte le passé du réseau. En effet on considère trop souvent actuellement la prédominance de l’anglais sur la Toile comme une volonté d’imposer cette langue sur le réseau. Cette réaction “ épidermique ” ne doit pas nous empêcher de considérer objectivement l’évolution du réseau pour comprendre comment l’anglais a pu se développer au point de représenter un maximum de 82,3% des pages Web il y a trois ans de cela.
       
    • Une création profondément anglophone.
      N’oublions pas, en effet, que le réseau ne fut dans un premier temps que la mise en connexion de certains organismes gouvernementaux et de certaines universités entre elles aux Etats-Unis. Loin d’imaginer un développement international aussi rapide (le fameux lien hypertexte n’ayant pas encore été inventé), ce réseau fut donc avant tout un outil pour professionnels dans un pays anglophone. Aussi non seulement la langue de communication fut elle l’anglais, mais surtout d’un point de vue technique les premiers logiciels, les premiers protocoles de transport, de stockage de l’information, de codage furent conçus dans un environnement anglais, avec le jeu de caractère simplifié qui caractérise cette langue. 
    Le deuxième souffle du réseau qui fut en fait son avènement fut la création du World Wide Web par Tim Berners-Lee en 90 qui permit d’offrir un service grand public et qui sous l’impulsion du gouvernement Américain qui avait saisi l’enjeu de cette découverte se développa de manière importante aux Etats-Unis. L’arrivée en Europe fut donc plus une adaptation d’un produit Américain qu’un développement parallèle. 
    Enfin les développements actuels voient le nombre d’Internautes n’ayant pas l’anglais comme langue maternelle augmenter tangiblement ( 52,4% aux dernières statistiques de Global Reach). Toutefois une comparaison par pays montre la prédominance énorme des Etats-Unis. Ce fait historique s’est maintenu grâce à des prix de matériel informatique et logiciels bien inférieurs à ceux pratiqués dans les autres pays du Monde ainsi qu’une politique de communication par forfait qui rend la connexion Internet et son utilisation meilleur marché.
  • Quel mauvais caractère celui-la …
  • Les logiciels qui ont été mis au point pour exploiter les services de l'Internet ont naturellement suivi la même voie et ont donc été conçus pour des langues comme l'anglais. Cela s'est traduit concrètement par l'utilisation du code ASCII (American Standard Code for Information Interchange/US-ASCII).
      Les limites du code ASCII sont devenues apparentes avec la croissance de l'utilisation de l'Internet à travers le monde (par exemple, le code ASCII ne permettait pas de coder les caractères portant des signes diacritiques). Pour combler cette lacune, on a développé d'autres mécanismes de codage afin d'ouvrir l'Internet à l'utilisation d'autres langues.
      Malgré ces efforts, certains problèmes persistent, notamment :
      - l'absence de mécanismes de codage supportant l'utilisation des caractères accentués sur certains ordinateurs personnels; 
      - la non-disponibilité de logiciels utilisateur pour l'Internet qui supportent ces mécanismes de codage; 
      - la nécessité de coder correctement l'information avant sa transmission sur l'Internet et la nécessité correspondante, pour le récepteur, de savoir quel code a été utilisé afin de pouvoir décoder l'information. 
      Bien que certains efforts de normalisation aient été entrepris à l'échelle internationale, beaucoup d'options dépendent des connaissances des utilisateurs ou sont tout simplement inaccessibles à certains.
       
        • De la nécessité d’une approche pluri-culturelle du réseau.
      L’Internet est un monde en création. Nous sommes tous les témoins, spectateurs, et mieux, acteurs de cette création. Ce monde est en train de se munir de gouvernements, de régulation, de traditions, d’étiquettes sociales, de lois, d’entreprises, de sans-papiers, de hors la loi, de police …. 
       
    • Un monde nouveau 
      Voulons nous créer sur le Web une copie conforme de la société dans laquelle nous vivons ou bien allons nous profiter de notre connaissance, des erreurs passées pour améliorer ce monde en construction ?  C’est en réponse à cette problématique qu’il faut considérer le multi-linguisme. Le développement d’un Web multilingue, plus qu’un problème pratique ou démocratique est un véritable enjeu mondial de préservation des cultures. Souhaitons nous voir disparaître la diversité de pensées avec les conflits que cela peut engendrer au profit d’un modèle unique, suivi par tous ?

