Ahmadou Kourouma, ou la dénonciation de l’intérieur

Propos recueillis par René Lefort et Mauro Rosi.

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© Ulf Andersen/Editions du Seuil, Paris









Pour nous, écrivains africains, l’écriture est aussi une question de survie. Quand j’ai écrit Les Soleils des indépendances, j’avais pour objectif de dénoncer des abus de pouvoir, des abus économiques et sociaux. Il y avait donc là une nécessité vitale et absolue!







Des écrivains
à la dure

«Nous, les écrivains africains, nous travaillons dans des conditions particulièrement difficiles, souligne Ahmadou Kourouma. Partout dans le monde, les auteurs sont rarement riches, mais pour nous, c’est encore plus dur. Nous avons moins de moyens, moins de lecteurs, moins d’éditeurs.» De fait, les dernières statistiques disponibles, anciennes mais certainement toujours significatives, révèlent que l’Afrique subsaharienne publie par habitant trois fois moins de titres que la moyenne des pays en développement et 25 fois moins que les pays développés.
«Il y a deux façons d’écrire en Afrique, poursuit Ahmadou Kourouma. En premier lieu, on peut écrire sur l’Afrique et pour les Africains. L’écrivain dénonce alors une situation plus ou moins connue d’eux, et prend le risque de dire à haute voix la vérité. Il ne peut pas alors espérer vendre beaucoup: il s’adresse au lectorat d’un pays en voie de développement, où les gens ne savent pas lire, ou n’ont pas les moyens financiers d’entretenir leur lecture. Mais on peut aussi écrire pour un public plus vaste en traitant de sujets qui intéressent aussi les non-Africains. Des auteurs africains résidant en France écrivent par exemple pour un lectorat exclusivement européen. Dans ce cas, même nés en Afrique, ils sont des écrivains européens. D’autres, plus rares, arrivent à publier des best-sellers en France et à être lus en Afrique.»
«Je pense que nous devons essayer de nous adresser à tous, en présentant nos problèmes comme des problèmes humains, donc touchants et passionnants pour tous. Nous devrions suivre en cela l’exemple de la grande littérature latino-américaine. Mais les Africains sont en passe de changer. Les tout premiers écrivains africains ont pris la plume pour montrer qu’eux aussi pouvaient s’exprimer par l’écriture, qu’eux aussi étaient des êtres humains. A l’époque, certains exprimaient des doutes à ce propos… Ma génération a dépassé ce stade. Elle a souvent choisi l’écriture comme un moyen de dénonciation.»










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© Charles Lénars, Paris










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En Afrique de l’Ouest, les chasseurs sont une confrérie qui occupe le sommet de la hiérarchie sociale traditionnelle.















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Carte de Côte d'Ivoire







• Population: 14,7 millions
• Densité: 46 habitants/km2
• Taux d’analphabétisme: 57%
• PNB/habitant/an: 690 dollars
• La Côte-d’Ivoire est classée par le PNUD parmi les pays à faible développement humain et occupe la 21e place des pays de l’Afrique subsaharienne selon l’indice de développement humain.
Avec seulement trois romans publiés en 28 ans, l’écrivain ivoirien s’est imposé comme l’un des dénonciateurs les plus lucides des souffrances de l’Afrique noire. Parce qu’il les saisit avec les yeux des Africains et les décrit dans une langue calquée sur la leur.

Avant d’être reconnu comme un chef-d’œuvre et de se vendre finalement à 100 000 exemplaires, votre premier roman, Les Soleils des indépendances, publié en 1970, a eu beaucoup de mal à trouver un éditeur. Pourquoi?
La raison des refus était double. Il y avait, d’une part, une certaine originalité de mon style, due à une utilisation particulière de la langue française, qui s’est avérée déroutante pour certains lecteurs. D’autre part, la conception du roman ne plaisait pas trop. J’avais conçu le développement de la trame un peu comme l’Américain Dos Passos: après la fiction, j’ai clos par une partie, je dirais, documentaire. Dans Les Soleils des indépendances, après l’histoire du protagoniste, Fama, j’ai raconté les faits et les événements sociaux qui se sont déroulés en Côte-d’Ivoire à l’époque de la guerre froide. Je disais des choses… délicates. A tel point que même certains éditeurs africains m’ont renvoyé le manuscrit accompagné de commentaires très critiques, presque injurieux…

A propos de ce style, comment avez-vous fait pour vous approprier cette langue étrangère (le français) au point d’en devenir un maître?
La vérité est que je n’avais pas le choix. Je n’ai pas d’autres langues dans lesquelles je pourrais m’exprimer. L’anglais, je ne le connais que très peu. L’arabe, je ne l’ai jamais appris. A l’école, on ne m’a enseigné que le français et il m’était interdit de parler ma langue maternelle, le malinké
1, comme à tous ceux qui étaient scolarisés avant la décolonisation. Aussi m’a-t-il fallu utiliser le français pour décrire des personnages et des histoires issus de l’univers et de la réalité malinkés. D’aucuns m’ont reproché de «casser», de «malinkiser» le français.

