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La paix des langues |
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| Le monde au chevet des langues | |
![]() © Philippe Franchini, Paris |
Il n’existe pas encore
d’accord international spécifique sur les droits linguistiques mais les pressions
montent en ce sens. Y compris sur Internet où les sites de défense
et de promotion des langues abondent. Division des Langues de l’UNESCO 7, place de Fontenoy 75352 Paris 07 SP, France Fax: 33 (0)1 45 68 56 22/56 27 am.majlof@unesco.org unesco.cat@cc.uab.es Jusqu’au milieu des années 80, l’action de l’UNESCO en faveur des langues avait été peu ambitieuse. Puis, l’organisation a lancé en 1986 le projet Linguapax, qui visait à «lier l’enseignement des langues à une culture de la tolérance et de la paix», rappelle Felix Marti, président du Comité consultatif pour le pluralisme linguistique et l’éducation multilingue créé en 1998. Durant les 15 dernières années, Linguapax a donné lieu à de nombreuses réalisations dans divers secteurs: • assistance technique à des projets nationaux ou régionaux concrets, comme la reconstruction du système éducatif en langue khmère au Cambodge. Ce projet a permis de publier deux millions de manuels scolaires en langue khmère et de former une solide équipe d’éducateurs cambodgiens. • création d’un réseau interuniversitaire pour la promotion du projet et de ses objectifs, coordonné par l’Université de Mons, en Belgique. • préparation d’un rapport sur les langues du monde (voir plus bas). Protéger la diversité des langues et promouvoir une éducation multilingue sont deux objectifs étroitement liés. Pour concrétiser le premier d’entre eux, des guides et des manuels destinés aux professeurs et aux responsables des politiques linguistiques ont été élaborés dans le cadre de Linguapax avec des pays en développement, africains notamment, qui désiraient introduire leurs langues vernaculaires dans l’enseignement. Un nouveau programme, baptisé Périclès, a pour but de relancer l’intérêt des jeunes en faveur des langues des pays limitrophes au leur, à partir du patrimoine commun (sites naturels et monuments). Un projet baptisé Périclès/Trois frontières (Luxembourg, France, Allemagne) est en phase expérimentale dans ces pays. Il pourra servir de base à d’autres régions du monde où subsistent des séquelles de conflits récents ou anciens. Si la prise de conscience internationale sur la nécessité de protéger ce patrimoine immatériel de l’humanité que sont les langues est bien réelle, il reste néanmoins à la traduire en engagements. «Il n’existe pas d’accord international spécifique sur les droits linguistiques, déplore Felix Marti. C’est un thème très délicat mais l’UNESCO se doit d’élaborer un instrument international de protection des langues susceptible d’être adopté par une majorité d’Etats.» Le Rapport UNESCO sur les langues du monde Comment s’appelle cette langue? Est-elle écrite? Où est-elle parlée? Quelle est sa zone de diffusion? Telles sont quelques-unes des questions posées dans le cadre d’une enquête lancée en 1997 par l’UNESCO , parallèlement à une vaste consultation d’institutions linguistiques, d’experts et de sources bibliographiques. Le tout permettra la publication, prévue pour 2001, de ce premier rapport synthétique sur les langues du monde. Pour protéger le patrimoine linguistique de l’humanité, il est en effet nécessaire de disposer d’une description complète et objective de l’état des langues du monde, de leur dynamique et de leur évolution. Ce rapport s’est fixé un autre objectif plus ambitieux: proposer des solutions et des modèles d’action pour la défense et la protection des langues en danger d’extinction. Journée internationale de la langue maternelle http://webworld.unesco.org/imld En novembre 1999, la Conférence générale de l’UNESCO a décidé de proclamer une Journée internationale de la langue maternelle le 21 février de chaque année. A l’occasion de la première célébration de cette journée au siège de l’organisation, la phrase «Dans la galaxie des langues, chaque mot est une étoile» a été traduite en 64 langues. Les gardiens des langues Les organismes internationaux et non gouvernementaux pour la défense de la diversité linguistique sont chaque jour plus nombreux. En voici quelques-uns: Terralingua