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Réguler le nombre de touristes
entrant dans une même demeure (ici, la villa des Vettii) est une idée
à l’étude à Pompéi...
«Encore 10 années à
ce rythme et il ne restera plus grand-chose à voir à Pompéi»
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L’antique
cité romaine est notamment menacée par un afflux incontrôlé
de touristes. Mais la seconde résurrection de Pompéi est en cours.
A deux pas
de Naples, Pompéi, la cité romaine ensevelie sous les cendres du Vésuve
en l’an 79 et ressuscitée intacte par des fouilles commencées officiellement
en 1748, était menacée d’une seconde mort, plus lente cette fois. Les
«coupables» involontaires étaient nombreux. En tête de liste,
un afflux incontrôlé de visiteurs, dont le nombre annuel est passé
de 863 000 en 1981 à près de 2 millions l’an passé; un
manque de gardiens effectivement présents sur le site pour prévenir
les dégradations (ou vols) des peintures murales, fresques, mosaïques,
sculptures et objets fragiles; et une administration pour le moins défaillante.
Le précédent responsable du site est actuellement poursuivi en justice
pour détournement de fonds.
A cette litanie, il faut ajouter les méfaits du temps et des intempéries,
aggravés par le fait que les autorités ont souvent préféré
continuer les fouilles plutôt que d’assurer une bonne protection des édifices
mise au jour. Aujourd’hui, 49 des 64 hectares du site sont excavés mais les
visiteurs, qui pouvaient découvrir 64 demeures ou édifices de l’antique
cité en 1956, ne peuvent plus en voir que 16 depuis plusieurs années,
les autres étant fermés par mesure de protection.
De toutes parts, les cris d’alarme ont fusé. «Encore 10 années
à ce rythme et il ne restera plus grand-chose à voir à Pompéi»,
s’est ainsi exclamé en 1995 Andrea Carandini, l’un des plus éminents
archéologues italiens. En 1996, la fondation américaine World Monuments
Funds (WMF) a intégré Pompéi sur sa liste des sites les plus
menacés de la planète. La cité est aussi inscrite, depuis 1998,
sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Les autorités italiennes ont nommé en 1996 un spécialiste respecté,
Pietro Giovanni Guzzo, au poste de surintendant de Pompéi. L’année
suivante, le parlement italien a voté une loi procurant une large autonomie
financière au site. Auparavant, les recettes des entrées, par exemple,
étaient intégralement reversées aux ministères, qui attribuaient
aux sites des budgets fluctuants. «Depuis ma nomination, je me suis consacré
à la mise en place de ce mode d’administration autonome et surtout à
la lutte contre la dégradation des monuments archéologiques de la cité»,
dit Pietro Giovanni Guzzo, qui a inauguré un premier «itinéraire
thématique» fléché pour canaliser les visiteurs à
travers le vaste site. Le budget dont il dispose est d’environ 11 millions de dollars,
dont les trois quarts proviennent de la vente des billets et objets dérivés.
D’après plusieurs études, l’investissement nécessaire pour «sauver»
Pompéi est évalué à 310 millions de dollars...
Des collaborations ont été engagées ou développées
avec des musées et universités italiennes ou étrangères,
ainsi qu’avec le WMF. Ce dernier a décidé en 1998 de consacrer 600
000 dollars sur trois ans, pour financer en particulier une évaluation générale
de l’état du site et l’établissement de normes précises en matière
de restauration.
Pour augmenter les ressources, la loi de 1997 prévoit aussi que «des
entreprises privées désireuses de participer à la restauration
peuvent bénéficient d’avantages fiscaux à certaines conditions».
Les rumeurs les plus folles ont récemment circulé sur la «prochaine»
transformation du site en un «parc à thème», avec des guides
en toges romaines. M. Guzzo a formellement démenti.
Le Courrier de l'UNESCO
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