On a même dit que vous l’avez «cocufié»...
Quoi que les gens disent, je ne cherche pas à changer le français. Ce qui m’intéresse, c’est de reproduire la façon d’être et de penser de mes personnages, dans leur totalité et dans toutes leurs dimensions. Mes personnages sont des Malinkés. Et lorsque qu’un Malinké parle, il suit sa logique, sa façon d’aborder la réalité. Or, cette démarche ne colle pas au français: la succession des mots et des idées, en malinké, est différente. Entre le contenu que je décris et la forme dans laquelle je m’exprime, il y a une très grande distance, beaucoup plus grande que lorsqu’un Italien, par exemple, s’exprime en français. Je le répète, mon objectif n’est pas formel, ou linguistique. Ce qui m’intéresse, c’est la réalité. Mes personnages doivent être crédibles et pour l’être, ils doivent parler dans le texte comme ils parlent dans leur propre langue.

Quelles sont les caractéristiques du malinké? Comment le décririez-vous?
Contrairement à ce que l’on peut penser, il me semble que les langues africaines sont, en général, beaucoup plus riches que les langues européennes. Elles disposent d’un grand éventail de mots pour désigner une même chose, de nombreuses expressions pour évoquer un même sentiment, et de multiples mécanismes permettant la création de néologismes. Le malinké seul en connaît une dizaine. A cela s’ajoute la richesse en proverbes et en dictons, auxquels nous avons l’habitude de nous référer constamment. Dès lors, il n’est pas étonnant que nous ayons parfois le sentiment de nous «enliser» quand nous utilisons le français pour décrire notre vie et notre univers psychologique. D’un autre côté, la langue française est issue d’une civilisation catholique et rationaliste: ça se voit dans sa structure, dans sa façon de découper et d’exprimer la réalité. Influencée par une spiritualité fétichiste, notre langue est plus proche de la nature.

Les écrivains occidentaux parlent volontiers de l’écriture comme d’une nécessité physique, vitale, organique. Pour vous, elle serait plutôt un moyen de se faire entendre.
Pour nous, écrivains africains, l’écriture est aussi une question de survie. Quand j’ai écrit Les Soleils des indépendances, j’avais pour objectif de dénoncer des abus de pouvoir, des abus économiques et sociaux. Il y avait donc là une nécessité vitale et absolue! Tous les écrivains français contemporains, comme les auteurs d’autres pays d’Europe, ont consacré une partie de leur production à la réflexion sur les quatre ans d’occupation et d’oppression que leurs pays ont subi pendant la Deuxième Guerre mondiale. Or, en Afrique, nous avons eu 100 ans d’occupation, et vous comprenez bien qu’il est vital pour nous d’en parler, d’en analyser les suites et les effets. Nous avons eu autant de massacres que les Européens pendant cette dernière guerre et sous les régimes autoritaires staliniens. Dans mon deuxième roman Monnè, outrages et défis, publié en 1990, j’ai voulu justement faire comprendre que nous aussi nous avons beaucoup souffert. Et cette souffrance fait aussi l’objet du roman que je viens d’achever, En attendant le vote des bêtes sauvages, axé sur la tragédie de la guerre froide en Afrique.

Cette souffrance y est paroxystique, sans limites. Mais vous savez gré à l’un des dictateurs de votre dernier roman, d’avoir eu le «courage» de dire à ses compatriotes qu’ils étaient «des voleurs, des paresseux, des sauvages».
Ce jugement ne concerne pas le peuple «en bas», comme on dit chez nous, mais les gens d’«en haut en haut», ceux qui entourent les dictateurs. Les gens d’en bas dont j’écris qu’ils étaient «abrutis par leurs croyances et leurs misères, patients et muets», n’avaient, eux, pas d’autre choix que d’être résignés. La guerre froide interdisait aux pays africains de s’en sortir. Elle maintenait sur eux une sorte de chape: c’était les puissances étrangères qui commandaient et dirigeaient, qui choisissaient les dictateurs qui leur convenaient, qui envoyaient leurs soldats lorsqu’une résistance se manifestait quelque part.

Mais dans les conflits de pouvoir internes aux pays africains, ce sont les plus brutaux, les plus ignares qui gagnent...
Oui, et ils devaient également être cyniques. Les puissances extérieures en avaient besoin: elles ne voulaient pas de gens intelligents, à quelques exceptions près. Ceux qui voulaient défendre l’Afrique, qui voulaient donc maintenir l’équilibre entre les deux camps en jouant avec eux au chat et à la souris, étaient aussitôt éliminés.

