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© Andre Maslennikov/
Still Pictures,Londres



La demande monte,
l’offre baisse

- Le monde de la soif

Courants contraires
- Hongrie: le coût d’un verre d’eau
-
Afrique du Sud: l’eau démocratisée
- Mexique: le sucre se met au vert
- Inde: Calcutta colmate son déficit

L’eau «virtuelle»
dans tous ses états
- Les dangers de l’eau virtuelle
- Un mirage économique?

Eaux sans frontières:
le marché ou la coutume

Eau douce: à quel prix?

Chaque jour, la crise de l’eau semble plus imminente. Dans moins de trois décennies, la planète devrait abriter neuf milliards d’individus, contre près de six milliards aujourd’hui. Comment étancher la soif de cette population? Les deux tiers de la consommation d’eau sont déjà absorbés par l’irrigation et les besoins de l’agriculture augmentent. En même temps, les progrès de l’industrialisation renforcent la pression qui s’exerce sur les fragiles réserves en eau de la planète. Ils créent à la fois une nouvelle demande et des risques de pollution.
Les hydrologues et les ingénieurs apportaient jusqu’ici une réponse clé en main aux pénuries d’eau: construire plus de barrages, dessaliniser l’eau, voire même en acheminer par pipelines des zones humides vers les régions sèches. Non seulement ces solutions techniques ne suffisent plus à répondre à la croissance des besoins mais en plus elles coûtent trop cher, aussi bien en termes économiques qu’écologiques.
Aujourd’hui, notre paysage hydrologique est redessiné par les environnementalistes et les économistes, soudés par une alliance hors du commun. Au lieu de se demander «comment accroître l’offre?», ils martèlent que l’enjeu crucial est de trouver les moyens de «réduire la demande». Ces préoccupations soulignent le paradoxe suivant: nous gaspillons une ressource sans laquelle nous ne pourrions pas vivre. Pour la gérer de façon plus rationnelle, la solution paraît simple: faire payer les consommateurs. On envisage même de recourir à d’autres mécanismes du marché pour répartir les ressources le plus efficacement possible. En cas de sécheresse, par exemple, la loi californienne, aux Etats-Unis, encourage les agriculteurs à vendre leurs «droits à l’eau» aux villes, au lieu de faire pousser des céréales. On parle aussi d’instaurer un marché international de l’eau pour que les pays les plus assoiffés puissent en acheter aux autres. Mais quel est le coût politique et social de cette approche? Pouvons-nous traiter cette ressource vitale comme n’importe quel produit? En somme, quel prix payer pour l’eau?