      Le refus de cette hégémonie par un seul est traduit par un appel du CERCLE (Comité Européen pour le Respect des Cultures et des Langues en Europe) :

    La diversité et le pluralisme linguistiques ne sont pas un obstacle à la circulation des hommes, des idées et des marchandises ou services, comme veulent le faire croire certains, alliés objectifs, conscients ou non, de la culture et de la langue dominante. C’est l’uniformisation et l’hégémonie qui sont un obstacle au libre épanouissement des individus, des sociétés et de l’économie de l’immatériel, source principale des emplois de demains. Le respect des langues, à l’inverse est la dernière chance pour l’Europe de se rapprocher des citoyens, objectif toujours affiché, presque jamais mis en pratique. L’union doit donc renoncer à privilégier la langue d’un seul groupe. ”
    •  L’évolution logicielle
    En cela la demande très forte des utilisateurs de pouvoir accéder à des ressources exprimées dans la langue de leur pays (28% seulement des Européens parleraient l’anglais) donne un élan énorme aux entreprises développeuses de technologies multilingues. Les domaines concernés sont la traduction automatique, le développement de thésaurus, la recherche multilingue, le codage multilingue, l’extraction, l’indexation, le condensé d’information.
    Dès 1997, une entreprise comme Altavista possédant une forte visibilité mettait en place un système de traduction automatique entre 6 langues. La plupart des moteurs de recherche sur le Web ont mis en place une recherche que nous nommerons pluri-lingue c’est à dire, permettant d’accéder dans une langue x à un document écrit en langue x. Sans être un véritable multilinguisme au sens du croisement des langues entre elle, ceci permettait déjà la recherche de documents autres qu’anglais.
      Pour atteindre un véritable multilinguisme, au moins sur le service Web et la recherche documentaire, on a besoin de deux types d’outils, des outils permettant une réelle recherche multilingue (requête dans une langue natale trouvant des documents écrits dans n’importe quelle autre langue), et des outils de traduction pour permettre l’affichage du document retrouvé dans la langue maternelle du demandeur. 
    • De la recherche à l’industrie
    De plus on ne pourra plus se contenter dans le futur de simple processus automatique. La linguistique à l’heure actuelle n’est pas une science suffisamment précise pour assurer à un utilisateur la conformité de ses demandes en langue maternelle avec les résultats dans une autre langue. Il faut envisager un certain degré d’interactivité avec l’utilisateur lui permettant de “ désambiguiser ” les termes utilisés. En effet l’extension sémantique d’un terme à des concepts voisins pose déjà un problème sans un cadre contextuel précis. Ce problème est décuplé dans le cas d’utilisation de thésaurus multilingues. Les faux sens se multiplient. On sait bien les effets désastreux que peut produire l’utilisation du Mèl sur une langue. Il faut absolument  éviter que l’avènement de logiciels multilingues créent des ambiguïtés supplémentaires. Une jeune entreprise comme Knowledge-Concept (Pays-Bas) apporte une approche fraîche à l’exploitation de thésaurus multilingues par une interactivité fluide avec l’utilisateur. 
      Chaque année voit fleurir des développements aussi bien au niveau de l’industrie que de la recherche qui n’ont jamais été aussi proche que dans cette recherche du multilinguisme. Les projets les plus divers allant des mathématiques, de la topologie, des statistiques à la linguistique pure se retrouvent exploités et soutenus financièrement par des industriels désireux de proposer des solutions innovantes. 
    • Vers un monde meilleur
    On ne peut cependant pas encore se vanter d’être dans un environnement multilingue. Des problèmes basiques subsistent au niveau technique, car les protocoles de communications, les standards de l’Internet sont souvent profondément enracinés dans l’anglais et le codage ASCII et c’est un travail en profondeur qui peut changer cet état de fait.
    Nous allons illustrer dans les chapitres suivants ces considérations par l’étude de problèmes concrets :
    - le codage des caractères dans le DNS (Domain Name System).
    - la création d’un annuaire multilingue.
        • DNS et caractères accentués
    Depuis la création de l’Internet le besoin d’un système de codage plus complet que l’ASCII s’est fait sentir. En effet ce dernier ne permet qu’un codage basique qui exclut caractères accentués, et tout autres caractère non conforme à l’alphabet latin. La Grèce, la Russie, l’Asie, se retrouvaient donc dans l’impossibilité totale de produire leur ressources sur le Web, et des pays comme la France furent amener à une utilisation déformées et appauvrie de leur langage. Il fallut donc développer des normes pour coder tous ces caractères et surtout pour les intégrer dans les logiciels et les outils de communications (messagerie, protocoles de transmissions, traitement de textes…). 
