KOICHIRO MATSUURA PROPOSE UNE OPERATION DE SAUVEGARDE DU PATRIMOINE DE JERUSALEM
Paris, 16 octobre - En ouverture du débat de politique générale de la 31e session de la Conférence générale de l'UNESCO, le Directeur général Koïchiro Matsuura a lancé aujourd'hui un appel pour que soit entrepris, sous les auspices de l'UNESCO, « une action de portée internationale en faveur de la sauvegarde du patrimoine de la vieille ville de Jérusalem ».
« En ces jours sombres de notre histoire commune, dominés par la peur, le feu et le sang, il serait bon que la communauté internationale entreprenne une action d'envergure, qui témoigne de la conscience de son unité et de sa volonté de se réunir autour d'une grande œuvre de coopération, de concorde et de paix », a déclaré Koïchiro Matsuura.
Il a proposé, si cette initiative en faveur du patrimoine de Jérusalem recueillait un large soutien, de rechercher les moyens destinés à financer cette opération qui sera menée « sur des bases strictement professionnelles et techniques, et en dehors de toute considération politique ».
« J'en appelle à la communauté internationale, a-t-il déclaré, pour ce que je considère un devoir de dignité, pour qu'en cette période de trouble et de déraison, nous manifestions - par un acte hautement symbolique - notre foi dans le devenir d'une humanité réconciliée avec elle-même ».
Face aux événements du 11 septembre, « les indispensables initiatives politiques, diplomatiques, sécuritaires et financières qui sont en train d'être prises par la communauté internationale doivent être complétées par d'autres, à dimension "culturelle" », a souligné le Directeur général, avant de poursuivre : « Ces tragiques événements auront soudain placé les valeurs qui sont au cœur de la mission de l'UNESCO - la tolérance, le dialogue, le respect, la compréhension mutuels : en un mot la culture de la paix - au premier rang des priorités internationales ».
Appelant à « redoubler d'effort pour renforcer la connaissance et la compréhension de la diversité des cultures, mais aussi l'aptitude à accepter l'autre, dans sa différence, et à l'accueillir dans une volonté de "vivre ensemble" », Koïchiro Matsuura a souligné la nécessité de mettre en place au niveau international « des instruments d'un nouveau mode de dialogue » mais aussi de « définir de nouvelles règles du jeu, établir des normes et des principes de régulation, ou tout simplement de fonctionnement, qui puissent être acceptables par tous ».
Le Directeur général a développé plusieurs aspects de ce renforcement de l'action normative de l'UNESCO, destinée à protéger et à consolider « les biens publics communs » :
- Le projet de déclaration sur la diversité culturelle, soumis à la Conférence générale. Premier texte de portée internationale dans ce domaine, il propose une approche de la diversité en tant que facteur d'inclusion et non de division ;
- L'élaboration d'un instrument international pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel « appelé à terme à devenir le complément de la Convention du patrimoine mondial de 1972 » ;
- La Convention sur la protection du patrimoine subaquatique, qui répond à un besoin urgent et qui permettra de disposer « d'un arsenal complet d'instruments normatifs visant à protéger le patrimoine matériel » ;
- La préparation d'un texte international affirmant les principes fondamentaux de la bioéthique. A cet égard, le Directeur général a récemment réaffirmé au Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, que l'UNESCO était prête à entreprendre les travaux préparatoires en vue d'une Convention interdisant le clonage humain ;
- Toujours dans le domaine de la bioéthique, l'élaboration d'un instrument international sur les données génétiques, traitant notamment des questions concernant la confidentialité et les discriminations basées sur des critères génétiques.
S'agissant des activités de l'UNESCO dans les deux ans à venir, le Directeur général a indiqué sa volonté de « centrer les efforts et les ressources sur cinq domaines d'action considérés comme absolument prioritaires : l'éducation de base ; les ressources en eau et les écosystèmes ; l'éthique des sciences et des technologies ; la diversité, le pluralisme et le dialogue interculturel ; et l'accès à l'information pour tous, en particulier dans le domaine public ».
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