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Le Sri Lanka doit jouer serré K.J.M. Varma, à Colombo |
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Le secteur
du traitement des données est en pleine croissance. Mais il est à la
merci des donneurs d’ordre. 85 000 dollars, JKCS devrait dégager un chiffre d’affaires de 3,7 millions de dollars en 1998. En 10 ans, elle a réussi à capter un important volume d’affaires dans le secteur du traitement des données. Ce travail consiste essentiellement à vérifier, valider et analyser (en développant les logiciels adaptés aux besoins) des séries d’informations et de statistiques produites par des entreprises comme P&0 Nedloyd, DHL et Mentor Computers. En délocalisant le traitement de leurs données vers le Sri Lanka, par exemple, ces multinationales réalisent des économies de 70% à 75%. Côté sri lankais, les professionnels s’estiment également gagnants. Dans un pays en guerre civile où les investisseurs étrangers ne se bousculent pas, toute opportunité d’affaire est bienvenue. Concurrence de l’Inde et des Philippines Et tant pis si la marge de négociation avec les clients est inexistante, se résigne Somasundaram Dharmavasan, directeur général de Kingslake Engineering Systems Private Ltd. Son entreprise travaille pour 300 sociétés locales et 20 multinationales mais n’a aucun contact direct avec ces dernières. Souvent, les conditions du marché sont en effet fixées par des agences spécialisées basées en Occident, qui tirent de substantiels bénéfices de leur rôle d’intermédiaire. La société londonienne Techno Software enregistre par exemple les demandes de British Gas, Shell et British Petroleum et se charge de les sous-traiter à l’étranger. «Nous avons toujours été dépendants de ces intermédiaires, rapporte S. Dharmavasan. Mais nous cherchons à négocier directement avec nos clients de manière à accroître nos bénéfices.» Il sait que c’est la seule manière d’y parvenir. «La concurrence est si rude que si nous augmentions nos prix, les commandes seraient immédiatement réorientées vers l’Inde ou les Philippines.» Des avantages comparatifs certains Aujourd’hui, le Sri Lanka compte 60 petites et moyennes entreprises qui se consacrent au traitement informatique des données. Leur chiffre d’affaires atteindra les 25 millions de dollars en 1998. Elles ne sont plus entravées par les problèmes de transmission de leur travail (via Internet) depuis que l’Etat a investi dans la modernisation des télécommunications. Elles bénéficent en outre d’avantages comparatifs certains: des frais généraux réduits, des exemptions de droits de douane sur les importations d’ordinateurs et de logiciels et, surtout, une main-d’œuvre bon marché. Les informaticiens du secteur touchent en moyenne 600 dollars par mois, contre 3 500 dollars dans les pays développés. Mais la croissance de cette industrie pourrait être bien plus rapide sans la relative pénurie de professionnels. Ce déficit de main-d’œuvre qualifiée constitue le handicap majeur du pays par rapport à l’Inde. «Sur ce plan, notre voisin a 10 ans d’avance sur nous», estime Dhananjava Chandrasekera, cadre supérieur chez JKCS. «Notre entreprise emploie 95 informaticiens, ajoute S. Dominic. Il nous en faudrait 50 de plus, et tout de suite. Mais on en trouve difficilement.» Les universités forment chaque année environ 200 informaticiens quand l’industrie en réclame plus de 1 000. Du coup, les entreprises se tournent vers les diplômés d’instituts privés, qui se sont multipliés au cours des dernières années. Pour s’assurer de leurs compétences, JKCS a passé un accord avec un grand centre indien de formation en informatique: le très réputé National Institute of Information Technology (NIIT) a récemment ouvert des établissements à Colombo et à Kandy (dans le Sud de l’île). L’informatique est le seul débouché qui permette à un jeune de commencer sa carrière à 600 dollars par mois et de doubler, voire tripler son salaire en quelques années, explique S. Dominic. «Les jeunes Sri Lankais sont donc de plus en plus nombreux à se tourner vers l’ordinateur, ce qui augure plutôt bien de l’avenir.» |
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