    De plus un point important était de ne pas créer trop de normes différentes qui aurait permis à quelqu’un de coder son texte dans une norme donnée que le destinataire ne pourrait jamais lire. C’est malheureusement ce qui s’est produit avec toutefois l’heureuse émergence de certaines normes plus populaires, mais sans atteindre de véritable consensus international. 
    Des compromis sur la taille de codage furent adoptés promouvant l’utilisation de l’ISOLatin 1 en Europe alors que ce système de codage n’était pas suffisant pour couvrir l’ensemble des langues de la planètes (notamment les langues asiatiques). L’UNICode pensée en ce sens a bien du mal à s’imposer. Les utilisateurs de messagerie auront déjà souvent rencontrés ce problème de l’arrivée d’un message illisible à cause d’un système de codage inconnu qui voit les caractères accentués remplaçés par d’autres caractères étranges.
    C’est ce problème technique qui pousse à l’utilisation des caractères les plus simples (latin non accentués) dans des outils au cœur de l’Internet comme l’est le DNS. Le système de nommage est la colonne vertébrale du Web. C’est le système qui fait correspondre à une adresse www.xxxxx.com une adresse de machine (un simple nombre 192.134.4.24 qui identifie une machine précise sur le réseau). Vous remarquerez qu’aucune adresse de site n’est accentuée ou ne possède de caractère étrange. Ceci oblige une personne située au Japon à communiquer sur u ne adresse qui pour lui n’a aucun symbolisme puisque détachée de son système d’écriture et de communication. Qu’un européen imagine être obligé de devoir construire son site sur une adresse en kanji et il comprendra l’étendue de la problématique. Quand on sait que le nom de domaine a été introduit pour être plus facilement mnémotechnique qu’un nombre, on voit que cela ne correspond que faiblement à la réalité sur le Web dans la mesure ou un nom de domaine n’est exprimable que dans une langue.
    Ce débat est parfaitement au goût du jour, puisque NSI qui s’occupe de la diffusion des domaines Internet en .com, vient de lancer les noms de domaines avec caractères accentués. Ce lancement intervient au milieu d’une réflexion qui est loin d’être aboutie. En effet on peut se demander quel intérêt il peut y avoir à posséder une adresse en caractères grecs si les claviers européens ne peuvent reproduire ce genre de caractères. 
    Ceci transforme le nom de domaine, qui avait une vocation internationale, en adresse locale accessible uniquement à l’intérieur du pays ou dans le champs de commerce des claviers adaptés au langage en question. Ceci oblige toute personne désireuse de communiquer internationalement par une adresse visible à se rabattre sur le plus petit dénominateur commun, les latin non accentués. 
    On voit donc que considérant l’état actuel des technologies et du matériel informatique, le multilinguisme basé sur une approche multicaractère est un leurre qui peut être source d’argent pour certaines entreprises mais certainement pas de transparence au niveau de la communication. Loin de rapprocher les langues, cela peut les séparer et les isoler. Il faut donc prendre le temps de faire évoluer ce problème de codage avant d’envisager une communication via les caractères accentués ou autres sur le Web.
        •  Annuaire multilingue
    Nous terminerons cette brève présentation sur un exemple personnel, le développement d’un annuaire multilingue. En effet la présence d’outil plurilingue est incontestable sur le Web, toutefois les pages ne sont pas toujours traduites en plusieurs langues et si vous êtes suédois, la probabilité qu’une page mexicaine ait été traduite en suédois tend asymptotiquement vers zéro. 
    Il faut donc envisager la création d’une paire d’outils : annuaire multilingue, traduction automatique de sites Web. Le deuxième type d’outil sans être à un stade réellement pleinement satisfaisant est déjà avancé, et de nombreuses sociétés y travaillent à l’heure actuelle. Le premier par contre est quasiment absent sur le Web. Il faut offrir la possibilité de trouver des documents qui ne sont pas dans votre langue. 