Pourtant, lorsque l’opposition entre en scène au début de la démocratisation, après la fin de la guerre froide, elle est encore pire que la dictature.
C’est un fait: les premiers opposants, les «déscolarisés», se sont révélés des pilleurs enivrés, drogués, sans morale ni principe. Et les opposants qui reviennent d’un très long exil étaient, comme je l’ai écris, «des personnes extrinsèques aux hommes et aux mœurs de leur pays», et donc incapables d’en saisir les réalités. C’est vrai que les uns et les autres voulaient d’abord se venger et s’enrichir. Pourquoi? Parce que tous croyaient encore à un mirage: tout est dans le pouvoir, le pouvoir est tout.
Tout le monde avait démissionné et laissé le chef agir en chef de village, comme dans l’Afrique traditionnelle. Les dictateurs estimaient qu’ils pouvaient décider seuls de tout, sans même écouter leurs conseillers. L’argent de l’Etat était leur argent. Tous ceux qui devenaient riches appartenaient au pouvoir. Il était si absolu que tout le monde attendait tout de lui. Un exemple: aujourd’hui encore, dans mon pays, lorsqu’une personne un peu notoire décède, son entourage attend du chef de l’Etat qu’il verse personnellement 10 000 ou 20 000 francs français pour les funérailles!
Dès lors, il était logique que la démocratisation commence par ces pires pratiques: détruire l’ancien pouvoir, tout ce qui lui appartenait et tout ce qui le représentait, parce que tout allait à lui et tout venait de lui. Rien de constructif ne pouvait être bâti sur les bases qui existaient, ni le dictateur et son entourage, corrompus, ni les opposants revenus de l’extérieur, qui ne comprenaient pas la réalité et ne pouvaient donc avoir prise sur elle. Les hommes ont toujours les mêmes comportements. Comme le dit le proverbe malinké: «Le chien n’abandonne pas sa mauvaise façon de s’assœir».

La dénonciation la plus originale de votre dernier roman est qu’en Afrique, réalités et magie seraient indissociables. Votre anti-héros, le dictateur Koyaga, triomphe de tous ses adversaires surtout parce que ses pouvoirs magiques sont les plus forts.
Je ne crois pas à la magie. L’une des raisons que je donne à tous les Africains qui me demandent pourquoi, est que si la magie existait, nous n’aurions pas laissé enlever 100 millions de personnes, dont 40 millions peut-être sont arrivées aux Amériques et 60 millions sont mortes en chemin. Si la magie était vraie, les esclaves se seraient transformés, disons, en oiseaux, pour revenir chez eux. Je ne crois pas à la magie quand, enfant, j’ai vu ce qu’étaient les travaux forcés: avec la magie, les gens y auraient échappé. Mais, dans un roman, il faut décrire la mentalité, les idées, de ses acteurs. Pouvoir et magie sont indissociables dans la tête de la plupart des Africains. Le dictateur a non seulement le pouvoir et l’argent, mais aussi les meilleurs féticheurs et ensorceleurs. Et c’est parce qu’ils sont les meilleurs que le dictateur est invulnérable et que, du coup, son pouvoir est sans limites. Dans les esprits de l’entourage du dictateur comme dans ceux du peuple, pouvoir et magie ne font qu’un.

Comment l’Afrique pourra-t-elle alors s’en sortir, à plus forte raison dans un monde de plus en plus scientifique et technique?
La rationalité va peu à peu s’y imposer en même temps que la démocratie: celle-ci est encore lointaine mais arrive lentement. Elle ne résoudra pas tous les problèmes, mais nous en avons déjà l’élément constitutif: la parole. Partout, nous disons ce que nous voulons, et c’est beaucoup. Et nous pouvons dire en particulier — et nous voyons — que la toute-puissance du chef disparaît: la presse peut maintenant dénoncer ses abus de pouvoir ou sa corruption; il doit se battre contre ses adversaires aux élections; on peut devenir riche sans être pour autant lié au pouvoir. Parce qu’il ne dispose plus uniquement d’avantages mais doit aussi assumer des devoirs et des responsabilités, le chef n’est plus un surhomme, mais il devient, tout simplement, un homme. Et, du coup, la part magique de son pouvoir disparaît.

Pourtant, à la fin de votre dernier ouvrage, le dictateur est contraint de procéder à des élections, mais «si les hommes se refusent de voter pour lui, les animaux sortiront de la brousse, se muniront de bulletins et le plébisciteront».
Aussi curieux que cela paraisse, beaucoup de gens croient que c’est possible; ils sont même sûrs que des présidents se sont fait élire ainsi… Mais cette méthode représente un progrès. Avant, il n’y avait pas d’élection du tout, ou, quand elles avaient lieu, il suffisait que le dictateur veuille 99% des voix pour que les électeurs les lui donnent. Maintenant, il est obligé de tricher. Le vote des bêtes sauvages est l’ultime recours des dictateurs en perdition.



