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    LE PRESIDENT NIGERIAN OLUSEGUN OBASANJO APPELLE AU RENFORCEMENT DE LA COOPERATION NORD-SUD

    Paris, 15 octobre - “ L’agenda de l’UNESCO est brutalement passé au premier plan des préoccupations politiques mondiales ”, a déclaré le Président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, en faisant référence aux attentats du 11 septembre aux Etats Unis, lors de son discours devant la Conférence générale de l’UNESCO, ce matin à Paris.

    S’exprimant pendant la séance d’ouverture de la Conférence générale, l’organe décisionnel suprême de l’UNESCO qui réunit tous les deux ans les Etats membres de l’Organisation pour déterminer son programme et son budget, le Président nigérian a dit qu’à la lumière des événements du 11 septembre “ cette Conférence générale offre opportunément un forum de réflexion sur les implications de cette dimension entièrement nouvelle du terrorisme et de la menace contre une paix mondiale fondée sur des conventions et des valeurs partagées internationalement. Il faut d’urgence revoir et renforcer le système mondial d’échange et de coopération pour que les organisations du système des Nations Unies, telles que l’UNESCO, puissent réaliser leurs potentialités et leurs attentes ”.

    Il a déclaré que “ le Nigeria, pour sa part, attend de l’UNESCO qu’elle serve de forum permanent où les pays du monde pourront réaffirmer leur engagement en faveur de comportements pacifiques, redoubler leurs efforts de tolérance, et donner un sens pratique au très recherché - et très nécessaire - concept de dialogue entre les cultures, les civilisations et les religions ”.

    Déplorant que la récente Conférence de Durban contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et les autres formes d’intolérance “ ait été obscurcie par la discorde et des disputes politiques ”, le Président Obasanjo a déclaré : “ Nous semblons avoir perdu une opportunité de faire face aux vrais défis : s’attaquer aux préjugés, aux a priori et aux discriminations qui forment le terreau de l’inhumanité de l’homme envers l’homme ”.

    “ Ce sont les défis qui figurent dans l’Acte constitutif de l’UNESCO ”, a-t-il poursuivi. Soulignant l’importance du retour des Etats-Unis et de Singapour comme membres à part entière de l’Organisation, il s’est félicité que le Congrès américain agisse dans ce sens : “ Nous espérons que les prochaines semaines apporteront une conclusion fructueuse à ces initiatives ”.

    Le Président Obasanjo a fait part de sa préoccupation face aux restrictions budgétaires imposées à l’UNESCO et a appelé “ nos amis Etats membres, notamment les pays industrialisés, à aider au changement de cette politique budgétaire plutôt contre-productive ”.

    Soulignant le progrès réalisé en matière d’éducation au Nigeria, le Président Obasanjo a salué la coopération entre son pays et l’UNESCO notamment en ce qui concerne l’éducation de base, l’enseignement technique et professionnel, et la politique scientifique.

    Se félicitant de l’importance accordée à l’éradication de la pauvreté dans les programmes de l’UNESCO, il a déclaré que “ l’éradication de la pauvreté ne peut être envisagée sans s’intéresser au fléau de l’illettrisme et aux moyens d’élever de façon systématique le niveau global de connaissances de la population ”. Le Président Obasanjo a souligné : “ L’UNESCO a un rôle important à jouer […] afin de mettre l’accent sur la signification fondamentale des dimensions éducatives et culturelles, et de mettre ainsi en lumière l’importance d’intégrer des dimensions scientifique et de communication dans les politiques réussies de réduction de la pauvreté. Le visage de la pauvreté ne peut être résumé uniquement en termes monétaires, il est plus complexe et varié ”.

    “ C’est en Afrique que le défi de l’enseignement est le plus grand ”, le Président Obasanjo a-t-il déclaré en mettant en garde : “ Il est possible qu’avant la moitié de la prochaine décennie, plus de 30 % des enfants n’auront jamais été à l’école, ni appris à lire ou à écrire. Cela est politiquement et moralement inacceptable ”.

    Il a ajouté que “ nos obligations d’éducation pour tous doivent tenir compte des besoins extraordinaires d’éducation préventive pour lutter contre le sida ”. Le Président Obasanjo a appelé la communauté internationale à contribuer généreusement au Fonds mondial des Nations Unies contre le VIH-sida.

    “ Les pays en développement se sentent abandonnés par la chute dramatique de l’aide publique au développement ”, a-t-il déclaré, appelant tous les partenaires du développement à “ décider un plancher de 0,5 % du PNB dans les cinq prochaines années. […] Laissez-moi plaider, une fois de plus, en faveur d’un abandon de la dette des pays africains, fardeau qui bride leur développement national et les budgets de l’éducation et des autres services sociaux ”.

    Le Président Obasanjo a reconnu “ qu’il y a eu récemment des évolutions en matière d’annulation de la dette comme le programme pour les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Mais c’est insuffisant ”, a-t-il dit, “ Ce qu’il faut c’est la suppression de ce fardeau, afin de donner une chance de survie aux pays qui luttent en même temps pour joindre les deux bouts et pour payer leur dette. Nous devons également créer des initiatives innovantes […] comme des échanges dette-éducation ”.

    Le Président Obasanjo a souligné l’importance du travail de l’UNESCO en vue de combler le fossé numérique qui sépare les pays développés et les pays en développement et il a mis en garde : “ S’il n’y a pas d’action efficace mise en œuvre en matière de technologies de l’information et de la communication pour mettre fin au gouffre qui sépare maintenant le monde industrialisé de la plupart des pays en développement, nous courons au désastre. Les inégalités ne peuvent que s’agrandir et condamner une partie importante de la communauté internationale au ghetto de la marginalisation et du sous-développement. On ne peut en imaginer les conséquences ”.

    “ C’est seulement grâce à une vraie solidarité et une vraie coopération internationale que nous pouvons travailler ensemble au bien des peuples, et envisager - pour réaliser l’espoir des fondateurs de notre Organisation - une UNESCO qui puisse faire avancer, à travers les échanges éducatifs, scientifiques et culturels des peuples du monde, les objectifs d’une paix internationale et du bien commun du genre humain ”, a-t-il conclu.

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