    Ce type de développement se base nécessairement sur des outils purement linguistiques d’expansion sémantique de requêtes. Cette phase vous permet en plus d’une traduction simple, qui sans aucun contexte, a peu de chance de se révéler pertinente, de proposer des listes de concepts qui correspondent à votre demande dans votre langue. Pour cela il faut réaliser la lente, pénible et parfois insolvable tâche de mettre en relation des thésaurus de langues différentes. 
    Certains outils travaillaient à mettre en relation les termes un à un. On voit bien l’irréalisme d’une telle approche lorsque l’on augmente le nombre de langues à mettre en relations. Chaque mot devant être relié à ses équivalents sémantiques dans d’autres langues, l’ajout d’une seule langue oblige pour chaque mot à créer autant de liens qu’il existe de langues déjà existantes dans l’outil.
    La nouvelle approche consiste à créer un réseau (synonymie, généralité, spécificité, …) de concepts existant dans toutes les langues et à instancier ces concepts dans chaque nouvelle langue. Si on rajoute dans l’outil des processus liés aux expressions idiomatiques, aux reconnaissances de fautes de frappes, aux conjugaisons, féminins, pluriels, des séries de règles grammaticales propre à chaque langue, et une choix de désambïguisation du sens du terme choisi, on obtient un moteur relativement efficace qui vous permet sans connaître la langue cible de trouver une information dans cette langue. 
    Il ne reste alors qu’à traduire cette information par le biais de l’un des outils déjà existant. On peut aussi proposer des catégories d’informations. Prenons l’exemple des activités d’entreprises. Ces dernières ont déjà été cataloguées dans de nombreuses langues et rendues standard. Aussi pour un annuaire d’entreprises par activité, l’information cible peut dors et déjà être ramenée dans la langue d’interrogation
    Le multilinguisme n’est plus un rêve, il est à notre porte. Il ne faut toutefois pas perdre de vue que les freins restent principalement techniques. Dans un univers au passé anglophone, la remise à niveau de tous les standards n’est pas une mince affaire, même si les bonnes volontés ne manquent pas et si la motivation internationale est grande. Il faut continuer à multiplier les actions technologiques et pousser les acteurs de normalisations à s’entendre autour d’un consensus, seul moyen de révolutionner lentement les normes établies de l’Internet.
     

     
    Intervention de Madame Maria Teresa CABRE

    Synthèse

    LA TERMINOLOGIE ET L’ACCES MULTILINGUE A L’INFORMATION

    M. Teresa Cabré
    Lluís De Yzaguirre
    Yannick Garcia
    Institut Universitari de Lingüística Aplicada
    Universitat Pompeu Fabra (Barcelone)

    • Avant-propos
      On part de l’idée que toutes les langues sont également aptes pour exprimer toute connaissance mais elles ne se trouvent pas au même niveau de développement. Pour quelques-unes, il manque ou il a manqué un corpus littéraire consolidé en leur permettant d’établir un registre formel de la langue; d’autres ont été créées sur la base de registres écrits, la plupart des cas administratifs, et elles ont des lacunes dans le domaine général ou familial; il y en a aussi qui ont profité d’une certaine “normalité” linguistique jusqu’à la dernière dizaine d’années, où elles ont été interdites aux nouvelles technologies de la réalité mondiale et elles sont devenues des langues diglossiques strictu sensu. Si l’on considère l’usage des langues, on peut les distinguer en termes quantitatifs (nombre d’usagers) ou en termes de diversité d’usages (usage complètement normalisé ou diglossie). Les raisons ne sont donc pas internes, mais fondées sur des circonstances externes aux langues, sociales et historiques.
    De la totalité des usages, il y en a qui sont considérés prestigieux par leur idiosyncrasie et leur représentation sociale. Il y en a d’autres qui ne donnent pas de prestige aux langues. Dans les premiers, on peut situer quelques registres particuliers (cientifico-techniques, professionnels et les spécialisés en général) et les usages liés aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC). Le scénario communicatif donné par Internet est un des exemples les plus représentatifs de cette option de futur. On dit qu’une langue qui ne s’intègre pas dans les TIC (c’est-à-dire, une langue qui utilise les TIC et qui est utilisée par elles) est destinée à disparaître ou, au moins, à perdre la considération de langue capable de transférer de la connaissance plus ou moins spécialisée et de rester, en même temps, réduite à la langue parlée et familière.