P.O.Box 122 Hancock, Michigan 49930-0122 Etats Unis http://cougar.ucdavis.edu/nas/terralin/ Pour cette ONG fondée en 1996, les patrimoines matériel et immatériel de l’humanité sont menacés par les mêmes facteurs socioéconomiques et leur préservation est un même combat. Terralingua considère ainsi que la protection des territoires, des langues et des cultures des peuples indigènes a une importance décisive pour la préservation de la biodiversité: ces peuples ne représentent que 5% de la population mondiale mais parlent 57% des langues existantes sur Terre et leur vocabulaire reflète la grande diversité écologique des zones où ils vivent. Le site de cette ONG propose une vaste documentation ainsi que des liens avec d’autres organisations poursuivant le même objectif. Il collecte aussi des proverbes ou des poèmes dans n’importe quelle langue du monde et offre de contribuer au Fonds des langues en péril (The Endangered Language Fund), dont la devise est: «Quand une langue meurt, elle disparaît à jamais». L’Observatoire linguistique http://www.linguasphere.org Organisation de recherche internationale indépendante et sans but lucratif, l’Observatoire linguistique a lancé en février 2000 la première édition (en anglais) du Répertoire des langues et des communautés linguistiques du monde. Il propose une classification détaillée des idiomes et des dialectes du monde, avec une évaluation du nombre de leurs locuteurs actuels. SIL http://www.sil.org Ce centre international de linguistique, basé à Dallas (Etats-Unis), se consacre depuis plus de 50 ans aux langues les moins connues du monde: études et recherches sur plus de 1 300 idiomes, en particulier ceux qui ne sont transmis qu’oralement. FIPLV http://www.cet.univ-paris5.fr/fiplv2000/prof.html Fondée à Paris en 1931, la Fédération internationale des professeurs de langues vivantes (FIPLV) promeut l’enseignement et l’apprentissage des langues vivantes pour faciliter la communication, la compréhension, la coopération et l’amitié entre les peuples du monde. Elle a un statut d’ONG reconnue auprès de l’UNESCO et du Conseil de l’Europe. Droits linguistiques www.linguistic-declaration.org Le Comité de suivi pour une Déclaration universelle des droits linguistiques prône l’adoption d’un tel texte. Il défend le principe de l’égalité de chaque communauté, dont les membres ont de ce fait le droit d’être éduqués dans leur langue à l’école et celui de communiquer dans le même idiome avec les organismes officiels. Naviguer sur la mer des langues Internet est devenu un précieux outil de travail pour les étudiants, les traducteurs ou les professeurs de langues. Ils peuvent y trouver des pages qui leur permettent de télécharger gratuitement les caractères des alphabets existants, dont le cyrillique, le mandarin ou l’hébreu, de ceux qui ont disparu (comme les idéogrammes égyptiens) ou de ceux qui ont été imaginés, (comme celui crée par Tolkien pour son ouvrage fantastique Le Seigneur des anneaux). De nombreux sites proposent en outre des exercices pour apprendre l’anglais ou l’espagnol. L’accès à la base de données terminologiques du service de traduction de l’Union européenne est également gratuit. Ce super dictionnaire baptisé Eurodicautom a plus de 5,5 millions d’entrées dans les 12 langues de l’UE. Internet est cependant une «arme à double tranchant» dans la bataille pour le multilinguisme car une bonne partie de ses informations en ligne existe uniquement en anglais. Citant des études réalisées par les entreprises Internet Society et Euromarketing, l’édition 1999-2000 du Rapport mondial sur la communication et l’information publié par l’UNESCO rappelle que 58% des internautes utiliseraient l’anglais. Loin derrière arriveraient l’espagnol (8,7%), l’allemand (8,6%), le japonais (7,9%) et le français (3,7%). Cette primauté est encore plus nette sur les pages Web puisqu’en juillet 1997, 81% d’entre elles étaient rédigées en anglais, contre 4% en allemand, 2% respectivement en japonais, en français ou dans les langues nordiques et 1% en l’espagnol. Toutes les autres langues ne représentaient ensemble qu’à peine 8% des pages Web. Eurodicautom: http://eurodic.ip.lu/cgi-bin/edicbin/EuroDicWWW.pl Centre virtuel Cervantes: http://cvc.cervantes.es/ Leçons et exercices en anglais: http://www.englishlearner.com |