UNESCO General Conference
Communiqués de presse
  A propos de la CG
  Documents
  Textes fondamentaux
  Elections
  Prochaine session
  Sessions précédentes
  
  Journal 31ème Session
  • Séance plénière

  • Bureau
  • Commission I
  • Commission II
  • Commission III
  • Commission IV
  • Commission V
  • Commission
        Administrative
  • Comité de vérification
        des pouvoirs
  • Comité des Candidatures
  • Comité juridique

  • Groupe de rédaction sur
        le point 3.1 (31 C/4)

  • Elections

  • Liste de documents
  • Projets de résolution

  • Liste des participants
  • Mouvements de
        délégations

  • Manifestations spéciales
  • Autres manifestations
  • Exposition

  • Discours
  • Communiqués de presse

  •   Informations pratiques
      Accueil
      English
      Contact

    JACQUES CHIRAC : LES POLITIQUES ONT LE DEVOIR DE CIVILISER LA MONDIALISATION

    Paris, 15 octobre – Dans un discours prônant le dialogue des cultures, le Président de la République française, Jacques Chirac, a déclaré aujourd’hui que la diversité culturelle est " fondée sur la conviction que chaque peuple a un message singulier à délivrer au monde, que chaque peuple peut enrichir l’humanité en apportant sa part de beauté et de vérité ".

    Jacques Chirac a pris la parole dans le cadre de la 31e session de la Conférence générale de l’UNESCO qui s’est ouverte aujourd’hui à Paris. Cet organe décisionnel suprême réunit tous les deux ans l’ensemble des Etats membres (188 à ce jour) de l’Organisation.

    Jacques Chirac a souligné à quel point la tragédie de New York avait ébranlé les espoirs et la confiance placés dans le siècle qui s’ouvrait, leur substituant un discours sur le choc des civilisations : " Un choc des civilisations, qui marquerait le XXIème siècle, de même que le XIXème siècle a vu s’affronter les nationalités et le XXème les idéologies. Un choc de civilisations, présent et à venir, qui serait plus radical, plus violent, plus passionnel parce qu’il verrait s’affronter des cultures et des religions ". Le Président français a réfuté ce discours " qui se nourrit de toutes les peurs " et affirmé qu’il fallait lui opposer " une autre réalité, politique, morale, culturelle " et " une autre volonté : celle du respect, celle de l’échange, celle du dialogue de toutes les cultures, inséparable de l’affirmation claire et sans concession des valeurs qui nous font ce que nous sommes ".

    Prônant le dialogue des cultures, le Président français a souligné les principes qui doivent sous-tendre ce dialogue. " Le premier, […] c’est l’égale dignité de toutes les cultures, et leur vocation à s’interpénétrer et à s’enrichir les unes des autres. C’est tout à la fois une évidence, portée par toute l’histoire de l’humanité, histoire littéraire, artistique, architecturale. C’est aussi et surtout une grille de lecture du monde. […] Le deuxième de ces principes, inséparable de l’égale dignité des cultures, c’est la nécessité de la diversité culturelle. Il ne peut y avoir de dialogue entre l’un et son double au mépris de l’autre ".

    " La réponse à la mondialisation-laminoir des cultures, c’est la diversité culturelle. Une diversité fondée sur la conviction que chaque peuple a un message singulier à délivrer au monde, que chaque peuple peut enrichir l’humanité en apportant sa part de beauté et de vérité ", a ajouté Jacques Chirac avant de développer sa vision du bon et du mauvais usage de la mondialisation : " Bon si ce qui est en commun, ce qui circule, ce qui modèle les consciences, c’est l’information, la connaissance, le progrès, la compréhension de l’autre, le partage de valeurs comme de richesses. Mauvais au contraire si elle est synonyme d’uniformisation, de formatage, de réduction au plus petit commun dénominateur, ou encore de primauté de la seule loi du marché, oublieuse de cette culture humaniste, dont l’essence même est de rassembler autour de principes éthiques " .

    A cet égard, le Président français s’est félicité de la préparation par l’UNESCO d’une déclaration sur la diversité culturelle, " premier pas vers une convention établissant en droit la particularité du fait culturel ". Il a également souhaité que l’UNESCO prenne à bras le corps la menace du fossé numérique.

    Comment instaurer ce dialogue entre les cultures ? Pour Jacques Chirac, " La première urgence […], c’est d’introduire plus de justice, plus de solidarité, plus d’attention aux hommes et à leurs questions dans le mouvement du monde ". Il a poursuivi : " Le devoir des politiques et de tous les responsables est donc de civiliser la mondialisation, de faire prévaloir l’intérêt des hommes, de tous les hommes ". Il a notamment évoqué l’Internet, " extraordinaire instrument de connaissance mutuelle et de dialogue " mais qui " a besoin d’une régulation éthique autant que de règles techniques " et appelé l’UNESCO à être l’espace où on réfléchirait " sur la liberté d’expression et ses limites, sur l’équilibre entre le droit à la diffusion des œuvres et le respect des auteurs, sur la protection de la vie privée et surtout sur la protection de l’enfance ". Mentionnant les avancées scientifiques, notamment médicales, il a rappelé qu’il avait prôné la mise en chantier au niveau de l’ONU d’une convention mondiale sur la bioéthique et la création d’un Comité mondial d’éthique.

    Dans cette marche vers plus de justice et plus de solidarité, le Président français a mis l’accent sur la fracture entre le Nord et le Sud, et particulièrement sur la fracture face à l’éducation. Il a évoqué le drame afghan : " le sort réservé aux femmes, enfermées, privées de tous les droits et notamment de tout accès au savoir […] témoigne de l’obscurantisme des taliban mais il assure aussi leur emprise sur le peuple : éduquer les femmes, c’est permettre à toute la société de se libérer et de progresser ".

    Jacques Chirac a poursuivi : " Il faut nous mobiliser pour combattre la pauvreté et promouvoir l’éducation dans le monde, l’éducation qui permet de comprendre l’autre. […] Introduire davantage de justice et d’équité dans la mondialisation, c’est rendre possible le dialogue des peuples, c’est préparer notre avenir commun ".

    Le Président français a conclu : " Ne craignons pas d’affirmer l’existence d’une éthique universelle, celle qui inspire la Déclaration universelle des Droits de l’homme. Contrairement à ce que prétendent les ennemis de la liberté et les fanatiques de tous horizons, cette éthique n’est pas un modèle occidental, cheval de Troie de civilisations honnies. Elle est un humanisme. Elle est de tous les peuples, de toutes les nations, de toutes les religions, car aucune religion ne s’est construite sur l’anéantissement des hommes, leur indifférenciation, le refus de les voir accéder au beau et au bien. Plus que jamais, nous devons la défendre, la faire vivre, assumer sa valeur universelle. Affirmer cette universalité, c’est souligner la solidarité qui unit tous les hommes. C’est proclamer que chaque femme, chaque homme, chaque enfant a des droits imprescriptibles. C’est chercher dans chaque civilisation l’expression d’un idéal commun. C’est reconnaître que la vérité s’exprime en une infinité de langues ".

    - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
    © 2001-2003 - UNESCO - Contact