    Face à ce défi, les efforts de quelques communautés et de quelques pays pour entrer dans les nouveaux espaces communicatifs thématiques et technologiques ont été très grands, bien qu’il soit un fait incontestable que la présence des langues dans les domaines des nouvelles technologies n’est pas égalitaire.
    • Etat de la question
      Internet est une ressource universelle, l’accès a la masse d’information virtuelle disponible est garanti là où se réunissent les conditions économiques nécessaires pour en devenir bénéficiaire. Le nombre d’usagers possible est, donc, très divers quant aux niveaux de formation et linguistiques. Pour atteindre un traitement égalitaire dans l’accès à l’information spécifique, une conduite bipartite est nécessaire: a) d’un côté, les outils de gestion d’information électronique —ceux qui se chargent des sites et des moteurs de recherche— doivent prévoir cette diversité et doivent fournir les mécanismes et les stratégies pertinentes afin que l’outil aie une couverture réelle la plus étendue possible; et b) les propriétaires des pages sur le web doivent être conscients du travail qu’ils peuvent éviter aux outils de gestion avec une phase efficace de pre-édition des ressources qui comporte une analyse très détaillée concernant une indexation future du document.
    Il faut dire que dans les endroits où l’analphabétisme est le plus élevé et où, en principe, il est plus difficile d’avancer vers les nouvelles technologies, une des erreurs de base du processus de formation à l’école a été l’usage d’une langue non-maternelle —la langue “colonisatrice”— comme un moyen pour véhiculer les premiers pas dans l’enseignement. Internet ne doit pas copier les erreurs commises dans ce domaine et il doit permettre la naturalisation de l’accès aux connaissances avec la propre langue, fait qui va en multiplier sans aucun doute l’efficacité.
    • Les langues
      Une des questions de base que le créateur d’une ressource électronique doit se poser est “quel est mon public potentiel?”. Évidemment, entreprises, sujets, associations, institutions, sites ou moteurs de recherche ne rentrent pas dans les mêmes listes, mais tous doivent faire, entre autres, un choix linguistique. Il faudrait, donc, jeter un coup d’œil sur les données linguistiques.
    Langue Population
    Anglais  172,3 millions
    Japonais 27,3 millions
    Allemand 19,9 millions
    Espagnol 19,5 millions
    Chinois (mandarin) 18 millions
    Français  13,2 millions
    Coréen  11,7 millions
    Italien  10 millions
    Portugais 7,7 millions
    Russe  6,7 millions

        (Global Reach)     (Blue Earth)

    Ces données ne font pas référence à la population totale qui parle une langue en particulier, elles indiquent les millions de parlants natifs qui ont accès à Internet ou qui sont connectés régulièrement, et on se rend compte que presque la moitié de la communauté consommatrice a l’anglais comme langue habituelle. Il ne faut donc pas s’étonner du fait que les principaux sites et moteurs de recherche soient nés dans des pays anglophones —principalement aux États Unis—, conçus par et pour les anglophones. Il ne faut pas tout de même oublier l’autre moitié du gâteau, qui correspond aux parlants d’autres langues, surtout le japonais, le chinois, l’allemand et l’espagnol (toujours d’après Global Reach). Le niveau de formation de ces parlants est considéré, tacitement si l’on veut, assez élevée pour assurer une connaissance de base passive de la langue anglaise, fait qui réduit de 50 % à 10 % le pourcentage d’usagers qui ne connaissent pas l’anglais et qui utilisent quand même Internet régulièrement.
    Une navigation au hasard sur les pages et les sites nous mène à constater les répercussions de l’omniprésence de l’anglais, bien que l’on ne puisse pas oublier des facteurs tels que la localisation géographique du serveur, la volonté universaliste des responsables de la ressource, la volonté de “survivre” ou de “militer” du point de vue linguistique, etc. En essayant de faire une classification, on peut établir quatre groupes de communautés cibernetiques selon leur degré de représentation: 
    1. communautés absolument représentées (degré maximum), comme l’anglais et l’espagnol;
    2. communautés significativement représentées (degré élevé), comme le français, l’allemand, le japonais et le chinois mandarin;
    3. communautés pauvrement représentées (degré moyen), comme l’italien, le néerlandais ou le catalan;
    4. communautés non représentées (degré zéro), comme le bulgare, le frison ou le biélorusse.
