PREMIERE REUNION DU GROUPE DE HAUT NIVEAU SUR L’EDUCATION POUR TOUS
Paris, 31 octobre – Le Groupe de haut niveau sur l’Education pour tous (EPT), qui s’est réuni pour la première fois les 29 et 30 octobre à l’UNESCO, a adopté hier soir un communiqué qui souligne : " La poursuite des objectifs de l’EPT doit s’inscrire dans le cadre des stratégies nationales de réduction de la pauvreté, et les plans d’éducation doivent être élaborés et mis en œuvre dans le contexte des cadres macro-économiques et des réformes politiques. Il est capital à cet égard de conclure des alliances stratégiques avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ".
La réunion qui s’est terminée hier soir s’inscrivait dans le cadre du suivi du Forum mondial sur l’éducation, organisé en avril 2000 à Dakar (Sénégal). Le Groupe de haut niveau sur l’Education pour tous a pour mission " de suivre et d’évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des engagements pris à Dakar ; de promouvoir une action plus large et mieux coordonnée aux niveaux international et national ; et de promouvoir l’accroissement des ressources (financières, humaines, techniques et matérielles) nécessaires pour que chaque pays puisse atteindre les objectifs de Dakar ".
A l’ouverture des travaux, le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, a rappelé le rôle de " levier politique " qui est celui du Groupe et déclaré que la réunion représentait " une opportunité fondamentale de faire l’inventaire des progrès et des problèmes rencontrés depuis Dakar et d’examiner la direction que nous prenons ". Il a ajouté : " Les objectifs et fonctions du Groupe de haut niveau sont décisifs pour l’ensemble du mouvement de l’EPT ".
Après avoir demandé à tous les partenaires de l’EPT de " redoubler d’efforts pour atteindre les buts et objectifs de l’Education pour tous ", le texte adopté par les membres du Groupe de haut niveau souligne : " Les événements du 11 septembre 2001 ont montré de nouveau l’importance absolue de la généralisation d’une éducation de base de bonne qualité comme condition nécessaire, faute d'être suffisante, à la construction d'un monde plus sain, plus démocratique et plus tolérant ".
Le texte réaffirme la priorité qui doit être donnée à l’action et l’importance des partenariats. Après avoir insisté sur le fait que " c'est aux gouvernements nationaux qu'il incombe au premier chef d'assurer l’éducation, et en particulier un enseignement de base pour tous qui soit gratuit, obligatoire et de qualité ", le Groupe de haut niveau déclare : " Nous encourageons les gouvernements à forger des partenariats aussi larges que possible pour faire en sorte, en particulier, que les organisations d’enseignants et autres organisations non gouvernementales et de la société civile soient pleinement associées à l’élaboration des politiques d’EPT, à leur mise en œuvre et à leur suivi. La pleine participation des communautés locales est tout aussi importante ".
Il se félicite également des mesures qui ont déjà été prises pour que les organisations non gouvernementales et de la société civile soient de réels partenaires du mouvement de l’EPT et appelle à renforcer les capacités des ONG et des autres organisations. Le secteur privé doit lui aussi pouvoir " contribuer à la réflexion et aux actions du mouvement de l’EPT, et être convenablement représenté dans les instances appropriées ".
Le Groupe de haut niveau poursuit : " La poursuite des objectifs de l’EPT doit s’inscrire dans le cadre des stratégies nationales de réduction de la pauvreté, et les plans d’éducation doivent être élaborés et mis en œuvre dans le contexte des cadres macro-économiques et des réformes politiques. Il est capital à cet égard de conclure des alliances stratégiques avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). […] La mobilisation de ressources accrues doit aller de pair avec une utilisation et une gestion efficace des ressources par tous les gouvernements et organisations ".
Les membres du Groupe de haut niveau ajoutent : " Au niveau national, les gouvernements doivent renforcer la détermination nationale, accroître la part du budget qu’ils affectent à l’EPT, examiner les problèmes d’efficacité et de capacité, et utiliser l’aide internationale de façon stratégique. Au niveau international, il faut faire appel à toutes les sources de financement possibles et des moyens novateurs de financer l’EPT doivent être trouvés, par exemple en renforçant la collaboration Sud-Sud et le partenariat avec le secteur privé. Nous restons vivement préoccupés par la proportion minime du total de l’aide bilatérale et multilatérale qui est allouée à l’éducation de base. La réalisation des engagements pris à Dakar exige également de renverser la tendance à la baisse de l’APD, en particulier pour les pays les moins avancés, l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud ".
Le texte débouche sur un certain nombre de recommandations, appelant notamment à ce que les plans de secteur - base sur laquelle des efforts nationaux et internationaux coordonnés peuvent se déployer - soient prêts d’ici à 2002 et à ce que, chaque fois que possible, la Banque mondiale prenne l’initiative de recenser les déficits financiers. " D’ici 2002, une stratégie doit être en place pour rendre opérationnel le Cadre d’action de Dakar ", affirme la recommandation suivante. Enfin, " un Rapport de suivi sur l’EPT doit être produit chaque année qui […] évalue la façon dont les pays ainsi que la communauté internationale tiennent les engagements qu’ils ont pris à Dakar. Il est urgent que l’UNESCO réunisse les partenaires clés pour discuter de la meilleure façon d’élaborer, de gérer et de financer le rapport ".
Le Groupe de haut niveau rassemble 29 décideurs de premier plan dont 16 ministres de l’Education, la Directrice générale de l’UNICEF, Carol Bellamy, la Directrice d’Oxfam, Barbara Stocking, les ministres de la coopération du Canada, du Danemark, de la France et du Royaume-Uni, ainsi que le chef de l’agence japonaise de coopération internationale.
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