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Boom informatique à Maurice Jean-Marc Poché, à Port-Louis |
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Une petite île peut avoir de grandes ambitions.
Maurice ne cache pas les siennes: |
Décideurs
audacieux, main-d’œuvre qualifiée, choix de la mondialisation: l’île
Maurice ne manque pas d’atouts pour intégrer l’économie de l’information.
Portrait d’une entreprise pionnière. Avec une vingtaine d’autres, elle fait figure de pionnière parmi les entreprises d’informatique qui ont récemment fleuri sur l’île. La majorité d’entre elles se sont lancées dans la saisie de données pour de grandes compagnies européennes. Selon le National Computer Board (NCB), une agence gouvernementale de promotion des nouvelles technologies, une cinquantaine d’entreprises se consacrent aussi à la vente d’équipements. DCMC Consulting a été créée en 1992, à un moment où le secteur informatique commençait à prendre son essor. «L’entreprise est totalement privée et n’a reçu aucune aide financière de l’Etat. Mais nous avons largement bénéficié de l’environnement qu’il a créé pour encourager les nouvelles technologies», expliquent Yolaine Yong et Pratik Ghosh, qui gèrent la société sous l’autorité d’un directeur général singapourien, Seow Liang Perng. Experts étrangers et mesures incitatives Dès 1989, date de création du NCB, le gouvernement s’est attelé à promouvoir l’informatisation des entreprises de l’île. Il a fait appel à des experts étrangers, singapouriens pour la plupart, et a adopté des mesures incitatives: prêts à taux bonifiés, exemptions de droits de douane sur le matériel pour les sociétés désireuses de s’équiper. Plus récemment, un «parc informatique» a été créé au sud de Port-Louis, la capitale. Les entreprises qui s’y installent bénéficient d’exemptions fiscales et de tarifs préférentiels pour l’utilisation de télécommunications performantes. L’an dernier, le pays s’est doté d’une loi sur le copyright et d’un ministère des télécommunications et des technologies de l’information. Plusieurs collèges de l’île ont introduit l’informatique dans leurs programmes scolaires. En juin, le gouvernement a annoncé son projet de créer le Mauritius Institute of Technologies pour former des spécialistes de haute volée. Une petite île peut avoir de grandes ambitions. Maurice ne cache pas les siennes: devenir le champion des services informatiques de l’océan Indien, le «tigre numérique» de la région. Mais au début des années 90, pour les sociétés locales inexpérimentées, passer à l’ordinateur n’était pas si simple. Il fallait savoir quoi acheter et comment l’entretenir. Une demande de services était née. Pour y répondre, le bureau d’expertise comptable De Chazal Du Mée, partenaire du grand cabinet de consultants international Andersen Worldwide, a fondé la filiale DCDM Consulting, dont l’ambition se limitait à conseiller les grosses entreprises, établissements sucriers et usines textiles en tête. La demande de logiciels est apparue dans la foulée. Aujourd’hui, Yolaine Yong et Pratik Ghosh se targuent de quelques belles réussites: un progiciel de comptabilité utilisé par une quarantaine d’entreprises, des systèmes informatiques destinés aux compagnies d’assurance, aux banques et à la compagnie aérienne nationale, ou encore, un système intégré de gestion pour les établissements sucriers. La «caste» et le «bogue» Tous diplômés de l’université, les quelque 160 salariés de DCDM Consulting – informaticiens, ingénieurs, statisticiens, économistes, experts-comptables – ont été formés à Maurice ou en Europe. Ils sont généralement recrutés au bas de l’échelle, en tant qu’analystes, à 8 000 roupies par mois (environ 320 dollars). Ils peuvent ensuite passer, selon leurs performances, dans la «caste» supérieure des consultants, qu’ils accompagnent en attendant chez les clients. En plus de cette formation permanente, ils suivent des stages d’initiation aux dernières innovations technologiques. Mais il y a un «bogue»: la concurrence est rude. A Maurice, des structures plus petites, ayant donc moins de frais de gestion, affichent des tarifs plus alléchants. Et au-delà des mers, en Inde par exemple, les concurrents bénéficient d’une main-d’œuvre encore meilleur marché. Forte de son partenariat avec Andersen, DCDM a bien l’intention de développer ses activités à l’étranger. Elle assure déjà la maintenance du parc informatique de l’administration du Botswana. Elle a conçu pour la Banque mondiale un logiciel intégré de gestion de projets de développement utilisé au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. «L’Afrique représente un marché potentiel considérable», affirme Yolaine Yong. Récemment, DCDM a inauguré des antennes à Madagascar, au Kenya, en Tanzanie, au Malawi et en Ouganda. Pendant ce temps, Microsoft ouvrait un bureau régional à Port-Louis... |
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