Éducation pour tous
Quand l'école sort de ses murs
Sommaire
Mobilisation internationale des ONG
Les «collèges aux pieds nus» essaiment en Inde
Les exclus de l'éducation de base
1 Cinq projets phares
Ouganda: le primaire fait le plein
Bangladesh: les filles d’abord
Salvador: des parents directeurs d’école
Mongolie: apprendre un métier à la radio
Inde: l’école de millions de bénévoles
2 Changer de cap
Alphabétisation: où est la faille?
Partenariats: 10 ans plus tard
Vers de meilleurs partenaires?
L’école est-elle source d’inégalité?

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© Spier Donati/Rapho, Paris
L’éducation est un droit, l’éducation est décisive pour sortir de la pauvreté. Mais plus de 100 millions d’enfants ne vont toujours pas à l’école et près de 900 millions d’adultes demeurent analphabètes. Pourquoi? Pour atteindre ces exclus, les systèmes éducatifs restent trop rigides et l’engagement — en particulier financier — de la seule puissance publique ne saurait y suffire. A la conférence mondiale de Jomtien (Thaïlande) de 1990, la communauté internationale avait convenu que l’éducation ne serait accessible à tous que si elle devenait l’affaire de tous. Il fallait donc conclure de nouveaux partenariats et concevoir l’éducation de façon plus ouverte. Dix ans plus tard, quel bilan tirer?
Ce dossier s’ouvre sur cinq expériences qui illustrent
la «révolution copernicienne» que prône Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO. L’Ouganda a multiplié par trois ses effectifs dans le primaire en combinant mobilisation au sommet et délégation vers la base. Au Salvador, les parents co-dirigent des écoles rurales. Une ONG du Bangladesh réussit à scolariser plus d’un million d’enfants, surtout des filles. En Inde, 10 millions de volontaires donnent un nouveau souffle à l’alphabétisation. La radio mongole dispense une formation professionnelle à une population dispersée. «Donnons plus de responsabilités, d’espace, de liberté aux bonnes volontés», demande l’Indien Sanjit Roy, le fondateur des «collèges aux pieds nus».
Le bilan global est mitigé. L’alphabétisation demeure le parent pauvre des budgets, souligne
Mohamed Maamouri, de l’Université de Pennsylvanie. Sans une vraie réciprocité, les partenariats restent un concept creux, au niveau national (Mark Bray, Université de Hong Kong) comme entre donateurs du Nord et pays du Sud (Kenneth King, Université d’Edimbourg). Si bien que, à moins d’innovations radicales, l’éducation ne réduira pas mais creusera les inégalités entre riches et pauvres, conclut Fernando Reimers, de Harvard.