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«Cherchez la science jusqu’en Chine.»
Hadith tiré du recueil des
actes et paroles du prophète Mohamed (Sunna)
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La communauté scientifique hésite
à changer ses priorités et à se fixer des objectifs plus pragmatiques,
en fonction des besoins du marché
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La recherche scientifique,
en Amérique latine, ne s’est pas encore adaptée aux nécessités
d’une étroite collaboration entre pouvoirs publics, chercheurs et industrie.
Jusqu’à présent, plus de 80% des projets de
recherche latino-américains reposaient sur un financement public. Cette participation
de l’Etat a pris la forme de quelques bourses ou de subventions à des universitaires
plus ou moins prestigieux pour le pays. Mais aucun Etat du sous-continent n’a véritablement
défini de politique scientifique digne de ce nom. La science s’est donc développée
de façon anarchique, les chercheurs préférant se consacrer à
la recherche fondamentale dans des domaines de pointe que répondre aux besoins
socio-économiques les plus immédiats.
Il est vrai que dans le contexte économique de ces pays, les activités
de R&D ne constituent pas la grande priorité des pouvoirs publics: les
budgets alloués aux infrastructures scientifiques et technologiques ne dépassent
guère 0,5% du PIB. Fait significatif, aucun pays d’Amérique latine
ne figure parmi les 20 premières nations comptant le plus de brevets industriels
et technologiques, même si l’Argentine, le Brésil et le Mexique sont
à la pointe dans certains secteurs de la recherche et de l’innovation.
Depuis une quinzaine d’années, la Banque mondiale et la Banque interaméricaine
de développement (BID) encouragent les Etats à investir dans la recherche
appliquée et à jeter des ponts entre l’industrie et la recherche. Mais
pour l’heure, les alliances entre laboratoires universitaires et entreprises restent
très embryonnaires. A cela, deux raisons: le tissu industriel latino-américain
n’est pas assez dense pour générer sur place une demande significative.
De ce fait, la communauté scientifique hésite à changer ses
priorités et à se fixer des objectifs plus pragmatiques, en fonction
des besoins du marché. Par ailleurs, les secteurs productifs les plus développés
dépendent de filiales d’entreprises étrangères, qui disposent
d’ores et déjà de laboratoires ou d’accords de coopération avec
les universités de leurs pays d’origine. Cependant, ces dernières années,
ces entreprises ont commencé à réaliser qu’il existait en Amérique
latine des ressources humaines et des laboratoires d’un excellent niveau et les sollicent
de plus en plus. Voilà qui pourrait donner un nouvel élan à
notre recherche scientifique.
Les sciences et la technologie traversent une période de transition en Amérique
latine: la communauté scientifique doit redéfinir son rôle et
apprendre à coopérer avec l’industrie. Les Etats, quant à eux,
doivent définir une véritable politique scientifique adaptée
aux réalités nationales et jouer leur rôle de médiateur
entre universités, laboratoires et industries. D’autant qu’à terme,
ils ne pourront plus se permettre de financer des recherches universitaires et des
projets technologiques qui n’auraient pas de finalité pédagogique,
économique ou sociale.
Le Courrier de l'UNESCO
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