    Pour établir ces degrés, nous avons tenu compte des paramètres suivants:
    a) l’apparition sur des pages et des sites en termes absolus;
    b) le but des pages et des sites où les différentes langues sont utilisées;
    c) le sujet des pages et des sites (analysé activement et passivement, c’est-à-dire, même si l’on traite une thématique en particulier dans une langue ou si cette thématique n’est jamais traitée);
    d) le caractère institutionnel, individuel ou commercial des pages et des sites créés.
    Le degré de conscience du plurilinguism>des outils de gestion de moteurs recherche est bien divers. En considérant le nombre de langues inclues comme un filtrage dans l’option de recherche avancée dans les outils les plus reconnus (soit Yahoo!, Northern Light, HotBot, Lycos, AltaVista et Fast), on se rend compte de l’existence d’une grande variété:
    Fast (All The Web) est le chercheur qui présente plus de langues parmi ceux que nous avons consulté: 46. Si nous considérons que Ethnologue compile une liste avec à peu près 6.700 langues parlées actuellement dans le monde, les données sont assez significatives. Le chercheur même nous donne la frontière pour délimiter les options linguistiques entre langues de basse diffusion (LBD) et langues de grande diffusion (LGD). Sur la page de présentation (http://www.alltheweb.com), le serveur contient 575 millions de pages. C’est seulement dans le cas où notre interrogation a des résultats inférieurs à 50.000 pages que le système ajoute le numéro de pages trouvées dans les directions des pages. Ainsi, si nous faisons une recherche assez simple —la lettre a, par exemple— dans toutes les langues, nous aurons des données quantitatives dans les cas des langues avec moins de 50.000 pages, qui seront considérées sous l’étiquette de LBD.
    Les langues qui ne sont pas considérées dans ce graphique, et qui ont un nombre de pages assignées supérieur à 50.000, sont: l’allemand, l’anglais, l’arabe, le basque, le catalan, le chinois (traditionnel et simplifié), le coréen, le croate, le danois, l’espagnol, l’estonien, le finnois, le français, le galicien, le gallois, le grec, le néerlandais, le hongrois, l’islandais, l’italien, le japonais, le malais, le norvégien, le polonais, le portugais, le roumain, le russe, le slovaque, le suédois, le tchèque, le thaï et le turc. Évidemment, toutes ces langues ne peuvent pas être considérées LGD (d’après les autres moteurs de recherche analysés, seuls l’anglais, le français, l’allemand, l’espagnol, le japonais et le chinois sont des LGD). Cependant, ces données démontrent l’existence de matériaux dans des langues très diverses. La question est de se demander comment ces matériaux sont traités dans les programmes qui n’appliquent pas des filtrages de langue dans leurs recherches ou qui n’utilisent des variables.
    Quelles sont les voies possibles pour canaliser le plurilinguisme? Il y a trois chemins possibles:
    Accepter le déséquilibre et laisser le marché décider la sélection des langues ?
    Donner des subventions officielles à la traduction dans toutes les langues ?
    Chercher des solutions intermédiaires avec le support des nouvelles technologies ?
    Si l’on laisse le choix à la liberté du marché, on présuppose la conscience et la militance des parlants dans un scénario très souvent vu comme un moyen d’atteindre une finalité, et non comme une finalité en elle-même. Les usagers veulent des réponses rapides à Internet, et face à l’absence de ressources dans leur langue, ils n’ont que deux options: a) faire l’effort d’accéder à l’information dans une autre langue en utilisant des traductions externes, bien qu’ils soient conscients que l’information vraiment utile peut être écrite dans une autre langue que le moteur de recherche ne catalogue pas; ou b) laisser tomber, et, dans ce cas, le but principal d’Internet considéré une ressource universelle n’est pas atteint.
    La traduction officielle subventionnée est, pourtant, une solution partielle et à courte échéance. Partielle, parce que seules les communautés économiquement fortes et avec un système d’aménagement linguistique consolidé peuvent en profiter. À courte échéance, parce que la conception monolingue ne se perd pas et la subvention reste soumise à un cercle vicieux: plus d’information, plus de traduction, et en conséquence, plus de traduction, plus de subvention. Cette dépendance augmente de façon exponentielle, étant donné que la croissance de pages sur Internet se multiplie mois après mois et, en plus, cet augmentation oublie de trouver des méthodes pour optimiser les efforts.
