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Guerre et paix des langues
Sommaire
6 000 langues, un patrimoine en danger
Equateur: le dernier chaman zapara
Une répartition très inégale
1 La guerre des langues
La suprématie de l’anglais est-elle inéluctable?
Kenya: retour au kikouyou
Idir et la défense du berbère
Heuskera, ialgi adi kanpora
2 La paix des langues
Eloge du plurilinguisme
Le monde au chevet des langues
Equateur: l’irréductible shuar
Babel indienne: voie royale pour l’anglais?
Vie et mort des langues: les locuteurs décident

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© Philippe Franchini, Paris
Depuis la nuit des temps, les langues naissent, évoluent et meurent avec les sociétés dont elles sont issues. Mais leur disparition atteint aujourd’hui un rythme sans précédent, sous l’effet d’une sorte de «guerre» des langues, que la mondialisation accélère: l’immense majorité des 6 000 langues parlées actuellement dans le monde serait menacée d’extinction à court terme. La diversité linguistique est donc en péril, et avec elle un patrimoine de l’humanité: elle est le fondement de la diversité culturelle; cette dernière, à son tour, est essentielle pour connaître et maintenir la biodiversité (pp. 18-19).
Dans cette «guerre» aux multiples raisons, l’anglais, au niveau mondial (
pp. 23-24), et d’autres langues au niveau régional cherchent à s’imposer au détriment de langues «minoritaires». Sans toujours réussir, comme le prouvent les luttes du basque, du berbère ou du kikouyou (pp. 24-28) pour assurer leur survie.
Mais la «paix des langues» reste possible (
pp. 29). A travers une coopération internationale qui vise la promotion du bi ou du trilinguisme, notamment dans l’enseignement (pp. 30-31); grâce à des politiques linguistiques nationales, à l’exemple de l’Inde (pp. 33-34); par des initiatives venues de la base, comme celles des Shuars en Equateur, qui ont fait de la renaissance de leur langue le moteur d’une accession maîtrisée à la modernité (pp. 32-33).
Le cas des Zaparas (
pp. 19 et 22), dans ce même pays, illustre un mouvement opposé: en raison de leur mobilisation trop tardive, leur langue semble condamnée à disparaître et, avec elle, l’existence même de ce groupe. Car le sort d’une langue dépend avant tout de l’intérêt que lui portent ses propres locuteurs, souligne le dernier article de ce dossier (pp. 35-36). Mais il conclut que, au cours du XXIe siècle, la disparition de langues «rares» pourrait s’accompagner de l’émergence de nouvelles langues métissées ou nées de la diversification de langues dominantes.