1. Les Malinkés sont le plus important des groupes qui composent l’ethnie mandée. Ils vivent surtout en Guinée, au Mali, au Sénégal et en Côte-d’Ivoire où ils représentent environ 11% de la population. Islamisés depuis le xie siècle, ils ont été à la tête d’empires extrêmement puissants qu’ils dominaient par leur nombre, leurs armes et leur pouvoir économique: ils passent pour être de grands entrepreneurs et sont aussi connus sous le nom de Dioulas, qui signifie «commerçants» en malinké.


Un écrivain à part?

«Il y avait une semaine qu’avait fini dans la capitale Koné Ibrahima». Cette phrase qui ouvre Les Soleils des indépendances signifie que Koné Ibrahima était mort voilà une semaine. Décalquée en français du malinké, la langue originelle d’Ahmadou Kourouma, elle a résonné comme un coup de tonnerre dans le ciel de la littérature d’Afrique francophone, jusque-là plutôt académique. Elle a suffit, à tort ou à raison, à distinguer son auteur des autres écrivains de cette région du monde. Mais n’annonçait-elle pas l’originalité du fond et de la forme de son œuvre, qui naissent peut-être de son parcours si particulier?
Ahmadou Kourouma naît en 1927, dans la petite ville de Boundiali qui est maintenant une préfecture de la Côte- d’Ivoire. Son père appartient à l’élite des colonisés: il est infirmier. Comme le rappelle l’auteur, on l’appelait «docteur» et son rang lui donnait le droit de disposer des services d’indigènes soumis aux travaux forcés. Mais l’oncle qui l’élève, s’il joue un rôle tout aussi éminent, est d’un bord opposé: c’est un maître chasseur, une figure émérite de cette confrérie qui occupe le sommet de la hiérarchie sociale traditionnelle, non seulement parce qu’elle a le pouvoir des armes mais aussi celui de la magie, acquis par sa fusion avec la nature.
Etudiant contestataire à l’Ecole technique supérieure de Bamako (Mali), Ahmadou Kourouma est appelé sous les drapeaux et envoyé en Côte-d’Ivoire pour participer à la répression du mouvement naissant de libération, le Rassemblement démocratique africain. Il refuse et, mobilisé dans l’armée coloniale en Indochine, il rejoint son poste uniquement parce que Bernard Dadier, l’écrivain alors le plus célèbre du pays, l’incite à aller y acquérir une formation militaire pour se préparer à la guerre anti-coloniale qu’il croît inévitable.
Il poursuit ensuite ses études en France, mais dans un domaine auxquels la plupart des enfants de l’élite africaine tournent le dos: les sciences. Et c’est en tant que technicien des assurances qu’il regagne la Côte-d’Ivoire au lendemain de son indépendance. Pas pour longtemps: il refuse de «céder à la magie du parti unique, qui voulait qu’il représente la seule forme de pouvoir pour développer le pays», est jeté quelques mois en prison et prend finalement le chemin de l’exil.
Son deuxième retour dans son pays, en 1970, sera presqu’aussi bref. Sa pièce de théâtre, Le diseur de vérité, publiée en 1974, est jugée «révolutionnaire». Il repart donc 10 ans au Cameroun, puis au Togo jusqu’en 1993, tout en continuant son ascension professionnelle dans des entreprises privées d’assurance.
A 72 ans, il estime que «sa génération s’est d’abord trompée et a ensuite failli». Elle est venue après la naissance du concept de négritude, élaboré par Léopold Sedar Senghor, «qui avait reconnu au Nègre ses attributs d’homme, mais d’homme inachevé. Nous avons naïvement cru que seule la colonisation empêchait les Africains de devenir des hommes accomplis comme tous les hommes. Par exemple, si des Africains volaient, c’était à cause du colonialisme. Qu’il cesse, et ils se mettraient tous à la tâche. Tout le monde allait se sacrifier pour l’Afrique. Mais nous n’avions pas tenu compte de sa réalité, de sa psychologie. Les Soleils des indépendances a été le premier ouvrage à souligner que l’Afrique avait une responsabilité dans son malheur: l’attrait de la richesse et du pouvoir avait été le plus fort. Et les intellectuels, comme les autres, n’ont voulu que s’en mettre plein les poches». Et Ahmadou Kourouma d’éclater de ce grand rire limpide qui va si bien à ce géant chaleureux: «Si je n’ai pas cédé à la tentation, c’est peut-être seulement parce que je n’en ai pas eu la possibilité!»

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