    Une solution efficace devrait prévoir la besoin de traduction pour n’importe quel usager dans toutes ses recherches. Si l’on ne trouve pas des voies améliorées dans le domaine de la traduction automatique, il faudrait au moins lui offrir des “substituts” de l’information qui raccourciraient le chemin jusqu’aux données. Si on nous permet une métaphore biblique, une traduction subventionnée serait comparable à un poisson donné à l’usager pour manger un jour, et une réponse efficace d’information à n’importe quel type de consultation dans la propre langue de l’usager serait comme lui donner une canne à pêche pour pêcher et manger toute la vie.
    • Proposition
      Notre option se situe dans la troisième voie, plus possibiliste, qui ouvre le chemin à plus de langues (sans arriver à la totalité) pour avancer vers l’égalité linguistique. Actuellement, la plupart des moteurs de recherche sont satisfaisants seulement si nous les interrogeons dans la langue du document que nous voulons obtenir:
    The automated ones such as AltaVista will work perfectly well in any language. To find American hotels, type hotel. To find Italian hotels, type albergo, which is Italian for hotel. AltaVista will search for titles, text and keywords one character at a time, without “realizing” what language. (Hopkins 1996)
    Ce processus est appliqué aussi bien aux chercheurs qui utilisent descripteurs ou mots clé —la plupart d’entre eux—, comme aux chercheurs qui transforment le langage naturel au langage contrôlé, avec l’aide de thesaurus, par exemple AskJeeves.
    Pour réduire cette diglossie informative, l’usager doit pouvoir interroger le chercheur dans sa propre langue et recevoir des données écrites dans n’importe quelle langue. Ce type d’opérations est possible seulement si l’on conçoit les ressources du point de vue plurilingue et s’il est possible d’accéder sur la toile unilatéralement dans une langue, sans l’existence d’aucun domaine déficitaire. Pour atteindre ce but, il faut avoir des ontologies, qui permettent de standardiser les matériaux disponibles. Voyons un exemple.
    Un usager cherche des bourses pour faire un stage en Chine. La question naturelle est: “Où est-ce-que je peux trouver de l’information sur des bourses pour étudier en Chine?”. Un chercheur courant n’est pas capable de traiter la question dans n’importe quelle langue parce qu’il fragmente la séquence et il la traite comme une chaîne de conditions de recherche, en ce qui concerne les éléments pleins —les descripteurs potentiels: bourses, étudier, Chine—, comme les vides —où, est-ce-que, je, peux, trouver, de, l’, information, sur, des, pour, en—. Un chercheur qui prend le langage naturel, comme AskJeeves, ne peut que le traiter et en sortir les descripteurs si la question a été posée dans une des langues qu’il connaît.
    Regardons maintenant en détail chaque étape d’une recherche: l’interrogation assistée, le raffinement et la visualisation des résultats.
    • Interrogation assistée
      L’étape de formulation de la recherche doit s’encadrer dans un environnement d’interface assistée et doit permettre l’expression de la langue de l’usager. Cependant, il faut être réalistes et ne pas rêver à un système qui reconnaisse n’importe quelle langue, il ne faut pas imposer la responsabilité, sans mesure et de façon utopique, d’obliger le créateur d’une page personnelle à indexer sa ressource selon cette diversité. La solution peut s’orienter à l’usage d’un système linguistique pont dans le but d’interconnecter la question dans la langue X avec les résultats, écrits dans une langue X ou Y, en qualité de lingua franca. Etant donné que la plupart des documents ont été écrits, ou au moins indexés, dans une ou plusieurs LGD, ce sont ces langues qui doivent devenir la base de l’interface de recherche. Le schéma suivant illustre notre proposition:
      La phase de formulation suit ces étages initiaux:
      1. L’usager fait la consultation en langage naturel vernaculaire.
      2. Les mots lexicauxs sont extraits (les grammèmes sont éliminés).
      3. Ils sont traduits dans une LGD (avec tous les équivalents, dans le cas d’ambiguïté).
      4. Un Système de sélection de descripteurs (SSD) choisi les descripteurs d’une ontologie, d’un thesaurus ou d’une base de données terminologiques qui améliorent la couverture de la pétition de l’usager.
      5/6. Les descripteurs en LGD (5) sont traduits par les équivalents en LBD (6).
      7.   L’usager choisi dans sa propre langue quels sont les descripteurs qui véhiculent le plus adéquatement sa pétition. Dans le cas où les resultats ne sont pas assez satisfassants, l’usager peut recommenc