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Eau douce: à quel prix? Les hydrologues et les ingénieurs apportaient jusqu’ici une réponse clé en main aux pénuries d’eau: construire plus de barrages, dessaliniser l’eau, voire même en acheminer par pipelines des zones humides vers les régions sèches. Non seulement ces solutions techniques ne suffisent plus à répondre à la croissance des besoins mais en plus elles coûtent trop cher, aussi bien en termes économiques qu’écologiques. Aujourd’hui, notre paysage hydrologique est redessiné par les environnementalistes et les économistes, soudés par une alliance hors du commun. Au lieu de se demander «comment accroître l’offre?», ils martèlent que l’enjeu crucial est de trouver les moyens de «réduire la demande». Ces préoccupations soulignent le paradoxe suivant: nous gaspillons une ressource sans laquelle nous ne pourrions pas vivre. Pour la gérer de façon plus rationnelle, la solution paraît simple: faire payer les consommateurs. On envisage même de recourir à d’autres mécanismes du marché pour répartir les ressources le plus efficacement possible. En cas de sécheresse, par exemple, la loi californienne, aux Etats-Unis, encourage les agriculteurs à vendre leurs «droits à l’eau» aux villes, au lieu de faire pousser des céréales. On parle aussi d’instaurer un marché international de l’eau pour que les pays les plus assoiffés puissent en acheter aux autres. Mais quel est le coût politique et social de cette approche? Pouvons-nous traiter cette ressource vitale comme n’importe quel produit? En somme, quel prix payer pour l’eau? |