L’épidémie au Mexique

Mexique: Luna, une lumière dans la noirceur
Guillermina Navarro, journaliste à Mexico.
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Ce jeune homme anime un atelier dans un refuge de l’ONG Casa Alianza, à Mexico.











SILENCE = MORT

Slogan d’Act Up, mouvement d’aide aux victimes du sida









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L’épidémie au Mexique

Sur une population de 94,2 millions d’habitants, 180 000 vivent avec le VIH/sida. Parmi les adultes de 15 à 49 ans, 0,35% sont infectés.
Nombre d’enfants de moins de 15 ans infectés: 1 700.
Nombre total de décès depuis le début de l’épidémie: donnée indisponible.



Source: ONUSIDA, 1998.

Conçu pour les enfants des rues, le programme mexicain Luna de prévention contre le sida doit s’étendre à plusieurs pays latino-américains.

La rue est leur domicile. Plusieurs milliers de jeunes mexicains1 y jouent, y mangent et y dorment. Ils travaillent comme ils peuvent. Pour nombre d’entre eux, le commerce sexuel est l’unique moyen d’obtenir quelques pesos. Tel est aussi pour eux le principal mode de transmission du virus d’immunodéficience humaine (VIH).
Trouver les mécanismes appropriés pour prévenir cette maladie n’est pas facile, encore moins avec des enfants des rues. «Ils sont instables et parfois agressifs», constate le psychologue Gualberto Gatica. Consciente du problème, Casa Alianza, une organisation non gouvernementale présente au Mexique depuis 1986, a lancé il y a deux ans Luna («Lune» en français), le seul programme latino-américain de prévention contre le sida qui soit conçu pour les mineurs sans abri.

Informations déformées
Luna, dont le nom a été trouvé par les enfants malades pour évoquer une lumière dans l’obscurité, s’occupe aujourd’hui de 6 180 enfants et adolescents à titre préventif, l’un des quatre volets du programme avec le suivi des séropositifs, l’aide médicale aux malades et l’assistance psychologique à leur entourage. «Depuis 1997, le nombre d’enfants infectés est en augmentation. C’est pourquoi nous concentrons nos efforts sur la prévention, explique Nicasio Garcia Lopez, coordinateur du programme. En général, les enfants de la rue disposent d’informations sur la sexualité et le sida, mais elles sont souvent déformées», ajoute-t-il.
Bénévoles et éducateurs de Casa Alianza parcourent quotidiennement les faubourgs de la capitale et invitent garçons et filles à se rendre au «refuge» de l’organisation, où leur est proposé pendant une heure, au moins deux fois par semaine, un atelier intitulé «Le VIH/sida, c’est quoi?». On y explique les modes de transmission de la maladie et les façons de s’en protéger, par le biais d’activités réalisées avec le support d’un matériel didactique simple et coloré. De nombreux enfants reçoivent en outre une formation «à domicile», c’est-à-dire dans la rue.
Lorsqu’ils parcourent les quartiers de la ville, les éducateurs de Casa Alianza emportent avec eux des jeux conçus pour être déballés n’importe où. Ils sont tous à base de questions-réponses. La «Roulette», par exemple, est un jeu de fléchettes. Selon l’endroit où les enfants les lancent sur la cible, ils doivent répondre à différentes questions. Le «Marathon» est conçu sur le principe d’une course d’athlètes. Le jeu le plus populaire, «Lunoca», semblable au jeu de l’oie, fournit des informations sur le VIH, le système immunitaire et les moyens de prévention. Simple à utiliser, tout le matériel didactique, sans exception, est basé sur les associations d’idées et d’images.
Au-delà du Mexique, Casa Alianza est aussi installée aux Etats-Unis, au Canada, au Guatemala, au Honduras, au Costa Rica et au Nicaragua. L’organisation met actuellement en place un réseau Luna en Amérique latine, avec la méthodologie, le matériel et les jeux didactiques utilisés au Mexique. «L’idée est de reproduire le matériel et de concevoir un manuel commun pour pouvoir évaluer les résultats dans toute l’Amérique latine», explique le coordinateur du programme.
Le siège mexicain de Casa Alianza projette d’élaborer de nouveaux matériels et jeux, tels que des cahiers à colorier, des diapositives et des puzzles comportant des informations sur le VIH. L’ONG répond aussi aux fréquentes demandes d’intervention dans les écoles, les paroisses et autres institutions mexicaines s’occupant d’enfants défavorisés. C’est peut-être la meilleure preuve que le programme Luna brille de sa propre lumière.


http://www.casa-alianza.org

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